Extrait
Chapitre I - Surprise
6
Novembre 2003
La
pluie martèle fortement la vitre de la chambre.
A
demi éveillée, Véronique s’étire dans son grand lit sous les draps brodés,
héritage des travaux de sa grand-mère maternelle. Cette mamy adorable était sa
seule famille. Du moins la seule qu’elle connaissait.
Son
acte de naissance assure qu’elle est née un 19 août 1971 de Catherine Mirol et
de père inconnu. Mamy n’a jamais voulu parler de cette histoire et avait
toujours affirmé que c’était mieux ainsi.
Véronique pousse un profond soupir ; après l’abandon de sa mère lors de sa venue
au monde, le décès de Mamy lui laisse un grand vide au fond du cœur et une
insondable énigme.
Elle
jette un coup d’œil sur le radio-réveil.
–
Zut! 7heures 30! Il ne s’est pas mis en route. Je vais encore être en retard,
soupire t-elle, découragée.
Depuis deux ans elle est la secrétaire d’un architecte bougon et toujours de
mauvaise humeur. Si ce n’était son salaire, Véronique l’aurait déjà plaqué.
Et
son salaire, elle l’économise au maximum. C’est le seul moyen d’aménager une
partie de l’appartement que Mamy lui a légué en cabinet de psychothérapeute.
Bien
situé à Montigny-les-Metz, il comporte trois chambres en plus du salon, dont une
indépendante qui communique avec l’extérieur et qui pourrait servir de salle
d’attente. Une disposition idéale.
Elle
saute du lit, furieuse contre la technologie et contre elle-même. Elle ne sait
pas très bien! Il lui semblait pourtant avoir mis la sonnerie en route en
rentrant du mariage de sa meilleure amie Grâce!
–
Bon, tant pis, pas de petit déjeuner ce matin!
Au
volant de sa petite Austin bleue, soucieuse et tendue, elle se demande : «
Pourquoi ce sacré radio-réveil n’a-t-il pas fonctionné?» Un piéton est évité
de justesse en passant au feu rouge, « je suis bien nerveuse» pense
t-elle, les dents serrées puis, elle négocie un virage à frôler le trottoir et
s’engouffre dans le parking souterrain de la place Saint-Jacques, sort de son
véhicule en oubliant de fermer la porte, revient sur ses pas.
C’est la dernière chose dont elle se souviendra plus tard.
–
Yolanda mi amor…
Véronique essaie de bouger mais une douleur aigue à la tête la fait renoncer.
Où-est-elle? A-t-elle bien entendu un homme l’appeler Yolanda? Elle veut réagir
mais aucun son ne sort de sa gorge, elle se sent lourde, impuissante. Sans
forces. Une profonde lassitude l’envahit et elle s’abandonne à une douce
torpeur.
Ce
n’est que quelques heures plus tard qu’elle sortira du brouillard.
Son
regard se porte avec attention sur tout ce qui l’entoure. Le mur vert pâle, un
lit métallique, une table de chevet avec un gros bouquet de fleurs.
–
Une chambre d’hôpital… J’en suis sûre. Et Seule…
Elle
tente de se souvenir : le parking, les clés oubliées dans sa voiture… et après?
A-t-elle été agressée? Elle appuie sur la poire disposée sur son lit et appelle
une infirmière. Celle-ci arrive rapidement :
–
Bonjour Madame, enfin réveillée?
Véronique ne se pose pas trop de questions sur l’accent prononcé de
l’infirmière, beaucoup d’étrangères travaillent dans les hôpitaux.
–
Que m’est-il arrivé?
–
Une agression… Heureusement votre époux est arrivé à temps et a fait fuir votre
attaquant!
Son
époux! Véronique ne se souvient pas d’avoir épousé qui que ce soit! Elle a eu
des aventures mais aucune assez importante pour qu’elle la prenne au sérieux!
Elle
pose les mains sur sa tête et sent le bandage :
–
Est-ce grave?
– Un
gros choc sur la tête mais tout va bien à présent, vous êtes hors de danger.
L’infirmière s’éloigne
–
Mademoiselle attendez! Puis-je avoir un miroir?
Quelques instants plus tard l’infirmière lui présente un miroir de sac.
Véronique l’ouvre fébrilement et se regarde :
–
Ouf je ne suis pas défigurée!
En
effet c’est bien son visage, ses yeux verts, son nez qu’elle a toujours trouvé
trop long et sous le bandeau ses cheveux auburn. Elle est donc perplexe de se
retrouver avec un époux.
Inutile de s’en faire pour le moment, il faut d’abord qu’elle appelle son patron
pour le prévenir qu’elle a eu un accident.
Pourvu qu’il soit compréhensif!
Elle
fait le numéro mais il n’y a pas de tonalité au bout du combiné.
–
Il faut que je me lève et que je sorte de cet hôpital! Je ne dois pas perdre mon
emploi
La
porte s’ouvre et un homme d’une quarantaine d’années s’adresse à elle :
–
Que felicidad mi amor! La enfermera me tiene téléphoné para prevenir me que te
habías despertado. ¡ Soy tan feliz!
–
Quel bonheur ma chérie! L’infirmière m’a téléphoné pour me prévenir que tu étais
réveillée. Je suis si heureux!
Véronique fixe cet homme, il a fière allure dans son costume trois pièces, il
ressemble à un aristocrate, un peu vieille France, mais son teint basané et son
regard sombre découleraient plutôt d’une appartenance latino. De plus, il parle
espagnol. Son sourire serait irrésistible dans une autre situation mais là, non…
elle ne le connaît pas!
Il a
un accent qu’elle n’arrive pas vraiment à définir mais a compris ce qu’il a dit
en raison des neuf années d’apprentissage de cette langue et de ses nombreux
voyages en Espagne. Serait-ce lui le fameux mari dont parlait l’infirmière?
Peut-être parle-t-il aussi français?
–
Qui êtes-vous?
L’homme s’arrête dans son élan, interloqué… puis continue dans un français
hésitant mais clair :
– Je
suis Eduardo, ton mari… Yolanda mi amor ne me reconnais-tu pas?
–
Vous vous êtes trompé de chambre, je ne suis pas Yolanda je suis…
–
Calmes-toi chérie, tu as subi un fort traumatisme…
–
Mais je ne suis pas amnésique!
Eduardo voyant sa femme s’agiter appelle le médecin qui arrive très vite avec
deux infirmières :
" ¡
De tranquilo Señora Esteban! Este estado es sólo pasajero, sus memorias volverán
poco a poco... "
"Du calme Madame Esteban! Cet état n'est que passager, vos souvenirs reviendront
peu à peu..."
– Je
me souviens parfaitement et cessez de me parler en espagnol!
Immobilisée sur le lit, elle ne peut continuer à parler, une infirmière lui fait
une injection, elle se sent planer…
Au sujet de
l'auteur
Auteur
membre
de la Fondation littéraire Fleur de Lys
 |
Née le 20 Août 1946 à Montigny-les Metz, Moselle
– Lorraine – France. Mariée, quatre enfants :
deux fils et des jumelles. Sept petits-enfants
dont les trois aînés sont à l’école militaire du
Prytanée à La Flèche. Titulaire d’un
baccalauréat technique : commerce et
comptabilité. A fréquenté le conservatoire de
musique de Metz.
Artiste
peintre amateur depuis l’âge de quatorze ans.
|
Début
comme aide comptable dans une compagnie d’assurance, puis secrétaire
dans une autre société du même genre, secrétaire de direction pour une
compagnie bancaire et enfin fonctionnaire des postes après un arrêt de
dix ans pour élever ses enfants.
A
présent à la retraite ce qui lui permet de se consacrer à l’écriture.
Premier roman : « Les trois dames » publié en juin 2005 par La Fondation
littéraire Fleur de Lys à Montréal.
Blogue de l'auteur
Associations
littéraires :
Fondation littéraire Fleur de Lys
Écrivain Avenir
Rue des auteurs
Autres livres du même auteur :
La tatouée de l'île d'émeraude
C comme quoi

Le libre arbitre d'Alice
Communiquer avec l'auteur
Madame Violette Wawerinitz-Ruer se fera un plaisir de lire
et
de répondre personnellement à vos courriels.
Adresse
de correspondance électronique :
violetteruer@msn.com
Blogue de l'auteur
Appréciation de la
Fondation littéraire Fleur de Lys par l'auteur
Bonjour,
De nos jours, éditer un livre par la voie
traditionnelle est trop souvent hors de prix. Selon
ma propre expérience : montants compris entre 1800
et 5200 euros. Les éditeurs profitent de la
situation et c'est simplement scandaleux. D'autres,
ne se donnent même pas la peine de lire le
manuscrit.
J'ai été agréablement surprise par l'accueil de la
Fondation Fleur de Lys. Les réponses aux mails sont
rapides. Les conseils sont judicieux. Le travail
d'édition très sérieux et la rapidité de l'édition
me font recommander chaleureusement cette Fondation.
L'ambiance est amicale.
Je ne peux que me féliciter d'avoir adhéré à la
Fondation littéraire Fleur de Lys.
Cordialement
Violette Wawerinitz-Ruer,
Brie Comte Robert, Seine et Marne, France.