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Pages personnelles de l'auteur Jean-François Morin   1   2

Le nouveau monde

Roman de politique fiction, 416 pages

Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005

6 X 9 pouces ou 15 X 23 centimètres

ISBN 2-89612-111-5 

 

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La puissante Confédération américaine traverse une période trouble de son histoire. Des gens veulent voir sa mort. Un conflit économique exacerbe les tentions populaires. Mais au delà des antagonismes sociaux, les conflits personnels expliquent parfois mieux la naissance des grands mouvements.

 

Une clique d’humains génétiquement modifiés veut prendre leur place au sein d’une société confédérée aux valeurs conservatrices. Après tout, l’article 1 de la constitution est incisif : l’homme doit rester homme. Jouer avec la création de Dieu fait peur. Pourtant ces humains transgéniques, aux talents exceptionnels et aux espoirs infinis, sont en voie de devenir, discrètement et progressivement, les dominants de la société de demain.

 

Cependant, comme tous les humains normaux, des mésententes les divisent. Des creux philosophiques subsistent. Des idées sur la finalité de leur bien être les opposent. Que fera-t-on de la société de demain? En ces temps troubles, la question arrive à point, mais les réponses sont diverses, surtout à une époque où personne ne s’entend sur la définition de l’intérêt général… si jamais il existe.

 

 

Entrevue avec l'auteur


 

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PREMIÈRE PARTIE
La boîte aérée de Pandore 11

CHAPITRE I 13
CHAPITRE II 29
CHAPITRE III 39
CHAPITRE IV 47
CHAPITRE V 61
CHAPITRE VI 69
CHAPITRE VII 79
CHAPITRE VIII 101
CHAPITRE IX 113
CHAPITRE X 135
CHAPITRE XI 147
CHAPITRE XII 159
CHAPITRE XIII 169
CHAPITRE XIV 189
CHAPITRE XV 209


DEUXIÈME PARTIE
La reconstruction de Plextron 227

CHAPITRE XVI 229
CHAPITRE XVII 239
CHAPITRE XVIII 249
CHAPITRE XIX 255
CHAPITRE XX 267
CHAPITRE XXI 283
CHAPITRE XXII 295



TROISIÈME PARTIE
L’ère du nouveau monde 323

CHAPITRE XXIII 325
CHAPITRE XXIV 337
CHAPITRE XXV 347
CHAPITRE XXVI 357
CHAPITRE XXVII 367
CHAPITRE XXVIII 381



Au sujet de l’auteur 403

Communiquer avec l’auteur 405

Du même auteur 407
 

 

 

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CHAPITRE I

Le décor insipide projette la fidèle image d’une base militaire. À travers les faits et gestes du personnel, il n’y a jamais eu de sentiments relatés, du moins en apparence. Chaque soldat compte leurs pas pour être sûr de proférer la bonne démarche. Malgré l’austère ambiance, le vieux concierge ne s’empêche pas de raconter sa vie dans les détails à son assistant avec désinvolture au rythme énergique des coups de balais étayés sur le plancher. Mais l’assistant n’en a que faire. « Mmm Mmm » répond-t-il à chaque affirmation de son fatigant pépère. Ça ne l’intéresse pas. Ne le voit-il dont pas ?

Une partie de poker aura bientôt lieu. Le concierge veut rester fidèle au rendez-vous. Il se dépêche à récolter les débris des travaux de réparation dans le couloir. Son assistant semble pourtant insensible à ses envies. Soyons honnête, ses papotages le font carrément souffrir. Il souhaiterait que ce bonhomme succombe à sa vieillesse, question de protéger sa santé mentale. Quoi qu’il en soit, il se console. Il sait que cette situation ne durera pas longtemps. Le temps pour le vieux croûton de prononcer quelques simplicités et ce sera bientôt l’apothéose.

Le commandant Swarchkorf est le plus haut placé de la base. Il s’ennui. Thêta-5, une des quatre-vingt-quatre bases militaires de la Confédération, demeure laconique et sans histoire sur une planète éloignée. C’est pourquoi il rêve de partir. Néanmoins, la mission de la base n’est pas sans importance. Thêta-5 assure la surveillance d’une zone tampon entre la puissante Confédération américaine et une petite nation sous le joug du général Kastrau, un rival de longue date de la Confédération. C’est pourquoi Swarchkorf, officier expérimenté, fut sollicité pour le commandement de cette base. Cependant, Kastrau n’a entrepris aucune initiative provocante depuis les trente dernières années, de là le calme plat sur Thêta-5.

Swarchkorf ne prévoit pas rester longtemps. Il attend une promotion. Chaque courrier qu’il reçoit d’un officier supérieur fait l’objet d’une intense appréhension, espérant la bonne nouvelle qui tarde à venir. En attendant, c’est le train-train quotidien. L’agenda des activités d’aujourd’hui se résume principalement par l’entraînement en vol des escadrilles et la surveillance aérospatiale de la zone confédérée. C’est le même agenda qu’hier. C’est aussi le même qu’avant-hier, de même que le jour d’avant… toujours la même routine. Par contre, aujourd’hui n’est pas un jour ordinaire. On attend la venue non pas d’un croiseur interstellaire, non pas d’une délégation étrangère, non pas d’un nouveau prototype de chasseur, mais plutôt… la venue du prochain cargo ravitailleur. On a même prévu une partie de poker avec leur équipage. Ouais, c’est ça un évènement sur Thêta-5.

Cette banalité déprime Swarchkorf. Un fait cependant attire sa curiosité. Depuis les trois années qu’il est affecté à cette base, il n’a jamais pu savoir ce qui subsistait derrière une porte dont tout le personnel de la base est interdit d’accès. Dotée d’un système de sécurité perfectionné, elle est située au dernier sous-sol. C’est la seule porte d’accès de cet étage ce qui la rend d’autant plus intrigante. Swarchkorf a cependant une idée de ce qu’il peut s’y cacher. C’est un officier qui depuis longtemps est en contact avec des hauts placés dans la hiérarchie militaire et il a été impliqué dans quelques affaires secrètes d’État. Un de ces secrets particulièrement sensible n’est même pas connu du président. Cependant, si ses soupçons sont fondés, Swarchkorf se dit qu’il est préférable d’oublier tout ça. Vaut mieux laisser certaines actions du passé s’effacer dans l’oubli. La boîte de pandore demeurera ainsi scellée pour les siècles à venir.

Le vaisseau ravitailleur finalise une manœuvre d’amarrage à un caisson d’entreposage en orbite de Thêta-5. Dans la salle des commandes, Swarchkorf s‘apprête à savourer son café quotidien. Il humecte ses lèvres… phase d’approche du gobelet vers sa bouche. Contact dans trois, deux, un… Le technicien au radar interrompt subitement sa dégustation.

« Commandant, je ne reçois plus de signal. Système radar non-opérationnel ».

À la salle des commandes, on réagit calmement. Ce doit être une défaillance mineure. Swarchkorf ordonne de brancher le radar auxiliaire.

« Système radar auxiliaire non-opérationnel commandant ».

Un vent de méfiance sculpte les visages crispés des officiers. Que le système radar soit défaillant relève de l’imprévu acceptable, mais que le système auxiliaire le soit en même temps…

« Ça sent le sabotage », fait remarquer Swarchkorf.

Le vieux concierge jovial a changé d’air pendant ce temps. Plus un seul mot ne déguerpi de sa bouche. Il traîne sur le sol, tel un rat mort. La vie s’est dissipée de son corps à jamais, évacuée par la foudre d’un mortel instrument.

L’assistant du concierge a agit en traître. Lui seul le sait et lui seul le saura. L’assistant n’a rien d’un assistant. Après avoir éliminé la nuisance au laser à haute intensité photonique, il a mit son plan à exécution. Le coup fut admirablement programmé. Tous les détails de l’opération avaient été vérifiés. Tourne à gauche, cours vingt trois pas, tourne à droite, ouvre un boîtier et coupe le troisième fil conducteur en haut du circuit intégré. Il répète sensiblement la même opération pour un autre circuit plus loin. C’est ainsi que le système radar et le radar auxiliaire sont devenus inexploitables. L’assistant du concierge que le personnel prenait pour un piètre jeunot sans envergure devient soudainement un redoutable trouble-fête. Il détache de sa ceinture un transmetteur : « Ici Vidal. Mission accomplie. Phase un complétée ».

Thêta-5 tourbillonne dans un rare mouvement d’activité. Comme tout officier expérimenté doit le faire, Swarchkorf ordonne à toutes les unités de chasse de quitter la base. Cette manœuvre vise à éviter de clouer la chasse au sol en cas de dommages infligés à l’aire de lancement. Si cette aire ne devait plus être fonctionnelle, aucun décollage ne serait possible et la base serait privée de défense. Une minute et demie sont passées depuis de début de la tourmente. Tel un messie annonçant la bonne nouvelle, le technicien au radar annonce à Swarchkorf que le système radar a été remis en fonction. Les visages se décrispent immédiatement dans la salle des commandes.

Le technicien au radar entreprend un premier balayage radar. Dans les paramètres d’activation actuels, un balayage complet prend 12 secondes. Swarchkorf n’étant plus inquiet maintenant, il annule l’ordre d’évacuation de la chasse. Après tout, aucun vaisseau hostile n’aurait eu le temps d’approcher la base en quelques minutes. Deux secondes se sont écoulées depuis le début du balayage radar. Swarchkorf reprend le café qu’il avait laissé sur le tableau de bord. À la quatrième seconde de balayage, toujours rien en vue. Swarchkorf reçoit un courrier en provenance d’un de ses supérieurs hiérarchiques. Ce sont probablement les directives courantes concernant la cargaison du ravitailleur. Sixième seconde de balayage. Rien à signaler. Il commence à lire sa correspondance. Un opérateur de la salle des commandes attire l’attention du personnel environnant sur un bulletin de nouvelle diffusé en directe. La mention « mutinerie à Delta-Phi » est indiquée au bas de l’écran. Tous apprennent avec stupeur une insurrection de l’armée sur cette planète périphérique de la Confédération : « Une mutinerie dirigée par le commandant Obsco vient d’éclater. Delta-Phi est contrôlée par des rebelles », peut-on entendre. Quant au courrier de Swarchkorf, tient tien, ça n’a rien à voir avec la cargaison. Ça ressemble à un avis au personnel de la base. Neuvième seconde de balayage radar : c’est le calme plat. Toutefois, le visage de Swarchkorf prend soudain un air radieux : « Oui ! Oui ! Enfin ! » Il a reçu sa promotion. Il apprend à la lecture de son courrier qu’il quittera Thêta-5, le rêve qu’il caressait depuis des années. À la onzième seconde de balayage, le technicien au radar annonce : « Détection de quatorze bombardiers à une distance de deux kilomètres. Se dirigent droit vers la base. La patrouille signale que la cible est hostile ! Commandant, nous sommes pris au piège !»

Les yeux agrandis par l’effet de surprise, Swarchkorf n’a que le temps de soupirer ses derniers mots : « ma carrière est finie ». Nos secrets sont toujours plus petits que leur tombeau.

 

* * *

 

Il n’y a que des questions sans réponses. Les journalistes paniquent. Ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent ne sont encore que des rumeurs contradictoires. Le président de la Confédération américaine Jeff Johnson est en conférence de presse pour éclaircir la situation aux journalistes... Enfin, éclaircir est un bien grand mot. Aidé de son charisme d’acteur, il propage une atmosphère de tout va bien.

« J’assure à la nation que nous avons la situation bien en main. Les auteurs de cette mutinerie subiront les conséquences de leurs actes. Nous combattrons cette misérable rébellion aveuglée par… la lumière de l’Amérique », lance Johnson accompagné d’un langage gestuel du bras droit.

Derrière l’enceinte, Albert Libman, le directeur des communications du président et le paquet de nerf en chef du cabinet présidentiel, écoute les paroles prononcées et prend soudainement panique.

« Non, mais bon sens ! Qui a écrit ce discours ?

  C’est Mike », lui répond un auxiliaire.

  Je ne veux plus le revoir griffonner le texte d’un discours. J’ai pourtant prévenu tout le cabinet que les envolées patriotiques doivent se faire au deuxième jour de crise ! On n’aura plus de substance à communiquer si on va trop vite.

  Quel est le bilan des pertes humaines et matérielles à Thêta-5  ? » lance un journaliste.

Le secrétaire à la défense prend la parole.

« Comme les rumeurs le laissaient entendre, les mutinés ont effectivement pris le contrôle de la base. Thêta-5 a subi d’énormes dommages que nous ne puissions évaluer actuellement. Nous ignorons tout sur les pertes humaines. Il faudra envoyer une sonde pour amasser plus de détails.

  Monsieur le président, depuis les quarante cinq dernières minutes les planètes Delta-Phi et Thêta-5 sont passées au contrôle d’une rébellion. Cela ne donne pas l’impression que vous avez la situation bien en main comme vous dites.

  Nous savons ce qu’ils veulent », lance Jeff Johnson. « Contrairement à ce qu’ils prétendent, ce soulèvement au sein de l’armée confédérale n’a rien à voir avec la hausse du prix de l’oxygène sur les planètes périphériques. Ce sont des gens… assoiffées de pouvoir », murmure-t-il précédé d’un un petit silence attirant l’attention. « Ils utilisent les moindres imperfections du système pour leurs propres ambitions personnelles. Or, ils ne pourront tenir le coup pour une raison fort simple : L’Amérique est grande. L’Amérique est forte. L’Amérique est la plus grande nation que notre univers connu ait supportée. Nous disposons de 88% de l’armement confédéral et eux 12%. Rien ne peut freiner la volonté américaine. Souvenez-vous ! Oui, souvenez-vous, pourquoi même après avoir colonisé des dizaines de systèmes solaires nous avons conservé le qualificatif d’Américains : c’est un symbole de puissance et de réussite qui nous rappel qui nous sommes. Être américains, c’est aussi être ce qui a de meilleur en nous même à travers un mode de vie édifiant. Ces rebelles profanes qui agissent contre l’Amérique agissent contre le meilleur de l’humanité. Malgré tout, je leur pardonne. Car, au plus profond d’eux même, tous les êtres humains sont américains. Que Dieu les pardonne. Que Dieu bénisse l’Amérique. »

Une journaliste du nom de Christelle représentant la CIN, la Chaîne Interplanétaire des Nouvelles, le plus important réseau d’information du quadrant galactique, prend le relais des échanges verbaux. Son moulin à parole se marie parfaitement avec son attitude d’érein-teuse professionnelle.

« Monsieur le président, quelles sont vos réactions concernant les allégations du comité sénatorial des biotechnologies de conflits d’intérêts avec la compagnie BioTech ?

  Il n’y a pas de conflits. Il y a déjà plusieurs années que je ne suis plus actionnaire de cette entreprise. Le comité doit corriger leur erreur dans les plus brefs délais.

  Les gouverneurs des planètes Altaïre III et V ont dénoncé le peu d’effort que vous employez pour l’avancement des négociations du protocole de Quyoptro. Avez-vous l’intention de modifier l’agenda des négociations sur la politique atmosphérique ?

  Écoutez, nous partons les négociations de très loin. Il y a beaucoup de chemin à faire. Je n’y peux rien si un républicain à la présidence avant moi a à toutes fins pratiques supprimé le processus de négociation. Je dois convaincre bon nombre de planètes de réintégrer le processus.

  Concernant les rumeurs d’une relation avec une certaine Brenda, est-il vrai que vous la voyiez à tous les soirs et que vous adonniez à des jeux sexuels ?

  Écoutez madame, une rébellion vient d’éclater et vous trouvez le moyen de vous intéresser à mon curriculum vitae sexuel ! Il n’y a pas plus de rapports entre cette femme et moi qu’il y en a entre vous et un morpion. Du moins j’ose espérer.

Jeff Johnson quitte la salle de presse avec l’esprit échaudé par la dernière question. Oui… bon, c’est vrai qu’il s’est déjà exécuté quelques permutations avec Brenda, mais c’est de l’histoire ancienne maintenant. Vaut mieux oublier tout ça. Des affaires plus urgentes sont à régler. Johnson se dirige vers son bureau d’un pas pressé, tout en faisant un clin d’œil à une demoiselle journaliste aux cheveux roux. Elle répond d’un sourire.

Même s’il s’est montré rassurant auprès des médias, Johnson sait qu’il en va autrement. La partie sera difficile à jouer. Le chef des rebelles, Obsco, s’est auto-proclamé président de la planète autonome de Delta-Phi. Il est de même général de sa propre armée maintenant. Il est conforté par un appui populaire indéniable là bas. D’autres planètes pourraient tomber entre ses mains. Johnson a toujours nié l’ampleur des problèmes entre les planètes terraformées et les non terraformées. Obsco s’affaire maintenant à les exploiter au maximum.

Ces problèmes émanent du fait qu’il existe deux types d’aménagement planétaire : les planètes équipées d’installations de survie et les planètes terraformées. Celles équipées d’installations de survie ont un climat inhospitalier pour l’homme, de là la nécessité de produire de l’oxygène, de l’eau et les autres éléments nécessaires à la vie humaine. Les équipements produisant ces éléments ont cependant un défaut : leur coût d’opération est très élevé. C’est pourquoi certaines planètes ont procédé à une terraformation. Ces planètes ont pu devenir hospitalières pour l’homme en injectant ou retirant au besoin des gaz à effets de serre. Les coûts d’exécution de cette transformation sont souvent exorbitants. C’est pourquoi dans la plupart des cas seules les planètes riches ou très populeuses ayant la capacité d’entreprendre de grands travaux publics peuvent se le permettre. Une fois cette opération complétée, les coûts d’opération des équipements de survie n’ont plus à être supportés. La terraformation est donc économique à long terme, économique pour les riches.

Il existait une solution alternative à la terraformation il y a plus de quatre-vingt ans : l’écologisme. La terraformation vise pour l’essentiel à adapter la planète à l’homme. Les écologistes proposaient au contraire d’adapter l’homme à la planète. Cette solution visait à procéder à des modifications génétiques sur la population planétaire. De cette façon, l’organisme humain aurait pu survivre à partir des gaz atmosphériques et du climat déjà présents. Les écologistes et les terraformateurs défendaient des idées et des valeurs totalement opposées. Les écologistes conféraient un caractère sacré à la nature. L’environnement devait rester intact car il constituait un patrimoine. Quant aux terraformateurs, c’est la nature humaine qu’ils voulaient conserver. L’idée de modifier génétiquement l’être humain était aussi perçue comme un danger. On ne savait pas jusqu’où cela pouvait mener. Les deux courants de pensée ont donné lieu à des débats politiques passionnés pendant plusieurs années. Malheureusement, le débat a finit par céder à la lutte armée. Une guerre civile sans précédent a déchiré le genre humain pendant près de trente ans. C’était la Grande guerre interplanétaire. Elle fut finalement gagnée par les terraformateurs il y a cinquante ans. C’est suite à leur victoire que la Confédération américaine est née. Ce régime politique est basé sur le principe que « l’homme doit rester homme ». C’est écrit dans l’article un de la constitution. Depuis ce temps, l’idée de toute manipulation génétique sur le génome humain est systématiquement condamnée par la plupart des acteurs de la société confédérée.

Donc, les deux possibilités de développement qui s’offrent à une planète sont soit la terraformation, soit l’utilisation d’équipement de survie. Là n’est pas toutefois, dans cette inégalité en ressources, le cœur du conflit qui oppose ces deux types de planètes aujour-d’hui. Depuis une dizaine d’année, les planètes terraformées sont aux prises avec d’importants problèmes de pollution atmosphérique, ce qui les oblige à importer de l’oxygène. Par ricochet, le prix de l’oxygène augmente, y compris sur les planètes non terraformées là où le coût de la vie est déjà élevé. Pour remédier à la situation, les gouvernements des planètes non terraformées font pression pour qu’avancent les négociations sur le protocole de Quyoptro, un vaste plan de réduction des émissions de polluants atmosphériques. Or, les négociations se heurtent à des résistances. Plusieurs gouvernements des terraformées sont davantage préoccupés par le développement économique. Les planètes non terraformées ont alors exigé chez les terraformées l’imposition d’une taxe sur l’oxygène importée. Le Congrès confédéral a rejeté la proposition il y a près d’un an. Depuis, la tension monte entre les deux catégories. Le régime confédéral fait face à la plus importante contestation de son histoire. Les rebelles dirigés par le commandant Obsco canalisent maintenant à leur avantage ce mécontentement. Reste à savoir maintenant ce que ces rebelles ont l’intention de faire. Entre la négociation d’un accord avec les autorités confédérales et une bataille pour une indépendance politique des planètes non terraformées chère à acquérir, tout dépendra des dogmes d’une poignée d’individus.

 

* * *

 

Jeff Johnson entre dans son bureau. Il est suivit du général Mitzer de l’armée confédérale et de son conseiller spécial, Hotzendorf, pressé de ranger dans sa poche son livre de physique quantique, son passe temps favori. Enfin arrivent le directeur des services de renseignements, James Duglet, la négociatrice en chef du cabinet, Carla Douglas et directeur des communications, Albert Libman.

Johnson ne s’assied pas à son bureau. Il préfère l’atmosphère conviviale d’une réunion autour d’une petite table de salon. Seul Hotzendorf demeure à l’écart de la clique, assis sur une chaise au bord du mur. Johnson dépose son veston et défait le nœud de sa cravate. Assis sur le bout d’un sofa, il se penche vers l’avant : « C’est vraiment un foutu merdier ! »

Le général Mitzer vient mettre de la substance à la discussion.

« Monsieur le président, nous venons de recevoir les dernières transmissions de Thêta-5. Les données transmises font état notamment des conditions de tous les équipements et des conversations à la salle des commandes. Les systèmes radar ont été sabotés et mis hors d’usage pendant une minute quarante secondes, ce qui a permis à quatorze bombardiers de s’approcher de la base.

  Comment les bombardiers ont pu s’approcher de la base en une minute quarante ? » demande Johnson. « Les scanners scrutent le ciel à des distances astronomiques, on aurait du les détecter à une distance éloignée de la base avant qu’ils arrivent aussi près!

  Un vaisseau ravitailleur venait tout juste de s’arrimer au terminal orbital de la base avant l’attaque. Notre hypothèse est que ce vaisseau ait été modifié pour servir de porte chasseur. Les bombardiers auraient donc été transportés par le ravitailleur. Nos ingénieurs sont catégoriques, il y a suffisamment d’espace pour y introduire quatorze bombardiers. Monsieur le président, cette attaque fut remarquablement bien orchestrée. Thêta-5 n’avait aucune chance de s’en sortir. Les dégâts doivent être énormes. Il serait étonnant d’y trouver des survivants. Malheureusement, il est impossible de riposter rapidement sur Delta-Phi. Thêta-5 était la base la plus proche.

Carla intervient.

« Monsieur, je crois qu’il faille étudier l’option de la négociation avant d’entreprendre toutes actions militaires. Nous ne devons pas perdre de vue que le commandant Obsco bénéficie d’un appui populaire considérable. Agir en belliqueux serait désavantageux pour vos élections qui sont dans seulement huit mois.

  Elle a raison », renchéri Albert d’un ton anxieux. « Vous allez vous aliéner l’électorat des planètes périphériques qui vous ait traditionnellement favorable si vous adoptez la ligne dure.

Mitzer froncis les sursis, désapprouvant ce qu’il vient d’entendre. Sa stature carrée et son air sérieux dégage un climat tendu. Sa voix grave résonne dans tout le bureau :

  Monsieur le président, vous aurez plus de mal à gagner vos élections si vous laisser cette mutinerie dégénérer en orgie de violence à travers tous l’espace confédéré. Nous devons tuer cette rébellion dans l’œuf. Il n’est pas trop tard, » affirme-t-il en montant le ton. «  Ces mutinés doivent tellement souffrir qu’ils crieront « maman ! » et qu’ils pisseront dans leur pantalon lorsqu’ils repenseront à un acte d’insubordination.

Johnson réfléchit. Ça ne lui arrive pas souvent. C’est un homme aussi intellectuel qu’un mannequin. Il a l’air intelligent seulement sur un écran, sur une photo ou sur une scène. Cette fois cependant il réfléchit sérieusement. Obsco, Obsco, Obsco… Il connaît bien ce nom. Il est l’un des rares à connaître sa réelle signification. Pourtant il ne connaît pas la personne. Ses préoccupations sont beaucoup plus portées sur ce personnage que sur la rébellion elle-même. Un silence retentis dans la pièce. Carla s’approche.

« Pensez à tous les morts et toutes les familles que nous pourrions rendre malheureuse si nous ne faisons pas attention.

— Désolée ma belle, mais ce n’est pas le moment de faire du sentimentalisme. On y va pour l’écrabouillage.

Carla, choquée par le machisme, quitte la réunion en claquant la porte.

Johnson demande un dernier avis à ses conseillers. Pourquoi, en même temps qu’il a pris le contrôle de Delta-Phi, Obsco a choisi d’attaquer Thêta-5 ? James Duglet du service des renseignements répond que la seule motivation possible était d’éviter une contre-attaque rapide de notre part. Une autre hypothèse est qu’il ait voulu ouvrir un corridor pour recevoir de l’aide du général Kastro. Duglet précise cependant que peu d’éléments ne laissent croire que Kastro ait les capacités de soutenir une rébellion contre la confédération. Ils ont tout juste de quoi nourrir leur propre peuple, leurs capacités industrielles ne leur permettent pas de fournir des armes et ils ne disposent d’aucune technologie pouvant améliorer les conditions des rebelles.

Après analyses sur Kastro, Duglet plaide en faveur d’une mission d’espionnage sur Delta-Phi.

« Nous connaissons mal Obsco. Bien que nous ayons son dossier militaire en main, nous devrions mettre son profil à jour. Nous devons connaître ses intentions quant au déroulement futur de la rébellion. Il s’apprête peut être à envahir d’autres planètes mécontentes du régime. Il faut savoir lesquelles il vise en premier. Il faut envoyer un agent là bas qui nous transmettrait une copie de ses documents personnels et ses conversations par écoute électronique. »

Johnson oppose un refus catégorique sur cette proposition. « Mais, monsieur  », marmonne Duglet, surpris de ce refus. Mitzer intervient

« Monsieur le président. Cette mission est essentielle pour préparer une offensive efficace. Avec tout le respect monsieur… je comprends mal votre réaction. »

Johnson, d’un air embarrassé, fait un demi-tour de tête vers la gauche, là où se tient Hotzendorf grandi par sa posture droite, silencieux et immobile telle une statue de roi sur la cathédrale de Reims. Lentement, il exécute un signe d’approbation en abaissant la tête et en la remontant légèrement. « D’accord » annonce Johnson. Il n’ose pas sacrifier les chances de succès d’une opération contre Obsco. Son hésitation est malgré tout difficile à saisir.


 

CHAPITRE II

Buster crie sa joie d’un « Youhou » bien éjecté du fond de sa gorge. Il fait clignoter les voyants lumineux de son chasseur en signe d’allégresse. Son clignotement suit toujours le même cérémonial : deux petits clignotements suivis d’un long. Tout ce que ses coéquipiers trouvent à dire : « Sacré Buster »

Les chasseurs se posent sur la station Bêta-5 en formation de quatre. À son arrivée, Buster descend de son appareil, se faisant aussitôt interpeller.

« Non mais t’es fou ! Pas trop nécessaire de faire le héros en simulation de combat », crie Joé, un pilote agacé de son groupe.

  À quoi sert l’entraînement si on ne peut pas faire d’effort de botter des derrières ? Entre nous, je suis sûr que tu étais content qu’on ait éliminé cette équipe de petits emmerdeurs.

Un officier supérieur s’approche.

« Buster, rendez-vous dans la salle de briefing dans cinq minutes.

  Ah Ah ! Tu vois maintenant. Tu vas te faire parler pour ce que tu as fait », taquine Joé en mélodie aigu et amusée teintée d’espièglerie. « Ils vont te mettre dans un centre psychiatrique pour enfants turbulents.

  Ou bien ils veulent que je te foute ma prochaine raclée pour que tu cesses de nous casser les oreilles avec ta petite voie criarde ! » réplique Buster en jouant le jeu.

Le temps de se rafraîchir d’une boisson, il se rend ensuite immédiatement à la salle de briefing. Deux soldats postés aux côtés de la porte se mettent au garde-à-vous. La porte s’ouvre automatiquement. Buster entre dans la salle d’un pas calme. Il est habitué qu’on lui reproche des risques inutiles en entraînement. Dans sa tête, il croit qu’il se fera dire que oui vous êtes un bon pilote, oui vous cherchez à vous surpasser, mais bon sens ! Allez-y mollo ! Les hauts risques en entraînement sont mal acceptés. C’est la sérénade habituelle.

Le commandant de Bêta-5, un homme âgé grincheux, est sur place.

— Sergent Buster ! » crie le comandant avec sa voix aiguë de vieillard.

— Oui comandant », répond Buster d’une voix nonchalante.

— Vous devez être fier de vous maintenant !

— Oui commandant. Mon adversaire l’avait mérité.

— Pour la dernière fois, je ne veux plus vous voir prendre de tels risques en simulation de combat.

— Non monsieur.

— Je vous le jure. Maintenant c’est vraiment la dernière fois que je vous préviens. Il n’y aura plus de tolérance de ma part.

— Bien monsieur », dit Buster avec une dose de scepticisme. L’attitude du vieux commandant devient plutôt amusante pour lui.

— Enfin, tout ça n’a plus d’importance maintenant puisque vous quittez pour Alpha-2.

— Comment ? » questionne Buster, surprit.

— Alpha-2 a une mission pour vous. Ils vous ont spécifiquement sélectionné pour vos performances et votre profil psychologique. Je leur ai dit qu’ils faisaient un choix de merde, mais de toute façon je n’est plus le courage de vous garder ici.

Les bases militaires de la Confédération sont classées en alphabet grec selon leur ordre d’importance stratégique, les sections Kappa et Iota étant parmi les moins stratégiques et la section Alpha la plus névralgique. Un officier du grade de Buster connaît peu de chose d’Alpha-2. Tout ce qu’il sait de cette base, c’est qu’elle constitue le principal centre de recherche et de développement de l’armée confédérale. Buster a du mal à imaginer comment il peut être utile là bas.

Un vaisseau lui est réservé. Il a tout juste le temps d’amasser ses effets personnels : quelques vêtements et un ordinateur de poche. En se dirigeant vers le vaisseau, Buster croise son ami Joé : « Tu t’en vas où ? » lui demande-t-il. « Je pars pour Alpha-2. Je ne sais pas quand nous pourrons nous revoir. »

Après deux jours en hyper-espace, Buster se retrouve sur une des principales planètes de la Confédération : Plextron. Cette cité titanesque de 10 milliards d’habitants a une superficie couvrant le quart de sa planète. Le centre de la ville est clairsemé de centaines de tours de un à deux kilomètres de hauteur dont l’architecture audacieuse laisse bouche-bée les visiteurs étrangers. D’innombrables corridors de circulation s’entre mêlent comme des spaghettis. Alpha-2 se situe en banlieue profonde, bien isolée de l’intense activité urbaine.

Arrivé à la base, une immense porte s’ouvre sur le toit d’un bâtiment d’apparence austère. Des voyants lumineux dans l’ombre intérieur du bâtiment indiquent l’endroit où doit atterrir le vaisseau. On entreprend doucement la descente. Une fois l’appareille posé sur le sol, le toit se referme. Buster regarde ces manœuvres d’un regard interrogatif par une fenêtre du vaisseau. Nous sommes rendus dans une simple pièce. Il n’y a pas d’issus. Il n’y a rien d’autre que quatre murs, un plancher illuminé et un toit convertible. Soudainement, le plancher descend. On dégringole un mètre à la seconde. La descente dure environ deux minutes. L’impatience gagne Buster. Ce qu’il il a au bout de ce tunnel et ce qu’il vient y faire sont des inconnues qui l’agace. Finalement, le vaisseau est immobilisé. Un opérateur du vaisseau ouvre la passerelle et invite Buster à le suivre, ce qu’il fait sans discuter. C’est alors qu’une fois franchi le seuil de la porte il découvre un immense espace souterrain. Des portes de hangar numérotées de plus ou moins grande taille se succèdent par dizaines. Quelques navettes transportant des marchandises inconnues parcourent cet espace de long en large. Au bas de la passerelle, Buster est reçu par un officier : « Bienvenue à Alpha-2 sergent Buster ». Accompagné d’une escorte, il est alors amené à une passerelle située en haut de cette cavité souterraine. Des gardes sont postés aux coins des corridors font le garde-à-vous au passage de Buster et de son escorte. Ils aboutissent à une salle au bout d’un corridor. Buster y entre, mais les autres ne le suivent pas. Ils referment la porte derrière lui.

Il est seul. Mmm… c’est une pièce spacieuse, luxueuse, mais froide avec ses tons de gris dominants et complètement dépersonnalisée. Un écran géant surplombe une large table de conférence ornée de fauteuils rembourrés et dotée au centre d’un système d’imagerie tridimensionnel. Dans un autre coin on peut voir un bureau. Un fauteuil fait dos à ce meuble. On dirait qu’une personne y est assise. Une voix retentit : « Vous avez fait bonne route sergent Buster ? » C’est la voie grave de Mitzer. Il se tourne face à Buster et se lève.

« Un voyage à destination inconnue est toujours excitant », répond Buster.

— Je suis le général Mitzer de l’armée confédérale. Je vous en prie, assoyez-vous », en désignant de la main la table de conférence.

— Vos présentations sont inutiles. Tout le monde vous connaît très bien depuis que vous avez déclaré en public qu’il fallait bombarder les positions des aides humanitaires de Bêta-Cygni au cas où elles cacheraient des factions de l’opposition armée. Votre réputation vous précède.

— Peu importe. Nous vous avons choisi pour une mission de la plus haute importance. Comme vous le savez sûrement, nous sommes en situation de crise avec le soulèvement armé à Delta-Phi.

— Attendez. Avant d’aller plus loin, dites-moi qui exactement m’a choisi et qui a ordonné l’exécution de la mission », demande Buster d’un ton méfiant.

— L’opération a été décidée par Alpha-1. Personne d’autre n’est au courant et cela doit rester ainsi.

— Alpha-1… Vous voulez dire l’état-major et le président ?

— Exact.

— C’est très peu. Vous pourriez faire semblant de ne pas me connaître si je suis dans le pétrin.

Mitzer explique alors les objectifs de la mission : implanter un dispositif d’écoute électronique au bureau d’Obsco et obtenir une copie informatisée de certains de ses documents personnels. Les services de renseignements croient qu’ils peuvent contenir des détails utiles sur le passé d’Obsco et pourront servir à tracer un nouveau profil de sa personnalité. Il est d’une extrême importance que personne à Delta-Phi ne détecte cette opération. Mitzer ajoute qu’une opération à Delta-Phi pourrait être imminente en vue de reprendre le contrôle de la planète. Si Obsco devait apprendre que nous les espionnons, l’armée confédérale perdrait l’effet de surprise lors d’une éventuelle attaque. De plus, le président et l’armée seraient dans l’embarras et l’opinion publique basculerait davantage en faveur d’Obsco.

Buster reste songeur. « Où en sont les négociations avec Obsco ? » Mitzer ne peut alors qu’admettre l’inexistence de discussions bilatérales. « Puis-je émettre une opinion mon général ? » demande Buster, surpris de la stratégie qui lui est exposée. Sa requête est aussitôt acceptée. Le sergent Buster explique alors son point de vue. Il ne croit pas que les problèmes d’insubordination de Delta-Phi et probablement des autres planètes périphériques dans un avenir rapproché seront réglés comme si papa donnait une fessé à son enfant. La difficulté d’approvisionnement en oxygène pour ces planètes est bien réelle. La population civile est anxieuse et elle sera prête à appuyer des actes de rébellion au sein de l’armée aussi longtemps qu’elle vivra dans ces conditions. Alors pourquoi ne se fait-il aucun effort de négociation ?

La réplique du général ne tarde pas à venir : « Nous ne reconnaissons pas l’autorité d’Obsco en tant que chef d’État de Delta-Phi, ni en tant que négociateur officiel, ni en tant que médiateur. Cet homme a agit illégalement et par conséquent a posé un acte anarchique. J’espère qu’un tel désordre ne sera jamais toléré dans la Confédération américaine. Il existe des processus politiques réglementés où les planètes peuvent faire valoir leur point de vue sans recourir à la violence. Ces processus ne sont pas aussi rapides que tous le voudraient, mais au moins ils ne tuent personne. D’excellents officiers qui ont protégé la Confédération toute leur vie sont morts à Delta-Phi et à Thêta-5. Vous auriez pu être un de ceux-là. »

Buster réfléchit en hochant quelque peu la tête, mais il revient à la charge : « Les conflits sont des phénomènes inhérents aux relations humaines. Nous sommes en présence d’un énorme conflit entre les planètes terraformées et les planètes natives. Ce n’est pas naturel de limiter les manifestations de cet énorme conflit en les enfermant dans des processus de résolution préétablit. Les gens insatisfaits de leur situation devraient tenter de résoudre leurs problèmes de façon spontanée, comme à Delta-Phi. Ça c’est naturel. Ces gens ont pris leur destin en main plutôt que d’attendre une bonne partie de leur vie. »

Encore une fois, Mitzer réplique sans vergogne : « Sergent Buster, vous dites que c’est naturel d’agir de la sorte. Or qu’est ce qui est naturel ? Qu’est ce qui ne l’est pas ? Bref, qu’est-ce que la nature ? Pourquoi poser cette démarcation entre nature et non-nature ? Les processus politiques dont nous parlons ont été créés par l’homme. Alors pourquoi qualifier de non naturel ce que l’homme fabrique ? L’homme lui-même fait parti de la nature. Donc quand l’homme agit, c’est la nature qui agit et je ne vois pas comment la nature peut produire quelque chose qui n’est pas naturel. C’est pourquoi selon moi il vaut mieux faire respecter l’ordre politique établit. Cette orientation est tout aussi naturelle que la révolte spontanée. Ce qui complique les conflits sergent Buster, ce n’est pas la dichotomie nature versus non-nature, c’est plutôt la liberté des hommes de penser et d’agir comme ils le veulent à l’intérieur de leurs capacités… et ça c’est naturel. »

Dans leur fort intérieur, les deux polémistes se ne préoccupent guère de l’issue de leur débat. La décision est déjà prise par Alpha-1 et tous savent bien qu’elle n’est pas basée sur des considérations philosophiques, spécialement quand c’est Jeff Johnson qui la prend. En principe, les décisions sont évidemment prises pour gagner les prochaines élections. Mitzer est cependant intrigué du fait que dans ce conflit, Johnson se retourne contre des planètes dont l’appui électoral est massif. Mais bon sens ! Notre virulent général aurait-il convaincu le président seulement avec l’énergie de ses propos sur l’orgie de violence appréhendée ? Le doute commence à ronger la conscience de Mitzer. Il y a certainement un élément qui entre dans la problématique dont le cabinet présidentiel et l’état major ignore l’existence. Ce serait surprenant, mais cela apparaît plausible.

Mitzer revient sur les détails de la mission avec une minutie de chirurgien à l’aide d’une carte de la base militaire orbitale de Delta-Phi en imagerie tridimensionnelle. Pour se rendre sur les lieux, un nouveau type de vaisseau indétectable par la plupart des radars sidéraux sera à sa disposition : le Furtif F-417. C’est précisément la raison pour laquelle Mitzer a fait venir Buster sur Alpha-2 : ce vaisseau, un prototype, un des plus récents développements du ce centre de recherche est entreposé ici.

Buster hésite à accepter la mission. C’est très risqué. « N’aimez-vous pas le risque sergent Buster ? » demande Mitzer. C’est alors que le général propose de sortir de la salle de réunion. Cet exposé serait incomplet sans une visite du hangar où repose le Furtif. Mitzer et Buster se rendent au hangar 64. Le général ordonne à un subalterne d’entrer le code de déverrouillage de la porte. Deux cloisons se mettent alors lentement en mouvement. À travers l’ouverture qui s’agrandit doucement, il devient progressivement possible de distinguer la silhouette sexy du vaisseau. Buster en est émerveillé : « Wow ! Je croyais que c’étais une légende ce vaisseau ». Il se promène autour et l’examine sous toutes ses coutures comme un enfant venant de recevoir un nouveau jouet. Mitzer explique les caractéristiques de l’appareil : « Pendant la mission, notez qu’aucun vaisseau ennemi ne doit s’approcher de vous à moins de 1200 mètres. À cette distance, la plupart des systèmes de détection de courte portée sont sensibles à la masse de ce vaisseau  »

Malgré l’attrait de cette merveille technologique, Buster reste de marbre quant à la proposition d’exécuter la mission. Mitzer en ajoute.

« L’armée confédérale serait très reconnaissante si vous acceptez la mission.

— L’armée confédérale reconnaissante ! Eh bien, ce serait nouveau ça.

— Je sais que vous avez connu des moments difficiles. Je me suis renseigné sur votre cheminement. Vous serez blanchi de tous vos blâmes. Par ailleurs », murmure Mitzer près de l’oreille attentive de Buster, « ce serait une excellente occasion de remettre à sa place le commandant Obsco, celui-là même qui d’après votre version des faits a enduit votre combinaison d’un agent irritant avant un examen d’évaluation, ce qui vous a indisposé et vous a coûté la promotion de commandant en sa faveur. »

La corde sensible est touchée. Dans sa désinvolture, Buster demande la permission d’accoter ses jointures sur la figure d’Obsco le moment venu, ce qui est implicitement reconnu par les deux interlocuteurs comme une acceptation de la mission. Il part pour Delta-Phi dans quarante minutes.

 

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Jean-François Morin est né à Québec (Québec, Canada) en 1978. Il s'intéresse aux problèmes politiques à un très jeune âge, marqué par les problèmes constitutionnels du pays puis par l'expérience référendaire de 1995.

Il devient bachelier dans le programme de majeure-mineure en science politique et en science économique à l'Université Laval.

Il complète un stage en communication-politique au Cabinet du Premier ministre du Québec et devient attaché politique dans différents cabinets ministériel entre 2000 et 2003.
 

 

En même temps, il complète son second cycle universitaire toujours à l'Université Laval en analyse des politiques où il se penche sur les difficultés de protéger les droits d'auteur des ouvrages numériques.

Il s'intéresse aussi plus globalement aux effets socio-économiques de l'évolution technologique.

 

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Jean-François Morin, Québec, Québec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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