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L’autre rive, roman, Aboumejd Abdelaziz, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

L’autre rive

La petite avocate

 

ABOUMEJD ABDELAZIZ

Roman,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Laval, Québec, 2010, 120 pages.

ISBN 978-2-89612-327-8

 

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Aboumejd Abdelaziz

Casablanca, Maroc

 

 

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L’autre rive, roman, Aboumejd Abdelaziz,

Fondation littéraire Fleur de Lys
 

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PRÉSENTATION
L’autre rive, roman, Aboumejd Abdelaziz,
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Une tragédie sociale qui exprime les malheurs d’une famille pauvre habitant un quartier de banlieue du grand Casablanca.


La police arrête un jeune homme, petit incident comme tant d’autres sauf que le prévenu est suspecté d’appartenance à un réseau d’intégristes musulmans.


La recherche de la vérité, entamée par la sœur de l’accusé, jeune avocate, l’entraîne dans un monde inconnu, et lui ouvre des portes qui lui étaient hermétiquement fermées.


Une entrée dans les labyrinthes d’une lutte sans merci entre une administration américaine encore traumatisée par les attentats du 11 septembre, et une mouvance islamique tentaculaire et imperceptible. L’enjeu : toutes ces bombes humaines qui se font exploser en Irak, Afghanistan et autres champs de tensions entraînant d’horribles massacres. Des gens de quartiers pauvres, à la quête d’une appartenance que les conditions socioéconomiques actuelles ne leurs permettent pas. Qui sont-ils au juste, et pourquoi ne profitent ils pas de la manne tant promise par les théoriciens d’un mode de développement capitaliste. Des questions que la jeune avocate essaiera d’élucider, alors qu’elle vit les pires contradictions de sa vie : pauvre elle ne peut pas profiter de l’argent qui atterrit de partout, et amoureuse elle ne peut pas se marier à celui qu’elle aime. Elle subit plus qu’elle ne réagit lorsque tout arrive à la fois : l’argent, l’amour, mais surtout la reconnaissance de sa capacité à s’exprimer librement. Paradoxe malheureux, tant que son milieu ne sort pas de sa coquille de sous développement.
« Faut-il attendre que les pays pauvres respectent les règles de la démocratie pour les aider, ou faut-il les aider pour les porter à respecter les règles d’une gouvernance démocratique?


Une question de fonds que se posent ceux qui gouvernent le monde et qui doivent choisir entre les pays qui obtiendront des capitaux et ceux qui recueilleront des bombes. Choix difficile, car la bombe peut aussi être humaine.

 

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EXTRAIT
L’autre rive, roman, Aboumejd Abdelaziz,
Fondation littéraire Fleur de Lys
 

Le soleil peinait à se lever, alors que les vendeurs ambulants infestaient déjà les ruelles du grand quartier « Sbata » annonçant à haute voix leurs produits.

 

Aucun répit pour les lèves tard.

 

« Sbata » est une gigantesque cité sise à une vingtaine de kilomètres du centre de Casablanca. Plusieurs familles qui fuyaient la sècheresse et la misère s’y installèrent dans les années cinquante du siècle dernier. La plupart d’entre elles s’entassèrent dans des petites demeures d’une à deux pièces, utilisant collectivement le patio, comme dortoir pour leurs enfants !

 

Ainsi des gens d’origines ethniques différentes se sont retrouvés voisins et leurs enfants avaient grandis ensembles. La langue ou la couleur de peau, qui faisait ailleurs des différences, n’avaient ici aucune incidence. La seule valeur admissible était l’aptitude à se débrouiller.

 

Ne pouvant dormir au même lieu que leurs sœurs, les garçons passaient la nuit dehors à jouer aux cartes, et agresser les retardataires.

 

Tous les moyens étaient bons pour se procurer un repas que la plupart des mères absentes toute la journée ne pouvaient assurer.

 

 

* * *

 

 

Pour « Tahar », ce 21 juin n’avait rien de spécial sauf qu’il était plus long que tous les autres jours.

 

Son histoire ne différait pas de celle des autres habitants sauf qu’il n’avait jamais quitté le même Hammam où il a été engagé entant que « Kessal » depuis plus de cinquante ans.

 

La seule fois où il s’était absenté c’était le jour de son mariage avec sa cousine « Lhajja ».

Un demi-siècle dans l’obscurité d’un Hammam, il faut avoir le courage de le faire !

 

Il était déjà en poste depuis l’aube car sa fonction lui imposait d’être toujours présent avant les clients et de rester encore longtemps après eux.

 

Il venait de sortir de l’intérieur où il opérait sous une température de plus de cinquante degrés, et des gouttelettes de sueurs ruisselaient depuis son front et traversaient son corps svelte et élancé comme dans un slalom.

 

Bien qu’il dépasse largement la soixantaine il gardait toujours une musculature digne des gladiateurs et une stature qui rappelait celle de « Magic Johnson », à la seule différence qu’il n’avait plus ni l’endurance des premiers ni le souffle du dernier.

 

Il n’eut même pas le temps de se désaltérer que ses « amis » le taquinaient déjà par des propos auxquels il répondit par des gestes et des mimes soulevant un tollé de rire.

 

Dehors, l’odeur des saucisses grillées sur le feu de charbon embaumait l’air et les gargotes et autres restaurants ambulants servaient les « quarts et demis pains » bien aspergés et pimentés. Tahar ne cherchait pas la qualité ni le nombre de calories, l’essentiel est qu’il puisse se restaurer chaque fois qu’il avait faim !

 

Après avoir lavé le parterre, et rangé les seaux, il récupéra le contenu du grand bol appelé « le trésor de Baba Tahar » et rentra, nonchalant, chez lui. C’était de ce petit « bakchich » qu’il faisait vivre sa femme et ses huit enfants !

 

Ne prêtant même pas attention à ses quatre filles entassés pèle- mêle dans le petit patio, il vida ses poches sur la petite table, et s’en alla s’étendre sur le matelas posé à juste le sol.

 

Il ronflait déjà lorsque l’aînée, vint le réveiller, alors que des cris et des pleures venaient du patio :

 

"Lève-toi la police a arrêté Brahim !

 

Lorsqu’il parvint difficilement à la porte, il ne vit qu’une voiture quitter la ruelle.

 

Abasourdi il réintégra sa chambre, et l’instinct biologique reprenant le dessus, il se rendormit.

Les voisins solidaires, investirent, sans gêne la petite demeure, et les commentaires allaient bon train. Les conseils souvent contradictoires témoignaient de la gravité de l’acte, alors que la mère larmoyante, ne cessait de répéter :

 

" C’est sûrement une erreur, Brahim n’a jamais rien fait de mal,

 

" Est-ce qu’ils ne l’auraient pas pris pour son frère Driss par hasard ? Rétorqua une voisine.

 

« Sûrement, ce« fils de pute » nous mènera tous en prison, reconnut sans gêne la mère.

 

" Ne vous en faites pas, j’irais le chercher demain, Répliqua Souad, la seule des 8 enfants à avoir terminé ses études.

 

" Oui, tu iras le chercher très tôt, je ne veux pas qu’il lui arrive malheur, tu sais que sa santé est fragile.

 

" Je sais et c’est ce qui m’inquiète, allez dormir, vous devez vous lever tôt.

 

Les voisins rentrèrent chez eux l’un après l’autre laissant cette pauvre famille face à ses souffrances.

 

Souad n’arrivait pas à dormir.

 

Certes ce n’était pas la première fois que les policiers appréhendaient des jeunes, mais cette fois c’était différent, surtout que les policiers étaient en civil, et l’intervention des « cifiles » dans ces quartiers était synonyme de gravité.

 

 

* * *

 

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BIOGRAPHIE

Aboumejd Abdelaziz

 

Né en 1956, l’auteur a vécu toute son enfance et une bonne partie de son adolescence dans la diversité ethnique et linguistique de la grande métropole, Casablanca.


Son cursus scolaire sans faute lui ouvre la possibilité de faire un brillant parcours universitaire sanctionné par un « Diplôme des Études Supérieures » en sciences politiques.


Les instruments de recherches cumulés à l’expérience sur le terrain lui ont permit de constituer une large vision sur son environnement social marqué par un malheureux constat : Pauvreté et extrémisme religieux se trouvent intimement liés, et les vertus d’un Islam tolérant, ont été remplacées par les ostracismes d’un extrémisme religieux importé depuis un Moyen-Orient en pleine ébullition.


Certes l’extrémisme qui secoue le monde n’a rien à voir avec l’Islam tolérant, tel qu’il l’avait vécu durant son enfance, mais le mode de développement capitaliste n’avait pas, non plus, apporté la richesse escomptée. Beaucoup plus, l’impérialisme s’est propagé sous couvert de la démocratie entraînant une pauvreté encore plus criarde et par là un extrémisme encore plus meurtrier.


Cercle vicieux qui peut durer des décennies si l’on ne crève pas l’abcès !


Auteur de « Sacrée main » paru aux éditions « Le Manuscrit » et de « Achoura » en cours de parution aux éditions Edi Livre (en France), Aboumejd Abdelaziz exprime la richesse d’une culture mixte arabe et francophone mais aussi méditerranéenne et africaine, en militant pour le principe universel de la tolérance religieuse.
 

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Aboumejd Abdelaziz

 

Aboumejd Abdelaziz se fera un plaisir de lire
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Adresse de correspondance électronique :
 

aboumejd_fgac@msn.com

 

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