La vraie réforme absolument nécessaire au Canada
n’est pas tant celle du Sénat ni celle du vote proportionnel
mais bien celle qui concerne la charge de la Reine qui doit
impérativement être abolie, et de là s’enclencheront toutes
les autres réformes pertinentes.
Dans ces circonstances, le Canada n’accé-dera pleinement à
une démocratie efficiente que s’il se républicanise. |
* * *
Introduction
Il y a quelques 206 États dans le monde et certains plus que
d’autres ont des conditions de vie très avantageusement favorables
au bien-être de l’ensemble de ses citoyens. Tout nonchalamment, on
dirait qu’il y a une part de chance qui soit tombée
sur ces États.
De la chance, vraiment, et en plus qui tombe ?
Certainement que non.
Pour peu qu’on s’intéresse au sort de l’humanité, toutes époques
confondues, une invariable constante se démarque comme trait
dominant de l’homo sapiens à travers sa trajectoire, et c’est
bien là ce qui enclencha le perfectionnement (contraire à avoir
de la chance) des civilisations : cette volonté de faire ou
de ne pas faire une chose grâce à la capacité du raisonnement et
de la rétrospection.
C’est assurément ce caractère fondamental qui a permis à l’humanité
de sortir du bois errant pour s’installer dans une clairière
labourée et bien clôturée, et de n’avoir de cesse d'y jardiner un
plus grand confort. C’est ainsi que l’homo sapiens passa de
confort 0 dans l’état de nature à un confort ‘’x’’ dans
la clairière parce qu’il a compris qu’il pouvait moduler ses
agissements pour augmenter son bénéfice en la domptant d’abord,
cette clairière, la rentabilisant ensuite pour finalement
l’exploiter au maximum.
On en est là aujourd’hui, dans la trajectoire de l’humanité, à vivre
à l’ère d’un confort ‘’x’’ dans la clairière bien conquise et
résignée, vaincue et condamnée à l’expansion (sûrement que
l’humanité passera à une autre ère lorsqu’il n’y aura plus de
clairière à agrandir mais on ne sait pas quand - non pas
si - cela arrivera).
Le moment le plus récent du confort 0 dans l’état de nature
date d’il y a environs 10,000 ans quand humains et bêtes
partageaient le même espace et pratiquement les mêmes conditions de
vie (misérables) dans la nature, le bois.
Passé ce moment charnière qui leur fit comprendre qu’il y avait des
avantages incommensurables à semer des graines et à en récolter
assez pour en avoir à stocker, comme il y avait les mêmes avantages
à garder en clos les bêtes autrefois poursuivies, «l’homme de
la pierre taillée» goûta l’ultra confort de l’estomac exaucé
(assuré d’être rassasié) dans un abri confortable (en opposition à
abri de fortune : la grotte) où il faisait si bon y flâner
le temps d’un espace de vie de plus en plus long (en
opposition à consacrer TOUT son temps en quête de nourriture et
mourir si jeune, comme en témoigne les artefacts de la
Préhistoire).
Il y eut plus de progrès accomplis en
10,000 ans de vie en clairière qu’en 100,000 ans dans le bois, et
les derniers cinq siècles (en s’en référant à l’invention de
l’imprimerie par Gutenberg vers 1454) ont vu les choses progresser à
une vitesse insoupçonnée, tout autant qu’en capacité et tout
particulièrement en Europe.
L’imprimerie a ceci de progressif qu’elle permet la diffusion du
Savoir, rendu accessible à un nombre sans cesse croissant
d’individus. Le Siècle des Lumières (18ième
s.) témoigne de l’apport inestimable de l’imprimerie, époque qui vit
de nombreux penseurs-philosophes se répondre par l’entremise de
l’impression de leurs œuvres, initiant très librement un heureux
choc des idées autrefois interdit. Puis, de cette dynamique
d’échange émergea la notion d’école de pensée propre à chaque
philosophe, soucieux à la fois non pas que du sort mais aussi du
confort de l’humain-sujet-d’un-roi. Montesquieu en témoigne
si élégamment. L’âge des droits inaliénables et universels venait
d’éclore par le libéralisme (l’approche humaniste, «libéralisante»
du joug de l’absolutisme), jetant les bases de la démocratie et du «désujettissement»
des citoyens ainsi que de l’émancipation de la condition des femmes
(ce qui vînt, tout de même, bien plus tard).
Cette époque résulta sur un questionnement innovateur cernant des
domaines de la vie humaine auparavant jamais explorés tels «…la
raison, l’éveil de l’esprit critique, la liberté spirituelle et la
tolérance religieuse qui tous ensemble doivent vaincre les
traditions, les dogmes, l’absolutisme (l’autorité de l’État et de
l’Église), les préjugés moraux et sociaux pour laisser une éducation
naturelle garantir le progrès et provoquer une fraternisation de
l’humanité (le cosmopolitisme) et une paix universelle ainsi que le
bonheur et le bien-être de tous…» (extrait tiré du Dictionnaire
des noms propres, le Petit Robert, 2001).
Déjà révolutionnaire, le discours en
rajoutait en prônant que la liberté et tous les bonheurs collatéraux
doivent être garantis par l’État, notamment par la séparation des
pouvoirs, en veillant à l’institutionnaliser, le
constitutionnaliser :
le bien-être individuel et collectif.
Ça ne s’était jamais vu dans l’Histoire de l’humanité, de
revendiquer du bien-être pour le peuple… à cet effet
j'aurais bien aimé voir la réaction de Henri VIII d’Angleterre par
exemple, à quelqu’un d’honnête du peuple venir à lui osant
l’entretenir de la nécessité du bien-être collectif pour le bon
peuple Anglais… ouf… pauvre tête !!!
Une école de pensée, justement d’Angleterre mais aussi tôt
que 2 siècles après la mort de ce Henri VIII assassin, se démarque
par son esprit particulièrement philanthropique, à savoir l’utilitarisme
fondée par Jeremy Bentham (1748-1832). L’essentiel de cette école
tient dans l’équation du plus grand bonheur pour le plus grand
nombre de gens. Le concept révolutionnaire de cette approche
psychosociologique réside dans les nouvelles notions de justice
sociale et de bonheur commun, qui de surcroît doivent
émaner du pouvoir d’action du «Protecteur du politique», à
savoir le gouvernement, dûment élu.
Les «nobles» moyenâgeux ont bien tout tenté pour renverser ou
neutraliser cette soudaine tendance de profond respect à l’égard de
la personne humaine et pour le goût des réformes équitables en
faveur du citoyen, mais bien que saugrenues, ces valeurs ont touché
la sensibilité des populations quant à l’esprit de cooptation
qu’elles engendraient, et de revendications en revendications ont
fini par être reconnues comme valeurs fondatrices des
Constitutions des sociétés modernes qui se transformaient les
unes après les autres en Occident… ces pauvres peuples partaient
tout de même de loin parce qu’il n’y a pas si longtemps, l’État
était un royaume appartenant à un seul quelqu’un pour son
seul bénéfice.
Le renversement des rôles, faisant passer le Royaume-ego à l’État-allos
(du grec l’autre) – l’État narcissique vs l’État altruiste –,
laisse augurer l’expression d’une vision à large spectre d’un monde
idéal à atteindre pour tous, contraint cependant de composer
avec l’imperfection des touts (choses et gens, énonçant en gros
l’analyse que faisait Machiavel du politique).
Même si aujourd’hui la mondialisation sauvage tend à détisser
le lien de mitoyenneté citoyenne (le «vivre ensemble») qui fut bien
la pierre angulaire de toutes les civilisations naissantes,
l’humanisme reste l’assise-piédestal de nos sociétés en Occident et
en tous les cas, cela est non-négociable et non-renversable.
Les États de l’Occident sont donc des États «appliqués et
perfectibles». Ils sont passés de démocratie 0 au
Moyen-Âge à démocratie ‘’x’’ en 2010. Ce passage de 0
à + n’est pas dû à de la
chance. Il y a une telle
détermination, même au péril de sa vie, venant de tant de
convergences diversifiées dans ce vouloir de toujours plus de justes
droits, de juste respect, de juste harmonie qu’il ne peut pas en
être que d’un chanceux hasard.
De la même façon que quand les droits des citoyens régressent ou
disparaissent dans un État, ce n’est pas plus une question de mal
chance : il y a eu des gens qui ont voulu enlever les
droits et d’autres qui n’ont pas pu les en empêcher de le
faire (souvent le petit nombre armé contre la masse non-armée).
On le voit que la démocratie est bien
fragile, et heureusement elle est perfectible, et progressive.
Prenons
un exemple concret, en l’occurrence le Canada, un des 206 États du
monde dans le camp des pays occidentaux-modernes à être passé de
Royaume-ego à État-allos.
Avant toutes choses mais sans que cela ne soit d’une extrême
signification mais quand même : les 206 États se divisent en 2
catégories, à savoir ou bien État unitaire ou État fédéré.
À cet effet, les statistiques nous disent que moins du ¼ des pays
sont fédérés, donc plus du ¾ des 206 États sont unitaires.
Une question se pose alors à savoir si une catégorie est plus ego
ou allos que l’autre, ou plus justement posée si l’une des
catégories est mieux que l’autre compte tenu de la disparité du
nombre entre États unitaires (+ de 150) et fédérés (-
de 50) ? Il en va d’une statistique que le Canada soit l’un du ¼ des
pays à être fédéré (…ouvrirons-nous ici le débat
pour ou contre les États fédérés... ce débat-là au
Canada? Élémentairement, les deux catégories ont chacune leurs
avantages et défauts et chaque État peut avoir de bonnes raisons de
se fédérer ou non…et heureusement que le Canada le fut ─ dans le
contexte des années 1860, évidemment ─, contrairement à l’idée
première d’État unitaire proposé par John A. Macdonald à la
Conférence de Charlottetown en 1864 …tout un fichu Sir
Père fondateur canadien…!).
D’autre part, en regard de la philosophie de l’État-allos à
laquelle s’est inscrit le Canada en raison de sa réputation d’être à
la fois démocratique et humaniste, un questionnement fondamental se
pose alors quant à son engagement véritable en faveur du demos
(de la racine grecque demos, peuple, de laquelle racine
d’ailleurs nous vient le mot «démocratie», demos et kratos,
puissance : «la Puissance au Peuple»).
Cet ouvrage se veut un examen de la dynamique du politique au
Canada indistinctement des partis politiques en action (la
politique) et des politiques votées (les politiques).
Sans étonnement, on sait ce qu’on trouvera comme dynamique au
Canada. Si l’on s’en tient au politique, on tombera
fatalement sur la Constitution, l’élément fondateur d’une nation qui
ne fait pas de la politique mais qui établit plutôt le
politique. Le Canada a bien sa Constitution et elle est pour le
moins mensongère et dans le pire des cas impérialiste, mais pas
l’une ou l’autre : les deux à la fois.
On en arrive à ce constat car on trouve dans la Constitution
canadienne l’élément sur quoi re-pose le pire du Moyen-Âge et qui
s’est inopportunément rendu jusqu’à nous, cette chose qu’est la
monarchie, et plus spécifiquement la monarchie britannique (en
cette matière par contre, toutes les monarchies se valent, pas une
n’est mieux que l’autre - ni la française, l’espagnole,
l’autrichienne, la hollandaise,…).
La monarchie fait partie intégrante de la Constitution du Canada
puisque encore à ce jour, le chef d’État du Canada et commandant
«…en chef de toutes les milices de terre et de mer et de toutes les
forces militaires et navales en Canada.» (voir AANB,
art. 15) est cette reine du Royaume-Uni et de Grande-Bretagne,
Élizabeth II (laquelle porte le nom pour la circonstance canadienne
de Reine du Canada), et ce sera son fils Charles qui le deviendra
quand elle mourra… ouf!
Il est capital que toutes les informations servant à étaler au grand
jour les véritables composantes de la monarchie et ses résultantes
soient colligées, pour par la suite les employer et
enclencher le processus de liquidation efficiente de cette
institution plus qu’autoritaire, mais bien guerrière et
sanguinaire. On ne saurait trop insister sur la juste nécessité de
régler définitivement cette question que d’autres États-phares ont
réglée depuis des siècles, en l’occurrence les États-Unis et la
France (1776 avec la déclaration d’Indépendance et 1789 avec
la Révolution française). Leur décision citoyenne de
cassation pleine, entière et globale quant à toutes références au
principe d’une gouvernance absolutiste depuis le château de Son
Altesse rend leurs aspirations républicaines des plus
éloquentes. Cherchant avant tout la séparation des pouvoirs, les
républicains veulent élire leur exécutif et leur législatif
(représentés par deux personnes différentes et compétentes
pour chacun des postes), brisant ainsi le modèle de l’auto-proclamation
toute-régnante aux pouvoirs, par définition, tentaculaires et
despotes.
Entre autres arguments qui militent pour disposer définitivement ici
aussi au Canada de la monarchie et la rendre parfaitement caduque et
nulle et sans avenue est ce tel paradoxe qui existe en Occident
entre revendiquer une démocratie progressive
tout en maintenant le lien avec
une institution représentant le jusqu’au
boutiste césarisme d’une gouvernance ego-focalisée sur et autour
d’une seule personne…!
Mais il y a d’autres informations, et
arguments, qui s’énonceront d’eux-mêmes tout au cours de ce
manifeste. Pour débuter, il y a un chapitre sur l’historique de la
monarchie pour rigoureusement démontrer de l’esprit attentatoire de
cette gouvernance d’ordres et de diktats à travers les siècles,
incarnée par les Majestés de tous royaumes européens sur une période
de 1000 ans (du 9ième au 19ième
siècle). Suivra un chapitre sur l’historique de la démocratie
qui tient moins de place, forcément, en
longueur de page et consistance littéraire puisqu’elle est âgée d’à
peine 150 ans.
Puis, l’objectif du manifeste sera abordé sous diverses facettes,
dont celle entre autres qui décrit la théorie des États vraiment
souverains. Un schéma accompagne cette théorie, et. elle est
d’autant plus importante à comprendre que sur elle repose la
viabilité d’un projet citoyen : d’abord, bouter la monarchie, puis
créer une république!
Finalement, le chapitre intitulé Vice d’effectivité démontre
qu’une imposture politique au Canada, subrepticement, s’est produite
au détriment de la population avec le Statut de Westminster
en 1931, parce que le Canada s’en réfère toujours aux liens
traditionnellement dictatoriaux d’un royaume.
Le dernier chapitre Porteur d’action se veut un levier
incitateur à agir très concrètement dans le but d’une justice
sociale et équitable, d’une démocratie qui profite véritablement à
tout le peuple, épurée d’entraves coloniales et disons-le bien
franchement, honteuses au genre humain.
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