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À tire d'Elle, court-lecturage d'une contre-visite,
Marie-José Idieder, Fondation littéraire Fleur de Lys

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À tire d'Elle

 

Le court-lecturage d'une contre-visite,

Marie-José Idieder,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

50 pages.

 

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Au sujet de l'auteur

Exemplaire numérique gratuit

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À tire d'Elle, court-lecturage d'une contre-visite,
Marie-José Idieder, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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Tout commence par un banal aller qu’un retour tout aussi banal terminera, mais que trouvera-t-Elle si ce n’est qu’elle-même avec ce quelque chose qui lui a toujours collé à la peau et qu’Elle a sans cesse essayé de taire. En toile de fond, une histoire qu’elle gomme au fur et à mesure qu’Elle s’enfonce dans Elle-même. Histoire d’y voir plus clair dans sa vie tristement opaque, le langage lui fabriquera sa planche de  salut. L’écriture recherchée et complexe veut-elle effacer la narration ou juste permettre à celle-ci de cacher son côté obscur ? Mystérieuse et pudique, l’auteure ne fournit en rien un témoignage mais simplement l’expression poétique d’une vie de femme.

 

 

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L'autocar dévidait à vitesse constante les mètres de la route rectiligne. Dans son ventre, une masse informe, dévisagée, d'êtres, dont la seule existence n'était perceptible que par le bouillonnement verbal qui s'en échappait. Par habitude, Elle avait pris place au dernier rang, près de la vitre : place idéale pour se décentrer du magma, refusant ainsi de participer à l'ensemble. Comme un rempart indestructible entre les inconnus et son espace, Elle posait son regard dans la platitude du paysage forestier. Pour se donner une contenance, ses bras enroulaient son sac à dos, véritable auxiliaire de son univers, qui la suivait partout. Exceptionnellement aujourd'hui, il ne transportait qu'un journal, acheté à la sauvette à la gare routière, dans l'hypothèse, ou plus précisément dans la crainte de l'énorme lassitude ; sa fonction de fourre-tout inutile n'intervenant qu'au voyage retour. L'enlacer lui procurait ce réconfort si précieusement illusoire dans ces moments d'immobilisme imposé, inhérent à ce genre de parcours qu'Elle ne connaissait que trop bien pour les avoir vécus pendant de nombreuses années. Parce que celui-ci avait été pressenti comme étant le dernier, son esprit s'immergea dans une indescriptible tranquillité qu’Elle se plût à observer dans un léger sourire. Elle prit garde, dans un réflexe de lucidité venu lui aussi de nulle part, que cet état de quiétude ne soit en rien débusquer, mais par le choix de sa situation, Elle ne pouvait être surprise, ce qui intensifia cet engouement pour le futur libéré de ces allers et retours en autocar.

Aussitôt vaincu, ce contentement fut mis aux oubliettes et le sourire se verrouilla. Le visage, par un mécanisme empirique bien huilé, afficha la représentation d'une impassibilité convenue à la circonstance, d'où rien ne doit transpirer, sous peine d'un décèlement d'une folie, ou dans le plus clément des verdicts pseudo cliniques de ses congénères de voyage, d'une originalité.

Le front contre la vitre, son regard, désempli tel son sac à dos, ne laissait fulgurer que les rayons de ce soleil de printemps trop prodigue en luminosité. Ce traitement en surexposition lui fit naître quelques plis à la commissure des yeux, maltraités par autant de générosité. Ainsi, la réduction de l'aperture oculaire alourdissait ostensiblement les paupières qui, épuisées par cette phase de filtrage, ne purent se délester. C'est alors qu'une irrépressible torpeur vint recueillir ses yeux clos. Il fallut pour qu'Elle se tirât de cette somnolence, un dos d'âne et un changement de vitesse brusque. Elle décolla son front de la vitre, geste anodin qui la préserverait d'une bosse disgracieuse. Fatiguée de cette gymnastique faciale, Elle fit coulisser un de ces immondes rideaux, caractéristiques des transports en commun, afin de se protéger des éclats surdosés, immodérés, de lumière. Grâce à cet écran presque total, ses yeux, à présent abrités dans leurs déplacements, parcouraient cet univers forestier, rendu transparent par ces traversées immanquablement identiques. L'envie, ou même le désir, d'extraire une quelconque particule de curiosité à ce qu'Elle était censée regarder, n'avait plus effleuré ses pensées depuis longtemps. Son regard, aussi mécanisé que l'aspect de son visage, était desséché de toute substance émotionnelle. Son champ de vision se déroulait à égale vitesse de l'autobus, et pas un fait notable ne lui fit tourner la tête. Ce que ses yeux sillonnaient, Elle en connaissait la teneur pour l'avoir vu un nombre incalculable de fois. Elle s'ennuyait profondément, et pour Elle, le seul remède contre cet ennui était de plonger la main dans le sac à dos et d'en faire sortir son journal, mais le fait même de bouger lui parut insurmontable. Elle resta ainsi sans rien faire, comme ankylosée. L'ennui bloquait ses mouvements, seuls ses yeux restaient capables d'une motricité, somme toute relative. Ses iris oscillaient, abandonnant un point devenu trop éloigné pour se raccrocher à un autre, qui fatalement disparaissait un instant plus loin. Ses pupilles se dilataient au gré de la fantaisie des dards solaires qui arrivaient à percer le rideau. Elle sentait que cette inertie brouillait de plus en plus ses yeux, et une nouvelle fois, repartait dans le sommeil. Par instinct, Elle se ressaisit, son point de chute ne tardant pas à se rapprocher. Elle releva son buste, sensiblement avachi par ces moments d'absence, et après avoir plié son bras, planta son menton dans le creux de sa main. Cette position sur le siège, tout à fait inédite, lui fit reprendre quelques esprits, et ses yeux de nouveau connectés, pouvaient prétendre à leur fonction originelle d'imprimante sensorielle, hormis dans ce cas bien précis où Elle n'était réellement pas décidée à les charger d'encre.

La seule façon de tenir éveillée était de faire réagir ses yeux, de promouvoir une quelconque importance à ce qu’aurait pu croiser son regard. Mais, la vacuité de l’exercice demandait énormément de concentration qu'Elle allait puiser dans sa fatigue intérieure, et lui permettait ainsi de gaspiller du temps, denrée rare dans nos civilisations gloutonnes, comme de l'eau dans d'autres. Cette course effrénée contre ce temps-là tortillard s'acheva sur la vitre où, muée en miroir grâce au voile nitescence du soleil, se heurta le reflet de son visage. Les contours de sa face s'obstinaient à rester vagues, censurés. Seule sa peau diaphane s'autorisait une impression sur ce miroir improvisé, dans lequel de glace, Elle assistait à l'union éphémère de son visage et de la masse ombrageuse de la forêt. Les faisceaux du soleil maquillaient sa peau aux couleurs vires centes du feuillages, d’un ballet incessant d'arbres alignés, qui lui sculptaient un masque toujours ondoyant, jamais fixé, et que ses pensées amorphes plaquaient sur son visage lisse, sans relief.

L'énergie, qu'Elle déployait à grand renfort de volonté a minima, se cristallisa soudain sur cette image furtive au trait sans cesse renouvelé. Cette danse inlassable de facettes multiples générait malgré Elle, quelques éclats de souvenirs. Sa mémoire, activée par ce masque virtuel, illuminait la connection entre ces deux univers : celui de la forêt, témoin de ses premiers pas et le sien, adulte.

 

 

Au sujet de l'auteur     Biographie     Coordonnée

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Marie-José Idieder est née à Bayonne en Pays basque français, d’un père basque et d’une mère landaise, en 1963 au petit matin du 19 janvier. Son enfance sera ballottée entre ces deux cultures et ses parents qui ont rapidement divorcé après sa naissance. Sans racines réelles et sans famille véritable, sa vie sera pavée d’échecs et d’écueils. À l’orée de la trentaine, elle rencontre l’écriture et c’est à Biarritz où elle vit depuis peu qu’elle s’atèle, après maintes tentatives, à l’élaboration de ce titre à tire d’Elle. Trois ans lui seront nécessaires. Amoureuse des mots et de la langue, elle trouvera son équilibre en leur compagnie, curieuse de la vie, Marie-José Idieder se construira grâce à eux.

 

 

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Marie-José Idieder se fera un grand plaisir de lire

et de répondre personnellement à vos courriels.

 

Voici son adresse électronique :

mariejoidieder@wanadoo.fr 

 

 

Lettre d'appui de l'auteur à la fondation

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Bonjour.

 

Auteure française sans relation dans le monde littéraire de mon pays, c'est en naviguant sur les techniques modernes de communication que j'ai découvert l'édition en ligne.

 

Moi qui suis partie seule dans l'aventure de l'écriture, ce moyen d'édition clôture en droite ligne cette partie de ma vie que fût l'élaboration de cet ouvrage.

 

Nombreux sont ceux qui ont un talent, un esprit d'innovation, et qui ne trouve aucun écho à leur création nourrissant un silence qui sape toute désir de persister sur cette voix.

 

La Fondation Fleur de Lys a été pour moi une heureuse opportunité pour qu'enfin mon ouvrage soit lu et sans chercher mirage de gloire, l'édition en ligne permet de toucher un plus large public qui me semble être plus curieux, plus ouvert.

 

Je pense que la véritable vie artistique et créatrice des années futures se retrouvera sur l'internet et, par la même, la Fondation Fleur de Lys par son action envers les nouveaux auteurs privés de lectorat s'en retrouve précurseur dans l'avenir du monde littéraire. Car, en somme, quelle est le véritable fondement de la création si ce n'est le vide et l'inconnu, éléments essentiels qui tissent la toile de l'internet?

 

 

Marie-José Idieder, Biarritz, France.

 

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APPUI

Lettre d'appui

de l'auteur à la fondation

 

Fondation littéraire Fleur de Lys, 31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8 Tél.: 581-988-7146
 

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