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L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
Gilles Côté, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Fondation littéraire Fleur de Lys, Lévis, Québec, 2010, 422 pages.

ISBN 978-2-89612-336-0

 

 

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Gilles Côté

Sainte-Adèle, Québec

 

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L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
Gilles Côté, Fondation littéraire Fleur de Lys

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PRÉSENTATION


L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
Gilles Côté, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Disparu depuis trois jours, Paul ne se doute pas de ce que l’avenir lui réserve. Une mauvaise manipulation réalisée par un être venu d’un autre univers le laisse avec des pouvoirs invraisemblables.


Il devra traverser plusieurs étapes avant de bien maîtriser ses nouvelles facultés. Cependant, malgré ses nombreuses expériences pour soulager la misère humaine et améliorer la condition de ses semblables, Paul se bute à une certaine réalité.


Pressant sa famille, ses amis, des connaissances et même des étrangers à lui suggérer des idées, il ne parvient pas à des résultats probants.


Cependant un espoir subsiste: ses nouveaux alliés y sont-ils pour quelque chose ? La lecture de ce roman vous incitera probablement à vous poser, vous aussi, la question. Mais quelle question ? Et si vous trouvez la réponse, bien à vous de la transmettre à Paul.
 

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COMMENTAIRES DE LECTEURS


L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
Gilles Côté, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Cher Monsieur Côté,


J'ai passé de nombreuses heures très agréables à lire votre roman L'Étrange réalité de Paul sur ma tablette Kindle.


Il n'est pas toujours évident de s'approvisionner en romans de langue française à partir de mon pays d'adoption à l'autre bout de la planète ... le 8ième univers?


Merci de votre générosité et de celle de la Fondation littéraire Fleurs de Lys pour avoir inscrit votre oeuvre dans le domaine publique.


Mes félicitations pour votre roman.


Pensez-vous que Paul reviendra plus tard à sa planète bleu? Véronique serait sans doute très heureuse de partager son secret!


Bien vôtre,


Marie-Claude
Marie-Claude Larivière and André Larochelle
NEW ZEALAND
Website www.LarochelleLariviere.com

 

Bonjour, je m'appelle Richard. J'habite en Allemagne. Je voulais te dire que j'ai très bien aimé ton livre L'Étrange réalité de Paul  édité par la Fondation littéraire Fleur de Lys. J'espère que tu écriras encore d'autres livres comme ça. J'adore les histoire fantastiques comme la tienne et aussi les voyages dans le temps etc. J'aime bien ton humour. Voilà mon vieux, bonne chance et n'arrête pas d'écrire tu es fait pour ça - ok. Salutations de ma part. Si tu sais ce qui ce passe après la mort écrit le moi ok. Moi je n'aurais rien contre une autre dimension et vivre plus de mille années


 

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EXTRAIT


L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
Gilles Côté, Fondation littéraire Fleur de Lys
 

Chapitre 1 (Intégral)

 

Les gyrophares, les sirènes, tout ce monde, tout ce bruit.

— Mais où suis-je donc ?
— Ne bougez pas monsieur, on vous sort de là.

L’auto est inclinée sur le côté, mais rien ne semble abîmé.

— Je suis demeuré ici depuis combien de temps ?
— Ça fait trois jours qu’on vous cherche. C’est votre conjointe qui a signalé votre disparition.

Hébété, ayant un mal de tête lancinant et surtout un sentiment de néant, Paul écoute l’ambulancier lui poser les questions d’usage. Avez-vous des nausées ? Avez-vous mal quelque part ? Pouvez-vous bouger vos membres ? Quel est votre nom ?… et ainsi de suite pendant un bon quart d’heure. Devant les réponses confuses de Paul, l’ambulancier décide de le transporter à l’hôpital.


Dans la chambre qu’on lui a assignée pour observation, l’accidenté reprend lentement ses esprits.

— Bonjour M. Dubé, vous sentez-vous un peu mieux ?

Le répondant, un mètre soixante-quinze, cheveux brun clair et grisonnants, yeux bruns, deux cent douze livres, dans la cinquantaine, acquiesce.

— Oui docteur, je reviens un peu dans le monde. Avez-vous trouvé quelque chose qui cloche chez moi ?
— À vrai dire, non, sauf deux légères brûlures à la base du cou. Et ce que je trouve surprenant, vous n’êtes pas déshydraté après trois jours dans ce fossé. Avez-vous des souvenirs de ce qui est arrivé ?

Paul creuse sa mémoire, mais rien ne vient. Claire apparaît dans la chambre. Elle est presque en pleurs. Il y a à peine une heure qu’elle sait qu’on a retrouvé son mari.

— Paul, mon doux, qu’est-ce qui t’est arrivé ?

Maintenant, elle est en pleurs et sert très fort dans ses bras son partenaire de vie, le bombardant de questions. Âgée d’une cinquantaine d’années elle aussi et mariée avec Paul depuis 29 ans, Claire ne gère pas très bien ses émotions. Depuis trois jours, elle en a supporté plus qu’elle ne le pouvait.

— Bonjour madame.

Elle vient juste de remarquer la présence du Docteur Lavallée.

— Bonjour Docteur. Il n'a rien de grave, mon Paul ?
— Non madame. Nous allons juste le garder en observation pour la nuit et si tout va bien, demain il pourra sortir. Maintenant, il faut le laisser se reposer.

Claire consent et, après un baiser sur la joue de Paul, elle quitte la chambre.


Paul, seul dans sa chambre d’hôpital, respire un peu mieux. Il a besoin de retrouver ses esprits. Le lit d’à côté est vide, ce qui fait son bonheur pour l’instant. Un léger sommeil le gagne. À semi-conscient, il se laisse aller à la détente. Soudain, sans prévenir, il reçoit une décharge électrique au cerveau. La douleur n’est pas vive, mais le surprend. Au même moment, il a un flash. Des images confuses lui apparaissent comme dans un rêve. Des symboles, des personnages étranges, des malaises. En sueur, un peu hébété, il fait venir l’infirmière.


— Oui M. Dubé ?
— Est-ce que je pourrais avoir une aspirine ? J’ai mal à la tête.
— Je vérifie avec le médecin et je vous reviens tout de suite.

À peine quelques minutes plus tard, le docteur arrive auprès de Paul.

— L’infirmière m’a dit que vous aviez mal à la tête ?
— Oui un peu et je n’arrive pas à me re-poser.
— Demain matin, nous vous ferons passer un scanner. En attendant, je vais vous donner quelque chose pour vous détendre.

Paul avale le médicament et s’endort. À son réveil, un septuagénaire occupe le lit d’à côté.

— Bonjour, je m’appelle Paul.
— Moi c’est Léo, pierres au rein, et vous, sans être indiscret ?

Paul allait lui répondre lorsqu’on vient le chercher pour son examen.

— À tantôt.

Et il part pour le scanner. Il y a plusieurs personnes dans la salle.

— Bonjour Paul.
— Bonjour Docteur Lavallée. Il y a beaucoup de monde pour moi.
— Ce sont des stagiaires, ils observent, si ça ne vous dérange pas.
— Pas du tout.
— Merci, on commence.

Les images se succèdent sur l’écran à un bon rythme. À l’une d’elles, le médecin fronce les sourcils.

— Dites donc, Paul, avez-vous déjà eu une opération à la tête ?
— C’est la première fois que je suis hospitalisé.
— Ah bon, ce n’est rien, probablement l’écran.

Le reste de la journée se déroule simplement : retour à la chambre, dîner léger, une visite de Claire en après-midi, une petite jasette avec Léo son compagnon de chambre, souper, puis dodo. Aux abords de minuit, Paul se réveille. Il ressent une grande soif. Le somnifère reçu au coucher le laisse léthargique. Qu’il semble loin, ce verre d’eau. Il le fixe, tout endormi, puis se convainc qu’il n’a pas le courage de se lever pour aller le chercher. Un effort, se dit-il, puis soudain l’impossible arrive. Le verre se rapproche seul, sur la table de nuit, à portée de main. L’hospitalisé le saisit et en boit la moitié. Il a l’impression que c’est lui qui a rapproché ce verre et en même temps, son cerveau lui dit que c’est impossible. Bon, je ferais mieux de me rendormir, se dit-il.

Au même instant, du côté de la face cachée de la lune.

— Tu es bien sûr que tu n’as pas endommagé la barrure ?
— J’ai fait attention comme tu me l’as dit.
— Bon, de toute façon, on doit retourner chez nous.

Léo se réveille le premier, vers six heures. Il regarde dormir son compagnon de chambre, tout en se remémorant la conversation de la veille. Étrange, cet accident. Paul lui avait dit qu’il était resté trois jours dans son auto, dans un fossé, ne se rappelant rien. Il est perdu dans ses pensées lorsque Paul se réveille.

— Bonjour Léo.
— Bonjour Paul, vous avez bien dormi ?
— Oui, je me sens beaucoup mieux ce matin. Vous allez me trouver un peu drôle, mais j’ai eu une vision de mon cerveau comme s’il était un lavabo.
— Un lavabo ?
— Oui, un lavabo plein d’eau de vaisselle, auquel on vient de rajouter un liquide pour le déboucher, mais qui, au lieu de laisser des traces de gras en se vidant, laisse la partie libre super brillante.

Léo se demande si son compagnon aurait plus de séquelles qu’il ne le pense.

— Vos pierres se désagrègent, les ultrasons font effet.

Le médecin de Léo continue en lui disant qu’il aura probablement son congé dans deux jours si tout va bien. Après le petit déjeuner, on vient chercher M. Dupras pour un dernier traitement. Seul dans la chambre, Paul se sent mieux que la veille. Une sensation de bien-être et d’extase s’est emparée de lui. Il ne se souvient toujours pas de ce qui lui est arrivé, mais ça n’a pas d’importance. Il attend la visite du docteur Lavallée d’une minute à l’autre et espère avoir son congé.

— Bon matin.
— Bon matin à vous aussi.
— Je peux vous examiner si vous n’avez pas d’objection ?

Paul fait signe de la tête et le médecin commence son examen. Après avoir pris sa température, vérifié son pouls et sa tension artérielle, il demande à Paul d’enlever le haut de sa jaquette.

— Je vais regarder vos brûlures dans le cou.

Le médecin approche sa main pour tâter la légère blessure. Au toucher, tout semble normal. Cependant Paul sursaute.
— Je vous ai fait mal ?
— Non Docteur, j’ai eu une vision lorsque vous avez touché les brûlures.
— Ah bon. Et quel genre de vision ?
— Je ne sais pas trop, c’est flou.
— Il se peut que votre amnésie cause ces hallucinations. Ça devrait disparaître avec le temps. Par contre, je vous repose la question. Vous êtes sûr de n’avoir jamais eu d’intervention chirurgicale au cerveau ?
— Sûr Docteur. Il y a quelque chose qui cloche ?
— Non, pas vraiment. Notre tomodensitomètre date de plusieurs années et quelquefois, il nous joue des tours.
— Votre quoi ?
— Notre scanner. Je vous prescris une crème pour vos brûlures, et je vous demanderais de prendre un rendez-vous avec votre médecin de famille pour voir où vous en êtes avec votre amnésie. Je vais lui transmettre mes résultats entre-temps. Eh bien, bon retour chez vous, je vous signe votre congé.
— Merci Docteur, je me sens beaucoup mieux aujourd’hui.

Après le départ du médecin, Paul s’empare du téléphone et compose son numéro.

— Bonjour Minou, t’as bien dormi ?
— Paul ! Toi, tu vas bien ?
— Je vais tellement bien que si tu n’es pas à l’hôpital d’ici une heure pour venir me chercher, je me lance par la fenêtre.
— Grand fou, j’arrive et on se contera ça à la maison.

— Dis donc Micho, je ne voudrais pas t’embêter avec ça, mais avant de passer à la vitesse stellaire, tu es bien sûr que tu n’as pas touché à la barrure ?
— Bien oui, je suis sûr.

Faris n’est pas rassuré. Depuis le temps qu’il voyage avec Micho, il le connaît bien. Son insouciance a toujours été sa marque de commerce. Bah, se dit-il, il faut faire confiance. Il sait que si Micho a fait une erreur, les cinq univers peuvent en souffrir.

— Tu es prêt pour Éxna, notre bonne vieille planète ?
— Oui, je passe à la vitesse stellaire.

Planté devant la porte, Paul attend. Léo arrive enfin.

— Je t’attendais. Je veux te saluer avant mon départ et vérifier si c’est bien à Val-David que tu demeures ?
— Léo Dupras, c’est dans l’annuaire. Et j’aimerais ça avoir de tes nouvelles.
— Bien sûr, répond Paul.

Léo tend la main. Paul la saisit. Au même moment, une autre vision, inattendue et désagréable. Paul retire sa main.

— À bientôt, peut-être.
— Oui, c’est ça, à bientôt.

Paul se dirige vers la sortie en marchant. Ce n’est pas l’envie de courir qui lui manque. Enfin dehors, il reprend ses esprits. Que signifie tout ça ? La vision, les ressentis, le verre qui bouge tout seul. Je suis dû pour des vacances, se dit-il.


Une Honda Civic se stationne près de l’entrée. Claire en descend. Elle n’a pas vu Paul qui l’attend.

— Je suis ici.
— Paul, que je suis contente de te voir! Vite, embarque, on s’en va chez nous.

La demeure Dubé-Labonté, un joli cottage blanc, avec une toiture en tôle noire, des jalousies et une bordure rouge, lui apparaît très accueillante. L’acquisition avait été faite au début de leur mariage. C’est le père de Claire, M. Labonté, qui leur avait prêté les sous pour l’achat, à l’époque.


Paul ne voit pas tout de suite sa fille Véronique qui l’attend avec ses trois enfants; Alexandre, neuf ans, Noémie, sept ans, et Mélissa, un an. Il y a aussi Mathieu, le mari de Véronique, Vincent, le deuxième enfant de Paul, et sa conjointe, Amélie. Il ne s’attendait pas à un tel accueil et sent monter quelques larmes.


— Pour une surprise, c’est une réussite. La dernière fois que l’on s’est retrouvé tous ensemble, c’est à Noël.
— Tu aurais peut-être aimé mieux te re-poser ?
— Mais pas du tout, je me sens en pleine forme et heureux d’avoir tout mon monde autour de moi.

Claire et son gendre Mathieu s’affairent autour du barbecue. On est au début de septembre, et une magnifique journée ensoleillée agrémente la fête. Paul se repose dans une chaise longue. Autour de lui, ses petits-enfants le harcèlent de questions. Au bout d’un moment, ils se lassent et vont jouer dans les balançoires que Paul leur avait installées l’an dernier. Véronique en profite pour se rapprocher.

— Tu es sûr que tu vas bien, Papa ?
— Bien sûr que je vais bien.

Sa fille aînée a toujours été pour Paul une fierté. Elle est belle, une bonne mère, une bonne épouse et a trouvé le temps d’écrire un livre. Mais ce qui rend Paul si fier d’elle, c’est la grande bonté et la générosité de Véronique.

— Papa, est-ce que tu te rappelles ce qui est arrivé ?

Paul connaît la réponse. C’est non.

— Non ma chouette, mais le docteur m’a dit que ça me reviendrait.

Au même moment, Vincent, qui joue au soccer avec les enfants, envoie le ballon sur Paul par accident. Paul le saisit, se lève et dit à sa fille.

— Tu vas voir si je suis en forme.

Il botte le ballon. Celui-ci prend de la hauteur, virevolte, traverse le terrain, puis celui du voisin et atterrit dans la piscine du troisième voisin, à environ cent mètres de son lieu de départ. Bouche bée, les spectateurs de cet événement n’en croient pas leurs yeux. Claire, qui en fait partie, ne sait quoi en penser. Mathieu, l’esprit scientifique du groupe, trouve facilement l’explication :

— Il a dû y avoir une bourrasque soudaine qui a emporté le ballon à cette distance.

L’explication de Mathieu satisfait tout le monde. La fête se termine, et tous doivent retourner à leur petit bonheur, beaucoup moins inquiets qu’à leur arrivée.

— Grosse journée, tu dois être heureux d’aller au lit ?
— Oui. Demain je vais appeler mon patron pour lui donner de mes nouvelles et lui dire que le médecin m’a mis en congé de maladie pour deux semaines. Et je pense que je vais prendre une ou deux semaines de vacances avec ça.
— Tu fais bien, bonne nuit.
— Bonne nuit.

Cinq heures du matin, deux œufs grésillent dans la poêle, accompagnés de quatre tranches de bacon. Paul, énergiquement, introduit deux tranches de pain dans le grille-pain. Son café commence à infuser et il se sent bien. Matinal de nature, c’est le moment de la journée qu’il préfère. Alerte et efficace, c’est dans une harmonie de chef d’orchestre que le bacon, les œufs, les rôties et le café aboutissent tous ensemble sur la table de la cuisine. Normalement, c’est l’instant que choisit Paul pour écouter les infos à la radio ou à la télé.


Ce matin, il a besoin de calme. Les derniers événements l’ont secoué. Il mange avec appétit et prépare mentalement le plan de sa journée. Appeler Roger, son patron et ami, refaire du café pour Claire qui travaille ce matin, contacter la clinique médicale pour un rendez-vous avec le docteur Roy. Paul se dit qu’il ferait mieux d’écrire tout cela. Et il rajoute : aller chercher le journal, prévoir le dîner, et le souper, conduire l’auto au garage pour l’inspection. Bon, c’est assez.

« Je suis malade après tout. Malade de quoi ? Ah oui, amnésique. Trois jours vides. Je trouverai bien ce qui est arrivé pendant ces trois jours. »

Une autre magnifique journée. Le soleil apparaît rond et jaunâtre. Paul décide de boire son deuxième café à l’extérieur, laissant ses notes dans la maison. Assis confortablement, quelques souvenirs lui reviennent : sa conversation avec son compagnon de chambre d’hôpital, le lavabo qui se vide et qui laisse un bout de surface brillante. Paul frissonne. Il se rappelle le rêve qu’il vient de faire : un lavabo presque vide, de l’eau de vaisselle sale au fond, et cet éblouissement. Quel rapport avec ses trois jours manquants ?

« Bon, pense à autre chose. »

Il regarde sa montre, 6h30.

« J’ai le temps d’aller chercher le journal avant que Claire se lève. Une petite marche, ce sera le début de mon régime. »

De retour avec l’édition du jour, Paul commence à la parcourir, sachant qu’il lui reste une bonne demi-heure avant le réveil de Claire. Il lit les grands titres, puis quelques articles qui parlent du prix du papier qui est en baisse depuis que la Chine fait partie des partenaires économiques. Comme il avait rapporté aussi le journal local, il y jette un coup d’œil. En page trois, on peut y lire qu’hier est décédé un de nos citoyens reconnus pour ses publications sur les phénomènes inexpliqués. Le service aura lieu vendredi matin à l’église de Val-David. Paul s’arrête un moment, puis continue sa lecture avec appréhension. Léo Dupras laisse dans le deuil son épouse Lise et ses enfants Marie, Yolande et Pierre. Paul fige. Il se revoit serrant la main de Léo et se remémore cette étrange sensation qui l’avait envahi à ce moment.

— Chéri, tu as oublié tes lunettes. Ce n’est pas pratique pour lire.

Paul n’avait pas entendu Claire se lever.

— Bonjour, je rentre à l’intérieur de toute façon.

« Je viens de lire pendant une demi-heure sans lunettes, j’avais pressenti la mort de Léo, j’ai attiré un verre d’eau vers moi par la pensée et botté un ballon à cent mètres. Je dois absolument prendre du temps pour moi aujourd’hui. »

— Un ou deux cafés ?
— Deux, j’en pendrai un en route.

Paul s’affaire devant la cafetière.

« Je crois que je vais en préparer trois, j’en ai besoin d’un autre. »

— Tu pars à quelle heure ?
— Tu as hâte de te débarrasser de moi ? Je blague, je quitte dans vingt minutes, je dois prendre Christine.

Paul, soulagé, prépare les cafés. Il a hâte de se retrouver seul.

— Tu commences de bonne heure ?
— Nous avons un séminaire à Laval aujourd'hui.
— Je m’occupe du souper.
— Tu peux me préparer mon café pour la route ?

Paul acquiesce. Il regarde Claire monter au second étage. Élancée, belle comme à vingt ans. Il doit définitivement se mettre au régime. C’est la deuxième fois aujourd’hui qu’il y pense.
Enfin seul, il hésite à exécuter sa liste. Faire une sieste ou une randonnée pédestre ? La sieste l’emporte, quoique ce ne soit pas dans ses habitudes. Étendu sur le lit, mi-conscient, au bord du sommeil, Paul ressent une décharge électrique indolore lui traverser le cerveau. Une décharge reconstituante. Assis sur son lit, la tête entre les deux mains, il se questionne à nouveau sur ce qui lui arrive. Une idée lui vient.

« Je vais aller voir la femme de Léo. Je ne sais pas pourquoi, mais je dois commencer quelque part. »

Il reprend le journal local. La dépouille sera exposée au salon Vannier mercredi matin à compter de 10h00.

« Bon, c’est décidé, demain j’irai au salon funéraire. »

Paul reprend sa liste.
« Ah oui! Appeler Roger. »

Il signale le numéro à son travail.

— Compagnie de Papier La Chute bonjour.
— Roger Tremblay, s'il vous plait.
— Un instant, s'il vous plait.

Un déclic et quelques secondes plus tard :

— Bureau de Roger Tremblay.
— Manon, c’est Paul. Ça va ?
— C’est plutôt à moi de vous poser la question. On était très inquiet à votre sujet.
— Ça va, rien de grave, je vous raconterai à mon retour. Roger est là ?
— Non, il est parti pour deux jours, mais il m’a laissé une note, au cas où vous appelleriez. C’est simple : prendre tout le temps qu’il vous faut.
— Merci Manon. Je vais prendre deux semaines de maladie puis un autre deux semaines de vacances. S’il y a une urgence, dites-lui de me téléphoner chez moi. Vous lui faites le message ?
— Bien sûr, et faites attention à vous.

Paul, comptable à l’usine Papier La Chute, à Ste-Adèle, sait qu’il peut se permettre ce repos. Bon, se dit-il, la clinique médicale. Il obtient un rendez-vous pour la semaine suivante avec le docteur Roy, son médecin de famille. Un autre crochet sur sa liste. Le garage, maintenant. Là aussi, il obtient un rendez-vous pour la semaine suivante. Ensuite, se dit-il. Il ne reste sur sa liste que le dîner et le souper.

« Le dîner; comme je suis seul, j’irai au restaurant. »

Un autre crochet.

« Le souper; si je dégelais des poitrines de poulet, accompagnées de légumes et de riz ? Ce sera parfait. »

Dernier crochet. Paul se sent mieux. Il est dix heures, deux bonnes heures avant le dîner.

Après la décongélation des poitrines et une douche, il enfile un jeans, un coton ouaté et des espadrilles. Il n’a pas souvent l’occasion de s’habiller ainsi et il en retire une certaine satisfaction.

« Je vais marcher jusqu’au centre-ville. »

Deux kilomètres et demi sépare sa résidence du centre. En route, il essaie de nouveau de faire le point. Il se remémore les événements bizarres depuis deux jours, sans trouver d’explication. Déjà au centre d’achats! Il n’a pas vu la route, perdu dans ses pensées. Paul regarde sa montre, il a mis vingt minutes pour parcourir le trajet qui lui en prend d’habitude quarante. Il se dit qu’il n’en est plus à un phénomène près. Au bureau de poste, il aperçoit son garagiste.

— Philippe!
— M. Dubé, ça va ?
— Oui Philippe. Je voudrais savoir si c’est toi qui as remorqué mon auto chez moi ?
— Oui, c’est moi, mais j’ai fait une inspection rapide au garage avant de la transporter chez vous. Je crois que vous avez pris un rendez-vous pour la semaine prochaine ?
— Oui, mardi.
— O.K., faites-moi penser de vous parler de quelque chose de curieux que j’ai remarqué lorsque votre auto a été remorquée.
— De quoi s’agit-il ?
— Je ne sais pas au juste. C’est que votre auto aurait dû être beaucoup plus endommagée qu’elle ne l’était. Je vous en reparlerai mardi.

Bon, se dit Paul, encore une surprise. Au restaurant, assis confortablement à une table près d’une fenêtre, Paul feuillette le menu. Ses côtes levées habituelles ne lui disent rien. Il regarde la page des salades.

— Bonjour Monsieur, vous avez choisi ?
— Une salade au poulet et un Seven-Up diète.

Les mots sont sortis de sa bouche presque involontairement. Voilà autre chose; son sub-conscient commande pour lui maintenant, d’autant plus qu’il vient de lire le menu sans lunettes.

— Bien mangé ? Voulez-vous un dessert et un bon café ?
— Non merci, je prendrais un thé vert si vous en avez.
— Bien sûr.

Un thé, ça doit bien faire dix ans qu’il n’en a pas bu, et vert en plus. Sa belle-mère lui en servait à l’occasion avant qu’elle ne décède. Elle lui disait que c’était bon pour son cœur.
Le chemin du retour à la maison se fait d’un pas alerte et encore en vingt minutes.

« Cette fois, je fais ma sieste. »

Sans plus attendre, il s’installe dans son lit et s’endort.

Le lavabo est vide, une lumière intense l’imprègne.

« Je suis moi, non la lumière est moi, non je rêve, non c’est moi. »

Paul se réveille. Il se souvient de son rêve, mais n’arrive pas à l’interpréter.

« Un lavabo brillant, non plutôt éclatant. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir signifier ? Par contre, je me sens toujours bien, pas comme après un cauchemar. »

Il a une envie soudaine de revoir l’endroit où on l’a retrouvé. Arrivé sur les lieux, Paul peine à reconnaître l’emplacement où il a passé trois jours. Finalement, il y arrive. Assis sur une roche, tout près d’où reposait son auto, Paul ne comprend pas. Comment a-t-il pu se retrouver à cet endroit avec sa voiture ?

« Philippe, le garagiste, avait raison. L’auto aurait dû être en bien pire état. L’accès à cet endroit est impraticable pour un véhicule. Il a dû travailler fort et avoir beaucoup d’imagination pour la sortir de là. Bon, si j’allais préparer le souper. »

Faris et Micho assistent à un séminaire au vieil édifice de la ville.

— Regarde, Micho, le vieil écran qui annonce notre séminaire, il est en nanotechnologie. Une vraie antiquité, on n’en voit plus.

Le séminaire porte sur les dangers que les explorateurs courent durant leur voyage.

— Mes amis, comme vous le savez, nous n’insisterons jamais assez sur la responsabilité que vous devez assumer lors de vos expériences dans les autres univers. Souvenez-vous de la destruction du sixième univers.

Nos deux voyageurs connaissent bien ces dangers.

Suite à la réunion, le patron des deux voyageurs accorde à Faris et Micho des vacances bien méritées.

— Qu’est-ce que tu fais durant tes vacances ?
— Je reste sur Éxna, je vais me reposer. Ensuite, je verrai. Tu sais, à quatre cent trente-six ans, je peux me permettre ça. Toi, vas-tu sur une des lunes, au bord d’un lac ?
— Oui, même si je suis ton cadet de quatre-vingts ans, j’aime errer de temps en temps. On se revoit dans un mois. Repose-toi, tu as l’air fatigué.

Faris n’a pas seulement l’air fatigué : en effet il est malade et décède deux jours après cette conversation.


Assis sur la véranda du chalet, Micho, qui ignore le décès de Faris, met un peu d’ordre dans ses constats de voyages.


Bon, se dit-il, il me manque une clef sur les dix boîtes qui représentent mes dernières expéditions. Je dois l’avoir égarée dans l’aéronef ou perdue ailleurs entre deux transferts. Mieux vaut ne pas en parler, je vais avoir un blâme de la Fédération.


La situation passe aux calandres grecques et Micho, un peu la tête en l’air, oublie l’incident.


— Bonjour chéri, tu n’embrasses pas ta femme d’amour ?
— Allô, je ne t’ai pas entendu arriver.
— Tu as eu mon message sur le répondeur ?
— Non, je n’ai pas regardé.
— Je te demandais si Christine pouvait souper ici. Ton cellulaire était fermé.

Paul aime bien Christine, l’amie de Claire.

— Pas de problème, j’en prépare pour trois. En attendant, tu peux servir les apéritifs pour toi et Christine ?

Confortablement assis, les trois comparses discutent à bâtons rompus, jusqu’au moment où ils abordent l’accident de Paul. Claire anime la conversation et raconte sa déclaration de disparition, les étranges questions que les policiers lui posaient, ses moments de découragement et enfin, la découverte de Paul. Christine questionne Paul, mais celui-ci demeure vague dans ses répliques. D’ailleurs, il n’a pas de réponses à ces questions. L’amie de Claire les quitte de bonne heure; sa journée l’a épuisée.

— Si on montait se coucher ?
— Tout de suite ?
— Oui, tu ne t’es pas ennuyé de mon beau corps durant ces trois jours ? À moins que tu aies été voir ailleurs ?

Claire rit de sa blague, et le couple monte se coucher.

— Wow, Paul, tu as retrouvé tes vingt ans, en tout cas, ta vigueur!

Ils ont fait l’amour comme au début de leur mariage, et c’est épuisés mais euphoriques qu’ils se préparent à dormir.

Le téléphone sonne : c’est Véronique qui veut des nouvelles de son père. Claire, qui a répondu, rassure sa fille. Elle lui explique qu’elle n’a pas à s’en faire, son père va très bien. Elle a des arguments pour étayer son discours. Après avoir raccroché, nos deux acolytes se couchent et tombent du sommeil du juste.
 

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BIOGRAPHIE

 

Gilles Côté

 

Né en 1951, l’auteur a connu le juvénat des Frères Maristes à son début du cours classique. Ayant constaté assez rapidement qu’il n’a pas la vocation, il termine ses études secondaires à la polyvalente de Mont-Rolland. Puis il suit des cours de spécialisations et universitaires. Il exerce par la suite plusieurs métiers et professions. D’agent d’assurance à mécanicien en automobile, de technicien en équipement sportif à commerçant, il travaille maintenant dans un Centre Jeunesse comme surveillant en institution. Cette polyvalence, involontaire au début puis cultivée intentionnellement, lui ouvre plusieurs voies, dont celle de l’écriture. C’est lors de longues nuits de surveillance, baignée dans la solitude, qu’une page à la fois il en arrive à écrire ce roman.


 

 

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L'étrange réalité de Paul, roman de science-fiction,
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