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La maudite guerre, roman, François-M. Deslongchamps, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

La maudite guerre,

François-M. Deslongchamps,

roman, Fondation littéraire Fleur de Lys, Montréal, 2008,

314 pages. ISBN 2-89612-156-0

 

Présentation

Table des matières

extrait

Biographie

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Présentation / La maudite guerre / François-M. Deslongchamps

 

C'est la guerre en Europe, celle de 1914-18. Le Canada y participe. Quelques jeunes hommes, déserteurs de l'armée et conscrits, se cachent en forêt. Ils campent au nord d’un grand lac qui pourrait être le lac Abitibi. Ils n’ont de contact avec le Sud que par la visite bisannuelle d'un bateau qui ravitaille les Indiens de la région et qui les renseigne sur le déroulement de la guerre. La guerre s’éternise ; on en espère la fin tout en craignant les incursions de la police militaire et le châtiment réservé aux délinquants.


Les hommes doivent s'adapter au climat, à l'isolement, à la fraternité obligée. Loin de leur coin de pays, de leur famille et de leurs amours, ils s’ennuient douloureusement, finissent par livrer l’essentiel de leur vie. La guerre n’en finit plus. La longue attente engendre le désœuvrement et le conflit des personnalités.


Ce qui est raconté de la première guerre mondiale est en tout conforme à l’histoire.

 

 

François-M. Deslongchamps

 

 

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Table des matières / La maudite guerre / François-M. Deslongchamps

 

Automne 1916
Décembre 1916
Noël 1916
Hiver 1917
Printemps 1917
Été 1917
Automne 1917
Les Fêtes 1917-1918
Hiver 1918
Printemps 1918
Été 1918
Automne 1918
Au sujet de l’auteur
Communiquer avec l’auteur

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Extrait / La maudite guerre / François-M. Deslongchamps

 

Extrait du chapitre 1

Automne 1916

Au cœur de la forêt boréale peuplée des seuls Indiens éparpillés en petits groupes, quatre hommes venus du Sud se sont établis dans deux camps de chasseurs à l’extrémité nord d’un grand lac dont l’horizon recule d’île en île. Au fond d’une grande baie, un camp au bord d’une clairière qui monte en pente douce. L’autre camp est bâti sur un cap rocheux à l’embouchure de la rivière à l’ouest, et n’est pas visible quand on navigue du sud.

L’automne a dénudé les feuillus, bouleaux et peupliers qui longent la grève jusqu’au bout de la pointe qui resserre l’embouchure de la rivière. Les pluies ont gonflé le lac d’une eau brunâtre, submergé les galets et les herbes hautes de la berge. Les brumes des matins froids tardent à s’évaporer. Les outardes passent encore, s'arrêtent pour la nuit dans une échancrure de la baie protégée des vents. Il reste, aux endroits ombragés, des plaques de la neige tombée deux ou trois jours auparavant.

Profitant du soleil doux d’un bel après-midi de la mi-octobre, comme il a l’habitude de le faire durant les beaux jours, Adélard L’Heureux est descendu s’asseoir au bord de l’eau sur un gros tronc d’arbre de ce gris argenté particulier au vieux bois exposé au soleil et aux intempéries. Il fume une pipe en rêvassant au clapotis de la vague, les yeux distraitement fixés sur les eaux frémissantes de lumière. L’idée lui vient que sa réserve de tabac s’épuise trop vite et qu’il devra s’imposer le sacri-fice de fumer un peu moins, lui qui n’a jamais manqué de tabac partout où il est allé dans les bois les plus profonds. On en vendait aux postes de la compagnie de la Baie d’Hudson partout le long des rivières du Nord aussi loin qu’au Grand Lac des Esclaves où se trouvaient des pères Oblats qui fumaient la pipe. Il lui faudra maintenant attendre la fonte des glaces avant de songer à descendre au Sud pour s’approvisionner et prendre des nouvelles de la guerre. Si ce n’était de manquer de tabac avant le printemps, il ne se tracasserait de rien ; il connaît bien les bois et peut y vivre sans problème aussi longtemps et aussi bien que les Indiens. Mais là, à cause du tabac, l’angoisse lui brise la suite des idées. Le passé lui remonte de loin, par bribes : une vie d’aventurier qui n’a pas toujours été facile ; la culpabilité d’avoir quitté trop tôt le foyer paternel, la nostalgie du temps qu’il a passé chez les Indiens de l’Ouest, la douleur d’avoir laisser Maria et les enfants dont il ne peut même plus se représenter le visage avec précision ; une histoire embrouillée dont il ne parvient plus à démêler la trame. Il a l’impression de se trouver dans la pénombre d’un soir qui tombe. Il se frotte les yeux, le soleil est là et toute la lumière sur l’eau. Sa pipe est éteinte ; il la frappe sur le bois pour en vider la cendre. D’un geste machinal, il sort sa blague à tabac. Il se ravise : il ne fumera pas.

La contemplation distraite du paysage d’eau et de lumière le fait glisser dans un état de paisible indolence. Les grands espaces, les rives lointaines qui se perdent parmi les îles nombreuses, grandes et petites, qui se découpent avec la précision d’un dessin par temps clair et calme, ou qui s’embuent sur un fond de brume, le projettent dans un monde intemporel où l’âme se dilate au-delà des frontières. Du temps de Maria, sa tente était dressée sur les rives d’un lac qui ressemblait à celui qui scintille présentement à ses yeux. Il avait été heureux durant quelques années. Le rêve a tourné au cauchemar, il dut cacher sa peine et sa honte dans une chambre obscure d’un hôtel d’Edmonton ; ayant épuisé son argent à boire, il fut forcé de se montrer au grand jour. Il se souvient : ses jambes le supportaient à peine, le soleil du printemps lui brûlait les yeux, les gens lui faisaient peur. Il s’est alors enfoncé dans les bois, le temps de tranquilliser le trouble lancinant qui lui donnait l’impression de ballotter sur des eaux agitées. Le grand air, l’odeur des bois, finirent par lui redonner le goût de l’aventure. Ce fut celle de la guerre.

Depuis trois mois maintenant qu’il est là au bord de ce lac dont il connaît les principales échancrures, les îles qu’il peut nommer : la Grand-Île, au loin, juste en face qui bloque la vue ; l’Île aux Hérons, à côté, petite, qui laisse un passage vers le sud. C’est sur cet espace clair qu’Adélard a les yeux fixés quand il croit y apercevoir un point sombre inhabituel. Une illusion peut-être ; le soleil est aveuglant, il ne voit pas bien. Quelques minutes plus tard, il constate que le point a grossi et s’est légèrement déplacé sur la gauche. C’est plus gros qu’un canot. Plus gros même qu’un de ces yachts qui sillonnent les rivières du Sud. Une fumée plus ou moins blanche s’en dégage par moments. Un bateau à vapeur ! Il n’en est pas venu au cours de l’été parce qu’un bateau n’a rien à faire dans les parages. Maintenant, au mois d’octobre, alors que les glaces sont sur le point de paralyser toute navigation… Adélard a tout à coup un frisson qui lui pique la peau : « ils nous cherchent. »

Adélard n’est pas un homme à perdre la tête à la moindre alerte ; il prend le temps d’observer et de réfléchir. Le bateau semble savoir où il va ; il se dirige en ligne droite vers le fond de la baie, à moins qu’il ne dévie pour prendre l’embouchure de la rivière sur sa gauche. Non, il file tout droit. Sa masse carrée se découpe maintenant avec précision. C’est un bateau comme ceux qui sillonnent les lacs en tirant le bois flottant dans les régions des chantiers forestiers. Pourtant, il n’y a de chantiers forestiers que loin au sud, de plus, celui-là est hors saison. Une seule explication : on a repéré le camp et on vient voir.

Adélard monte lentement la côte qui va de la berge à son camp, comme si rien ne le pressait. Arthur vient à sa rencontre.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Comme tu vois : de la visite !

— Qu'est-ce qu'on fait ?

— On prend nos sacs et on va avertir Gédéon.

Adélard et Arthur entrent dans le camp et en ressortent aussitôt avec leur sac à dos, leur fusil de chasse, leur hache ; les effets essentiels à la survie en forêt qu’ils ont toujours à portée de main. Le bateau ralentit, fonce droit sur eux. Présumant que les marins occupés à l’abordage ne les verraient pas, ils s’engagent sur le sentier qui longe la pointe et mène au Petit-Cap à l’embouchure de la rivière où Teddy et Gédéon ont leur camp.

Gédéon prend mal la nouvelle. Furieux, il se lance sur Teddy, l’accroche aux épaules, le secoue comme linge au vent. C’est lui, Teddy, qui les a conduits jusque là. Au bout du monde, disait-il, où il n’y a personne à part les Indiens. Ce bateau, d’où vient-il ? Du ciel, peut-être ? Une trahison. Il ne trouve pas d’autres mots : une trahison. Depuis quelques jours aussi qu’il a le pressentiment d’un malheur prochain ; il a même rêvé qu’un corps d’armée se cachait dans la Grand-Île en vue d’une attaque surprise. Gédéon jure qu’il ne se laissera pas attraper comme un lièvre au collet. Il se servira de son fusil si nécessaire.

— Ta gueule, Gédéon. Crie pas ; les gars du bateau vont t’entendre. Énerve-toi pas. Ces gars-là vont pas risquer de se perdre dans un bois qu’ils connaissent pas. Nous autres, c’est simple ; on s’éloigne quand ils approchent.

— Vous vous rendez pas compte qu’on a même plus de canots, réplique Gédéon. Le mien est resté dans la baie avec le vôtre.

Le temps de laisser Gédéon se calmer, un silence de réflexion.

— Toi, Teddy, qui connais la région, t’as pas une petite idée d’où ça peut venir ce bateau-là ?

L’air piteux, Teddy dit qu’il ne le sait pas.

— Ç’a pas d’importance, dit Adélard. C’est clair que ces gens-là viennent pas ici pour nous dire bonjour. Mais de là à perdre la tête…

— Si on envoyait Teddy voir ce qui se passe, suggère Arthur. Lui, en tant qu’Indien, il risque rien.

— Va aller voir, dit Teddy avec empressement.

— C’est ça, vas voir. Tu dis que t’es tout seul. Tu comprends ? Y a personne ici. T’es tout seul.

— Comprends. Apporte mon fusil.

— Apporte ton fusil si tu veux, mais pas de folie ; c’est pas des ours, c’est du monde. Et surtout, arrange-toi pour venir nous avertir si tu vois que les gars se mettent à chercher.

Teddy s’engage sur le sentier qui traverse la pointe, les épaules courbées, le pas large et cadencé, le fusil au bout du bras, l’œil à l’affût comme pour surprendre le gibier. Quand il a la rive en vue, il se cache près d’une épinette pour observer ce qui se passe là-bas dans la baie.

Le bateau avance au ralenti traînant une chaloupe. C’est un gros bateau à deux étages, carré comme un chaland. Un homme est sur le pont avant près d’un canot vert retourné ; il plonge sa gaffe dans l’eau pour évaluer la profondeur. Il se retourne vers la cabine, lève la main. C’est le signal d’arrêt. Un bruit de chaîne sur le rouleau d'acier ; on jette l'ancre. Deux hommes descendent dans la chaloupe ; un qui rame, l’autre qui est assis à l’arrière. Ils n’ont qu’un peu plus d’une centaine de pieds pour atteindre la rive.

Teddy juge qu’il est temps d’aller recevoir les visiteurs. Les hommes ont accosté et scrutent les alentours. Il y a un capitaine reconnaissable à son costume de capitaine. Teddy s’est rendu près du camp, le fusil à la main. Le capitaine, qui a pourtant dû le voir, va et vient le long de la rive, s’arrêtant par moments, la tête basse, comme à la recherche d’un objet perdu, ou bien, le nez au vent, comme pour flairer quelque odeur révélatrice. L’autre homme est assis sur le bord de la chaloupe.

Le capitaine monte la côte, s’arrête à mi-chemin, et crie à Teddy :

— C’est ton camp ?

— Oui, répond Teddy.

— T’es pas tout seul ici ? Où sont les autres ?

— Y pas d’autres.

— Ah bon ! Tu me dis qu’y a pas d’autres, et t’as deux canots pour toi tout seul, dit le capitaine en pointant du doigt les deux canots qui sont retournés sur la berge.

Pris de court, Teddy tarde à répondre. Il n’a pas pensé à cela.

— Comment t’expliques ça, deux canots pour un seul homme ?

Teddy a trouvé.

— Ça, c’est aux Indiens qui sont partis au Nord.

— Sans canot, à pied ? Rétorque le capitaine d’un air moqueur. C’est quoi, ton nom ?

— Teddy.

— Teddy qui ?

— Teddy Kistabich.

— Indien ? Et t’es pas parti avec les autres !

Le capitaine rit d’un gros rire sonore. Et sans attendre la réponse :

— T’aurais pas besoin de rien pour l’hiver ? Pour la trappe ? J’ai tout ce qu’il faut. Et je peux t’acheter ta fourrure au printemps quand je viendrai pour les Indiens de la rivière. T’auras pas la peine de te déplacer.

Non, Teddy n’a besoin de rien.

L’homme qui accompagne le capitaine a monté la côte avec l’air de fouiner et fait le tour du camp. Teddy n’a pas bronché. L’homme frappe à la porte du camp. Teddy n’aime pas ça. Il balance son fusil.

— Y a quelqu’un là-dedans ? crie le capitaine à son homme.

— Personne, dit l’autre après avoir jeté un coup d’œil à l’intérieur.

De plus en plus nerveux, piétinant, Teddy tient son fusil des deux mains devant lui.

— Comme ça, tu t’appelles Teddy et t’es tout seul ?

— Ouais.

S’adressant à son homme qui descend la côte :

— Un bon coin pour nos gars, dit le capitaine. Qu’est-ce que t’en penses ?

Oui, l’homme pense que ça ferait bien l’affaire ; un endroit retiré, un Indien qui serait de bon conseil pour des gens inexpérimentés en forêt, un camp où loger, en bon état, du moins temporairement.

S’adressant à Teddy, le capitaine insiste :

— Comme ça, t’es tout seul ? répète-t-il en fixant les deux canots.

— Ouais.

— Et tu passes l’hiver ici ?

— Ouais.

— Dans ce cas-là, je t’amène de la compagnie.

Teddy ne comprend pas.

— Je te dis que je t’amène de la compagnie. Deux hommes qui vont rester ici.

— Peux pas, dit Teddy.

— Tu sais qu’il y a de la guerre ?

— Ouais.

— Tu sais qu’il y a des hommes qui se cachent parce qu’ils veulent pas y aller.

— Ça, sais pas ça, répond Teddy.

— Tu sais pas ça ! dit le capitaine en haussant la voix.

— Non. Sais pas ça.

— Si tu sais pas ça, tu vas l’apprendre. Je te répète que j’ai deux gars qui vont camper ici.

— Peux pas.

— Comment, tu peux pas ? Tu me dis que t’es seul, et tu peux pas ! Si c’est ton territoire de chasse que tu veux pas partager, t’inquiète pas, ces deux-là viennent pas pour ça. Et si tu veux pas prêter ton camp, c’est ton affaire, ils vont s’en construire un à côté.

— Peux pas, répète Teddy, l’air découragé, hébété.

— Je te donne dix piastres.

— Peux pas.

— Vingt.

— Peux pas.

— Tant pis. Tu vas pouvoir et t’auras rien.

Le capitaine dit quelques mots à voix basse à son homme. Celui-ci se rend à la chaloupe et prend la direction du bateau.

Comme Teddy ne revient pas, Adélard, Arthur et Gédéon ont fini par s’impatienter et décident d’aller voir sans se montrer. Du sentier qui longe la pointe, cachés derrière les quelques épinettes qui poussent parmi les bouleaux dénudés, ils peuvent tout voir à distance sans être vus.

Un homme est auprès de Teddy.

— On dirait un homme costumé… C’en est un ! Constate Arthur.

— D’après ce qu’on peut voir, ce serait pas un militaire, dit Adélard. Ceux-là, je les connais. C’est peut-être pas ceux qu’on pense.

L’homme qui n’est pas le capitaine saute dans la chaloupe, quitte la berge et se dirige vers le bateau. Sitôt arrivé, l’homme monte sur le pont avant. Trois hommes apparaissent. On met le canot à l’eau. On manœuvre de la marchandise, des caisses, des sacs. On charge la chaloupe, puis le canot.

— C’est quand même curieux, chuchote Adélard. Tout ce bagage. On dirait des gars qui ont l’intention de s’installer.

— T’as raison. On devrait aller voir.

— Attendons un peu.

La chaloupe et le canot atteignent la rive. Trois hommes. Un quatrième est resté sur le bateau à s’affairer sur le pont. Ceux de la chaloupe et du canot se mettent à débarquer leurs affaires. L’homme qu’on imagine être le capitaine, va les rejoindre. Teddy se tient à distance, le fusil sous le bras pointé vers l’avant. Le capitaine lui fait de grands signes de la main.

— Pourvu qu’il fasse pas de bêtise, le Teddy, dit Gédéon.

Les hommes montent la côte chargés de leur marchandise. Teddy s’empresse de se poster devant la porte du camp comme pour les empêcher d’y pénétrer.

— Ils ont des fusils ; observe Gédéon.

— En tout cas, c’est plutôt des chasseurs que des militaires. On ferait mieux d’y aller. Avec Teddy, faudrait pas que ça tourne mal.

— Ah bon ! dit le capitaine en voyant arriver Adélard accompagné d’Arthur et de Gédéon. Le mystère est éclairci.

Le capitaine se présente :

— Capitaine Yergeau.

Le capitaine fait bonne impression : souriant, l’œil vif, la poignée de main chaleureuse. Pas snob non plus ; la casquette et le costume bleu marine galonnés de jaune, défraîchis, salis. Rien qui pût convenir à la marine de Sa Majesté. Un homme à qui on peut faire confiance dès l’abord.

Le capitaine dit qu’il ne s’attendait pas à une telle rencontre bien qu’il eût la certitude que Teddy lui cachait la vérité. De fait, il avait flairé un repaire de déserteurs.

— On est seulement des trappeurs, dit prudemment Adélard.

Le capitaine a le sourire moqueur qui fait retrousser sa grosse moustache.

— Des trappeurs qui prennent les bois quand la visite arrive ? C’est pas la coutume. À moins d’être des trappeurs échappés de prison ou des déserteurs de l’armée. De toute façon, ça me regarde pas. Écoutez, je vous amène les deux gars qui sont là et qui sont pas des échappés de prison. Ces déserteurs-là ont pas peur de le dire quand ils sont aussi loin dans le bois. Pensez pas que je peux vous dénoncer ; j’ai un garçon qui se prépare à faire comme vous dès que le gouvernement aura voté la loi de la conscription.

— À propos, la guerre, ça dure toujours ?

— Eh oui ! ça dure toujours.

Le capitaine n’a pas le temps de préciser. Les deux hommes qui étaient restés à l’écart en attendant sans doute qu’on eût statué sur leur sort, se sont finalement approchés du groupe.

— Je vais vous les présenter, dit le capitaine. L’autre, qui est resté près de la chaloupe, c’est mon commis.

Des hommes ordinaires, jeunes, dans la vingtaine, au teint bruni par la vie au grand air, aux vêtements propres mais qui ne sont pas neufs.

— Lui, c’est Roméo Labranche.

Roméo Labranche fait le tour en donnant la main. Un grand jeune homme mince, l’air franc, spontané. Bonne impression.

 

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Biographie / François-M. Deslongchamps

 

François-Mathias Deslongchamps est né en 1924 en bordure de la forêt boréale, au nord du lac Macamic (Makamik selon l'orthographe du temps), dans une maison en « bois rond » qui était la dernière du nord des terres habitées. Le fait d’avoir connu la vie des bûcherons et des chasseurs, lui a permis de situer le récit de son roman dans un contexte vraisemblable.
C’est auprès de sa mère qu’il développe un goût particulier pour les arts ; les belles lectures qui le conduiront à l’étude des lettres, la musique à l’harmonium qui en fera un mélomane. Il passe son enfance sur la ferme paternelle. L’école est à une vingtaine de minutes à pied. Il travaille dans les champs les jours de congé et se promène dans la forêt voisine pour la cueillette des bleuets, la chasse au lièvre et à la perdrix.


Ses études classiques au Collège d’Amos, qui ouvre ses portes en 1939, le plongent dans la vie de

pensionnaire qu’il subira pendant plus de dix ans. Il étudie la philosophie et la théologie à l’Université d’Ottawa, les lettres et l’histoire de l’art à l’Université de Montréal, les arts plastiques à l’école des Beaux-Arts de Montréal.


Après avoir enseigné les lettres classiques et la littérature française pendant dix ans, il passe à l’enseigne- ment de l’histoire de l’art au cégep Édouard-Montpetit de Longueuil jusqu’à sa retraite en 1988. Il se consacre alors à son jardin, à la peinture et à l’écriture. Grâce à la flexibilité qu’offre l’ordinateur, il commence par mettre de l’ordre dans ses notes recueillies au cours des ans pour ensuite envisager le développement d’une histoire qui devient un roman.
Il publie un premier roman en 2000, Nul n’est prophète, dont l’action se situe dans le milieu où il a vécu. Son second roman, La Maudite guerre, lui est inspiré de la vie de son oncle Adélard L’Heureux, aventurier qui a vécu quelques années avec une Indienne des bords du Grand Lac des Esclaves, dont il a eu trois garçons, des cousins perdus dans les forêts du Nord, dont l'auteur n'a connu l'existence qu'à la fin de son adolescence, et qu'il n'a jamais vus.


L’auteur vit toujours à Montréal, au cinquième étage de la résidence des Deux-Aires au bord de la rivière des Prairies, admirant du haut de son balcon les eaux de la baie, le pont Viau et les clochers de l’église de la Visitation.

 

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Communiquer avec l'auteur / François-M. Deslongchamps

 

François-M. Deslongchamps se fera un plaisir de lire
et de répondre personnellement à vos courriels.

Voici son adresse de correspondance électronique : 
fdeslongchamps094@sympatico.ca

 

 

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