EXTRAIT
Le protecteur, roman policier, Alain
Fournaise,
Fondation
littéraire Fleur de Lys
Extrait du Chapitre 1
Cindy sursauta, elle regarda sa montre, il était 19 h. Elle s'était endormie
dans son lit, sa lèvre ne saignait plus, mais elle lui faisait toujours mal.
Des voix qu'elle ne connaissait pas résonnaient dans le salon.
Elle se leva sans bruit, s'approcha de la porte de sa chambre et
l'entrouvrit pour épier. Il y avait trois hommes qui étaient là avec John et
sa mère, l'ambiance semblait tendue. Le plus grand avait un imperméable;
c'était lui qui parlait. Le plus petit des trois restait devant la porte
d'entrée et le frisé se tenait juste à côté de l'homme à l'imperméable.
— John,
comment peux-tu m'expliquer que les policiers ont trouvé où était cachée la
marchandise ?
John semblait nerveux, il avait une cigarette dans la main qu'il n'arrêtait
pas de faire tourner.
— Je vous
jure Monsieur Marcelli, je n'ai pas parlé. Ça doit être l’un de ces jeunes
étudiants qui a tout raconté aux policiers, balbutia John avec une voix
chevrotante.
Il regarda nerveusement les deux autres intrus qui gardaient leurs mains
dans leurs poches, ce qui ne rassura pas John.
— John.
Johhhn, tu avais la responsabilité de trouver des personnes de confiance
pour faire ce travail et tu as échoué, donc tu mérites une punition. Je
pense que tu es d'accord avec moi.
John devenait de plus en plus soucieux, il ne savait plus ce qu’il pouvait
dire pour apaiser l’ambiance. La mère de Cindy était assise sur le divan,
pétrifiée par la peur, elle observait John inquiet.
Tony fit un signe de la main à Larry un de ses hommes de main, celui-ci
sortit un pistolet de sa poche. Le visage de John devint livide, son regard
trahissait la peur.
— Tony, je te
promets ça ne m'arrivera plus, je vais...
— Pour toi
John, je suis Monsieur Marcelli, répliqua Tony sans laisser la chance à John
de finir sa phrase.
Tony prit le pistolet des mains de Larry, John échappa sa cigarette sur le
sol et recula de quelques pas, avant de trébucher sur la table du salon. Il
se releva chancelant.
—
Je pense que je vais te laisser une
chance, qu'en penses-tu Joe ?
a-t-il mérité une autre chance ?
John pivota vers Joe, l’homme qui s’était installé près de la porte
d’entrée, regarda Tony impassible. John le supplia des yeux.
— C'est à
vous de décider patron.
Tony leva son arme en direction de John et tira. Une déflagration sourde se
fit entendre, le silencieux qui était installé sur le pistolet atténua le
bruit. Il se tourna pour faire face à la mère de Cindy, avec un petit
sourire en coin, il pointa son pistolet sur elle.
— NON ! Je
vous en prie ! supplia-t-elle.
Il fit feu à nouveau et elle s'affaissa sur le sofa.
— Désolé
madame, mais il ne doit pas y avoir de témoins.
Cindy avait arrêté de respirer, ses yeux grands ouverts fixaient les corps
inanimés. De la blessure de John coulait du sang qui commençait à former une
petite flaque. Cindy savait qu'elle devait se cacher ou s'enfuir, mais ses
jambes ne répondaient plus, elle était figée par la peur. Tout semblait
tourner autour d'elle. Elle ne pouvait croire ce qu'elle venait de voir.
Cindy crispa ses mains sur sa poitrine. Elle pouvait ressentir chaque
battement de son cœur qui résonnait dans son corps.
Tony rapprocha l'arme vers lui pour enlever le silencieux qu'il avait
utilisé. En levant la tête, il vit Cindy qui était là, près de la porte de
sa chambre.
— Il y a
quelqu'un là-bas ! Ramène-la-moi ! dit Tony en regardant Larry.
Cindy, prise de panique, entra dans sa
chambre et ferma la porte, elle regarda dans toutes les directions
dans l’espoir de trouver une cachette, mais aucun endroit ne lui semblait
approprié. La porte de sa chambre s’ouvrit à la volée. Cindy se précipita
jusqu’au bout de sa chambre près de la fenêtre pour s’éloigner le plus
possible de l’inconnu qui venait d'entrer. L'homme était là, devant elle sur
le seuil de la porte. Elle était prise au piège !
— C'est une
enfant patron, qu'est-ce que je fais ?
— Elle a tout
vu, elle peut nous identifier, ramène-la-moi ici, je vais m'en occuper !
Cindy avait tout saisi, mais son cerveau refusait de réagir, elle était
encore une fois figée. Elle devait trouver une solution, mais elle était
incapable de réfléchir.
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