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Survivre aux brisures d'une famille, autobiographie,

Michelle Bérubé, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 
Survivre aux brisures d'une famille

MICHELLE BÉRUBÉ

Autobiographie,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Laval, Québec, 2009, 262 pages.

ISBN 978-2-89612-300-1

 

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Survivre aux brisures d'une famille, autobiographie,
Michelle Bérubé,
Fondation littéraire Fleur de Lys
 

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PRÉSENTATION

Survivre aux brisures d'une famille, autobiographie,
Michelle Bérubé, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Voici une autobiographie riche en émotions qui vous fera passer par toute une gamme de sentiments, de la tristesse à la colère.


Ce livre vous fera vivre les drames et les tragédies vécus par les membres d’une famille du nord de l'Ontario au cours de leur vie, beaucoup trop courte vie pour certains d'entre eux. En passant par des suicides, des mortalités subites, de la maladie mentale, le cancer et même des déboires avec la loi, vous constaterez que même si la vie n'est pas facile, il y a toujours une façon de s'en sortir, que ce soit par de l'aide psychologique ou tout simplement en parlant à des gens qui sont à l'écoute.


Un livre qui se lit facilement et qui décrit très bien le sentiment d'impuissance souvent ressentit par l'auteure.
 

 

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EXTRAIT

Survivre aux brisures d'une famille, autobiographie,
Michelle Bérubé, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Introduction

 

Je suis née dans une petite ville du nord de l'Ontario, maintenant de 6,500 habitants.

 

Mon père Gérard Beauregard dit Dion est né le 2 septembre 1929 dans le compté de Dorchester. Son père était Louis Beauregard et sa mère était peut-être Yvonne Laurin ou une de nos tantes Dion. Son parrain était Fortunat Beauregard et sa marraine Hénédine Audet. Il a été baptisé le 3 septembre 1929 et son père était absent. Sa supposée mère est décédée de la tuberculose lorsque mon père n'avait que 2 ans. Son père le transportait, supposément, de famille d'accueil en famille d'accueil jusqu'à ce qu'il trouve une famille charitable, soit Georgette et William Dion ou était-ce leur petit-fils, tous ceux qui pourraient le confirmer sont décédés. Son père leur a dit qu'il reviendrait le chercher dans quelques semaines mais est seulement revenu pour le chercher lorsque celui-ci avait 14 ans. Les Dion avaient entre temps déménagé dans un petit village à 10 km de notre village. Mon père lui a dit qu'il ne voulait pas le suivre et que sa famille était maintenant les Dion qui l'adoraient et lui donnaient tout l'amour dont il avait besoin, contrairement à son père, un alcoolique qui n'avait jamais redonné signe de vie jusqu'à ce jour. Il aurait fait travailler mon père et aurait bu tout l'argent que celui-ci aurait gagné.

 

Mon père avait quitté l'école avec seulement une 2e année d'éducation et travaillait dans le bois. Il a travaillé dans un moulin à bois, à deux heures et demi de route de chez-nous, dans la construction et en dernier dans un autre moulin à scie, dans notre ville Il conduisait un camion qui apportait les copeaux de bois du moulin au moulin à papier à 100 km de chez-nous. Il nous a emmené chacun notre tour faire une journée de travail avec lui avant de devoir quitter son emploi tellement il avait mal. Je crois que la seule qui n'est pas allée avec lui était Céline car elle n'était encore qu'un bébé.

 

Ma mère, Régina Fortin, venait d'un très petit village d'environ cent habitants, d'une famille de neuf enfants. Ses parents se sont mariés en 1923 dans un autre petit village qui ne se trouvait pas trop loin de leur petit village en Ontario et ont élevé leur neuf enfants sur la ferme à trois heures d'ici. Elle est née le 2 mars, 1932. Son parrain était Adélard Blanchette et sa marraine était Aurore Cossette. Elle a été baptisée le 15 mars 1932. Au début des années cinquante, elle a décidé d'entrer chez les soeurs de l’Assomption. Mais comme elle n'aimait pas cela elle quitta la communauté et déménagea dans notre ville au nord de l'Ontario.

 

Lorsque sa mère, Reine Rousselle, née le 12 juillet, 1907 à St. Jean de Matha, au Québec, mariée à Luc Fortin, né le 19 août, 1897 à Fermeneuve, Québec (près de Mont Laurier) était sur son lit de mort, demanda tous ses enfants pour leur parler une dernière fois mais quand est venu le temps de parler à ma mère, celle-ci s'est avancée pour lui parler et ma grand-mère lui a tout simplement dit qu'elle n'avait rien à lui dire et de s'en aller. Imaginez la peine qu'elle a du ressentir, elle a toujours été le mouton noir de la famille. Ce n'est pas pour rien qu'elle était incapable de nous donner l'amour dont nous avions tellement besoin. Sa mère est décédée le 21 juillet, 1955 à l'âge de 48 ans et 9 jours. Son père est décédé le 2 juin, 1967, à l'âge de 69 ans et 10 mois.

 

Elle est venue travailler à l'Hôpital dans notre ville. Elle avait terminée sa 8e année scolaire, ce qui était rare en ces temps-là. Elle est sortie avec Antoine Duguay mais il ne pouvait pas lui promettre d'être fidèle car il aimait aussi les hommes. Ensuite elle a rencontré mon père, qui ne travaillait pas trop loin de son village et après seulement deux mois de fréquentation ils se sont mariés le 9 juin, 1958 à l'Église du Christ-Roi.

 

Je suis donc née le 10 avril 1959, même pas un an après leurs noces. Nous étions 5 enfants dont moi-même née le 10 avril 1959, Jean né le 3 décembre 1960, Alice née le 15 août 1962, Rose née le 5 septembre 1964 et Céline née le 28 septembre 1966. Ma mère a perdu un bébé environ deux ans après Céline et a dû subir une hystérectomie.

 

Elle était d'humeur changeante, elle pouvait rire aux éclats et quelques minutes plus tard être tellement fâchée qu'on ne sache pas sur quel pied danser. Mon père était tout le contraire, il était doux comme un agneau, il ne se fâchait jamais et endurait les sautes d'humeur de ma mère qui comme je l'ai appris plus tard, était schizophrène.

 

Un jour mon père a décidé qu'il ne pouvait plus endurer ses sautes d'humeur et a sorti un gros coffre en métal et mis notre linge à Jean, Alice et moi ainsi que le sien dedans. Il avait décidé de partir et de nous emmener avec lui. Mais comme ma mère pleurait trop et le suppliait de rester et disait vouloir changer, il a décidé de rester.

 

Lorsque mon père avait environ 39 ans il est tombé malade et s'est rendu à Toronto où l'on a diagnostiqué un cancer. Il a dû se faire amputer la jambe droite un peu plus haut que le genou. Quelques mois plus tard alors qu'il se rendait de nouveau à Toronto par train, il est tombé et ils ont du lui amputer la jambe une seconde fois, et cette fois jusqu'à la hanche. Il n'y avait pas encore beaucoup de recherche sur le cancer, nous étions fin 1969, début 1970.

 

Je me souviens lorsque les ambulanciers sont venus le porter chez-nous de Toronto, ils croyaient que nous habitions le Pôle Nord et étaient habillés avec de gros parkas et de grosses bottes et comme nous étions fin mai ils avaient eu pas mal chaud et étaient surpris de voir qu'on habitait dans des maisons comme eux-mêmes habitaient. J’étais sur le rebord de la clôture d'école à la récréation et je me suis enfuie pour aller retrouver mon père quand je l'ai vu arriver. J’étais tellement contente de le revoir. Je n'ai pas été punie le lendemain car la direction de l'école savait ce qui se passait chez-nous. À partir du jour où il est tombé malade, nous avons dû recevoir du Bien-Être Social. C'était assez gênant car on était maintenant considérés comme des pauvres. Malgré son mal il a construit une clôture tout le long de notre terrain, qui était grand et une balançoire ainsi qu'une maison pour nous les filles afin que l'on puisse y jouer.

 

Céline se souvient lorsqu'elle était à l'hôpital pour se faire arracher les dents et enlever les amygdales de s'être réveillée et que notre père qui était hospitalisé se trouvait dans un lit dans la grande chambre pour les enfants et la regardait dormir, il lui a souri et elle s'est rendormie car elle se sentait en paix avec notre père à ses côtés. Elle se souvient aussi de la fois où nous étions tous les cinq enfants entourés de notre père et que nous jouions dans l'herbe. On le chatouillait avec les pics-pics. Céline pleurait en disant de ne pas faire de mal à notre père. Elle a un souvenir aussi d'être assise sur notre père quand il conduisait, elle avait peur, elle était trop jeune. Papa avait fait modifié la voiture afin de pouvoir conduire avec sa jambe gauche. À sa mort notre mère a vendu sa voiture car elle ne savait pas conduire.

 

Nous sommes déménagés dans cette maison en face de l'école Ste-Anne en 1961. Elle ne comptait que deux chambres à coucher, une cuisine et un petit salon. Par la suite mon père a construit une rallonge pour une salle de bain et une chambre pour Jean. Nous les quatre filles dormions tous dans la même chambre. Nous avions deux lits superposés et je peux vous dire que des soirs çà nous prenait du temps à s'endormir car nous parlions beaucoup ensemble. Ma mère devait se fâcher pour que nous dormions.

 

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BIOGRAPHIE

Michelle Bérubé

 

Michelle Bérubé, pseudonyme, est née dans le nord-est de l'Ontario. Elle est la première d'une famille de cinq enfants, dont 4 filles et 1 garçon. Son père décède d'un cancer à l'âge de 41 ans alors qu'elle n'a que 12 ans, laissant derrière lui ses 5 enfants avec une mère schizophrène qui refuse de se prendre en main. Ceci ne laisse pas d'autre choix à l'auteure de prendre la relève et de devenir la mère afin que la famille ne soit pas séparée. Avec l'aide de son frère Jean, âgé de 11 ans, tous deux parviennent à s'en sortir jusqu'à l'âge adulte, au moment où leur mère décède subitement à l'âge de 51 ans, les laissant ainsi orphelins. Encore une fois Michelle doit reprendre le flambeau et continuer à prendre les responsabilités.

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