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Pages personnelles de l'auteur C.Y.G. Bilodeau

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Z et la mission de Daniel

Roman de science fiction, 228 pages,

Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005.

6 X 9 pouces ou 15 X 23 centimètres   ISBN 2-89612-137-4

Résumé

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Dans un hôpital ultra moderne, des appareils sophistiqués guidés par un chirurgien mécanoïde procèdent à une intervention chirurgicale délicate d'un nouveau genre sur une jeune patiente. Tout se déroule sans heurts jusqu'à ce qu'une panne inopinée vienne bouleverser le processus. Des données ont été perdues et une seule personne peut les retrouver : Daniel Trame. En utilisant une procédure avant-gardiste qui n'est encore qu'à un stade expérimental, on enverra Daniel en mission.

« Mais dans quel endroit bizarre, ai-je atterri? se dit Daniel. Et pourquoi suis-je venu jusqu'ici? Peut-être me suis-je porté volontaire pour l'essai d'une nouvelle drogue et cela expliquerait cette amnésie partielle. Au moins, si quelque chose tourne mal et que je n'arrive plus à retourner chez moi, vous pouvez être certains que ma mécanoïde Z va tout faire pour me retrouver. Elle va remuer ciel et terre. Elle va déclencher un cataclysme, une guerre mondiale ou quelque chose de pire encore, juste pour savoir de quoi il retourne exactement. Elle est comme ça! Il ne faut pas trop la contrarier sinon gare à vous. Pourtant, même si Z possède un caractère un peu difficile, je ne pourrais plus me passer d'elle. J'ignore si cela est un effet de l'algorithme de feed-back que Judith, sa conceptrice, a programmé en elle, mais Z est différente des autres mécanoïdes. Elle est presque humaine. Que dis-je? Elle est humaine. Juste une humaine avec un peu plus de plastique et de caoutchouc que les autres, c'est tout! »

Dans ce quatrième roman de la série « Z », les frontières entre les humains et les machines reculent encore davantage. La ligne qui sépare le réel du virtuel s'amenuise à un point qui permet presque de sauter d'un monde à l'autre avec le minimum d'efforts. Mais, malheureusement, pas avec le minimum de séquelles. En effet, toutes ces procédures et manipulations risquent de provoquer la folie des hommes qui en sont le sujet. Tant qu'il ne s'agit que de cerveaux virtuels, tout va bien, mais lorsqu'il s'agit de véritables cerveaux humains, alors les risques sont bien réels! « Z et la mission de Daniel » décrit comment dans le futur, nos vies, nos souvenirs et la base de notre psychisme pourraient dépendre du bon fonctionnement de machines. Toujours plus loin dans le monde du virtuel, Daniel Trame poursuivra sa quête éternelle qui le rapprochera encore davantage de son étonnante mécanoïde Z.

 

 

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Chapitre 1
 

Sortie

 

« Une tuile noire, une tuile blanche, une tuile noire... Le décorateur n'était sûrement pas très doué. »

Les carreaux de céramique du plafond défilaient régulièrement devant mes yeux tandis que l'escalier roulant m'élevait vers la surface. Tout en examinant les carreaux, j'avais la tête dans les nuages et je pensais à mon automate Z. Z occupait une place importante dans mes pensées et dans ma vie. Je me disais que Z était certainement une véritable trouvaille en fait de mécanoïde à deux pattes de sexe féminin. Sa personnalité à la fois chatouilleuse et sympathique en déroutait plusieurs. Toutefois, son petit côté enfantin était si attachant qu'elle parvenait invariablement à s'attirer l'indulgence d'autrui. Le simple fait de penser à Z et de me l'imaginer était suffisant pour me faire sourire.

La tête tournée vers le haut, j'approchais de l'étage supérieur. Je portais toute mon attention à l'arête du palier qui avalait une à une les marches de l'escalier mécanique. Je ne voulais pas me faire prendre le pied dans cette mâchoire de métal.

Arrivé en haut, je sautai agilement par-dessus la ligne de jonction dont je me méfiais tant et, comme par bravade, je me retournai aussitôt pour narguer l'escalier roulant totalement vide. Mais cette audace de ma part se mua rapidement en inquiétude, puis en angoisse profonde.

J'avais beau fixer le bas de l'escalier roulant en me déclarant très fier de l'avoir gravi sans me faire prendre le pied, je n'arrivais plus à me souvenir y avoir jamais embarqué au bas. Un peu comme si j'avais mis tellement d'années à parcourir ce truc que je ne me rappelais plus quand j'y étais monté.

« C'est totalement absurde! m'exclamai-je. On ne peut pas mettre des années à monter un simple escalier roulant, aussi haut fût-il! »

De plus, une désagréable impression qu'un terrible danger allait me tomber dessus, me tenaillait l'estomac. Je tentai de l'ignorer tout en fouillant dans mes souvenirs. Je me rappelais vaguement un édifice public dans lequel j'étais sur le point d'entrer. Mes souvenirs étaient flous. J'avais peine à me concentrer, car j'avais la ferme conviction qu'une situation profondément urgente allait exiger de moi une intervention radicale et immédiate, sans que toutefois, je puisse dire au juste de quoi il s'agissait.

Je scrutai les environs. Ce lieu qui m'était inconnu avait l'aspect d'une station de métro. Puis, je remarquai l'escalier voisin. Un escalier roulant, semblable à celui qui m'avait fait monter, mais qui allait vers le bas. Mon cœur se mit à battre la chamade. Je fis un pas vers cet escalier. J'éprouvais cette fois, une irrésistible envie de l'emprunter pour revenir, pour retourner là d'où je venais. Un crépitement électrique se fit entendre dans mon dos ce qui me fit stopper net. Je me retournai vers ce bruit. Un large hall vitré s'étendait en face des escaliers. Il donnait accès à de nombreuses portes translucides et il était bordé à droite par une rangée de vidéo­phones tous identiques.

Le bleu du ciel était visible à travers une section du mur percée par de larges fenêtres. Bien que je me trouvasse visiblement dans un endroit public très vaste, il n'y avait personne en vue. Le crépitement provenait du premier vidéophone. On aurait dit qu'une image tentait de se former sur l'écran, mais qu'elle n'y parvenait qu'à grand-peine et seulement par intermittence. Bien que l'écran se trouvât tout de même à une certaine distance, j'arrivai à distinguer des lignes horizontales qui zébraient constamment sa surface de concert avec les craquements sonores.

Je tournai à nouveau la tête vers l'escalier roulant : celui qui redescendait. J'aurais tellement aimé m'y précipiter sans réfléchir. Mes jambes se mirent à trembler, puis à marcher toutes seules. Je me dirigeais inexorablement vers cet escalier lorsqu'une voix intimement mêlée aux craquements du vidéophone interrompit à nouveau ma course.

   Daniel! Crshhhh! Par ici! Vous ne pouvez pas retourner par là! Crshhh...

Je m'arrêtai. Quelque chose d'extraordinaire allait se produire très bientôt. Je ne savais pas quoi au juste, mais je devais me décider : devais-je revenir sur mes pas et emprunter l'escalier? Redescendre? Remonter?

   Daniel! Je vous en prie! Ne nous abandonnez pas!

Je fermai les yeux. Je refoulai en moi l'impression tangible que je commettais une terrible et mortelle erreur et je fis demi-tour. Je me ruai sur le vidéophone.

Plus j'approchais, plus l'image semblait arriver à se stabiliser. Elle représentait une jeune femme, assise derrière une console électronique, et qui semblait se référer à un document qu'elle tenait dans ses mains. Les interférences, bien qu'encore nombreuses, avaient significativement diminué. Je n'eus pas besoin de parler. L'image de la jeune femme disparut et fut remplacée par celle d'une voiture tandis que la voix me donnait les consignes suivantes :

   Daniel Trame! Écoutez attentivement, car chaque seconde compte. Le véhicule que vous voyez sur l'écran est garé à l'extérieur du complexe spatio-temporel dans lequel vous vous trouvez en ce moment. La structure du complexe est instable et on ne pourra la maintenir intacte encore longtemps. La région entière risque d'être détruite lorsque le complexe se désintégrera. Utilisez la voiture et filez au plus vite!

L'image de la jeune femme était réapparue en très gros plan. Je tentai d'en savoir davantage :

   Mais comment vais-je revenir chez moi si le complexe explose?

Il y eut un temps mort de plusieurs secondes. La jeune femme me regardait comme si elle n'avait rien entendu. Puis, elle réagit :

   Ce problème pourra être résolu plus tard à condition que vous n'ayez pas été désintégré entre-temps. Obéissez sans tarder, c'est votre seule chance de survie. Grouillez-vous!

   Mais qui êtes-vous?

Un bruit sec se fit entendre dans le haut-parleur et l'écran redevint totalement noir. Ceci semblait indiquer que mon interlocutrice venait de raccrocher avec une insistance dépassant nettement ce qu'il est coutume d'utiliser lorsque l'on connaît les bons usages, à moins que la communication n'eût été interceptée ou interrompue par un quelconque accident fortuit.

Je restai un moment, immobile. J'étais agacé et indécis. Quelque chose clochait dans cette histoire. Si j'avais véritablement mis des années à remonter cet escalier roulant, comment était-il possible qu'au moment précis où j'atteignais le palier supérieur, le complexe décidât de se désintégrer? Cette coïncidence troublante m'incitait à penser que tout ceci était bidon. Peut-être que ce complexe n'était pas du tout instable?

Incrédule, je fixai attentivement le mur qui me faisait face pour voir si la structure moléculaire de la paroi semblait devoir s'effriter.

   Ce mur ressemble tout à fait à un mur normal! constatai-je avec calme. Pourtant, en y regardant bien... on dirait que les joints de céramique ondulent légèrement. Merde!

Mon sang ne fit qu'un tour. Le mur commençait à fondre devant moi. Je me précipitai vers la porte extérieure du hall. Le mur du fond, largement vitré, au milieu duquel était installée la porte s'était mis à danser devant mes yeux. Comment un mur vitré pouvait-il se contorsionner sans que toute la vitre éclate? C'était un pur mystère et, à la vérité, je ne tenais pas du tout à rester sur place pour en découvrir la raison profonde. La porte vitrée du complexe avait déjà commencé à se tordre, elle aussi. J'essayai de la franchir sans toucher au cadre. Peine perdue! Le haut du cadre s'abattit sur mon crâne tandis qu'un des montants se rabattait sur mon épaule. Hurlant de douleur, je plongeai à travers l'ouverture mouvante. Je heurtai le cadre à nouveau puis j'atterris à quatre pattes sur le pavé extérieur.

J'essayai de me remettre debout, mais le trottoir se mit à son tour à onduler. Je retombai violemment sur les genoux. Il y eut quelques éclats de verre brisé. Par réflexe, je protégeai ma tête de mes mains. Le bâtiment entier sembla frissonner, comme si, mû par une force intérieure, il tentait de résister à la désintégration imminente de sa structure.

Un crissement de pneu attira mon attention.

   La voiture! m'écriai-je en apercevant le véhicule vert sombre qui glissait de travers sur la chaussée mouvante.

Il était à peine à une dizaine de mètres devant moi. Les mouvements de la chaussée semblaient vouloir le faire glisser latéralement dans ma direction. Toujours à quatre pattes, j'avançai péniblement vers lui. La prochaine ondulation le ramena encore plus près. Plus que quelques mètres et j'y étais. Je tentai une ultime tentative pour me replacer debout. Une oscillation de la surface terrestre faillit me faire replonger sur le sol, mais la contre-vague rétablit mon équilibre. Une idée jaillit dans ma cervelle.

   Eh! Voiture! criai-je dans sa direction. Approche! J'ai besoin de toi.

La voiture, totalement informatisée comme toutes les voitures de mon temps, démarra aussitôt. En moins de deux, elle fut à ma hauteur et la portière arrière, placée de mon côté, s'ouvrit avec force. Mes mouvements saccadés me précipitèrent dessus et je reçus la poignée juste dans l'abdomen.

Je poussai un cri de douleur en m'agrippant à la portière. Une nouvelle ondulation me fit pivoter en même temps que la portière et je fus projeté sur le plancher du véhicule tandis que la portière se refermait derrière moi en produisant un coup assourdissant. Je me relevai péniblement.

   Quelles sont vos instructions? fit la console sur un ton tellement neutre que cela créait un contraste saugrenu avec l'urgence de la situation.

   Démarre! hurlai-je. Et amène-nous loin d'ici aussi vite que possible!

Il y eut un autre crissement de pneu qui se mêla à un bruit d'explosions, de verre et de métal brisé. L'accélération démentielle de la voiture me projeta la figure sur la lunette arrière et le sang se mit à me pisser par le nez. Au travers de la vitre maculée de rouge, j'eus le temps d'apercevoir le gigantesque complexe qui, secoué de soubresauts fébriles, se transformait en une masse de matériaux informes et insolites en entraînant une partie du terrain avoisinant avec lui. Puis, en réalisant soudain que je souffrais le martyre, je perdis conscience.

 

* * *

 

   Trame est arrivé parmi nous! laissa échapper le vieux gromel dans un souffle. Il faut nous préparer sans tarder à le tuer.

Fizz, le minuscule gromel qui se tenait juste à côté de celui qui avait parlé sortit ses griffes et releva les yeux vers le ciel. Des vagues brunâtres, visibles à travers la peau transparente du gromel, se formèrent dans son plasma corporel.

   Qu'est-ce que tu dis, Vesque? Trame est arrivé? Mais où est-il? Et pourquoi est-ce que je ne le sens pas encore? Tu es sûr que c'est Trame?

Vesque ne fixait même pas le ciel. Son regard était perdu dans l'herbe bleue du champ qui les entourait. Il mâchouillait un brin d'herbe en observant les pylônes de métal qui se dressaient dans la plaine tout autour d'eux. Le gromel semblait méditer. Au bout d'un moment, il se remit à parler :

   À mon âge, point n'est besoin de voir pour connaître. Il suffit de sentir. Trame a investi notre domaine. Je le sais. Bien qu'il soit fermé en ce moment et qu'il soit encore très loin de nous, Trame est ici. Il est vivant et nous le sommes aussi. C'est une situation intolérable qu'il faudra corriger d'une façon ou de l'autre.

   D'une façon ou de l'autre, répéta le petit gromel en plissant la peau qui retenait sa gelée abdominale. Est-ce que cela veut dire que je peux juste lui sauter dessus lorsque je le verrai pour le déchiqueter avec mes crocs?

   Pas juste lui sauter dessus. Non! Il ne faut pas que tu oublies, Fizz, que la constitution d'un gromel est un secret absolu. Trame ne doit jamais voir ce qu'il y a en nous. C'est pourquoi nous devrons profiter de la nuit pour l'attaquer. Et lorsqu'il prendra conscience de notre présence, il sera trop tard. Trop tard pour lui!

   Trop tard pour lui, murmura Fizz comme un écho ridicule.

 

* * *

 

La conscience est une faculté si insaisissable. Affalé comme une vieille guenille molle dans le fond de la voiture, je fixais le dossier du siège avant depuis déjà un bon moment. Pourtant, je n'avais pas véritablement repris conscience. Je revoyais dans mon souvenir, l'escalier roulant qui allait vers le bas et que j'avais refusé de prendre. Mon esprit hésitait probablement à renouer le contact avec cet univers dans lequel j'avais décidé de plonger, mais qui, jusqu'à maintenant, ne m'avait apporté que des ennuis.

Puis, je décidai que j'avais assez dormi, que je devais revenir à la vie consciente afin de tenter de maîtriser la situation. On ne pouvait pas à la fois dormir et faire face aux risques terrifiants qui ne manqueraient pas de se présenter à nouveau.

Je vis alors apparaître la banquette que je regardais pourtant depuis de longues minutes. Elle était tachée de sang. Certainement de mon propre sang. Je me relevai péniblement de la posture accroupie que mon corps avait involontairement adoptée et je me laissai tomber sur la banquette arrière. L'auto filait à bonne vitesse sur une route qui traversait une plaine couverte d'une végétation exotique qui paraissait entièrement constituée de graminées bleues joliment coiffées par des touffes de céréales un peu plus verdâtres.

   De l'herbe bleue! soufflai-je avant de ramener les yeux sur mes jambes meurtries.

Je fis aussitôt un bref examen de mes blessures, ce qui me permit de constater qu'à l'exception des genoux écorchés, des avant-bras et des coudes éraflés, du nez en chou-fleur, de quelques dizaines d'ecchymoses dispersées au hasard sur la surface du corps et des courbatures multiples qui me faisaient grimacer de douleur à chaque geste, je me portais, somme toute, assez bien.

   Il s'en est fallu de peu pour que je me retrouve au cimetière, me dis-je. Avec juste un peu moins de chance, le complexe aurait explosé une seconde plus tôt. Ou bien la voiture aurait glissé dans l'autre direction et elle se serait éloignée de moi. Ou pire, ça aurait pu être une conduite manuelle et elle ne serait pas venue lorsque je l'ai appelée.

Cette dernière remarque était une blague, bien sûr, puisqu'il y avait très longtemps qu'on ne construisait plus de conduites manuelles. Depuis plusieurs années, les voitures informatisées pouvaient désormais conduire les humains à leurs destinations sans qu'ils risquent de se rentrer mutuellement les uns dans les autres à cause de leur étourderie ou de leurs réflexes si lents.

Ma pensée revint à nouveau vers ce supposé complexe spatio-temporel qui m'avait pratiquement explosé à la figure.

   Bien sûr, songeai-je, ça aussi c'est une bonne blague. Les machines qui voyagent dans l'espace ou dans le temps, ça n'existe pas!

J'avais suffisamment voyager dans l'espace pour savoir que, juste pour atteindre Mars, il fallait se taper en moyenne 2 ou 3 jours d'astronef en plus d'endurer des heures de forte accélération et de subir deux renversements à l'allée et deux autres au retour. Renversements qui ne manquaient jamais de me chavirer l'estomac en provoquant la plus gênante des nausées. Et le billet n'était pas gratuit. Le type qui aurait inventé la machine à voyager dans l'espace-temps aurait amassé tout un magot. Et cela se saurait.
 

Je m'imaginais en train de programmer ma destination sur une sorte de clavier quasi magique, fixé sur le cadre de la Porte à Parcourir l'Univers. Je traversais ensuite le cadre et par la magie de la décomposition moléculaire, des ondes hertziennes et de la compression temporelle, je me retrouvais sur une autre planète, à des millions de kilomètres de là, devant une jolie hôtesse blonde qui m'accueillait avec le sourire en déclarant :

   Bonjour Monsieur Trame. Bienvenue sur notre planète couverte d'herbe bleue, située dans une lointaine galaxie. J'espère que vous avez fait un bon voyage, car votre carte de crédit va en prendre un bon coup.

   Y a juste au cinéma qu'on trouve des trucs pareils, conclus-je. Malheureusement, en l'an de grâce 2042, ces machines merveilleuses ne sont pas près d'exister.

Il y avait pourtant une faille dans mon raisonnement. N'étais-je pas, en ce moment même, sur une autre planète? N'étais-je pas passé presque instantanément du voisinage de cet édifice — une sorte d'hôpital il me semblait — jusqu'au haut de cet escalier roulant?

   Il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions. D'abord, cela a juste paru instantané. Peut-être que j'ai juste oublié le voyage, à la suite d'une nausée un peu plus forte qu'à l'habitude. Mais tout ça va me revenir très bientôt. C'est certain! Et puis, qu'est-ce que c'est que cette idée que je ne suis pas sur Terre? Bien sûr, l'herbe tire un peu trop sur le bleu et je ne me rappelle pas avoir jamais vu d'herbe bleue sur Terre. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'en pousse pas quelque part. Peut-être en Asie? en Inde? ou dans le jardin de ma tante Ursule?

Mais il y avait aussi beaucoup d'autres détails qui me troublaient. Le ciel par exemple. Il était bleu comme le ciel de la Terre mais sa luminosité avait un aspect anormal. Le ciel terrestre n'a pas la même teinte partout. Il est habituellement plus sombre d'un côté de l'horizon et plus clair de l'autre. Celui-là avait une couleur uniforme : le même bleu très profond, sur toute sa surface. Le soleil paraissait normal. Quoique le soleil fût plutôt difficile à observer à cause de son éclat très vif.

La route aussi était bizarre. Le revêtement de la chaussée était parfaitement noir, sans aucune défectuosité. Le noir en était tellement prononcé que les lignes blanches, peintes de chaque côté, semblaient suspendues en l'air, au-dessus d'un gouffre d'une profondeur infinie.

Et il y avait tous ces pylônes soutenant des centaines de câbles à haute tension qui allaient dans toutes les directions.

   Il y a certainement une centrale électrique près d'ici.

La voiture semblait normale, bien que je ne puisse dire avec exactitude de quel modèle il s'agissait. Instinctivement, je cherchai du regard l'emplacement de l'odomètre journalier. Sur les voitures taxis, on trouvait d'habitude deux compteurs : un pour indiquer la distance parcourue par le véhicule depuis sa mise en service et un autre pour montrer au client la distance officielle de sa course et qui servait aussi à débiter sa carte de crédit.

Je n'eus aucune difficulté à repérer les deux odomètres. Toutefois, l'interprétation de leur affichage me laissa perplexe. Aucun d'eux n'indiquait une distance en milles ou bien en kilomètres, mais les deux indiquaient la même chose : 132. C'était agaçant à la fin, de ne recevoir constamment que des informations que je n'arrivais pas à comprendre.

   Dites-moi! risquai-je en m'adressant à la console de l'auto. Quelle distance avons-nous parcourue depuis notre départ du complexe?

La réponse de la console ne me surprit guère et elle contribua fortement à augmenter ma mauvaise humeur.

   132 unités, précisa la voiture avant d'ajouter : nous sommes encore loin de notre destination.

   Quelle destination? Je ne vous ai donné aucune destination! Je vous ai seulement ordonné de vous éloigner du complexe. C'est tout!

   Notre destination est le Dépôt Principal. Il faut encore compter plusieurs heures standards pour l'atteindre.

   Qui vous a commandé cette destination? Et quand vous l'a-t-on donnée?

   Je ne sais pas. Cette destination avait été programmée dans ma console ce matin avant que vous n'arriviez. Cependant, si vous le désirez, vous pouvez à loisir la modifier pour toute autre destination que vous jugerez utile.

   Mais enfin! Vous avez fait d'autres courses aujourd'hui! Et ce devait être pour d'autres destinations?

   Vous êtes ma première et seule course. Je suis toute neuve.

   C'est pour cela que l'odomètre de cette course indique la même chose que l'odomètre de mise en service!

Encore une autre coïncidence extraordinaire. Ce taxi n'avait jamais fait de course avant de me rencontrer et ma destination avait été programmée d'avance.

   Mais comment savez-vous, repris-je, que cette destination est pour moi et pas pour un autre client?

   Je ne sais pas pour qui est la destination. Je suis programmé pour accepter toute destination soumise par un client solvable et, à défaut de fournir une autre destination, je dois me rendre au Dépôt Principal.

   J'ai une autre question, fis-je plutôt amusé. Combien cette course au Dépôt Machin-Truc qui se trouve encore loin, va-t-elle me coûter?

   Rien du tout. Une somme d'un milliard de crédits a été déposée à votre usage dans le compteur du tableau de bord ce matin même.

   Un milliard de crédits dans le tableau de bord? Wow! Pourriez-vous en transférer quelques millions sur ma carte de crédit personnelle?

Je fouillai frénétiquement sur moi en me demandant où j'avais bien pu fourrer cette maudite carte. Finalement, je la repérai dans la poche arrière de mon pantalon. Je l'insérai fébrilement dans la fente du tableau de bord qui l'ingurgita aussitôt pour la recracher quelques secondes plus tard.

   J'ai versé cinq cents millions de crédits sur votre carte personnelle. Désirez-vous autre chose?

   C'est très gentil à vous, remerciai-je en reprenant ma carte.

J'examinai la carte et la soupesai comme si les crédits électroniques enregistrés dessus allaient peut-être en augmenter son poids d'une façon perceptible. Finalement, un peu déçu et surtout très incrédule, je la replaçai dans ma poche arrière.

   Maintenant, repris-je, j'aimerais bien me nettoyer et soigner mes blessures.

Une trousse de premiers soins ainsi qu'un lavabo de plastique muni d'un unique robinet surgirent par la paroi de l'habitacle. La trousse était bien garnie en pansements et en onguents de tous genres et l'eau du robinet était chaude. J'ouvris quelques contenants pour voir ce qu'il y avait dedans. Je remarquai tout de suite une autre anomalie : il y avait de nombreux pots d'onguents, aux formes et aux couleurs variées. Cependant, ils semblaient tous contenir la même crème rose au parfum légèrement acide. Je me lavai avec soin et j'appliquai un peu d'onguent rose sur toutes mes coupures.

Une fois mon traitement corporel terminé, j'observai un peu le paysage. Il n'y avait aucune route transversale. Le sol de chaque côté de la route était toujours couvert d'herbe bleue, transpercée çà et là par des pylônes gigantesques qui transportaient des masses effarantes de fils parcourant le ciel dans toutes les directions. Et toujours personne en vue. La planète, si planète il y avait, semblait déserte.

Je commençai à douter qu'il pût s'agir de fils à haute tension destinés à transporter de l'électricité. Il y avait beaucoup trop de fils sur chaque pylône et ces fils étaient beaucoup trop près les uns des autres. Il restait toujours possible qu'il s'agisse de lignes à basse tension. Mais la basse tension n'est pas utilisée lorsqu'il faut parcourir de grande distance à cause de la perte engendrée par la résistance électrique du conducteur. Et depuis le temps que l'on circulait sur cette route sans jamais voir âme qui vive, je conclus que ces fils couvraient des distances considérables. Probablement des millions d'unités. Quelle que soit la signification de cette mesure sur cette foutue planète.

Je décidai alors qu'il serait instructif de tenter de faire le bilan de mes souvenirs des événements antérieurs. Je me souvenais m'être rendu à un hôpital : l'hôpital universitaire où je devais rejoindre mon vieux copain Tom Lachance. Il m'avait envoyé depuis cet hôpital par courrier électronique, une étrange missive m'implorant d'aller le rejoindre sur-le-champ pour l'aider à résoudre un grave problème.

Au moment où j'avais lu le message de Tom, je ne savais pas exactement de quoi il retournait. J'avais d'abord cru qu'il était lui-même malade. Mais je ne suis pas médecin, je suis juste informaticien et encore, j'essaie d'éviter tout ce qui est trop compliqué et qui risquerait de me donner des maux de tête (ma mécanoïde Z étant, bien sûr, une exception à cette règle de vie). Comme j'avais toujours éprouvé, de longue date, une confiance et une admiration sans bornes pour mon ami Tom, je m'étais mis en route sans la moindre hésitation dès la réception de son message.

J'étais descendu de la voiture taxi juste devant le large escalier de marbre blanc de l'hôpital universitaire. Je me souvenais aussi d'un gamin en fauteuil roulant, portant une valise déposée à plat sur ses cuisses, et qui attendait sur le haut du parvis que ses parents le prennent en photo. Ce devait être son jour de sortie et ses parents voulaient sans doute en garder un souvenir. J'avais attendu un peu pour gravir les marches afin ne pas m'imposer sur leur photo. Mais le père n'arrivait pas à fixer le flash électronique sur sa caméra. Sa femme l'invectivait pendant qu'il peinait sur l'adaptateur :

   Pas comme cela, idiot! Tu dois le faire glisser vers l'arrière. Et ne touche pas au bouton rouge.

Je m'étais approché pour aider le pauvre diable. Je n'avais jamais vu une caméra équipée d'un flash aussi gros. Il devait s'agir d'un très ancien modèle. Soudain, sans crier gare, l'homme avait appuyé sur le déclencheur manuel et m'avait projeté un flash étourdissant dans les yeux.

La violence de l'éblouissement avait bien failli me faire perdre l'équilibre. J'avais fermé les yeux pendant un instant puis... puis... plus rien! Je ne me rappelais plus rien jusqu'à ce que je débouche en haut de l'escalier roulant : j'avais perdu la mémoire! Mais pourquoi? Un simple éclair dans les yeux ne suffit pas pour effacer la mémoire d'une personne. Et même en supposant que c'était ce flash qui m'avait fait perdre la mémoire, j'aurai dû oublier les événements qui avaient précédé le flash, pas les choses qui se sont produites après! À moins que j'aie reçu un autre choc plus tard? Par exemple, au moment d'arriver en haut de l'escalier roulant? Où encore, il se pouvait que l'on ait effacé ma mémoire par exprès. Pour faire disparaître une scène compromettante, par exemple? Une sorte d'amnésie sélective contrôlée?

Mais l'amnésie sélective contrôlée est tout à fait impossible. On ne peut pas aller dans la tête des gens et enlever ce qu'on veut tout en conservant ce qui nous fait plaisir. C'est aussi vertement irréalisable que les escaliers roulants genre spatio-temporels, que les complexes autodésintégrant ou que l'herbe bleue dans laquelle poussent aussi les pylônes.

Ma réflexion prit soudain une autre tangente. Je me connaissais suffisamment pour pouvoir élaborer une toute nouvelle série de conjectures basées sur les effets de ma propre bêtise. Peut-être avais-je volontairement accepté que l'on efface certains souvenirs de ma mémoire. Un peu comme ce brave Omnison qui avait délibérément nettoyé une grande partie de sa mémoire permanente afin de mieux dissimuler le plan de mon automate Z pour qu'elle ne soit pas volée sur Mars.

Mais comment avais-je pu accepter qu'on me mette dans une pareille situation? J'étais effrayé par les implications évidentes de l'état de danger permanent dans lequel j'avais peut-être imprudemment consenti à me placer. Pourtant, si j'avais vraiment collaboré à une pareille entreprise, j'avais certainement eu d'excellentes raisons de le faire. Peut-être qu'il m'avait été littéralement impossible de refuser. Pourtant, en ce moment même, les raisons précises qui auraient pu me pousser à me faire laver le cerveau m'échappaient complètement. Sans parler des détails de ce que je devais faire si jamais je parvenais à ce mystérieux Dépôt Principal.

J'avais tellement de questions que je ne savais plus à quoi je devais réfléchir en premier. Je décidai unilatéralement que le mieux était de penser à autre chose. À ma mécanoïde Z par exemple!

Je l'avais vue encore ce matin alors qu'elle revenait de sa marche quotidienne. Elle adorait se lever tôt pour aller admirer le lever du soleil. Moi, qui étais plutôt du genre fainéant, j'attendais son retour en engloutissant des tranches de pain grillé couvertes de confitures aux fruits de toutes sortes. Mon lever de soleil à moi, c'était lorsqu'elle revenait, elle.

Z n'était pas une mécanoïde ordinaire. Elle n'était ni servile, ni obéissante, ni condescendante. Elle était assez amusante, très originale, archi-indépendante et quelquefois elle était carrément insupportable. Elle fonctionnait sur un principe de feed-back qui, à ma connaissance, n'avait jamais encore été utilisé dans un autre mécanoïde. Ce feed-back donnait l'impression à ceux qui savaient qu'elle était une mécanoïde, qu'elle n'était pas dans son état normal, qu'elle ne fonctionnait pas correctement, qu'elle était peut-être brisée, dangereuse même. Mais moi je savais qu'il n'en était rien. J'en étais plus que certain, j'en étais positivement convaincu. Si Z possédait ce caractère si aimable et en même temps si difficile, c'était simplement parce qu'elle était plus humaine que les autres mécanoïdes et parfois, j'allais même jusqu'à penser qu'elle était plus humaine que certains des autres êtres humains de mon entourage. Et peut-être même, était-elle parfois plus humaine que moi?

Je me rappelais avoir conversé un peu avec Z durant la matinée. Puis, elle avait vaqué à diverses occupations comme : lire mon journal informatique en y complétant les mots croisés avant que je n'aie eu le temps de le faire moi-même. Se prendre un verre de jus sans remettre le contenant au frigo (à moins que le contenant soit vide) et en laissant traîner son verre sale sur le comptoir. Ou bien encore s'emparer du livre que j'étais en train de lire et se mettre à le lire en déplaçant mon signet pour indiquer sa place à elle dans les pages (ce qui ne peut être que pour m'embêter étant donné que sa mémoire quasi infaillible peut certainement se rappeler un simple numéro de page). Finalement, elle était sortie pour faire des courses sans me dire exactement où elle allait.

Z était vraiment un être merveilleux. Elle était insouciante, désordonnée, étourdie et impolie. Elle se moquait continuellement de moi et elle prenait grand soin de ne jamais suivre les conseils que je lui prodiguais pourtant si généreusement. Avec le temps, j'étais devenu incapable de me séparer d'elle.

J'imaginais la réaction de Z lorsqu'on lui apprendrait que je m'étais égaré sur une planète couverte d'herbe bleue dont les seuls édifices solides souffraient d'une fâcheuse tendance à se désintégrer. Elle ferait certainement une remarque du genre :

«J'admire Daniel, car il est vraiment doué pour se foutre dans les situations les plus bordéliques qui soient. Eh bien! Puisqu'il s'est mis tout seul dans ce merdier, qu'il se débrouille tout seul pour s'en sortir!»

Mais, en fait, cela ne se passerait pas exactement comme cela. Elle devrait d'abord s'apercevoir que je n'étais plus à l'appartement. Il faudrait donc que, d'une manière ou d'une autre, mon absence lui cause d'abord un quelconque désagrément.

   C'est certain, pensai-je, que si jamais elle finit, au bout de quelques années, par remarquer mon absence, elle va probablement s'inquiéter un peu. Peut-être même va-t-elle essayer de me retrouver. Elle va regarder dans les placards et dans la salle de bain, puis elle va abandonner. Jusqu'au moment où elle n'aura plus aucun crédit à dépenser. Alors là, et là seulement, ça va barder. Elle va mener son enquête, découvrir la missive de Tom dans le courrier électronique et elle va rappliquer à l'hôpital. Et là, je leur conseille de me retrouver très vite, sinon elle va foutre dans cette bâtisse une pagaille encore plus considérable que tout ce que ces pauvres gens ont jamais expérimenté dans leurs vies respectives. Ils vont être quittes pour faire évacuer les patients par les bouches d'égout, enfin ceux qui ne se seront pas déjà jetés par la fenêtre de leur chambre... Chère Z! Comme tu me manques...

 

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Malgré lui, C.Y.G. Bilodeau naquit à Montréal en 1953 et, selon sa maman, qui le tenait du médecin, il était prématuré. Puis, en première année B, de la gentille sœur Marie-Thérèse, il reçut pour son somptueux alignement d’« i » minuscules inclinés, l’estampe de l’ange bleu en marge de son cahier d’exercices. Ce fut suffisant pour faire geindre le nigaud qui habitait de l'autre côté de la ruelle et qui n’avait pas réussi ses « i » minuscules aussi bien. Grâce à la technique pédagogique avant-gardiste de l’estampille gratifiante, notre jeune ami venait de prendre conscience du rapport étroit qui existait désormais entre lui et les « i » minuscules inclinés.

Plus tard, au secondaire, quelques profs furent étonnés par ses compositions françaises. Une des remarques qu’ils firent souvent était : « C’est un texte bien structuré, quoiqu’on ne voie pas du tout où il mène. » Notre auteur ne comprit ce phénomène que plus tard : chacun de ces chers professeurs avait hérité du premier chapitre de ce qu'il aurait pu écrire si on lui avait accordé plus de temps.

Plus tard, ignorant la voie pourtant évidente tracée par les « i » minuscules inclinés et les éternels premiers chapitres, il céda à une fascination dévote pour les sciences et décrocha le baccalauréat en informatique qui à cette époque lointaine était livré par le département de Mathématiques. Il eut donc droit à une surdose de statistiques, de logique booléenne, de programmation linéaire, de recherche opérationnelle et d’analyse numérique. Le projet qui le marqua le plus consistait à concevoir un joueur informatique de poker entièrement écrit en Pascal. Selon ses dires, il n’obtint pas une très bonne note, car le professeur, en essayant le programme, omit d’activer l’option « As à volonté ».

Son métier d’informaticien l’amena à écrire quelques programmes d’ordinateur dont certains étaient franchement farfelus. Par exemple, l’un d’eux braquait un faisceau laser sur une pellicule photographique dans le but de produire une plaque pour imprimer un journal et, détail important, il devait y arriver sans transpercer le journal! Un autre programme contrôlait des convoyeurs servant, soit à trier le courrier, soit à le projeter dans les airs, selon l’humeur du postier-opérateur. D’autres programmes échangeaient des données vitales entre des ordinateurs renfrognés et des usagers incompatibles, à moins que ce fût l’inverse.

Puis, un bon jour, à l’âge des grandes remises en question, émergea cette idée étonnante depuis si longtemps enfouie en lui : l'idée d'écrire.

 

 

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