|
|
|
Mots de Noël
Avancées philosophiques
vers l’origine
FERNAND COUTURIER
Poèmes & Prose - Troisième édition
augmentée,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2010, 440 pages,
En couverture : © 1993 Mai, huile sur
toile, Pauline Rouillard, Galerie d’art
Linda Verge, Québec, Québec.
Illustrations : © 2004-1010, pastels et
aquarelles,
Suzanne d’Anjou, Neuville, Québec
ISBN 978-2-89612-355-1
|

Fernand Couturier
Québec, Québec
|
|
|
Couvertures
Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier
Cliquez sur les couvertures
pour agrandir |
|

Cliquez sur la couverture pour agrandir |

Cliquez sur la
couverture pour agrandir |
-
|
|
|
PRÉSENTATION Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier

Troisième édition augmentée
Noël,
célébré en liturgies et folklorisé en
coutumes, est toujours occasion d’étonnement
et de surprises. Histoires, chants et gestes
évoquent le merveilleux originaire voire
l’invraisemblable, aussi appelé mystère.
Ces Mots de
Noël racontent des randonnées vers
l’origine. Le paysage du monde chrétien y
apparaît sous nouvel éclairage. D’abord en
ses rapports déterminants avec, entre
autres, les cultures perse, égyptienne et
gréco-romaine, et aussi en rupture avec le
judaïsme traditionnel. Puis, Yehoshua ou
Jésus de Nazareth, personnage central du
Nouveau Testament, se comprenant
effectivement comme messie hébraïque, ne se
perçut pas pour autant comme dieu. La
divinité lui fut attribuée plus tard par
Paul ou Saoul de Tarse en suite d’une
illumination particulière et selon la
tradition des sauveurs divins mythologiques.
Hormis l’essentiel message d’amour, de
justice et de paix, tout du christianisme
institutionnalisé se situe dans le
prolongement des mythologies anciennes et ne
vient pas des enseignements ni de l’action
de Yehoshua.
Invitation à
repenser les rapports de l’humain au divin.
Nouvelle matière à
étonnement.
Exemplaire numérique gratuit
|
--
|
REVUE DE PRESSE de la première et de la
deuxième édition
Mots de Noël, Poèmes et prose, Fernand
Couturier
Cliquez sur les logotypes
des médias ou des sites Internet ci-dessous
Exemplaire numérique gratuit
|
-
|
TABLE DES MATIÈRES Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier
|
Dédicace
Remerciements
Présentation
Préface
Divisions du livre
Introduction
PREMIÈRE PARTIE
(décembre 2002 à
décembre 2004)
Destin
du Mot
Mots de
Noël
Interprétation
Mot et
poésie
Le rien
du tout
Essence
langagière de l'humain
Phénomène
d'être et vérité
Habitat
langagier
Expérience
heideggérienne
Récit de
la création
Dire
premier et son dit
Heureux
message
Pensée et
croyance
Question,
quête, demande
Mythes,
divins, parole
Renaissance du Mot
Troubles
Ce qui
reste…
DEUXIÈME PARTIE
(décembre 2005 à
décembre 2006)
Lumière et Mot. Mythes
et Christianisme
Histoires
de dieux
Origines
mythologiques du
christianisme
Note
préliminaire
Introduction-méditation
Étude
comparée des religions
Il y a un
christ préchrétien
Les
attributs christiques
des Horus, Krishna,
Mithra;
de l’Oint hébreux et de
Jésus
Horus
Krishna
Mithra
L’Oint
Jésus
De
l’Ancien Testament aux
Évangiles
Le christ
de l’Ancien Testament
Passage
au christ chrétien
Christianisme et gnose
Hypothèse
sur le passage du
symbolique à
l’historique
Phénomène
de transposition
Explicitation du
phénomène
Interprétation littérale
et transfert de vérité
Vérités
et réalités
Le mot
Conclusion
25
décembre… pourquoi ?
TROISIÈME PARTIE
(décembre 2007 à
décembre 2009
Révélation.
De
Yehoshua à Christos ou
le Mythe chrétien
Révélation et
interprétation
Perplexité en ce Noël…
Le mythe
chrétien
De
Yehoshua à Χριστος (Christos)
Introduction
Langues
et cultures en Palestine
La
période perse
La
période hellénistique
La
période romaine
Hellénisation et
réactions des Juifs
a.
Sadducéens
b.
Pharisiens
c.
Esséniens
d.
Zélotes
e. Autres
Les
sources documentaires
néotestamentaires
Ouvrages
de référence
contemporains
Deux
mouvements (Esquisse)
1.
Mouvement messianique de
Yehoshua
2.
Mouvement christique de
Paul
Approches
historiques de l’homme
Yehoshua
a.
Naissance
b.
Famille ou fratrie
c. La vie
à Nazareth
d. Le
messianisme de Yehoshua.
(Engagement politique et religieux)
e. Les
années de militantisme
Résurrection,
Apparitions et Ascension
Après la
mort des deux messies
Luc et
les Actes des Apôtres
a.
Jacques successeur de
Yehoshua
b.
Histoire de Saül de
Tarse ou Paul
c.
Mission de Paul
Évangiles
et Actes des Apôtres
L’essentiel du message
de Yehoshua
Assise
historique pour le mythe
christique
Perspectives
philosophiques :
L’humain et le divin
a.
Compréhension
traditionnelle du
christianisme
b.
Interprétation de Paul
et astuce de Luc
c.
Pré-acquis et accueil de
l’autre
d. Dieu
est Lumière
e. Dieu
est Mot. Le langage
éclaire
f. Les
dieux à l’image de
l’humain
g.
L’humain :
accueil-écoute et dire
h.
Phénomène de l’existence
comme être en univers
i.
L’humain et l’advenir de
la vérité
j. La
vérité alèthéienne et la
révélation
ÉPILOGUE
Silence
Fragmentation
Sagesse
Au
sujet de l’auteur
Du
même auteur
Communiquer avec
l’auteur |
9
11
13
15
17
19
-
-
-
25
27
47
48
49
51
52
54
55
56
61
64
65
67
68
71
83
85
-
95
97
117
117
117
120
123
125
125
127
129
132
134
141
141
144
148
158
159
160
163
165
172
187
191
207
209
231
235
253
253
256
257
262
266
268
269
270
272
273
273
274
277
281
282
283
286
286
293
296
299
304
335
342
343
344
349
352
366
373
377
380
380
381
382
384
385
387
389
391
395
400
405
407
411
415
419
421
423 |
Exemplaire numérique gratuit
|
-
|
EXTRAIT
Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier
Remerciements
Remerciements sincères à madame Pauline
Rouillard, représentée à la Galerie d’art
Linda Verge, à Québec, d’avoir généreusement
autorisé la reproduction, en page
couverture, du tableau Mai capable de
suggérer l’étonnante éclosion du mot.
Grand merci également à l’amie Suzanne
d’Anjou, artiste peintre à Neuville, qui a
accepté spontanément d’orner ces textes de
lignes et de couleurs évocatrices du sens.
Et cela en un temps record dénotant
l’agilité créatrice de sa main.
Présentation
Mots de Noël
Ces mots tentent d’évoquer ce qui peut étonner. Le sublime et
l’horrible. Notre temps ne manque pas de malheurs qui affligent et
qui font peur. Et qu’offre-t-il pour l’admiration ? Plein d’exploits
scientifiques et technologiques révélant l’humaine habileté.
Démontrant son emprise sur la nature et ses avancées dans l’univers.
Mais une telle maîtrise n’est que rejeton de ce qu’est l’humain en
son fond : se trouver là, comme ça, à la mesure de tout ce qui est,
a été et sera. L’immensité de cet être est la source de tout
étonnement. Le sublime originel. L’orient du premier émerveillement.
Ces mots prennent Noël pour occasion. Commémoration et
célébration. Nous en avons fait la fête des petits. Parce qu’ils
sont capables de s’étonner et d’admirer bouche bée. L’émerveillement
éclaire l’œil de l’enfant. Cette clarté peut montrer que nos
troubles et nos maux sévissent en un espace assez vaste pour
recevoir aussi un monde d’autre mouture. Où le beau de l’univers et
de toute nature meublerait l’étonnante et merveilleuse humaine
ouverture. Et inspirerait ses dires.
Préface
Troisième édition
Mots de Noël étaient et sont restés, jusqu’à cette troisième
édition qui comporte un ajout substantiel, un cheminement vers le
commencement. Commencement où origine le langage. Ce langage qu’on a
divinisé : « Au commencement, la parole/la parole avec Dieu/Dieu, la
parole. » Et l’humain est fait à l’image de cette Parole, ce Verbe,
ce Mot. L’humain doué de langage selon les écritures
judéo-chrétiennes et aussi selon une longue tradition philosophique.
L’humain n’invente pas le langage de toutes pièces. L’humain est en
lui; d’origine, en commençant, il est langage. Ainsi voit-on que le
commencement vers lequel cheminent Mots de Noël n’est pas un
simple début qu’on laisse en arrière. Le commencement ne se quitte
pas, il demeure. Il est source jaillissante. En ce sens, nous sommes
en commencement. Le commencement est toujours à l’oeuvre dans ce
qu’il rend possible. Gros de parole, le commencement porte
l’histoire. L’histoire naît et se déploie en paroles. Elle s’avère
l’aire ouverte, impliquant temps et espace, où nous déployons
journellement notre vie dans un monde qui nous est propre. Mais un
monde que nous savons être seulement une disposition particulière
dans l’ensemble de l’univers.
Noël, un petit mot lourdement chargé d’histoire. Mais qui
devient, en notre contrée, un écho faiblissant d’un discours qui, il
y a peu, affirmait encore avec force le règne de Dieu sur l’humain.
D’où la pertinence de redemander qui est l’humain et qu’est le
divin. Questions philosophiques par excellence.
Mots de Noël tentent de les approcher, de les ouvrir. Mais en
mode simple. Même dans un langage s’essayant en toute naïveté à la
rythmique poétique. Et en des circonstances familières de repas du
soir, entre amis, à chaque dernier samedi avant Noël. Ces moments
offrent place et convenance à un certain rituel de la parole. Une
parole en des atours un peu festifs favorables à une lecture à haute
voix. Il y a maintenant huit ans que renaissent ces Mots de Noël.
Entre eux s’intercalent des textes interprétatifs où tentent de
s’expliciter les évocations des poèmes lus. De Yehoshua à
Christos ou Le mythe chrétien rassemble les moments les
plus significatifs de la démarche. Comprend-on le sens de la parole
mythique, de la métaphore dans la vie ?
Les trois parties du livre contiennent en ordre chronologique les
textes de chacune des trois éditions. Cette disposition veut
respecter le caractère processuel de l’expérience se déroulant au
rythme des Noëls et des solstices d’hiver. Entendre ici l’évocation
des marches du soleil, du jeu de l’obscur et de la lumière, et de la
projection de la symbolique langagière des dieux ou du divin.
Langage, être, vérité et révélation se rencontrent à la source, dans
le commencement.
Québec, Octobre 2010
Divisions du livre
Première partie
(décembre 2002 à décembre 2004)
Destin du Mot
Deuxième partie
(décembre 2005 à décembre 2006)
Lumière et Mot. Mythes et Christianisme
Troisième partie
(décembre 2007 à décembre 2009)
Révélation.
De Yehoshua à Christos ou le Mythe chrétien
Introduction
* * *
Mots de Noël
Ce
soir
Je devrais bien faire un cadeau
Enveloppé, enrubanné, dans un écrin…
Mais je n'ai rien…
Que des mots.
Rien…
Absence totale.
Absence… de tout.
Vide absolu, vide de tout…
Annonce première de mystère!
Peut-on y voir plus clair?
Que reste-t-il à connaître en l'absence de tout?
À côté, en dessous, en dessus, en dehors de tout?
À la place de tout?
Rien.
Serait-ce du savoir la fin?
Abîme sans fond et sans confins?
À moins que…à moins que ce ne soit le commencement
D'un inépuisable et sublime enchantement.
Pour admirer un visage aimé,
Il faut pouvoir s'en écarter.
De même, en dehors, à distance de tout,
Le tout va apparaître d'un coup.
Cela peut-il vraiment se faire?
Cela s'est déjà fait,
À notre insu…
Le rien y a pourvu.
Car le rien, c'est rien de tout, rien du tout!
Rien du tout…
Attention!
Le tout vient d'apparaître…sur noir profond,
Sur le rien comme toile de fond;
Sur le rien comme fond de scène
Échappant à l'œil et tous ses stratagèmes.
Ce rien, inaccessible à tous visionnements,
Échappant à tous positionnements,
Défiant tout montage de l'imagination,
Éludant les astuces de nos machinations…
Car ces ruses et expédients n'ont prise que sur le tout,
Ne s'exercent que dans le tout, ici, ou là, ou n'importe où.
Je devrais bien faire un cadeau
Mais je n'ai rien…
S'il n'y a rien d'accessible dans le rien,
Pourquoi l'avoir toujours sur notre chemin?
Voyons quelques exemples
De son assidue présence:
"-Combien vous dois-je? - Rien du tout.
Alors merci beaucoup! - De rien!
Mais j'apprécie tellement! - Je vous en prie, c'est vraiment rien!
-Un rien, Madame, vous habille très bien!
-Un rien de parfum réveillera son teint.
-Chérie, pour toi, rien de trop beau!
Mais ça, ce n'est vraiment pas rien!
-Vous pensez que…, mais il n'en est absolument rien.
-Faites comme si de rien n'était,
Et rien qu'un autre verre, s'il vous plait!
-Non, rien de rien,
Non, je ne regrette rien!
-Ce vaurien ne fout absolument rien.
Il a tout perdu, il est tout à fait devant rien.
-C'est comme rien, il n'y a rien qui marche;
Il n'y a vraiment rien à faire de ça!"
Le rien en tout, partout le rien.
Pourtant, il n'y a rien à faire du rien.
C'est à n'y comprendre rien à rien!
En sa qualité de rien du tout,
Le rien est rattaché au tout,
Nous introduit, nous y amène sans façon
Comme on rentre tout bonnement à la maison.
Rien du tout: absolument nulle chose dans l'être,
Passée, présente ou à paraître;
Nulle chose infiniment petite, immensément grande;
Aucune chose de ces milliards d'étoiles
Qui tracent la Voie lactée sur blanche toile;
Aucune chose des myriades de milliards de galaxies
Émaillant l'espace très loin, si loin… si loin d'ici,
Flottant insouciantes et silencieuses vers un destin
Qui fait mystère de ses débuts et de sa fin;
Nulle chose de ces quatre-vingt-dix pour cent
De la matière à notre appel encore manquant;
Aucune chose sensible et matérielle,
Nulle chose immatérielle ou spirituelle;
Aucune chose de ce monde ou des cieux,
Ou bien encore relevant des dieux.
Le rien est rien de tout cela.
Ainsi le rien se montre en ce qu'il n'est pas.
Singulière façon de s'afficher en dévoilant le tout,
De fonctionner comme rien du tout!
Alors le rien,
On le voit bien,
Colle à toute chose comme son envers
Dénué et vide tel un désert;
Ombre invisible poursuivant tout,
Trouvée nulle part, pointant partout,
Adonnée à cette unique tâche
De tout accompagner sans relâche,
Dans une parfaite discrétion.
Le rien, néant de tout,
Fait embrasser le tout
Par négative évocation…
Pour peu qu'on y prête attention!
Nous voilà bien au cœur d'un phénomène
Qui soude ensemble deux extrêmes,
Deux sortes d'incomparables
Tout à fait inséparables:
Impossible, en effet, de dire le tout
Sans évoquer le rien;
Impossible, non plus, de dire le rien
Sans référer au tout.
Rien, c'est vraiment rien du tout,
Comme étoile en son sein,
Éteinte pour son unique bien,
Qui discrètement le favorise
Et toutes ses richesses irise.
Le rien a l'effet d'un invisible éclair,
Laissant le tout seul apparaître…
Comme une perle au cou,
Le rien est éclairage du tout.
Mais lui, il fait perdre tout espoir
De jamais lui toucher ni de le voir.
Je devrais bien faire un cadeau
Mais je n'ai rien…que des mots.
Ainsi le rien, n'était-il qu'un mot,
Ce serait déjà très beau.
En quatre lettres seulement,
Évoquer beaucoup, immensément,
Évoquer absolument, appeler toutes choses,
De l'atome infime à la fleur éclose,
Toutes choses, pêle-mêle, en tohu-bohu,
Les unes familières, la plupart inconnues.
Rien dit le tout, sorte de fourre-tout sans aucune parois,
Amas universel du chaos, de l'ordre et des lois.
Rien, un tout petit mot
De rien du tout,
Mêlé à toutes les sauces, fourré partout,
Qui dit, qui parle, étonne et fait penser.
Rien, un si petit mot…!
Rien, ça l'air de rien, mais le tout peut présenter,
Comme un présent, un ineffable cadeau.
Alors le rien
Est l'annonce, tout au moins,
De l'immensité toujours à visiter,
Qui ne saurait être mesurée,
Mais qui se peut fréquenter
Par qui laisse les mots arriver.
L'immensité du tout, qui indéfiniment reste à décrire,
À décliner, à épeler, à dire
En ses multiples dimensions,
En ses secrètes articulations,
Et en son étonnante manifestation.
La pensée trouve ici son ultime destin:
Pourquoi, comment y a-t-il quelque chose et non pas rien?
Suprême question
Que tout humain pose discrètement
Sous l'effet de l'étonnement
De se trouver, comme cela, en place
Dans cet immense espace
Qui démesurément le dépasse
Et que, néanmoins, il imagine et embrasse.
Question dont la réponse fuit toute hâtive solution,
Dont l'ouverture cependant permet
De parvenir jusques au voile du grand secret…
Quand on laisse intervenir l'inspiration.
Inspiration…
Non simple affaire de déduction.
En premier, écouter.
Le mot, les mots se laisser souffler
Par le tout et chacune de ces choses
Qu'il renferme et qui le composent.
Car ainsi que le tout s'annonce dans le mot rien,
Chaque chose requiert un mot comme sien,
Qui lui permet d'être nommée,
Et ainsi d'être dévoilée,
Puis d'être admirée, et peut-être aussi aimée.
L'inspiration: au souffle de tout pouvoir frémir,
Pour ensuite le dire et ainsi l'offrir.
L'inspiration souffle en l'humain…
Voilà un grandiose destin.
Soif et accueil avide des mots…
De tout, du tout, remarquable cadeau!
Je devrais bien faire un cadeau,
Mais je n'ai rien… que des mots.
Écouter, dire, parler:
L'humain a un être langagier.
Mot, langage: logos; dire: legein;
Deux empreintes grecques de notre patrimoine.
Chez Héraclite d'Éphèse, en effet,
Cinq siècles avant notre ère,
Legein signifiait: dire;
Mais, d'abord et surtout: rassembler, récolter, cueillir.
Ainsi le mot, lointainement, vient de legein et logos.
Alors que fait-il, au juste, le mot, qu'en est-il de son propos?
Certes, il dit: laisse apparaître les choses individuellement,
Identifie, caractérise,
Nous est soufflé comme une brise
Dans l'inspiration
Si nous prêtons attention;
Mais il est aussi et surtout cueillette, récolte, rassemblement;
Il vendange, le mot, il engrange en somme
Ce qui s'offre à nous et se donne.
Le mot collige et nomme.
Ce faisant, il montre, manifeste, dévoile,
Laisse apparaître comme dessin sur la toile.
Il engrange du tout l'inépuisable moisson,
Et prend chaque chose en garde, sous sa protection.
Pour le dévoilement de tout
Le mot est joyau, le mot est bijou,
Comme une perle au cou
Faisant ressortir la couleur
De la robe du soir, et des yeux la douceur.
Une autre langue, l'allemand, des racines grecques porte encore le seing:
- Lire: lire des mots, des mots écrits, les laisser dire, se dit lesen.
- Cueillir: récolter, engranger, vendanger, se dit aussi lesen.
Comme dans Auslese: sélective cueillette
Gonflée de goûteuses recettes
Qui inspirent l'art du grand vin.
J'aimerais bien faire un cadeau,
Offrir le multiple et précieux butin
Cueilli par les soins attentifs des mots!
Admirons encore du mot toute la puissance
En évoquant d'un très vieux récit la souvenance.
Quelqu'Un dit: lumière, ciel, terre.
Manière originelle, première,
Au commencement, de faire apparaître
Tout l'univers,
De rien.
Encore faut-il, ici, savoir bien lire:
Tout à fait au commencement,
Dans un originel frémissement,
Créer, tout faire de rien, c'est dire.
À l'origine de tous les temps
Tout vient à être, devient présent
En la puissance du mot…
Tout un cadeau!
Voilà, fut-il dit enfin,
Qui est bien!
Création.
Comme l'être, dit-on, se traduit en l'agir:
Dis-moi ce que tu fais
Et je te dirai qui tu es!
Mine de rien, ce récit assimile Dieu au dire.
Dieu, c'est le dire, c'est le mot,
Créant de rien l'univers;
Où se trouve d'ailleurs l'humain,
Image du dire premier et tout-puissant,
Capable aussi de faire apparaître en disant.
L'humain, du rien re-disant le tout, l'univers,
Crée, dispose son monde à sa manière,
Au souffle de la constante et fertile inspiration.
Humaine création.
Du mot, enfin, louons aussi la magnificence,
Comme y invite un certain Jean
En sa Nouvelle écrite en grec,
Lue et relue de siècles en siècles.
Au commencement, en premier, était logos:
Le verbe, le dire, la parole, le mot.
Le mot, écrit-il, était Dieu,
Le mot était auprès de Dieu.
Ce mot premier habite parmi nous,
Est avec nous, comme nous.
Parce que nous sommes verbe, dire, mot, langage,
Ainsi du tout-puissant dire les images,
Ce mot premier put prendre chair en commun partage.
Incarnation!
Humaine et dive union…
Jubilation!
Le rien, en son mot, s'avère l'écrin de l'être:
Ostensoir discret du tout en besoin d'apparaître;
De ce tout fontaine inépuisable de vérité
Qui reste sans cesse à puiser, à dévoiler.
Ce mot rien est originelle donation
Du tout aspirant à la manifestation
À travers les humains que nous sommes:
Qui parlent, écoutent, disent et nomment.
Les pieds bien posés sur cette terre,
L'humain est au centre, au cœur de l'univers!
Non pas que tout autour de lui en orbite tourne,
Mais parce que du langage où il séjourne
Jaillit une lueur d'étincelle
Qui éclaire tout et tout décèle
Au rythme de l'inspiration
Soufflant dans chaque nomination;
Une lueur discrète qui d'un seul coup
Dans le mot rien fait ressortir le tout.
Il fut, plus tôt, bien imprudent,
Ces quelques lignes commençant,
D'avoir imaginé le rien
En dehors du tout, comme son voisin,
Alors qu'il germe et règne dans son sein.
Le rien est rien du tout!
Avec trop grande précipitation
On n'y comprend qu'extériorité ou exclusion.
On y voit tout juste deux entités
En dehors de l'une et l'autre situées.
Mais rien du tout dit plutôt discrète appartenance,
Donnant lieu à une intime distance.
Di-stance:
Non, certes, un écart qui se mesurerait,
Mais plutôt une double tenue évoquerait:
Tenue habituelle du tout en mode voilé,
Où le rien peut soudainement pointer;
Et tenue illuminée du tout dans ce mot évoqué.
C'est ainsi qu'originellement advient
La manifestation: vérité de l'être et du rien.
Au cœur du tout, donc, le rien,
Et le dire humain
À l'image du dire divin.
Il faudrait enfin être sérieux
Et penser mot quand on dit Dieu;
Et penser Dieu intime au tout,
De rien, disant toujours et partout.
Inspiration, création, incarnation…
Voilà autant de façons
De présenter, de paraître,
D'entrer en manifestation ou d'être.
Entre le tout et son rien
L'humain pérégrine et voyage
Dans une suite infinie de paysages
S'ouvrant au rythme des mots qui lui viennent;
Et qui brillent comme balises et repères.
Le mot est enseigne de l'être.
Ce soir,
En cet Avent de Noël,
Pour prolonger la Grande Nouvelle,
Je voulais vous faire un cadeau:
Recevez le rien comme mot,
Et l'Univers sera votre lot.
21 décembre 2002
* * *
Interprétation
D'entrée de jeu le poème évoque le soir. L'heure du repos, du
recueillement. L'heure du rassemblement autour de la table nourricière.
La table invitante et disposée à l'entretien convivial. Mais de quel
soir s'agit-il? Le titre et la fin du poème le laissent entendre. C'est
un de ces soirs enneigés du temps de Noël. Où les flocons silencieux
laissent choir en douceur de la paix sur la terre. Soir du 21 décembre
2002. L'esprit est à la fête. L'atmosphère de la maison s'est réchauffée
par l'accueil. Le cœur s'ouvre au don et au partage. Aussi le poème
aimerait-il faire un cadeau joli comme le veut la tradition. Mais,
contrairement à la coutume, il se présente avec rien. Pourquoi si minime
bagage?
Parce que, ce soir-là, la pensée veut prendre congé de la folie, de la
frénésie de ces hommes et femmes qui s'entassent à cœur de journée dans
les centres commerciaux, qui grouillent comme fourmis empressées, se
croisent, se bousculent, se précipitent pour mettre la main sur les
objets petits et gros qu'on offrira en avalanche le temps de la
distribution des soi-disant surprises venu. Ce soir-là, le coeur veut se
reposer de cette course aussi insensée qu'effrénée. Ce soir-là, la
pensée veut se délester de préoccupations aussi éreintantes que
superflues. Aussi le poème n'apporte-t-il rien de ces objets clinquants
et rutilants emprisonnés dans un plastique transparent, moulé, rigide et
détestablement revêche, ou dissimulés dans le secret d'un étuis de
velours enveloppé de papier d'or ou à rayures étincelantes, puis orné
d'un chou à frisures techniquement parfaites. Rien d'achetable,
d'utilisable, de mettable ou de jetable. Ce soir-là, le poème prend
congé des obsessions du consommateur et de ses impérieuses envies. Il
n'a rien, le poème. Il n'a rien à présenter, à offrir…que des mots.
Rien, si ce n'est des mots.
Mot et poésie
Le poème n'est que mots. En cette qualité, à quoi sert-il? À quoi
peut-il prétendre? Que peut-il faire? Convient-il seulement qu'il se
présente en cette occasion de fête? Ces questions ne sont pas simples
effets de creuse rhétorique. Car en tant que poème (poihma) précisément, il est sensé pouvoir faire quelque
chose. Comment cela? Poème, il se veut poésie. Et la poésie, de son
origine grecque (poihsis,
poiein), signifie: faire,
création. Le poème, de par ses mots eux-mêmes, car il n'a rien d'autre,
crée. Et créer, c'est faire. C'est même le faire par excellence: c'est
faire apparaître originellement; c'est de source surgissant d'obscure
profondeur amener dans la manifestation. Mais, le poème, que peut-il
laisser se manifester avec le rien, avec le mot rien dont il semble si
friand? Apparemment, rien.
Le poème, cependant, ne loge pas dans les espaces du premier coup
d'oeil. Il franchit les paysages du déjà vu, il transgresse le monde des
apparences immédiates. Car celles-ci, de réputation, ont pris congé de
l'essence. Elles n'ont cure de l'essentiel. Elles le maintiennent en
retrait des zones journellement occupées. Le poème invite à passer
au-delà de ces lieux communs couramment fréquentés et à rentrer sur la
pointe des pieds dans l'aire de l'inédit, des fraîches nouveautés
sises au cœur de l'être même des choses. Ainsi le poème ne se
contente-t-il pas de ce qu'on pense ordinairement du rien; ou plus
précisément de ce qu'on ne se met pas vraiment en peine de penser. Il
tente plutôt de l'approcher, ce rien, de l'aborder avec précaution et de
séjourner auprès de lui, pour apprendre de lui de quoi il retourne en
son sein.
Le rien du tout
Cela est-il possible? Car le rien, voilà qui décontenance et qui déroute
à souhait! Un vrai cul-de-sac, le rien. Ou un sac sans fond, peut-être.
Un gouffre! Rien, ce n'est pas une chose, une chose parmi d'autres. On
ne l'a jamais vu, ni touché, ni senti. Le rien n'est rien des objets
d'utilisation, des produits d'avide consomma-tion dont les humains sont
de nos jours si férus, si assoiffés, en particulier dans ces temps de
Noël et du Jour de l'An. Le rien, si on y pense bien, est le rien de
chaque chose, de toutes choses, de tout. Le rien est rien du tout.
Apparemment rien qui relève du tout. Et voilà que le poème, surprise, en
disant rien, évoque le tout, crée l'ouverture pour que
tout se manifeste, globalement et indistinctement, ou selon une
énumération ou déclinaison dont l'étendue et la fin défient toute
imagination. Mais, dira-t-on, on peut envisager le tout sans recourir au
rien. On n'a pas besoin de lui pour penser au tout. "Voyons donc! Il ne
sert à rien, le rien!" Une telle répartie cependant a-t-elle vraiment
bien vu ce qu'on peut voir?
Comment se constitue, de fait, le tout pour la pensée? Selon les
apparences ou à première vue, par une sommation de ceci, de cela, de
cela aussi, de cela encore, et ainsi de suite, jusqu'à épuisement de ce
qui est, a été et sera, de tout ce qui est imaginable ou inimaginable.
Par une sommation qui ne laisse aucune chose, nulle chose, (nihil)
i.e. rien, en reste. La sommation de tout ce dont on peut
dire d'une manière ou d'une autre qu'il est, la sommation du tout, en
somme, débouche donc sur le rien, évoque le rien. Rien n'est en reste.
Rien comme mot résultant et renvoyant à la sommation du
tout, s'avère ainsi l'évocation raccourcie à l'extrême du tout, de tout.
Il remplace en un rien de temps la sommation détaillée de tout qui,
entreprise, durerait sans doute indéfiniment. Mais ce rien, faut-il
insister, n'est pas quelque chose; sinon il serait inclus dans la
sommation du tout à titre au moins de composante, si secrète fût-elle.
Alors en tentant de dire le tout, on arrive au rien, et en disant
rien, on évoque le tout. Le poème en son langage dit le rien et
le tout, fait apparaître deux indissociables, qui sont néanmoins tout à
fait incomparables parce qu'ils diffèrent complètement, sont différents
du tout au tout. Du tout au tout! Cette expression courante convient
bien à deux choses totalement différentes. Par exemple, une fleur et une
pierre. Tout de la fleur diffère de tout ce qui caractérise la pierre.
Et inversement. Du moins à première vue. Ainsi en est-il du tout et du
rien: tout du tout diffère de tout du rien.
Ces deux diffèrent du tout au tout. Mais, demandera-t-on, peut-on ainsi
parler sans chosifier inopinément le rien, sans en faire en catimini
quelque chose? Quelque chose de déterminable? Oui, à condition de ne pas
oublier que rien du rien ne supporte une comparaison avec
quoi que ce soit dans le tout, avec quoi que ce soit qui
est. Car le rien n'est pas, semble-t-il. Seule une chose, fleur ou
pierre, ou n'importe laquelle, quelle que soit sa petitesse ou sa
grandeur, son étroitesse ou sa magnificence, est. Mais le mot
rien, lui, laisse entendre que le tout s'est manifesté, est apparu,
comme en sourdine.
Essence langagière de l'humain
Ainsi apparaît-il qu'en disant le rien, le poème se met en l'état de
manifestation par excellence. Se met en état de disponibilité ou de
permission totale: permission à tout, au tout, de se
manifester. Mission grandiose que celle du poème et de ses mots! En eux
se dévoile l'humaine essence en sa capacité de dire. Ils s'avèrent un
lieu privilégié du déploiement de cette essence humaine en la puissance
de son dire. Où la totalité des choses ou l'univers, l'être et le rien
manifestent leur secrète appartenance. Source abyssale ou inépuisable de
la pensée!
Le poème, tout poème, s'avère ainsi une expérience remarquable du
langage. Il est une mons-tration éloquente du phénomène langagier
humain. Aristote a défini l'humain comme
to zwon
logon
econ, le vivant ayant le
langage. L'humain, faut-il le dire encore, ne possède pas le langage
comme un accessoire quelconque ou un outil d'appoint dont il pourrait se
passer tout en restant complet et authentique. L'humain a le langage
comme ce qui le caractérise en propre, essentiellement; comme ce qui le
différencie de fond en comble des autres vivants. Le langage est son
premier et plus grand bien. Sans le langage, l'humain, en tant que tel,
ne serait pas tout simplement. Il serait tout bonnement un vivant comme
tout autre animal. Pris ou emmuré dans son environnement immédiat, et
sans distance consciente par rapport à lui. Alors que le langage lui
permet de s'ouvrir au tout de ce qui est, si complexe, si éloigné, si
immense, si infime et si intime soit-il.
En même temps que le poème montre l'être langagier de l'humain, il étale
aussi toute la mesure de cet être. En son langage, en effet, l'humain
est à la mesure du tout, de l'incommensurable tout, du tout défiant
toute définitive mesure. Pour l'humain, être à la mesure du tout, c'est
être de manière à pouvoir accueillir en langage et en pensée tout ce qui
est, a été, ou sera, tout ce qui a rapport à l'être dont le rien semble
la seule limite abyssale, insaisissable ou indéfinissable parce que
n'ayant aucun caractère de ce qui est. L'humain à la mesure de l'être du
tout, du tout absolu, sans rapport à de l'autre identifiable? Vers quel
abîme pointe le poème!
Phénomène d'être et vérité
Habitat langagier
Exemplaire numérique gratuit
|
-
|
BIOGRAPHIE
Fernand Couturier
|
 |
Né en
1928 à Saint-Joseph du Madawaska au
Nouveau-Brunswick dans une famille paysanne,
l'auteur fait ses études classiques au
Collège de Saint-Laurent à Montréal. Il
étudie ensuite en théologie dans les années
50 pour ensuite enseigner au Collège de
Saint-Laurent. Il obtient une licence
(maîtrise) en philosophie à Paris en 1961.
Tout en enseignant cette matière toujours au
même collège, il entreprit en 1963 une
scolarité de doctorat en philosophie à
l'Université de Montréal. De 1964 à 1967, il
travailla sur la pensée de Martin Heidegger,
à Freiburg im Breisgau, sous la direction de
Bernhard Welte. |
"Monde et être chez Heidegger" lui permit
d'obtenir le doctorat en philosophie de l'Université de Montréal en 1968. Il
devint professeur de philosophie allemande contemporaine à l'UQAM de 1970 à
1993, moment où il prit sa retraite. Pendant cette période, il joint à
l'enseignement différentes tâches de direction dans la même université: Module
de philosophie de 1978 à 1980; Département de philosophie de 1980 à 1985;
Programmes d'études interdisciplinaires sur la mort de 1985 à 1990. C'est en
dirigeant ces derniers programmes qu'il fonda la revue Frontières, organe de
recherche et de diffusion sur différentes problématiques de la mort et du deuil.
"Monde et être chez Heidegger", 584 pages, a été publié aux Presses de
l'Université de Montréal en 1971. Publication d'articles en philosophie dans
différentes revues, et collaboration à quelques collectifs. Puis en 1990,
"Herméneutique", 211 pages, parut chez Fides.
Depuis sa retraite, surtout à partir du référendum de 1995, il travailla sur le
manuscrit "Un peuple et sa langue". Et il a d'autres travaux en cours sur
Heidegger, en particulier relatifs à la vérité et à la temporalité de l'être.
D'autre part, un manuscrit sur Nietzsche portant comme titre "Langage et
interprétation" est à quelques pages de son achèvement.
|
-
|
BIBLIOGRAPHIE
Fernand Couturier
Monde et être chez Heidegger,
Presses de l'Université de Montréal,
1971, 584 pages.
Herméneutique,
Fides, 1990, 211 pages.
Un peuple et sa langue - Pour l'avenir du Québec
Essai de philosophie du langage et de l'histoire
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2004.
Mots de Noël, Poésie et Prose.
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2004.
Mots de Noël, Poésie et Prose.
Deuxième édition augmentée,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2007.
|
|
COMMUNIQUER AVEC L'AUTEUR
Fernand Couturier
Fernand Couturier se fera un plaisir
de lire et de répondre personnellement à vos
courriels.
Adresse de correspondance électronique :
f.couturier@sympatico.ca
|
-
|
OBTENIR UN EXEMPLAIRE PAPIER
Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier
Faites un don à la Fondation littéraire Fleur de Lys
pour obtenir votre exemplaire papier
ou numérique du livre annoncé sur cette page.
Faites votre choix :
Versement de
votre don en ligne avec le service PayPal
Versement de votre
don par la poste (chèque ou mandat poste en dollars
canadiens)
Besoin d'aide ?
Courriel :
contact@manuscritdepot.com
Téléphone (Lévis, Québec) : 418-903-1911
|
Versement de votre don en ligne avec le
service PayPal |
|
Exemplaire papier |
|
Résidents du
Canada
24.95$ CAD
Tout inclus
|
Résidents
ailleurs dans le monde
Écrivez à l'adresse suivante car des frais de
postes s'appliquent.
renee-fournier@manuscritdepot.com |
|
Versement de votre don par la poste
(chèque ou mandat poste en dollars
canadiens) |
|
1 |
2 |
3 |
|
Indiquez sur un papier
Le titre du livre
et le nom de l'auteur
Votre nom (prénom
et nom de famille)
Votre adresse postale complète
Votre adresse électronique
Votre numéro de téléphone |
Complétez votre chèque payable à l'ordre
de
Fondation littéraire
Fleur de Lys inc. |
Précisez le montant
sur le chèque
Exemplaire papier
Canada
24.95$ canadiens
Tout inclus
Ailleurs dans le monde
Écrivez à l'adresse suivante pour connaître le montant du
don demandé car des frais de poste s'appliquent :
renee-fournier@manuscritdepot.com
|
|
4 |
|
Adressez-le tout à
Fondation littéraire Fleur de Lys
20 rue Duplessis,
Lévis, Québec,
Canada.
G6V 2L1 |
|
|
|
TÉLÉCHARGER VOTRE
EXEMPLAIRE NUMÉRIQUE GRATUIT
Mots de Noël, Poèmes et
prose, Fernand Couturier
►
NOTE TRÈS IMPORTANTE : Il est
strictement interdit d'offrir ce livre en
téléchargement sur un autre site. Prière
d'utiliser un lien vers cette page web.
Pour télécharger votre exemplaire numérique
gratuit,
cliquez sur l'un des deux logos ci dessous.
|
|
|
|
-
-
|
|