Remerciements
Je tiens de tout cœur à remercier…
Mon fils André, merci pour ton écoute, ainsi que toute ton aide
technique de même que ton soutien.
Ma fille Nikki, merci pour tes encouragements et pour
l’illustration qui sert de page couverture à ce premier roman.
Ma grande sœur Pierrette, merci pour ton ouverture, ta
générosité, ainsi que tout le support et l’amour que tu m’as si
souvent manifesté au cours des années.
Mon frère Réjean, merci pour avoir pris le temps de me lire et
pour tes commentaires.
Enfin, merci à tous ceux qui dans l’ombre ont eu une pensée pour
moi : Michel, G., ma voisine E. B., Denise,…
Entrée
Pourrions-nous qualifier de folie et d’irrationnel tout ce que nous
justifions et que nous absolvons ? Tout ce que souvent nous
réprouvons et que nous voulons tout simplement oublier, ignorer ou
même effacer ? Devrions-nous oser prétendre que ces désordres ne
sont que de simples bêtises ? Que faire de tout ce qui pourtant fait
sombrer dans le noir, qui fait mal, qui mutile et détruit la vie ?
Serait-ce de la simple ignorance, de la paresse, ou de
l’égocentrisme ? Que conclure de cette absurde inconscience qui
pourtant se targue de tant de déséquilibre et qui finit par aliéner
l’essence même de l’existence ? Nous serait-il donné, après tout
cela, de métamorphoser en lumière toutes ces ombres ? Nous serait-il
permit de pardonner ces disgrâces et d’adoucir ces détresses ? Que
dire encore du rêve, de l’amour ou de la vie ?
Alors, quelqu’un quelque part écrit des mots, parfois modestes,
parfois durs; et souvent blessés. Pour un peu tenter de soulager
toute cette noirceur. Ils sont là, toujours, avec leur résonance
d’une douceur satinée qui se déroulerait en cascade, tel
l’arc-en-ciel dont nous tenterions de saisir les couleurs pour ainsi
nous approprier une part de ses mystérieux charmes et pour mieux
nous faire rêver. Des mots simplement écrits pour aussi retrouver un
peu de paix, pour croire que la vie est belle et qu’elle continue.
Pour se donner une raison d’exister encore, malgré tout.
Ces mots que quelqu’un écrivait à dix-sept ans, croyant réussir à
les garder, à les protéger, ou à mettre en boîte une miette de ces
fascinants séducteurs. Pour que jamais ne puisse lui échapper leur
beauté et leur force. Pour entrevoir l’espace d’un souvenir que ce
quelqu’un ait pu exister, presque imperceptible, disparaissant même
quelque part à travers eux. Tous ces mots dont les puissances et les
charmes étaient convoités et parmi lesquels se perdait cet être
encore fragile.
Il fut un temps où j’étais moi;
sans bruit, sans éclat, j’étais là.
Vous me voyiez; du moins je l’ai cru.
Brusquement, la page s’est tournée; je suis ailleurs.
Mes pensées et mes rêves sont restés là-bas;
et au fond de vous sont demeurées les fleurs.
Mais pour vous, qui étais-je ?
Celle qui, quand on le lui réclamait,
créait de quelques mots fantaisistes
cet émerveillement qui vous enchantait ?
Ces mots qui hier avaient tant pu séduire,
ils se sont accrochés à leur rôle
et ne m’ont laissé être que leur ombre.
Pour vous, qui devais-je être ?
Celle à qui la vie offrait, tel un cadeau,
le prestige dont vous me voyiez prédestiné ?
Ne vous apportaient-ils que le rêve et l’oubli, ces mots.
Moi qui pourtant ne pouvais être que moi,
qui vivais de tous ces moi et qui ne respirais que par eux.
Tous ceux que je prenais plaisir à vous offrir.
Que d’illusions, que de rêves.
Je me voyais près de vous, tel un jongleur d’enchantement;
les sourires et les joies d’alors me semblaient éternels.
Pourtant aujourd’hui, ils ne sont qu’amertume et néant.
Vous avez tout effacé; et puisque rien n’a pu vous effleuré,
qu’importe si j’ai ainsi souffert de vos abandons.
Ces mots, sans doute que maintenant un autre vous les écrit.
Ceux-là même qui m’illuminaient et qui m’enivraient.
Passé, présent, avenir; mystères d’instants volés ou empruntés.
Qui suis-je devenu ? Demain qui serai-je ?
Rien de plus… que celle qui écrivait des mots.
Il fut un temps où j’étais moi.
Il fut un temps où ces mots étaient moi.
Pourrais-je un jour entrevoir à nouveau leur reflet ?
Pourrais-je encore redécouvrir la magie de ces mots ?
Delvina Lavoie (1982)
Ces mots qui toujours se suivent, se mêlent et qui aussi
s’enchaînent, même après toutes ces années. Mots d’hier,
d’aujourd’hui et de demain. Qu’ils se soient égarés ou qu’ils
n’aient été que mis en veille, ils ne sauraient être perdus ni
inutiles. Ne détiennent-ils pas le pouvoir et le privilège de nous
faire tantôt sourire ou pleurer ? Qu’ils aient été chantés il y a
mille ans ou qu’ils ne soient couchés sur du papier qu’à cet
instant, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, peu importe. Tous ces
mots sont là, prêts à séduire, à capter la vie ou à dire la mort.
Ils se font maîtres de nos pensées et de nos songes, qu’ils soient
éveillés ou endormis. Raconter des parcelles de vie n’est jamais
facile. Pour noircir du papier, il doit donc subsister cette portion
de vérité… et bien sûr, se créer cette part de fiction. Celles où
tout peut devenir une mise à nu de l’âme, du cœur et du corps aussi.
Cette vie qui semble déjà appartenir à un autre monde où tout
semblerait être arrivé à quelqu’un d’autre par cette partie de
l’existence que nous appelons le passé… cette fraction inexplorée
d’un éden dont nous aurions jadis foulé le sol et que nous aurions
quelque peu entrevu. Ou même, cette vie pourrait se construire sur
tous les demains qui sont ce morceau appartenant encore à l’inconnu
que nous chercherions encore, parce que toujours ce fragment d’un
miraculeux ailleurs nous envoûterait.
Enfin, puissent tous ces mots qui encore savent si bien nous
transporter nous conduisent au-delà de nos maux et de nos
apaisements. Même, qu’ils suscitent un ravissement qui les porterait
au-delà d’eux-mêmes. Pour croire que la mort est partie de la vie…
et pour également nous persuader que cette vie présente en nous peut
nous délivrer un peu plus chaque jour de cette mort que nous
portons.
Je vous invite maintenant à faire connaissance avec ces nombreux
personnages qui de quelque manière furent introduis dans la vie
d’Aline, cette amie qu’aujourd’hui je raconte un peu et pour qui se
tourneront les pages de ces chapitres.
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