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Page personnelle de l'auteur Niel Salazar

 

AL-EIV

Le traîneur de sabre

Nouvelle, 224 pages.

6 X 9 pouces ou 15 X 23 centimètres

ISBN 2-89612-162-5

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Papier : 24.95$ Can.

Numérique : 7.00$ Can.

 

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Joan est un routier français du quatorzième siècle, un de ces terribles soudards qui erraient dans les campagnes entre deux guerres. Il décède au cours d’une bataille et se réveille sans mémoire dans un monde isolé, la vallée sans nom, dans lequel il sera ce qu’il décidera d’être, car il renaîtra à chaque mort, seul immortel dans ce pays peuplé de gens pacifiques.

Si nos faits et gestes dépendent directement des situations antérieures, que se passe-t-il lorsqu’il n’y a pas de situation antérieure? Notre libre arbitre est-il réel ou bien sommes-nous malgré tout guidés par ce que nous sommes?

Après avoir transformé un paradis en enfer, Joan subira un châtiment pour ses actes dans le vrai monde. Cette histoire s’échelonne sur plusieurs siècles. D’autres épreuves l’attendent au cours desquelles il sera l’artisan de ses propres tourments, jusqu’au tour de passe-passe final, jusqu’à la terrible confrontation avec lui-même, l’ultime édification.

 

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Extrait du Chapitre I - Le fauve

 

Joan est un routier, un guerrier mercenaire, ou plutôt il était un routier, car il n’est plus partie prenante dans le monde des vivants. Mais il n’en sait rien. Tout ce qu’il sait à présent c’est que son épée se trouve à ses côtés et qu’il est assis par terre à la suite d’un choc, mais il ne sait pas lequel. Il est prostré, hagard…

Il est mort au quatorzième siècle après J-C, mais les dates n’ont jamais rien signifié pour lui. Il ignorait même qu’il avait exactement trente quatre ans et huit mois le jour de son décès. Il est de taille moyenne, de forte corpulence, a des cheveux longs et noirs. Il est mort au cours d’une des nombreuses batailles inutiles qu’il a livrées, la dernière, une querelle stupide entre deux seigneurs voisins pour un bout de terrain stérile mais haut placé et à la vue des voyageurs. Ce qui permet au détenteur d’être parfois nommé par les marchands et pèlerins, rien d‘autre.

Lors du siège fatal, il n’est pas entré parmi les premiers dans la place forte. Après le traditionnel assommoir il y avait sur la gauche un escalier en haut duquel des archers tiraient sur les assaillants entrés dans le fort, et c’est en fonçant de rage sur eux qu’il a reçu une flèche dans la nuque, il n‘avait pas vu les archers postés de l‘autre côté. Il est mort après quelques minutes de paralysie, toujours la rage au cœur, ce qui est une particularité chez lui, depuis toujours, une colère sourde qui ne demande qu’une raison pour éclater.

Mais à l’instant présent il se trouve dans la forêt bleue, des arbres de couleur bleue, la seule anomalie de ce nouveau monde, la seule preuve que rien ne sera plus jamais comme avant, gare à celui qui l’oublie…

 

Mémoires

J’ai enfin trouvé un vieux grimoire et une plume d’oie pour écrire. Je remercie le destin qui m’a placé devant eux. Tant d’années se sont écoulées depuis mon arrivée en ces lieux, trois cent ans, sans doute davantage. Il se peut qu’il y ait environ quatre siècles que je suis entré dans ce monde pour la première fois, mais la durée réelle n’a pas vraiment d’importance. J’ai pensé tous les mots que je vais noter des centaines sinon des milliers de fois. Aujourd’hui ils semblent sortir de leur propre chef, comme s’ils étaient autonomes et se couchaient seuls sur le parchemin. Quel soulagement de vider mon esprit. Je vais enfin pouvoir purger ces idées qui me hantent, je vais enfin pouvoir me libérer de ce cauchemar que j’ai créé et devenir un être nouveau. Quel stupide j’ai été, quel orgueil insensé m’a poussé à me croire invincible dans ma raison d’être, je n’étais rien.

Bien que je sois vieux de tant de saisons, ma raison est jeune. La faute m’en revient. Je n’ai vu personne d’autre que moi-même pendant les deux première siècles, et lorsque je me suis arrêté de courir après le vide, j’ai reçu ma pénitence, un châtiment interminable dont le souvenir me fait trembler encore, je ne suis même pas sûr de pouvoir le raconter. Et les siècles suivants… Moi qui me croyais au bout de mes peines.

Joan était mon nom, je n’étais qu’un fauve. J’en ai choisi un autre à présent car je n’ai plus rien de commun avec l’animal que j’ai arraché de mon esprit, je me nomme Turquoise. Tout ce que je demande c’est de vivre en paix, en paix avec moi-même, avec les autres. Les autres… Puissent-ils me pardonner.

Turquoise

 

Joan a repris ses esprits. Il a rangé son épée dans son fourreau et s’est levé. Depuis combien temps est-il là? Deux heures? Deux jours? Deux jours, ce n’est pas possible, personne ne peut rester assis deux jours sans bouger, en pleine forme, sans blessure. Sans blessure ? Joan se passe la main sur la nuque, rien, tout est normal. N’avait-il pas reçu un coup dans le dos? Sur la tête? Tout est confus, sa mémoire se dérobe. Quel est son nom? Joan! Cela, il le sait. Quoi d’autre? D’où est-ce qu’il vient? Il est né à la campagne, mais où? En France, ça lui revient, mais où en France? Il a vu beaucoup de vallées, de villages, de montagnes, de plaines, tout se mélange. Qu’est-ce qu’il fait ici ? Comment est-il arrivé ici?

Joan se passe la main sur la mâchoire et remarque avec surprise que sa bouche est remplie de dents, des dents solides qui ne le font pas souffrir. Il en est certain, elle n’y étaient pas toutes avant. Avant quoi ? Avant !

Avant, ses rares dents le persécutaient, la nuit, le jour. De temps en temps il les oubliait mais elle se chargeait avec malice de lui rappeler qu’elles étaient toujours là, ce qui décuplait sa colère.

Et ses blessures? Pas de cicatrice sur les bras. Il se déshabille, aucune marque sur le corps, il en était couvert, ça aussi il en est certain. Quel est ce prodige ? Il est bien vivant, il n’y a aucun doute, il sent bien le sol sous ses pieds, et le frappe même du talon pour finir de s’en convaincre. Un miracle l’a guéri, pour quelle raison? Il va rapidement oublier cette question. Il regarde autour de lui, cette forêt bleue est bien étrange, des arbres bleus, très hauts, ils ressemblent à des sapins mais n’en sont pas. Aucune importance, il faut se mettre en route et explorer ce pays. La faim ne le tenaille pas comme dans l’autre monde mais il sent qu’il pourrait manger. Quelle direction prendre ? La lumière du soleil ne parvient pas à traverser les branches de ces arbres, une légère pénombre lui permet de distinguer un sentier, il s’y dirige et se dit qu’il verra bien.

Soudain un cri terrible retentit, il s’arrête, pétrifié. Il se dit qu’il est un soldat et qu’il n’a peur de rien mais jamais un tel son n’est parvenu à ses oreilles, c’était un cri de rage et de détresse à la fois. Les poils de ses bras se sont dressés. Il s’aperçoit qu’il est sous une poutre, que cette poutre est en arc de cercle et reliée à deux poteaux, le tout forme une sorte de porte de deux fois la hauteur d’un homme et le double en largeur. Des inscriptions sont taillées sur la poutre horizontale, trop hautes pour être lues. De toutes façons il ne sait pas lire et a toujours déclaré qu’il s’en moquait, mais quand même il aurait bien aimé savoir ce qu’il y avait écrit.

Il aurait pu ici se demander ce qu’il faisait là, si cette terre était celle qu’il avait connue et ce qu’il devait y faire, mais il ne fonctionne pas ainsi, cette porte est une porte comme une autre et il la franchit d’un pas décidé, comme il a toujours fait. Il prendra ce qu’il y aura à prendre, où qu’il aille, car le monde appartient à celui qui sait le saisir, le plus fort gagne, et les autres n’ont qu’à attendre leur tour ou accepter leur défaite, ainsi va la vie.

Trois heures de marche lui sont nécessaires pour sortir de cette forêt étrange, la vallée qui prolonge la forêt est fertile, des prés entretenus, des terrains défrichés, et puis au loin des champs enfin, des cultures. Tout autour, des montagnes enneigées aux sommets élevés enferment la vallée dans un couloir.

Il aperçoit plus bas une maison de bois. Juste devant se trouve une cour clôturée par des rondins de bois finement travaillés. Au milieu, un homme âgé d’une cinquantaine d’années se tient debout, immobile et regarde Joan venir, comme s’il l’attendait. De grandes quantités de bûches sont rangées soigneusement sous des abris de bois alignés proprement le long de la clôture.

Il sent sa colère monter comme à chaque fois qu’il s’est trouvé en présence de quelqu’un qui paraît avoir tout ce qu’il lui faut, pourquoi n’est-ce pas à lui ?

Il parle au paysan mais celui-ci ne lui répond pas. Il ne semble pas avoir peur, il se contente de le regarder, comme si sa venue l’intriguait au plus haut point.

Joan tente le patois qu‘il a appris il ne sait où et n‘obtient aucune réponse, pas davantage avec le français :

Quel est ce pays ? As-tu de l’argent ? Des femmes ? Combien de personnes vivent ici ?

Le paysan secoue la tête. Joan se jette sur lui et le serre à la gorge jusqu’à l’asphyxier, puis il le frappe, coups de poings au visage, sur le corps, coups de pieds dans le dos, il se déchaîne, la scène dure, des secondes, des minutes, des quarts d’heure. Joan est étonné de la résistance de cet homme qui ne crie pas et encaisse ses coups sans mourir. Il est tout aussi étonné de sa propre résistance, de l’absence de fatigue. Ses muscles fonctionnent bien, c’est un régal, chaque coup le réjouit, il lui semble qu’il pourrait continuer ainsi durant des heures. Puis il se lasse, il prend le paysan par les cheveux puis le traîne jusqu’à la maison. Il ouvre la porte d’entrée d’un coup de pied tout en tirant sa victime après lui et s’arrête, étonné par l’intérieur de cette bâtisse. Cela ne ressemble en rien à ce qu’il a connu auparavant. Tout est propre, pas de poussières sur les meubles, pas de cendres sur le sol. Le mobilier, simple, est bien travaillé et paraît neuf. Il y en a en grande quantité, ce qui ne calme pas Joan.

Où sont les filles? Où est ton argent? demande-t-il. Questions sans réponse, le paysan est comme un mur infranchissable, alors Joan lui passe son épée en travers du corps, jusqu’à la garde, tout en le regardant droit dans les yeux. Loin de voir de la terreur dans le dernier regard de sa victime, il y voit plutôt de la pitié, ce qui décuple sa colère. Il met le feu aux meubles et brûle tout ce qui l’entoure. Il découvre des réserves de viande salée dans une grange, remplit de nourriture un sac qu’il trouve suspendu à un mur et l’emporte avant de brûler la grange.

Il ne sait pas pourquoi, mais ce jeu de massacre qu’il va pratiquer mécaniquement pour son premier jour dans ce monde ne lui convient pas tout à fait. Il agit pratiquement d’instinct, répétant des gestes familiers. Il l’a oublié, c’était son quotidien dans le monde, mais il est seul aujourd’hui et cette violence gratuite va vite devenir insipide.
En attendant il va répandre son ire dans un autre endroit.

 

Mémoires

Joan a tout brûlé. Je n’arrive pas à écrire qu’il s’agit de moi ni même l’imaginer, tant de distance nous sépare. Ce n’est pas un homme, c’est un fauve. C’est ainsi que je l’appellerai désormais. Après son meurtre et ses déprédations le fauve a quitté l’endroit. Il s’est rendu compte après coup qu’il aurait pu profiter de la maison et prendre ce qu’il y avait, car il était ainsi, incapable de comprendre la valeur des choses, mais de toutes façons rien ne lui appartenait. Quant à la valeur morale de ses actes, c’est une autre affaire ! Ici mes écrits prennent tout leur sens, là sera le fil conducteur de mon histoire. Je ne sais pas si quelqu’un lira un jour ces lignes mais qu’importe ! Ce sera ma confession. Puissé-je la relire un jour si je dois perdre à nouveau la mémoire, car je la perdrai plusieurs fois au cours de cette narration, mais ceci viendra plus tard.

Le fauve a continué son chemin, vers nulle part, certainement comme à son habitude.

En arrivant devant la chaumière suivante il s’est arrêté et a observé. Trois femmes dont deux jeunes, un homme dans la force de l’âge et un vieillard habitent cette maison tranquille. Il s’est jeté sur eux et a assommé les hommes. Il a pris possession de la maison et des femmes sans autre forme de procès. Il les a enfermées dans une pièce sans fenêtre sans s’inquiéter le moins du monde de la facilité de l’opération, cette docilité ne l’étonnera que plus tard. Il a ensuite fait ce qu’il a sans doute toujours fait durant sa vie terrestre, dans le monde, comme il dira dorénavant, car ces mêmes terribles gestes ont été faits machinalement, comme une répétition.

Après avoir attaché le vieillard il a cloué l’autre homme sur une porte et l’a brûlé avec une torche jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un centimètre carré de peau qui ne soit à vif; il l’a décloué pour le retourner, insensible aux hurlements et a recommencé, brûlant l’autre côté. Pour finir il l’a contraint à pousser une brouette, le fouettant jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Comment un homme peut-il faire une pareille chose à un autre homme? Je suis sensé avoir la réponse, mais une telle distance nous sépare que je ne comprends plus.

Il a réservé au vieillard un sort à peu près identique, très étonné toutefois de la résistance du vieil homme. Une fois brûlé d’un côté il s’est contenté de l’enfermer dans un sac et de l’enterrer vivant. Il a ensuite forcé une des femmes à enterrer le corps de l’homme qu’il avait fouetté et a pris possession de la maison sans autre façon.

Deux femmes sont restées enfermées et la plus jeune a passé la nuit avec lui dans la meilleure chambre, terrorisée.

Pendant le sommeil de Joan elle l’a poignardé, laissant le couteau planté dans son cœur, puis est allée délivrer sa mère et sa sœur. Elles ont décidé d’aller chercher de l’aide dès le lever du soleil. Seule la mère a eu le courage d’aller vérifier la mort du sauvage. En revenant elle s’est effondrée en larmes. Elles ont déterré le corps du grand-père et n’ont pu que constater que toute vie l’avait quitté. Elles ont prié toute la nuit.

Turquoise
 

 

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Chapitre I- Le fauve 9

 

Chapitre II- Le seigneur de la vallée sans nom 41

 

Chapitre III- Les hommes de loi 85

 

Chapitre IV- La mesnie infernale 103

 

Chapitre V- Le châtiment 127

 

Chapitre VI- La maison miroir 153

 

Chapitre VII- Le village 173

 

Chapitre VIII- Le serpent se mord la queue 205

Communiquer avec l’auteur 215

 

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Ce livre est publié sous un pseudonyme.

Niel Salazar se fera un plaisir de lire
et de répondre personnellement à vos courriels.

Adresse de correspondance électronique :

info@manuscritdepot.com

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