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La thérapie cynique, nouvelles, Danny Lafrance, Fondation littéraire Fleur de Lys

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La thérapie cynique

 

DANNY LAFRANCE

 

Nouvelles,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2010, 480 pages.

 

Ce livre est offert uniquement en format numérique gratuit (PDF)

 

ISBN 978-2-89612-357-5

 

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Extrait

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Danny Lafrance

Nouvelle-Angleterre

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La thérapie cynique, nouvelles, Danny Lafrance,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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PRÉSENTATION

La thérapie cynique, nouvelles, Danny Lafrance,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Dans un monde fait sur mesure pour les idéalistes, où la foi gratuite et aveugle dans un culte quelconque, que ce soit religieux, professionnel ou sportif, exulte des parfums de grandeur irrésistibles, le cynisme est perçu comme une tare de l’esprit. Comme une maladie incurable.

 

Ce n’est pas que les idéalistes détestent les cyniques, non. Ils sont simplement terrifiés à l’idée qu’un cynique leur retire leurs médailles, leurs diplômes et leurs trophées. Plus terrifiés encore qu’ils incitent les fidèles à ne plus s’agenouiller devant leurs médailles, leurs diplôme et leurs trophées. Les idéalistes et les cyniques se ressemblent, au fond. Les premiers placent leurs trophées entre eux et le reste du monde, alors que les cyniques placent leur fiel pour les idéalistes entre eux et le reste de l’humanité. L’important, c’est que tous puissent placer quelque chose entre eux et leurs pairs car la vanité, elle, est universelle, peu importe vos allégeances.

 

Le cynisme représente la réponse immunitaire à la fatuité, alors soyez heureux d’en souffrir chers amis car déjà, vous guérissez un peu. Alors que d’autres en mourrons. Soyez fier d’être un cynique, car ceux qui vous respectent possèdent certaines qualités de l’esprit, alors que les idéalistes s’enorgueillissent d’attirer l’attention d’un chien lorsqu’ils lancent la balle dans leur cour arrière. Vivez votre cynisme jusqu’au bout : distiller vos idées sombres jusqu'à ce qu’elles soient plus noires que le charbon, tirez plaisir à cracher votre fiel, vomissez votre rage jusqu’au sang ! De la même manière que de survivre à une infection de petite vérole vous en protégera pour le restant de votre vie, survivre à une poussée aiguë de cynisme vous protégera pour toujours de cette sombre affection. Puis, au-delà du cynisme, vous trouverez la paix de l’esprit. En ce sens, le cynisme est une véritable thérapie. La seule possible, pour certains.

 

La thérapie cynique
 

 

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TABLE DES MATIÈRES

La thérapie cynique, nouvelles, Danny Lafrance,
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Présentation
La faute aux Beatles
Le rendez-vous
La tautologie de l’absurde et le Dieu à neuf doigts
La faute aux fraises
L’urne
L’aventure
Le discours
Le lac de merde
La fourmi
La couleur rouge
Le joyau
La scène
Au sujet de l’auteur
Communiquer avec l’auteur
13
15
71
135
215
251
257
273
301
349
393
397
427
471
473

 

 

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EXTRAIT

La thérapie cynique, nouvelles, Danny Lafrance,
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

C'est la faute aux Beatles

(extrait)

 

 

Do you wonder why your morality
has not achieved brotherhood on earth
or the good will of man to man?

Ayn Rand
 

 

Laissez moi vous offrir, très chers lecteurs, un cadeau des plus précieux. Aussi précieux qu’une pépite d’or, aussi unique et digne d’admiration qu’un tableau de Da Vinci. Laissez moi vous offrir, oh ! privilégié lectorat, une journée dans la vie de Louis-Philippe Lemieux-Lajoie. Jeune homme de trente ans, le très précieux Louis-Philippe Lemieux-Lajoie, appelons le Louis-Philippe, représente aujourd’hui le travailleur actif du Québec. Sans contredit, il est le produit de son environnement.

Le voici justement qui se réveille, à dix heures, en ce jeudi matin. Le petit Louis-Philippe ne travaille pas aujourd’hui. Conseiller à la SAQ, il a droit à une journée de repos bien méritée, après avoir conseillé sans arrêt pendant plus de quatre jours en ligne et ce, à raison de huit heures par jour, s’il vous plaît. Reconnaît-on seulement ce sacrifice dans les réunions de gestion de la SAQ ? Il est en droit de se poser de sérieuses questions. Le sublime Louis-Philippe est éduqué. Titulaire de deux baccalauréats, la masse de connaissances accumulées dans son cerveau est telle que sa matière grise en résonne de lourdeur à chacun de ses pas, comme une grosse éponge tellement gorgée d’eau qu’elle en est saturée et devenue inefficace. Il a tout d’abord étudié l’histoire, car notre sympathique héros a toujours été fasciné par l’apparat du savoir et de l’intellect. Fils d’un gars de la construction, il fut d’une part castré dès son jeune âge de toutes aptitudes ouvrières, soucieux qu’étaient ses parents de lui façonner un meilleur sort loin de la poussière et des travaux lourds. Fils d’un gars de la construction, il fut d’autre part propulsé dans les hautes sphères de l’éducation par un accès illimité aux universités, permettant l’accumulation des titres comme on collectionne les timbres précieux. La force de travail de la génération de son père lui a offert un buffet à volonté de possibilités, et c’est de façon tout à fait naturelle qu’il a endossé son rôle de tributaire du savoir. On pourrait penser qu’il serait reconnaissant envers son vieux père de ce cadeau unique. Mais voilà : le petit Louis-Philippe ne s’est jamais vraiment questionné sur le sujet. Qu’on lui fournisse une armée de professeurs, des tonnes d’infrastructures et évidemment, de l’argent pour le moindre de ses besoins, a toujours été vu par notre bougre comme un dû. Ou plutôt comme un droit, pour reprendre une expression à la mode. Aussi, c’est sans hésitations que, suite à un baccalauréat en histoire, il décida d’étudier la littérature. Le fait est que le petit Louis-Philippe coulait des jours paisibles dans sa garçonnière, isolé de toutes responsabilités, n’ayant de comptes à rendre qu’à lui-même. Pourquoi ne pas poursuivre ses études, après tout ? Ce n’est pas comme s’il allait lui en coûter quoi que ce soit. Encore aujourd’hui, il est possible de l’entendre discourir avec verve et ardeur aussitôt que le gouvernement tentait de partager le coût de l’éducation avec les bénéficiaires de ce savoir providentiel. De toute les manifestations, notre héroïque chevalier de la justice social militera contre vents et marées pour que tout un chacun reçoive son dû : étudiants, professeurs, personnel de soutien, et tutti quanti ! Qui financera cette généreuse pluie de pièces d’or est bien le dernier de ses soucis.


Suite à son baccalauréat en littérature, notre petit prince, alors âgé de vingt-sept ans, prit conscience pour la première fois de sa vie qu’il devrait peut-être commencer à réfléchir à son avenir. Évidemment, ses choix de domaines d’étude ne lui offrirent que peu d’espoir de se décrocher un emploie digne de son prestige singulier. C’est à cette époque qu’il considéra travailler comme sommelier, mais de façon temporaire seulement, jusqu’à ce que le destin, nécessairement grandiose et prestigieux, réalise son grand œuvre pour lui. Trois ans, déjà, qu’il attendait. La vie est cruelle d’injustice, parfois.


Il se tira du lit paresseusement, agrippa son paquet de cigarettes allemandes et prit place sur son perron, perchoir à partir duquel il pouvait observer la vie active et branchée du plateau Mont-Royal. Le choix du quartier qui allait avoir la chance de le compter parmi ses habitants allait de soi, pour Louis-Philippe. Tout en inhalant des bouffées de sa cigarette importée, il tirait aussi grande satisfaction à se nourrir du suc de la vie urbaine. En effet, depuis quelques années, les citadins de certains quartiers branchés de Montréal ont travaillé d’arrache-pied pour se construire un temple où les déités qui y seraient vénérées ne seraient point des entités nébuleuses ou vaguement historique, mais bien eux-mêmes, un peu comme les sectes où les nouveaux prophètes s’autoproclament messies contemporains. Le simple fait d’être citadin et de ne pas demeurer en banlieue s’est transformé progressivement au cours des dernières années, et a évolué au même titre qu’un mouvement social. Ou une maladie ? En effet, cette révolution est passée d’une simple singularité géographique, au début, à un choix de mode vie, puis à un geste engagé, pour finalement être considérée comme synonyme de vertu social et de libérale démocratie. Si la pensée mécanique a besoin d’une image pour clairement démontrer toute la sottise d’un tel réflexe, ce serait bien cette idée que pour être considéré comme ouvert d’esprit et allumé, on a plus besoin de dire quoi que ce soit d’intelligent. On a seulement besoin de déménager sur le plateau. Se définir par ce que nous se sommes pas plutôt que par nos actions ou accomplissements est bien un trait de caractère typique de la génération Y. Non, il ne finirait pas comme les ploucs de banlieue, à torcher des mioches et manipuler des couches pleines de merde. Non, il ne vivrait pas la vie de ses parents. L’insignifiance de l’existence de ses parents, cols-bleus incultes et prolétaires gâteux, lui puait au nez comme une bouffée d’ammoniac. Notons par contre que notre héro ne s’est jamais vraiment questionné au-delà de cette évidence organique. En effet, utiliser les connaissances acquises au prix de milliers de coups de marteau donnés par son vieux père pour ensuite considérer ce dernier comme niais et engourdi est d’une ironie tout à fait délicieuse, subtilité qui échappe, toutefois, à notre intellectuel de haut calibre.


Des plans pour aujourd’hui, il en avait : d’abord se rendre au café Internet du coin pour travailler sur son premier roman. En après-midi, allez visiter un loft en vente au vieux port. Puis ce barbecue, en fin de journée, pour le soixantième anniversaire de sa mère. Il allait lui offrir une séance de relaxation dans un spa. Avec un peu d’effort, il allait peut-être réussir à en faire un être humain évolué, qui sait. Donc, une journée bien planifiée et bien remplie. Cette nécessité de subdiviser son temps en périodes bien définies est un héritage de son éducation universitaire où pendant des années, il dut s’astreindre à de réguliers horaires découpés en tranches de cours bien définies, où chaque portion était un gain de plus vers les crédits nécessaires. Il faut mettre les réalisations dans une petite poche à réalisations, comme on rangeait les crédits dans une petite poche à crédits pour l’obtention d’un diplôme. La simple idée de se balancer dans une arrière-cour à respirer l’air ambiant lui paraissait être le lot des banlieusards chloroformiques, incultes et xénophobes, terrifiés à l’idée de sortir de leur lot cadastré. Cette image tenait bien sûr du préjugé crasse, mais comme les nouveaux prophètes urbains étaient absolus de toutes fautes et sacrés intellectuels par défaut à la signature du bail ou du contrat de vente, ils se trouvaient dispensés du fardeau de la preuve, à savoir de démontrer en quoi exactement consistait cette culture si progressiste et lumineuse qui les différenciait tant du commun des mortels. En fait, l’entretien convenu de ces lubies contribuait davantage à la paresse intellectuelle et à l’endossement aveugle de cette nouvelle religion qu’à aiguiser les sens et allumer des débats utiles, comme de savoir si le Québec devrait continuer de financer les deux ou trois baccalauréats stériles et superflus des enthousiastes ineptes qui encrassent le système.


Une longue douche permit à notre héro de retrouver tout son aplomb, du moins si l’on peut s’exprimer ainsi. Devant le miroir de sa commode, il hésitait entre plusieurs tenues. Le noir était sa couleur favorite : ayant la propriété de ne réfléchir aucune lumière et de tout garder pour soi, cette couleur était très prisée dans le quartier. Il opta pour un de ses nombreux vintage T-shirt, avec un logo sarcastique estamper sur le torse. Le vintage T-shirt constituait l’un de ses habits préférés. Rejet du conformisme capitaliste, le T-shirt rayonnait d’indépendance d’esprit. Mais attention, pas question de porter un simple T-shirt monochrome, produit de consommation de masse. Le logo personnalisé, qu’il faisait imprimer par une boutique locale, lui permettait d’exprimer son caractère unique, rebelle et belliqueux, et de se détacher du commun des mortels, race à laquelle, Dieu l’en garde, il n’appartenait point. À cet attribut nécessaire, il combina l’indispensable jeans, puis des chaussures singulières, ayant l’apparence de mocassins amérindiens. Ces perles de chaussures furent débusquées dans une nouvelle boutique de l’ouest de la ville. À cent cinquante dollars, elles valaient leur pesant d’or. Le large bracelet-montre de cuir fut ensuite ajouté, accessoirisé par des bracelets complémentaires en argent à l’autre poignet. Tournant les épaules de droite à gauche, il feint de se gratter le nez pour observer l’effet de ses bracelets sur le look d’ensemble. Puis il enfila ses anneaux de métal dans les pouces. Impeccable, pensa-t-il. Le tout fut complété par un veston aux couleurs fades, rayé, et usé artificiellement en manufacture, pour donner l’impression qu’il possédait ce veston depuis toujours, bien qu’il fut acheté à prix d’or quelques semaines auparavant. Ensuite, il enfila ses lunettes à montures noires ébène protubérantes. Un modèle unique, lui avait assuré la vendeuse. Il agrippa son portable, un mac, nécessairement, qu’il trimballait en bandoulière dans une vieille valise de tissu vert kaki, débusquée dans un surplus militaire au prix de dizaines d’heures de recherche fastidieuse. Cachez cet objet de consommation que je ne saurais voir ! Puis, finalement, la dernière touche à l’ensemble plus-que-parfait, soit le iPod, accroché en bandoulière, et le voilà fin prêt. Les cheveux allaient restés épars et bouffis. Quand à la barbe, voilà maintenant une semaine qu’il n’y avait touchée. En effet, le petit Louis-Philippe, trente ans, achetait sa bonne conscience avec la monnaie qu’il pouvait. Comme la conformité de l’anticonformisme vestimentaire était incompatible avec sa nature singulière, l’aspect rustre d’une barbe en devenir et les cheveux épars représentaient, pour notre héro, un contrepoids à la coquetterie si judicieusement calculée de sa tenue et donnait l’impression que notre révolutionnaire sans cause n’obéissait à aucune convention. Ce rejet artificiel de l’esthétisme épilatoire était donc, pour Louis-Philippe premier, d’une importance capitale. Emballé de la tête aux pieds de ses plus précieux attributs, il gracia finalement la rue de sa divine présence.


Il prit la direction du café Internet local, où il pourrait bénéficier d’une connexion Wi-Fi. À l’épaule il portait son vieux sac kaki, aux coutures ébouriffées, à l’intérieur duquel était caché son Mac portable flambant neuf, tout équipé, mince comme une feuille de papier. Ses pas furent agrémentés par la musique d’un groupe énigmatique étranger, au style indéfinissable, et au rythme nouveau genre. L’avant-gardisme musicale, tout comme la fierté obsessionnelle de ses habits, représentait l’ex-pression d’un nombrilisme exacerbé et avait aujourd’hui la cote. Mais d’où provient cette obsession de tous les instants à se dessiner de façon si appliquée ? En d’autres mots, comment le Québec a bien pu accoucher d’un Louis-Philippe ? La réponse est simple mes très chers amis. C’est la faute aux Beatles.


Cette hypothèse fantasque mérite bien entendu quelques explications. Commençons tout d’abord par mettre les choses en contexte, si vous le voulez bien. Les Beatles furent les premiers à créer un véritable précédent dans l’histoire musicale, à rejeter officiellement les conventions. Si Elvis Presley et ses contemporains ont inventé le rock-and-roll dans les années cinquante, il n’en demeure pas moins qu’ils portaient des complets trois pièces. On chantait la belle vie d’après-guerre, les balades en auto avec sa blonde, les folles soirées de danse entre amis. Le message était essentiellement lyrique, dénudé de références résolument personnelles. Ce furent les Beatles qui les premiers brisèrent les conventions à l’échelle globale, en incorporant dans leurs chansons des messages autolâtres. En effet, ce sont les Beatles qui les premiers ont chanté, ou plutôt hurlés à tue-tête, tel un cri du cœur : « I don’t want to live my life like everybody else, like everybody else! ». Rappelons le, les modes sont d’abord et avant tout un instrument d’expression de sa propre vanité, une façon de dire au monde que nous sommes meilleurs qu’eux. Pour les Beatles, le message était simple : « nous on fait la fête ». Et le message fut adopté en masse par toute une génération de baby boomers qui ont rejeté le conformisme séculaire d’alors pour envahir les planchers de danse. La popularité planétaire du groupe sanctifia le vedettariat musical et l’expression de sa vanité comme la plus vertueuse des entreprises. Ce fut le point de départ : les Beatles avait ouvert une boite de Pandore.


À partir de ce moment, le plus grand délire collectif égocentrique de notre histoire débuta, et il y eut une succession absurde et ininterrompue d’absolument tout et son contraire : les rockers en jeans et cuir, les « mods » en complet, les hippies en bedaines !, les new waves, le disco, les punks, les grunges, les métals, le country, les rappeurs, les technos, bref, chacun était en croisade pour trouver sa niche. Pour exprimer sa différence. Comme tout le monde. La seule constante à tout ce fouillis vestimentaire et musical demeure cette fuite en avant, vers soi-même, qui se poursuit depuis les Beatles. La dissolution complète de l’identité collective s’est exprimée avec l’avènement de la musique techno. Alors que des milliers de personnes tapaient du pied à l’unisson et regardaient dans la même direction aux concerts des Beatles, dix milles personnes sont aujourd’hui repliées sur eux-mêmes dans les party rave, avec dix milles danses différentes. Alors que jadis des milliers de personnes regardaient dans la même direction au ciné-parc, des milliers de personnes se regardent maintenant sur « you tube », dans dix milles vidéo-clips différents, repliées sur eux-mêmes dans la solitude de leur bureau. Quand aux Beatles, qui il n’y a pas si longtemps chantaient « all you need is love », voyageaient en Inde pour méditer et frayaient avec le communisme, leur fortune combinée se chiffre aujourd’hui à près de deux milliards de dollar. En effet, « all YOU need is love, but WE need shit loads of cash… »

 

 

AUTRE EXTRAIT

Puis, il effectua des recherches sur Internet pour son prochain voyage, planifié pour cet automne. Bien que la destination n’avait pas encore été fixée, il pensait explorer le sud-est asiatique ou l’Amérique du sud. L’important en fait était que la destination soit sécuritaire, mais non fréquentée par des touristes, ces idiots de bourgeois qui ont besoin d’un guide pour aller pisser. Mais pas lui. Non ! Lui, il était différent. Pas de Tout inclus
Livraison : 15 jours ouvrables pour notre dur à cuire. Pas de guide touristique pour notre grand explorateur. Un touriste il ne serait pas. Plutôt mourir. Lui, il était plutôt : un voyageur ! Voilà toute la subtilité mes très chers amis. Oubliez le Lac St-Jean et les rocheuses, oubliez l’Europe et les antilles. La mode était maintenant au pèlerinage. Les fidèles de la nouvelle religion se devaient d’élever pompeusement leur propre ego par la simplicité volontaire matérielle. En effet, la simplicité volontaire du tourisme pour les hip et cool urbains n’était malheureusement qu’accessoire et se composait principalement en l’absence de toilettes privées et de nourriture occidentale. Quand à la simplicité volontaire du caractère et des idées, et bien il faudra repasser. En effet, contrairement au Bouddhistes qui construisent dans l’anonymat le plus complet des châteaux de grains de sable élaborés, fastidieusement assemblés sur plusieurs années de travail, avant de les détruire du tout au tout dans la solitude et le repli sur soi, soyez certains que les pèlerins de la nouvelle religion n’exerceront aucun acte de retenu quand à la publicité criarde de leurs explorations mystiques. Sitôt rentrés du périple, ils s’activeront (biz-biz-biz) à faire connaître à qui veut bien l’entendre les détails les plus miséricordieux de leur mission humanitaire, à archiver précieusement le moindre cliché dans leur temple à vanité, et même de créer des sites webs où vous pourrez aller admirer les nouveaux Ti-Jésus de notre époque, posant fièrement avec les paumés édentés locaux, dans un exercice humaniste d’une grandeur d’âme à faire retourner mère Thérésa dans sa tombe. Leurs salons seront immanquablement décorés des plus belles photos, où le caractère missionnaire de leur périple sera mis en valeur, portraits abondamment commentés, il va sans dire, de mémorables histoires de communion des âmes dans la poussière et la simplicité des ghettos sudistes. Le tout se terminera sur une critique acerbe de notre société occidentale, accroc que nous sommes du moindre objet manufacturé, incapable de faire trente pas sans utiliser nos véhicules énergivores. Mais ne leur demandez surtout pas d’avancer des solutions à la pauvreté, ni même l’ombre d’une idée crédible sur les bases économiques des inégalités. Les socialistes de la nouvelle religion ne réfléchissent point : ils ont la foi. Toutes discussions contraires à leurs croyances seront immanquablement accueillies avec railleries et irritations, telle une superbe blonde en décolleté qui roule les yeux, exaspérée, lorsque l’on se perd en détails accessoires : « mais ne voyez vous donc pas que je suis magnifique !? »

 


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AU SUJET DE L'AUTEURE

Danny Lafrance

 

 

Né en 1974 dans la région de Trois-Rivières, l’auteur connaît une enfance sans histoires et une adolescence silencieuse, régentée par des études qui, selon ses dires, furent aussi fastidieuses qu’inutiles. Il choisit d’étudier les sciences, comme on choisirait de travailler à la ferme : par dépit. Après avoir obtenu une maîtrise en chimie organique de l’Université McGill, il émigre au États-Unis pour occuper un poste dans une compagnie pharmaceutique. Il vit aujourd’hui quelque part en Nouvelle-Angleterre avec sa femme Caroline et sa fille Chloe.


Après une dizaine d’années passées aux services de multinationales pharmaceutiques, l’auteur développe un intérêt croissant pour la philosophie du travail et le destin académique. Observer ses collègues grimper l’échelle corporative est plus intéressant à ses yeux que sa propre carrière qu’il juge, comme bien d’autres choses, inutile. Ses sujets de prédilections incluent l’arrivisme professionnel, l’abrutissante vie de bureau, de même que le problème grandissant du culte du diplôme et du crédentialisme obsessionnel. Sans compter les sciences et la société québécoise. Amateur de littérature vivante et engagée, il a de plus en plus de difficulté à trouver des livres qui l’intéresse lors de ses visites dans les librairies québécoises quand il revient au pays. C’est de cette façon qu’il a commencé à écrire : « J’ai écrit un livre que j’aurais eu envie de lire… »


Il croit que la société se dirigera, au cours des prochaines décennies, vers une autre aventure socialiste désastreuse. Une plaie qui, selon lui, semble se reproduire à un intervalle aussi régulier que les pandémies virales. Son plus grand rêve serait de pouvoir parler à Ayn Rand et lui demander conseil. En attendant, il lit ses livres.

 

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Danny Lafrance se fera un plaisir
de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

ADRESSE DE COURRIER ÉLECTRONIQUE :
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