ROLAND MALTAIS

Autobiographie,

en collaboration avec Marcel Maltais,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Laval, 3 décembre 2009

218 pages, illustré.

ISBN 978-2-89612-322-3

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PRÉSENTATION

Si tu tombes, relève-toi !, autobiographie, Roland Maltais,

Fondation littéraire Fleur de Lys
 

Roland est né à Nouvelle en 1928. Il a fait ses études à Rimouski et s’est marié à Smooth Rock Falls. Sa vie est une série de déménagements et d’aventures hors du commun.

Son autobiographie nous présente un homme courageux et modeste, qui raconte sa vie avec chaleur et enthousiasme.

Aventures de travail dans les moulins à papier, aventures familiales avec Lulu et les enfants, aventures de voyage aux États-Unis, au Mexique et en Europe.

Roland rappelle aussi le grand bonheur qu’il a eu de s’impliquer dans les sports, dans la Baie-des-Chaleurs ainsi que dans les Jeux du Québec.

Le ton est à la confidence. On découvre sous ce texte un excellent conteur, un homme épris de justice, un homme de devoir et qui a réussi sa vie.

«Si tu tombes, dit-il, relève-toi ! Et ne capitule jamais !»

 

EXTRAIT

 

À mon épouse de toujours Lucienne

Mes enfants

Jocelyne
Gérald
Daniel
Denise
Guylaine

Mes petits-enfants

René
Isabelle
Dominique
Philippe
Maxime
Ève Marie
Sandrine
Karine
Jennifer
Chantal Marie

Mes arrière-petits-enfants

Blanche Dilan
Jérome Owen
Benoit


Remerciements

Je tiens à remercier de tout cœur Mme Pauline E. Roy, pour avoir écrit à l’ordinateur mon brouillon, et un donateur anonyme qui a défrayé le coût de l’impression de ce livre.

Merci surtout à Lulu pour sa compréhension, car je l’ai quittée bien des heures pendant trois ans, pour me consacrer à mon manuscrit.



* * *


Si tu tombes, relève-toi
Si tu rencontres un obstacle
Passe par-dessus, s’il est trop gros,
Contourne-le. Mais ne capitule jamais !

Roland Maltais


Introduction

 

Ce qui suit est un bref résumé de ce qu’a été ma vie, avec ce qu’il me reste de souvenirs, avec des hauts et des bas, des joies et des peines, des réussites et des déceptions. De mes souvenirs, certains sont joyeux, gratifiants, flatteurs et même sécurisants. D’autres sont douloureux, choquants, décourageants et incompréhensibles. Devrais-je entrer dans les détails de ces qualificatifs en me racontant ? Ce n’est peut-être pas une bonne idée, quoique ça permettrait aux lecteurs de connaître ce qu’ont été, à mon égard, les individus que j’ai eu le privilège ou la malchance de côtoyer durant toutes mes années. Ça risquerait d’égratigner certaines personnes qui me sont très chères, et d’en blesser d’autres inutilement, ce qui pourrait ressembler à un règlement de comptes. Donc, je me contenterai d’omettre certaines vérités.

 

* * *

 

Le début

 

Je suis né le 13 mai 1928 et mes souvenirs les plus lointains remontent aussi loin que le début de l’automne 1929. Je me rappelle que ma tante Douce m’avait fait cadeau d’un petit habit de matelot de couleur bleu marine avec une bordure blanche sur la chemise, il y avait une petite poche dans laquelle se trouvait un petit sifflet en bois qui était aussi retenu par un cordon passé autour du cou. Grand-père Maltais était assis au bout du poêle, me retenant entre ses genoux pour m’empêcher de tomber. Après beaucoup d’efforts et de patience, il réussit à m’enseigner à siffler comme un vrai matelot, disait-il. C’est le seul souvenir que j’ai de lui, il décéda le 26 novembre 1929 à l’âge de 73 ans.

On habitait à Nouvelle, la partie Est (qu’on appelait à l’époque Drapeau à cause du bureau de poste). La maison paternelle était construite sur une côte près de l’école et nos voisins étaient d’un côté le moulin à farine et la forge de monsieur Edmond Landry (dit Pandoux), et de l’autre côté ma tante Douce et le garage de monsieur Antoine Savoie (parrain à Bernard). Le paysage était très beau : nous avions une très belle vue sur la rivière qui se séparait en trois branches devant la maison à 200 mètres.

Par une belle journée d’été, très chaude, voyant plusieurs enfants dans la petite rivière, j’invite Pierre, Raymond et Alonzo à me suivre et on va se baigner. Maman s’est vite aperçue que tout à coup c’était devenu tranquille autour de la maison. Elle n’a pas eu à chercher longtemps pour nous retrouver. Elle a vite entendu les cris de joies venant de la rivière. À notre grand désespoir, notre baignade a vite été interrompue et étant ‘’le plus vieux‘’, j’étais le seul coupable puisque j’étais supposé donner l’exemple.

Si ma mémoire est bonne, j’ai reçu une claque aux fesses à tous les 10 pieds jusqu’à ce qu’on soit rendus à la maison. Pour terminer l’aventure, maman nous a fait comprendre à sa façon qu’il faudra apprendre à nager avant de retourner se baigner. J’avais alors une douzaine d’années.

L’héritage

Vers la même époque, oncle Willie qui s’était marié en 1929, travaillait dans un moulin à scie qui appartenait à un nommé ‘’Turney’’. Son travail consistait à huiler ou graisser toutes les phares qui en avaient besoin, à la grandeur du moulin. En voulant huiler un ‘’ bearing ‘’ à l’arrière d’un ‘’tightner’’ (tentionneur) de courroie, sa manche de chemise fut aspirée entre le rouleau et la courroie et le bras qui tenait le huilier lui passa entre les deux, lui broyant totalement la main et l’avant-bras. Il fut immédiatement transporté à l’hôpital de Campbellton où on lui coupa le bras 4 pouces en bas du coude. Il avait à peine 30 ans. Papa, qui était marié depuis moins de 10 ans, allait payer cher son héritage (la ferme). Déjà, il gardait grand-père et grand-mère Maltais, tante Douce et ses trois enfants et par la force des choses oncle Willie et tante Cadie.

C’est certainement durant cette période que papa et maman ont gagné leur ciel. Pour suffire à la tâche, les deux devaient travailler de 12 à 16 heures par jour et 7 jours par semaine. Cette situation ne dura pas longtemps, puisque grand-père décéda en novembre 1929 et oncle Willie partit pour l’Ontario aussitôt que son bras fut guéri et qu’il se fit fabriquer une prothèse (crochet) pour pouvoir travailler.

La famille

Pendant ce temps, maman était presque toujours enceinte; la nature lui avait donné la capacité de travailler à ses travaux ménagers jusqu’au jour de l’accouchement. Je me rappelle l’avoir vue laver le plancher de la cuisine à genoux après dîner… et à trois heures le bébé était né ! On l’a appelé Aurèle.

Ce qui précède s’est passé durant ce qu’on a appelé La grande dépression ou La grande noirceur de 1929 à 1939, soit le début de la seconde guerre mondiale. L’histoire nous rappelle qu’après le ‘’Krash’’ de la bourse en 1929, il n’y avait plus de travail, plus d’argent, toutes les entreprises et manufactures étaient fermées, les seuls qui pouvaient espérer vivre décemment et manger à leur faim étaient les fermiers, mais pour nourrir, habiller et chauffer tout le monde, il fallait travailler presque jour et nuit. Aujourd’hui, quand on est porté à se plaindre, on devrait se rappeler ce que nos parents ont eu à souffrir pour qu’on puisse vivre dans l’abondance.

 

AU SUJET DE L'AUTEUR

 

Roland Maltais

 

Roland est né à Nouvelle en 1928. Il a fait ses études à Rimouski et s’est marié à Smooth Rock Falls. Sa vie est une série de déménagements et d’aventures hors du commun.

Son autobiographie nous présente un homme courageux et modeste, qui raconte sa vie avec chaleur et enthousiasme.

Aventures de travail dans les moulins à papier, aventures familiales avec Lulu et les enfants, aventures de voyage aux États-Unis, au Mexique et en Europe.

Roland rappelle aussi le grand bonheur qu’il a eu de s’impliquer dans les sports, dans la Baie-des-Chaleurs ainsi que dans les Jeux du Québec.

Le ton est à la confidence. On découvre sous ce texte un excellent conteur, un homme épris de justice, un homme de devoir et qui a réussi sa vie.

«Si tu tombes, dit-il, relève-toi ! Et ne capitule jamais !»
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