Vers un autre horizon - Journal d'une
renaissance, roman,
Yolande Vinnac, Fondation
littéraire Fleur de Lys
À l’aube de sa retraite, Marlène, de tempérament non
conformiste, vit ses derniers instants d’enseignante
dans l’effervescence de sa classe de jeunes adultes.
Elle se laisse transportée un moment par les belles
promesses du cours de préparation à la retraite.
Rattrapée par la réalité, elle ose remettre en
examen les valeurs sociales auxquelles elle a adhéré
jusqu’à présent. Elle entreprend alors une profonde
réflexion qu’elle partage avec son ami Laurent dans
un contexte de découverte de la nature et de son
environnement.
Cette prise de conscience lui fait vivre des moments
fantaisistes de bonheur et d’intérêts communs avec
ses meilleurs amis : des fêtes, des soupers et des
rencontres insoupçonnées.
Marlène prend le temps de vivre, de fortifier ses
relations, d’intensifier sa vie familiale et de
s’interroger sur un bénévolat qui viendrait
réconforter son avenir sans altérer son
porte-feuille.
Bousculée par ses convictions religieuses, elle
recherche un équilibre qui la propulse vers un autre
horizon, au seuil d’un bénévolat insolite. La quête
de ses valeurs intimes lui donne une nouvelle
perspective de vie.
Vers un autre horizon - Journal d'une
renaissance, roman,
Yolande Vinnac, Fondation
littéraire Fleur de Lys
Extrait 1
« …Laurent, Fabienne et Luigi rient à gorge déployée près d’un vieil érable,
confident discret des plaisanteries, des bêtises, des grivoiseries, des
amours, des misères et des peines. « Ah! Voilà Marlène », s’exclament-ils en
levant leur verre. D’autres amis me suivent comme un cortège de noces. Sam,
fort et énergique, dans la jeune soixantaine s’affirme comme le plus parfait
des machos. Imposant par sa stature il fait souvent pleurer les bébés
effarouchés par sa longue barbe de patriarche. II vient de faire une arrivée
remarquée. Nous le surnommons « l’homme qui chiffre tout » puisque dans ses
propos il fait toujours remarquer les coûts, les prix, les estimations, les
aubaines, les épargnes, les taux, les tarifs, les montants et les valeurs.
Rien ne lui échappe et on peut lui faire confiance pour négocier n’importe
quoi. C’est à lui que chacun s’adresse pour obtenir le meilleur profit.
C’est un passionné de moto, pas n’importe laquelle : « la Harley Davidson »
s’il vous plaît! Elle l’accompagne dans toutes ses virées des trois saisons;
il en parle avec frénésie et la dorlote avec exubérance. Aujourd’hui, il se
surpasse dans la confection de plusieurs desserts. Chef cuisinier méconnu il
est plus qu’apprécié de ses proches pour ses prodigieux gâteaux et ses plats
mijotés avec amour lors des légendaires soupers des jeudis soir avec ses
fils. Cet après-midi il arrive les bras chargés de ses prestigieuses
pâtisseries, un millefeuille géant, une reine Élisabeth tout aussi grandiose
et deux tartes au sucre, confiseries doucement fondantes. Il a un sens
exceptionnel de l’humour, son rire est explosif, son dévouement incomparable
et son dynamisme audacieux. Colette approche aussi, artiste peintre dans la
fin soixantaine, c’est une amie découverte à travers ses expositions et son
art. Elle affectionne particulièrement les chats et possède un penchant inné
pour la nature et les animaux. Ornithologue passionnée, elle réserve une
pièce de sa grande maison victorienne à une volière où circulent en liberté
les plus rares oiseaux exotiques. Vêtue de ses plus beaux atours et coiffée
comme une princesse aux cheveux longs tressés, Colette ressemble à une belle
au bois dormant qui paraît surgir d’une autre époque. Plus à l’aise avec
l’anglais qu’avec le français, elle a cette facilité de passer d’une langue
à l’autre. J’aime m’entretenir avec elle et éprouve un vif plaisir à
entendre cette modulation aux tons harmonieux. Colette a apporté du Cherry
que Fabienne et moi aimons particulièrement. Elle n’a pas oublié les hommes
pour lesquels elle présente avec délicatesse une bouteille de Lagavulin 16
ans, 43% d’alcool, un Whisky élu meilleur « single malt » tourbé, de l’Île
de Islay à l’ouest de l’Écosse. Il offre à l’œil une couleur vieil or aux
reflets ambrés et au nez des arômes de tourbe et de fumée. Invariablement il
sait prendre la première place des apéros pour des connaisseurs comme
Laurent, Luigi et Sam. Chacun, verre à la main, rejoint la table en pleine
nature chargée de tous les mets plus aromatiques les uns que les autres. Le
barbecue répand son fumet jusque chez les voisins, ça sent bon le poulet
rôti, c’est un vrai festin! Laurent lance un discours élogieux et me tire
quelques larmes puis il ramasse une cascade d’applaudissements, la fête
commence. Les voix s’entremêlent et l’ambiance chaleureuse nous inonde. «
Vive Marlène à la retraite! » s’exclame Luigi. « Vive Marlène » reprennent
les autres. Laurent s’esquive pour introduire Chopin, mon compositeur
préféré. La fête se prolonge jusqu’aux petites heures du matin. Puis chacun
regagne son domicile alors que Laurent m’invite à rester dormir à la petite
maison blanche. J’accepte avec plaisir, je me sens si fragile… »
Extrait 2
« … Micheline, décédée trop tôt après sa retraite, a laissé un vide cruel
chez Danièle et moi. J’ai partagé avec Micheline des fous rires
incontrôlables durant les réunions. Je me souviens de cette période lorsque
nous étions toutes les deux enceintes et que nous devions quitter
précipitamment la salle. Il nous fallait vite anesthésier ces rires
embrasés, impénétrables et perturbants qui mettaient les autres dans tous
leurs états! Depuis l’âge de vingt-cinq ans, nous en avons passé des jours,
des mois et des années à partager les situations des plus cocasses aux plus
angoissantes dans ce monde des coulisses de l’éducation. Nous nous sommes
confié nos plus intimes secrets. Ces souvenirs indélébiles entretiendront
cette grande amitié que mes consœurs appelaient « le trio amical »
transformé à grand-peine en duo amical… »
Extrait 3
« …Encore un saut à la Société des Alcools et je m’aventure sur le pont
Jacques-Cartier. Il est 14 h 00. Embouteillage alarmant! C’est vendredi, les
Montréalais s’enfuient loin de la ville la fin de semaine. Heureusement j’ai
toujours dans ma boîte à CD une musique appropriée à l’humeur du temps. Je
choisis Arielle Dombasle, pour la douceur de sa voix et les délicieuses
interprétations des chansons « C’est magnifique » et « C’est si bon... »
Sans m’en rendre compte, je viens de passer le pont.
M’approchant de la petite maison blanche, trois voitures se frôlent dans le
stationnement. Il y a là Colette « la belle au bois dormant », Luigi «
l’aventurier », Sam et sa moto, Fabienne « la cinéphile », Charles-Antoine
et Laurent. Laurent a organisé pour la fin de semaine une exposition en
plein air consacrée aux talents de ses amis. Chacun doit apporter quelques
objets moulés, sculptés, travaillés, de fantaisie ou de collection,
exprimant ce langage insaisissable d’attachement et d’appartenance entre soi
et l’objet. Laurent prévoit mettre en valeur toutes les créativités de ses
amis. Il veut faire naître une sorte d’état d’âme destiné à la plus grande
rêverie des poètes. Il a lancé une invitation à son cercle d’amis rêveurs
pour venir rendre hommage à cette talentueuse exposition. Ces objets
bizarres, colorés, fragiles, lourds ou symboliques, déclenchent à coup sûr
la passion et l’émerveillement par cette juxtaposition irrationnelle. Les
hommes s’occupent de monter un stand d’exposition. Il faut bien suspendre,
étaler, accrocher ou épingler dehors tous ces objets. Laurent,
Charles-Antoine et Colette s’appliquent à tendre entre deux arbres une
immense toile que Colette vient tout juste de peindre sur le thème de «
l’union mystique ». Ce chemin de toile exprime les croyances et les forces
contemplatives où les licornes, les félins, les crucifix et l’homme
s’entremêlent. Un jeu de couleurs, de lumières et d’ombres se cristallise
dans une métamorphose irraisonnée. Cette immense toile aux reflets violacés
se confond avec les delphiniums et donne au jardin ensoleillé un air de
fête. Quant à Fabienne, sensible à l’instabilité des forces de la nature,
elle a un adorable penchant pour la neige poudreuse, les flots mouvants et
le souffle généreux du vent. Lors de ses vacances au bord de la mer, elle
prend plaisir à courir sur la plage dénudée et à laisser aller au gré du
vent un de ses cerfs-volants. Elle s’évertue avec passion à le faire
disparaître dans le bleu du ciel. Elle attire l’attention sur une petite
partie de sa collection. Sam n’hésite pas à promener la grande échelle le
long du jardin puis à l’accoter sur le gros arbre. Il veut y fixer, sous le
regard inquiet de Fabienne, quelques-unes de ces étoffes voilées après une
course effrénée d’un bout à l’autre du jardin pour les faire lever dans les
cieux. On croirait voir un manège en plein ciel où batifolent des oiseaux au
bec rouge, des flamands roses, un paon, des étoiles de mer, un dragon et des
masques de soie ou de satin agrémentés de plumes, de dentelles et de rubans.
Ces cerfs-volants féériques déployés aux quatre vents balayent l’azur aux
couleurs d’été.
Luigi et Charles-Antoine se dépêchent d’installer deux petites tables de
bois retrouvées au sous-sol et les drapent de blanc pour y disposer de
curieux objets. Sam retourne à sa moto pour y décrocher une sacoche remplie
de menus articles tous marqués de l’emblème Harley-Davidson. Il dépose avec
minutie : écussons, porte-clés, décapsuleurs, stylos, housses de téléphones,
tasses, verres, autocollants, casquettes, écharpes, jouets de peluche… Bien
sûr, il est vêtu de l’arsenal vestimentaire signé Harley-Davidson. Très
élégant, il porte avec mérite et distinction la marque typique des plus
célèbres motos sur le marché. Il est admirable pour s’être initié
tardivement à ce sport et pour avoir développé une remarquable maîtrise de
son bolide.
Luigi annonce alors l’heure du thé, il dépose sur la table de la terrasse
quelques tasses de porcelaine aux motifs chinois. « Faites votre choix »,
dit-il. Puis, il ouvre un coffret contenant les thés les plus réputés
d’Angleterre et de Chine. « C’est le meilleur temps de la journée, déclare
Laurent. Je sens que le jardin va devenir royal avec tous ces joyaux que
vous avez apportés, s’exclame Charles-Antoine. » Calmement, chacun déguste
le thé avec goût et finesse en humant délicatement le nuage de vapeur
aromatisé qui se dissipe lentement… »
Née
en 1947, l’auteure a vécu sa petite enfance en
Allemagne puis a regagné la France avec sa famille
pour y vivre son adolescence. À l’âge de 15 ans,
elle suit les siens qui s’installent à Montréal,
ville qui lui est chère et qu’elle adoptera pour
toujours.
Elle poursuit ses études secondaires au Collège
Français puis obtient un baccalauréat en Sciences
infirmières à l’Université de Montréal. En 1971 elle
débute comme infirmière en chirurgie à l’Hôpital
St-Luc de Montréal. Elle complète sa formation
générale par l’obtention d’une maîtrise en Sciences
infirmières option éducation et entreprend une
carrière d’enseignante sur une période de plus de 30
ans. Son parcours la propulse en recherche sur
l’étude des milieux cliniques pour le compte de
l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. À
travers son cheminement, elle participe à
l’élaboration de différents programmes éducatifs et
à la formation de plusieurs professeurs.
Parallèlement l’auteure s’oriente vers les médecines
douces. Dans les années 80, elle devient praticienne
en massothérapie et réflexologue. Dans ses dernières
années de professorat, son vaste champ d’intérêt
dans le domaine de la santé l’amène à se mettre à
l’épreuve en soins psychiatriques. L’auteure
développe son expertise en relation d’aide comme
intervenante en milieu psycho carcéral.
Au fil des ans, elle a développé divers intérêts
notamment en matière artistique. Les musiques du
monde comblent son univers en démarquant la
fluctuation de ses émotions. Son immense besoin de
créer la pousse à s’introduire à la peinture et à
faire quelques expositions à Saint-Jean-Port-Joli.
Elle apprécie également la cinématographie qui lui
révèle des scènes de beauté naturelle aux dialogues
et aux images simples et émouvants. De plus,
l’auteure reste sensible à la littérature qui la
transporte ailleurs et qui la fait voyager soit à
travers le temps ou découvrir des lieux étranges
comme celui de Nicholas Vanier dans son livre « Le
voyageur du froid », passionné pour la découverte du
Grand Nord.
Outre sa passion pour les arts, l'auteure
affectionne spécialement la nature. Cette tendance
l’entraîne à suivre la migration des oiseaux
notamment des oies blanches d’abord à Cap-Tourmente
près de Québec puis à Baie-du-Febvre. Cette démarche
place l’auteure en contact avec la culture et la
littérature des premières nations envers laquelle
elle témoigne un profond respect. Les parcs, les
espaces verts et les fontaines attirent
particulièrement l'auteure où elle aime passer des
heures à voir les enfants s’exclamer et rire.
Adepte de l’humour elle fortifie, auprès de ses
petits-enfants, son sens de la fantaisie en
partageant avec eux des jeux de rôles imaginaires et
farfelus.
Elle raffole aussi des promenades en ville : les
boutiques de la rue St Denis à Montréal, la vie
animée du centre-ville, celle du Vieux-Port aux
premières heures du jour. Elle aime découvrir l’âme
de chaque ville à travers ses habitants.
Maintenant à la retraite l’auteure dispose de plus
de temps pour écrire et partager la joie, le plaisir
et la satisfaction des événements de la vie vus sous
le jour de la réflexion et de la réjouissance.
Elle souhaite par ce premier livre reconnaître et
faire partager à ses lecteurs la simplicité de la
vie, en éloigner le dégoût ou l’insignifiance, en
déguster les saveurs pour en apprécier les beautés
universelles.
Vers un autre horizon - Journal d'une
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dit,
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humanitaire et socioculturelle.
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