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Le mystère de la rose noire, thriller policier fantastique, Paskal Rainville

 

 

Le mystère de la rose noire

PASKAL RAINVILLE

Thriller policier fantastique

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Montréal, 2008, 380 pages.

ISBN 978-2-89612-240-0

 

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Lancement

 

Le lancement  a eu lieu le 8 juin 2008 de 15h.00 à 17h.00 au Café de la Brûlerie,

4 rue de la Gare, Granby.

 

Affiche du lancement 

 

Communiqué

 

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Couverture de presse

 

Un premier roman pour Paskal Rainville, «Le mystère de la rose noire»

par Éric Patenaude, L'Express de Granby, 6 juin 2008, page 36

 

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES du thriller policier fantastique

Le mystère de la rose noire, une oeuvre signée Paskal Rainville

 

Prologue
Chapitre 1 La forêt interdite
Chapitre 2 Le tueur sanguinaire
Chapitre 3 Weekend à Port-Daniel
Chapitre 4 « Le Dr Jones à la une »
Chapitre 5 Le village de Hope Town
Chapitre 6 Le destin d’Amélie Tremblay
Chapitre 7 Tom Fisher
Chapitre 8 La mort dans l’âme
Chapitre 9 Le vent dans les voiles
Chapitre 10 Les aveux de Gilbert Tremblay
Chapitre 11 L’histoire d’Émilien Grenier
Chapitre 12 Les soupçons de François Talbot
Chapitre 13 La mort frappe parfois à notre porte !
Chapitre 14 Le marais des âmes perdues
Chapitre 15 « L’assassin est en vous ! »
Chapitre 16 Vampires assoiffés de sang
Chapitre 17 Le secret du bonheur
Chapitre 18 Le pendentif
Chapitre 19 Les feux de la rampe !
Chapitre 20 Cérémonie funèbre
Chapitre 21 Un intrus sur l’avenue des Goélands
Chapitre 22 Le labyrinthe de Crète
Chapitre 23 L’énigme
Chapitre 24 Terreur sur la route 132
Chapitre 25 Le cimetière des damnés
Chapitre 26 L’Auberge de la haute colline

Épilogue
Appendice
Au sujet de l’auteur
Communiquer avec l’auteur
Remerciements

13
19
31
55
63
71
85
111
117
133
159
173
187
203
217
227
235
243
257
265
271
279
293
305
313
319
333
353
361
363
365
367
 

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PRÉSENTATION du thriller policier fantastique
Le mystère de la rose noire, une oeuvre signée Paskal Rainville

Lorsque l’horreur atteint son apogée, que la peur nous terrorise, nous glace le sang et que le meurtre se transforme en une sorte de jeu macabre où la fiction dépasse parfois la réalité…

Voilà ce à quoi Hope Town, ce petit village habituellement bien paisible situé en plein cœur de la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie, est brusquement confronté. Dès lors, une enquête policière se met en branle, dirigée par le seul et unique Tom Fisher, un enquêteur chevronné de la Sûreté du Québec, aux agissements plutôt étranges qui sera chargé d’élucider ce mystère.

Toutefois, les soupçons se porteront rapidement sur un homme de passage dans la région — un type mystérieux, qui semble bizarrement en savoir plus qu’il ne veut en dire sur ces meurtres. Cet homme peu bavard à l’apparence glaciale et antipathique deviendra un coupable de choix !

Cet enquêteur de police sera alors plongé dans cet univers effroyable où le meurtre devient bien réel, où l’horreur et le sadisme se croisent en ce tueur en série machiavélique !

Que vient-il faire cet étranger à Hope Town ? Qu’a-t-il donc à cacher cet homme derrière ce regard hostile, voire impénétrable ?

 

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EXTRAIT du thriller policier fantastique
Le mystère de la rose noire, une oeuvre signée Paskal Rainville

 

Prologue

Elle se fit discrète pour regarder son garçon de onze ans lire sagement dans sa chambre. Elle l’observait chaque soir durant de longs moments juste avant de le mettre au lit. Son fils n’était plus le même depuis quelque temps. Il se comportait étrangement depuis la disparition inexpliquée de son meilleur copain l’année dernière. Elle le surprenait souvent à converser seul, et curieusement, à raconter des choses dont elle ne comprenait pas le sens. Lorsqu’il s’apercevait qu’elle l’épiait du seuil de la porte, l’enfant baissait la voix afin que sa mère n’entende pas ce qu’il était en train de murmurer...

… de murmurer hypocritement…

La professionnelle en psychologie infantile que les parents du jeune garçon avaient consulté, les avait rassurés. Cette femme leur avait expliqué que fréquemment, à la suite d’un traumatisme, de la perte d’un être cher ou tout simplement par ennui, les enfants de cet âge pouvaient s’inventer quelquefois un monde fantaisiste dans lequel, ils laisseraient libre cours à leur imagination. Ils créer ainsi des « amis imaginaires » qui partageraient leurs jeux et conversations quotidiennes. Elle les avait réconfortés en ajoutant qu’il ne fallait surtout pas s’inquiéter, tout cela durerait quelques mois, tout au plus quelques années. Lorsqu’il se ferait de nouveaux amis, tout redeviendrait normal. Il était même enrichissant pour les parents de se laisser prendre au jeu — de s’abandonner tout comme eux dans ce « monde imaginaire ». Les enfants, selon elle, préféraient communiquer de cette façon avec les adultes, même si cela pouvait paraître incompréhensible.

Mais voilà que les mois avaient passé, et son fils semblait toujours aussi évasif, tout aussi épris de ce petit « monde » qu’il s’était inventé et dont il ne pouvait plus de se détacher.

Il en était devenu prisonnier…

… avec son compagnon !

Sa mère s’approcha alors délicatement de son garçon et lui adressa la parole :

— Bonjour chéri, comment vas-tu ? souffla-t-elle doucement sur le coin de ses lèvres.

— Très bien, maman.

Le gamin d’une beauté rare, avait les traits aussi fins que ceux de sa mère, mais sa petite figure étroite était dépourvue d'expression.

— Dis-moi, que fais-tu ?

— Je lis une histoire à un copain.

— Ah oui ! et il a un nom ce copain ?

Le gamin fit une courte pause avant de répondre :

— Oui, mais il m’a fait jurer de ne rien dire ! 

Elle resta stupéfaite face à cette réponse.

— Et pourquoi ça ?

— Mon ami m’a prévenu que si je disais quelque chose, il ne viendrait plus jamais jouer avec moi.

— Et tu le crois ?

— Oui, maman ! Tu sais, il est vraiment bizarre cet ami...

— Tu peux m’expliquer pourquoi ?

— Il me chuchote des choses…

— Quel genre de choses ? demanda-t-elle avec curiosité.

— Des choses…

— Tu ne veux pas m’en parler ?

— J’aimerais bien, mais il m’a fait promettre de ne rien dire, ni à toi ni à personne d’autre, sinon…

— Sinon quoi ? insista-t-elle.

Étrangement, les yeux du garçon brillèrent de méchanceté et d’un mélange d'amusement. Le jeune garçon hésita avant de répondre, mais décocha :

— Il pourrait t’arriver malheur si je t’en parlais !

Une expression de surprise horrifiée était apparue sur le visage de la mère.

— Malheur ! s’écria-t-elle. Il à l’air vraiment étrange ton copain...

— Oui maman, tu as raison.

Le visage de la femme révélait maintenant de l’inquiétude et de l'étonnement. Mais la mère remarqua quelque chose de curieux sur son garçon.

— Et que portes-tu autour de ton cou, dis-moi ? 

Son fils avait tenté de dissimuler l’objet lorsque sa mère s’était approchée de lui pour mieux regarder le mystérieux pendentif.

— Qui t’a donné ça ? interrogea-t-elle d’un ton sévère.

Le visage du gamin était devenu sombre et impassible.

— Personne. Je l’ai trouvé l’autre jour en revenant de l’école, mais mon copain m’a conseillé d’en prendre très soin.

— Tu ne me conterais pas des histoires, toi par hasard ?

— Non maman, juré ! répondit-il.

— Et pourquoi veut-il que tu prennes soin de cet objet ?

— Mon copain m’a confié qu’un jour, il aurait un jeu très amusant à me montrer et que j’en aurais besoin…

— Mais de quel jeu, parles-tu ?

Sa mère ne savait pas pourquoi, mais elle avait senti un courant glacial lui parcourir d’un bout à l’autre la colonne vertébrale.

— Je ne sais pas… (Le gamin avait haussé les épaules au même instant où il avait prononcé ces paroles.) Il n’a pas voulu me le dire. Il m’a demandé d’être patient et de protéger le pendentif, qu’un jour lorsque je serai grand, je comprendrais !

Elle était restée sceptique aux propos qu’il racontait. Cette histoire « d’ami imaginaire » devenait de plus en plus agaçante et très préoccupante.

— Et si tu ne jouais plus avec cet ami… Je le trouve un peu bizarre pour un garçon de ton âge. En échange, je te permets de garder le pendentif. Tu as peut-être d’autres copains plus gentils et plus drôles que celui-là... D’accord ?

— Oui maman, juré !

Elle l’avait alors enlacé et embrassé affectueusement avant de le mettre au lit en le bordant.

— Alors, dort bien mon amour et fais de beaux rêves, cher trésor !

Bonne nuit, maman !

Sa mère éteignit ensuite les lumières de la chambre de son fils et referma la porte tout doucement.

Le garçon ferma les yeux et s’endormit.

 

* * *

 

Il entendit du bruit à la fenêtre de sa chambre, voilà c’était le signal. Sa montre à aiguilles affichait minuit pile. Le gamin ouvrit la fenêtre doucement. Il ne fallait surtout pas que ses parents le surprennent, car sinon tout échouerait ! Il prit son sac à dos, regarda en bas et vit son copain qui lui faisait signe énergiquement de la main. Il était enchanté, le plan fonctionnait à merveille jusqu’à maintenant.

Le garçon s’assura alors à voix basse :

— Tu n’as pas été suivi j’espère, Œil de Faucon ?

— Non, Fin Renard ! J’ai fait attention, répondit le rouquin de dix ans.

Ils rigolèrent ensuite un bon coup, car ils adoraient leurs nouveaux noms de code.

— Tiens, attrape mon sac à dos et place l’échelle près de ma fenêtre.

Œil de Faucon renifla et s’exécuta aussitôt. Il attrapa le sac et positionna ensuite l’échelle que son copain avait préalablement déposée là avant d’aller au lit. C’était un coup de génie !

Fin Renard descendit rapidement l’échelle. Les deux garçons la portèrent ensuite derrière la maison pour laisser le moins de traces possible. Ils ramassèrent leurs trucs et prirent sans tarder le chemin en direction du long sentier qui traversait la prairie menant à la forêt. L’obscurité était presque totale. Seules les lueurs de la pleine lune et des milliards d’étoiles suspendues dans le ciel en cette nuit de fin juillet illuminaient les alentours. Les garçons sortirent leurs lampes de poche, les pointèrent devant eux et avancèrent, tout en regardant de gauche à droite nerveusement. Dans quelques minutes, ils pénétreraient enfin dans la forêt. La peur grandissait en eux, car c’était la toute première fois qu’ils iraient là…

… dans la Forêt interdite ! 

Jamais leurs parents n’auraient permis qu’ils aillent à cet endroit. Fin Renard, un garçon remarquablement brillant, était de taille supérieure à la moyenne de son groupe d’âge. Il se souvenait très bien des avertissements répétés de sa mère, au comportement un peu hystérique, qui lui disait avec cette expression de crainte dans l’intonation de sa voix : « Il ne faut jamais aller dans la forêt. Jamais ! Il s’y passe des choses très étranges... Tu dois me promettre que tu n’iras pas jouer là avec tes copains. Promis ? ». Et chaque fois, le garçon répétait la même chose, c’était presque devenu un automatisme : « Juré, maman ! ». Mais depuis ce temps, il était fasciné par cette forêt. Que s’y passait-il, pour que sa mère en ait tellement peur ?

Toutefois, lorsque le gamin s’était levé la vielle au matin, avec son épaisse chevelure brune en champ de bataille sur sa petite tête, il avait trouvé quelque chose de mystérieux sur le petit bureau près de son lit. Une enveloppe avait été déposée là et adressée à son nom. Il s’était empressé de l’ouvrir et un sourire avait alors oscillé au coin de ses lèvres. Aussitôt, le garçon avait demandé la permission d’aller jouer avec son meilleur copain, ce que sa mère lui avait accordé avec plaisir. Par contre, il ne lui avait pas parlé de sa trouvaille de peur qu’elle lui confisque. Ensuite, il était parti à la course sans prendre le temps de déjeuner.

Sa mère étonnée par son comportement anormal avait tenté de le retenir :

— Mais que se passe-t-il ce matin, tu sembles si pressé ?

Le gamin avait simplement répondu à sa mère sur un ton surexcité :

— Je vais revenir bientôt maman, juré ! 

La mère avait été saisie d'un profond sentiment de doute, car elle connaissait bien son fils et ses idées un peu farfelues, qui parfois lui attiraient des ennuis.

Par la suite, Fin Renard s’était rendu à la course chez son copain qui habitait à quelques maisons de la sienne et avait frappé vivement à la porte.

Le père d’Œil de Faucon avait répondu :

— Tiens, regarde donc ça qui est là… 

L’homme dans la quarantaine à l’apparence pas très sympathique et beaucoup trop corpulent pour ses 1m 50, n’aimait pas Fin Renard. Selon lui, ce gamin mentait plus qu’il ne disait la vérité.

— Que veux-tu, petit démon ?

— Est-ce que je peux jouer avec votre fils ?

L’homme était devenu extrêmement contrarié et agité. Une expression de fureur avait même traversé les traits harassés de son visage grassouillet.

— Non, non, non, et NON ! Chaque fois que tu t’amuses avec mon garçon, tu l’entraines dans tes plans diaboliques. Alors, cette fois c’est NON !

— Je vous en prie, monsieur… avait longuement insisté Fin Renard, lançant du même coup un regard un peu manipulateur vers l’homme à la voix éraillée.

Le père avait soupiré profondément.

— Bon d’accord, jeune homme... Mais promets-moi que cette fois-ci, tu ne feras pas de bêtises, promis ?

— Juré ! Sur ces paroles, Œil de Faucon était apparu derrière son père, la casquette bien enfoncée sur sa tête et était sorti rejoindre son copain en vitesse.

— Bon, allez jouer les garçons, soyez prudent et n’approchez surtout pas de la forêt, d’accord ?

— C’est d’accord ! avaient-ils répondu en chœur tout en rigolant.

L’homme avait refermé la porte brutalement.

Ensuite, les gamins s’étaient dirigés dans la cour arrière de la maison où un arbre énorme était enraciné. Dans cet arbre feuillu se trouvait une cabane en bois que le père d’Œil de Faucon avait construit spécialement pour son fils l’été auparavant. Une échelle fabriquée avec de la corde très solide et des planches de bonne qualité était suspendue à la petite habitation. Œil de Faucon s’était agrippé solidement et avait tenté de la gravir. À la première tentative, le garçon gêné par un surplus de poids plus qu’évident, avait abandonné à bout de souffle. Par contre, au deuxième essai il n’avait pas laissé tomber, mais était monté difficilement jusqu’à la cabane. Lorsqu’il était arrivé finalement en haut, son visage était d’une rougeur alarmante et de grosses gouttes de sueur avaient apparu sur son front. Œil de Faucon avait invité son copain à faire de même. Très agile, Fin Renard avait repoussé sa tignasse de cheveux bruns en arrière et n’avait pris que quelques secondes pour accomplir la tâche. Les gamins étaient entrés ensuite à l’intérieur et avaient tiré rapidement sur l’échelle. Voilà, ils seraient enfin tranquilles !

Le visage de Fin Renard s’était durci avec une froideur paralysante, il avait annoncé sur un ton presque solennel :

— J’ai quelque chose de secret à te montrer, mais tu dois me jurer que tu ne vas rien dire à personne !

— Tu peux me faire confiance. Je te le promets, juré, craché ! Et le garçon avait craché en signe de foi, en s'essuya le visage inondé de sueur avec le revers de son bras.

D’un air méfiant, Fin Renard avait exposé le contenu de l’enveloppe à son meilleur ami.

Œil de Faucon s’était exclamé aussitôt :

— Wow, pas possible ! Où as-tu trouvé ça ?

— Sur mon bureau près de mon lit.

— Pas possible ! Mais qui a déposé ça là, d’après toi ?

— Je n’en ai vraiment aucune idée, mais c’est vraiment chouette !

— Chouette tu dis ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi amusant ! Que comptes-tu en faire ?

— Je crois que j’ai un plan, mais « top secret »…

— Magnifique ! avait lancé Œil de Faucon.

 

* * *

 

Chapitre 1

La forêt interdite

 

L’entrée de la forêt se trouvait devant eux. Le sentier s’enfonçait dans les entrailles de cet endroit trop angoissant qui ne leur inspirait pas confiance. Pourtant, les garçons ne reculeraient pas. Ils devaient exécuter le plan et le suivre à la lettre. Une ambiance de mort régnait dans la forêt, comme si elle était déserte et que tous les animaux avaient fui les lieux, juste avant leur arrivée.

Déjà, la lueur pâle de la pleine lune ne pouvait plus atteindre le sentier, car les milliers d’arbres collés, les uns sur les autres, empêchaient toute luminosité de traverser leurs épais feuillages.

— Où devons-nous aller ? s’informa Œil de Faucon en reniflant un bon coup.

— Il faut suivre ce chemin jusqu’à la passerelle de bois qui traverse un marais un peu plus loin.

— Un marais ? s’étonna-t-il.

Le visage du garçon refléta son inquiétude.

— C’est ce que disent les indications qui sont sur cette carte. Ce marais s’appelle, « Le marais des âmes perdues ».

— D'accord Fin Renard, allons-y. C’est toi le chef ! Mais il avait acquiescé en laissant paraître un brin de découragement.

Fin Renard serra sa carte dans son sac à dos et passa devant. D’un pas sûr, il ouvrit le sentier à l’aide de sa lampe de poche. Cependant, Œil de Faucon qui le suivait avec sa chevelure un peu trop longue, retombant sur sa grosse face, semblait tracassé par quelque chose.

— Je dois t’avouer que toutes ces histoires de Forêt interdite et de Marais des âmes perdues, commencent à me faire vraiment peur… Pas toi ?

Le visage de Fin Renard se crispa d'étonnement et de colère.

— Tu plaisantes ! Moi je trouve ça, super excitant. Toi si tu as la trouille, tu peux toujours retourner à la maison comme une vraie poule mouillée, mais moi, je continue jusqu’au bout !

— Je ne suis pas une poule mouillée ! C’est seulement que j’ai entendu bien des choses au sujet de cette forêt, et que…

— Et quoi ? Tu ne crois quand même pas à toutes ces histoires ridicules qui servent seulement à faire peur aux enfants un peu retardés…

— Oui, justement ! Mon père me racontait l’autre jour l’histoire d’un garçon de notre âge qui avait été s’amuser dans la forêt, sans la permission de ses parents, et qui depuis, était porté disparu... Évaporé ! Personne ne sait ce qui s’est passé, mais les gens racontent que de mauvais esprits hanteraient la forêt la nuit et voleraient les âmes des enfants un peu trop téméraires.

— Et pour en faire quoi, hein, dis-moi ?

— Euh… Je ne sais pas moi.

— Deuxièmement, s’est arrivé quand ton histoire à dormir debout ?

— Il y a bien des années… Enfin, je crois… Mais mon père pourrait te le dire ! répliqua-t-il aussitôt, tentant de convaincre son copain sceptique, même s’il savait très bien que sa tentative échouerait.

— Et tu crois tout ce qu’on ton père te dit ?

— Bien sûr que si ! Mon père connaît beaucoup de choses... Et pourquoi, il me mentirait ?

Le gamin avait paru surpris d’une telle question.

— Comme tu es naïf parfois…

— Mais on fait quoi si c’est vrai, Fin Renard ? demanda Œil de Faucon, en passant une main sur son nez morveux.

Toutefois, le jeune garçon imperturbable ne répondit pas à son copain et se contentait plutôt d’accélérer.

Ils marchèrent une bonne demi-heure en suivant le long sentier sinueux qui traversait la forêt obscure. L’écho de leurs pas écrasant de petites branches tombées sur le sol, brisait le calme qui régnait dans cet endroit un peu trop épeurant. De chaque côté du chemin boisé, les énormes racines des arbres qui parcouraient parfois celui-ci, rendaient l’excursion un peu plus risquée au fur et à mesure qu’ils avançaient. Fin Renard ne ressentait aucun malaise et n’était pas inquiet outre mesure comparativement à Œil de Faucon. Il marchait à une bonne dizaine de mètres au-devant de son compagnon. Son physique plus athlétique et ses jambes beaucoup plus longues que celles de son coéquipier l’avantageaient grandement. Fin Renard était l’éclaireur désigné de leur équipe et accomplissait ce rôle à la perfection, dégageant un air d’assurance dans sa démarche. Œil de Faucon quant à lui, se contentait de suivre et de scruter sans arrêt de gauche à droite l’endroit fébrilement. Il reniflait et éternuait sans arrêt, signe qu’une vilaine grippe s’attaquait à son organisme et que son état s’aggravait. Dirigeant sa lampe partout dans la forêt, le garçon était terrorisé par l’endroit, ne sachant plus très bien, si ce que sa lampe de poche éclairait était bien réel ou pas. La seule émotion qu'on lisait sur son visage était cette angoisse terrible qui l’affligeait. Était-il victime de son imagination ou pire encore, d’effroyables hallucinations ? Pourtant, les innombrables racines démesurées qui percèrent le sol, lui donnaient l’impression d’être de longs tentacules articulés, rampant au travers la forêt à la recherche d’une proie. La chair de poule l’envahissait tellement il était effrayé. Tout apparaissait si tangible, si réaliste à ses yeux, devenus trop pâles. Les tentacules bougeaient, il aurait pu le jurer, et s’avéraient beaucoup plus rapides que lui. Il voyait de son regard empli de terreur, ces appendices tentaculaires se faufiler rapidement en sa direction afin de s’enrouler tout autour de son corps, ayant comme but ultime de le dévorer vivant, et de le laisser par la suite pour mort dans cette terrifiante forêt abandonnée. Œil de Faucon se frotta énergiquement ses yeux bleus dans l’espoir que ces angoissantes hallucinations disparaissent. L’instant suivant, tout était revenu à la normale. Le garçon poussa un soupir de soulagement, mais son visage était d'une blancheur cadavérique.

Le comportement étrange d’Œil de Faucon alerta Fin Renard.

— Que se passe-t-il, Œil de Faucon ?

— Rien du tout, répondit-il d’une façon peu rassurante. 

— Tu es certain ? Tu me sembles un peu préoccupé.

— Non, non… Tout est parfaitement sous contrôle ! Toutefois, son comportement plutôt anormal et ses mains tremblantes le trahirent facilement.

— Si tu le dis, lança simplement Fin Renard en reprenant la route.

Œil de Faucon préférait garder tout ça pour lui. De toute façon, Fin Renard se moquerait de lui en le traitant une fois de plus de poule mouillée. Et que penseraient tous ses copains de classe, lorsqu’ils apprendraient de la bouche même de Fin Renard au retour des vacances d’été, qu’il eut peur dans la Forêt interdite ? Pour le reste de ses jours, ils les entendraient le ridiculiser dans la cour d’école en criant en chœur : « Poule mouillée ! Poule mouillée ! Poule mouillée ! ». La pire insulte qui soit pour un garçon de son âge ! Juste à y penser, il préférait la forêt et ses horribles tentacules…

« Poule mouillée ! Poule mouillée ! Poule mouillée ! »

Les deux garçons s’enfoncèrent de plus en plus dans la forêt. Œil de Faucon avait repris ses esprits et avait retrouvé sa cadence du début. Puis brusquement, Fin Renard s’arrêta et fit signe de la main à son copain tout en sortant de son sac à dos la carte secrète. Le garçon renifla et s’approcha lentement. C’est à ce moment qu’il comprit que la carte que Fin Renard possédait ne faisait pas erreur. Bien au contraire. Affichant un large sourire un peu étrange, Fin Renard pointa le faisceau de sa lampe de poche vers un écriteau fabriqué de vieilles planches de bois, annonçant d’une façon un peu sinistre en lettres gravées et peinturées en rouge « MARAIS DES ÂMES PERDUES — À VOS RISQUES ET PÉRILS ! ».

Dès lors, ils appréhendèrent le pire des aventures pour eux.

 

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BIOGRAPHIE - PASKAL RAINVILLE

 

Paskal Rainville est né le 26 février 1974, à St-Hyacinthe dans la belle province de Québec. Citoyen de la charmante ville de Granby depuis quelques années, il occupe présentement un emploi en tant que technicien de production chez IBM Bromont, une usine de haute technologie en Estrie. Leader de nature, il s’est vite fait connaître à travers divers projets qui l’ont mené à diriger et assister ses collègues de travail.

 

Entrepreneur depuis son adolescence, il a conduit de main de maître une formation métal sérieuse du nom de Mass Murder en tant que gérant, guitariste, auteur et compositeur. Sa musique et ses textes comparés par la critique à ceux des plus grands dans le genre musical, ont été présentés pour la toute première fois lors du lancement d’un premier album « Memories of blood » à Montréal en 1998. Encore aujourd’hui même si la formation n’est plus active, il reste une figure marquante de la scène locale.

 

Aquariophile de talent, un de ses passe-temps préféré est de réaliser des « mini- récifs » avec toute la vie qui en découle et l’expertise nécessaire pour maintenir ces écosystèmes en santé. On retrouve plusieurs liens Internet sous son nom traitant des aquariums d’eau salée. Toujours en quête d’apprentissage, il est devenu au cours des dernières années friand de psychologie et de comportements humains. Plus habile et grandi par ses études dans le domaine. Parions qu’il utilisera toute sa science pour nous faire vivre un cataclysme d’émotions au travers ce manuscrit.

 

Passionné depuis son adolescence par l’écriture, ce n’est toutefois qu’en 2002 qu’il débuta la rédaction de son premier roman. Voici donc, au printemps de notre siècle, l’aboutissement de cinq longues années de travail, Le mystère de la rose noire. C'est dans un rythme endiablé qu’il nous conduit maintenant dans son nouvel exutoire, la littérature fantastique. Un thriller qui nous enfonce dans une réalité sombre et déroutante où l’horreur, le meurtre et la manipulation sanguinaire de ses personnages nous propulsent dans ce récit des plus inattendus.

 

Pour terminer, soyez certain d’une chose, si l’obscurité sous votre lit vous effraie, vous donne la chair de poule et vous empêche de fermer l’œil la nuit, il en est rien si on la compare à celle qui s’échappe de la plume de cet écrivain — le poète de l’ombre.

 

 

Dark

 

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Paskal Rainville se fera un plaisir de lire
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