Chronologie des événements
Mai 2002 - projet de site Internet
personnel.
Après quelques refus d'éditeurs,
Serge-André Guay étudie la
possibilité d'offrir ses essais sur
Internet. Il cherche à savoir
comment se doter d'un site Internet
personnel. Mais une statistique
revient sans cesse le hanter : les
éditeurs traditionnels refusent plus
de 90% des manuscrits soumis à leur
attention. Monsieur Guay se rend
compte qu'il est loin d'être un cas
isolé. Des centaines voire des
milliers d'auteurs sont contraints
de remiser leurs œuvres au fond de
leurs tiroirs. Plusieurs se tournent
vers l'Internet avec des sites
personnels plus ou moins
fonctionnels, souvent sans aucune
option de vente en ligne. Aussi,
rares sont les auteurs qui disposent
des moyens financiers utiles pour
commander à un imprimeur les
exemplaires papier de leurs œuvres
afin de les mettre en vente sur
leurs sites personnels. «Et si des
auteurs se regroupaient afin de se
doter d'un site Internet
collectif... ?» se demande
Serge-André Guay. Il fait donc de
son projet personnel un projet
collectif.
Juin 2002 - étude de marché au sujet
de l'édition en ligne.
Serge-André Guay entreprend une
vaste étude du marché de l'édition
en ligne. Douze mois plus tard, son
fonds de recherche compte plus de
10,000 pages d'information traitant
de tous les aspects de ce nouveau
secteur de l'édition.
Une analyse poussée des avantages et
des inconvénients donne lieu à
l'élaboration du concept idéal. Ce
dernier corrige la plupart des
problèmes soulevés par les auteurs à
la suite de leur expérience de
l'édition en ligne en Europe et aux
États-Unis d'Amérique où l'édition
en ligne se développe rapidement. Il
s'agit du premier projet du genre au
Québec et au Canada Français.
Un porte-parole de la Société
québécoise de développement des
entreprises culturelles
(gouvernement du Québec) soutient
que s'il n'y a pas d'éditeur
libraire en ligne au Québec, c'est
tout simplement parce qu'il n'y a
pas de besoin.
Juin 2003 - mise en ligne d'un site
d'information.
Serge-André Guay baptise son concept
«Manuscrit dépôt», réserve le nom de
domaine www.manuscritdepot.com,
s'initie tant bien que mal à la
préparation d'un site Internet et
met en ligne ce dernier afin de
sonder l'intérêt des auteurs. Un
formulaire sur le site permet aux
auteurs intéressés de se prononcer
sur les différents aspects du
projet. L'objectif est d'obtenir
l'appui de 365 auteurs.
Un communiqué de presse est émis.
Radio Canada y donnera suite.
L'Union des Écrivains et des Écrivaines Québécois (UNEQ)
est invitée à se prononcer sur le
projet par Radio Canada. Elle
demande à son avocat conseil de
communiquer avec Monsieur Guay avant
de se prononcer. La discussion porte
sur le contrat d'édition et quelques
termes juridiques employés sur le
site. Des changements sont apportés
au concept afin de respecter les
acquis gagnés de haute lutte par les
auteurs. L'avocat demande pourquoi
le projet est ouvert uniquement aux
nouveaux auteurs (n'ayant pas encore
une publication à leur actif. «Mais
tout simplement parce que ce sont
eux qui éprouvent des difficultés à
trouver un éditeur», répond Monsieur
Guay. Ce à quoi l'avocat rétorque :
« Mais nos membres aussi ont de la
difficulté à trouver un éditeur ». Le
projet est alors ouvert à tous les
auteurs.
Des milliers de courriels sont
envoyés aux auteurs répertoriés dans
les différents annuaires littéraires
disponibles sur Internet. Il en va
de même pour les associations
d'auteurs, d'éditeurs, de
libraires,... En fait, tous les
intervenants de la chaîne du livre
québécois sont informés du projet,
le premier du genre au Québec et au
Canada Français.
Une demande de subvention discrétionnaire est adressée au
ministre québécois de la culture et
des communications.
«Discrétionnaire» parce qu'aucun
programme officiel de subvention ne
couvre l'édition en ligne.
Septembre 2003
Un premier bilan de la campagne
d'information. Plus de 100 auteurs
appuient le projet.
L'Internet n'ayant pas de frontière
et malgré le fait que la France
compte plus d'une trentaine
d'éditeurs en ligne, la fondation
obtient l'appui de plusieurs auteurs
français. Le caractère unique du
concept d'édition en ligne mis de
l'avant par la fondation est de plus
en plus reconnu. L'approche auteur
privilégiée, le caractère
communautaire et la transparence ne
sont que quelques-uns des faits
saillants de la popularité
grandissante du projet.
Plusieurs auteurs déposent d'emblée
leurs manuscrits et expriment le
souhait que le projet se concrétise
rapidement. Le besoin est démontré.
Novembre 2003
Une entité légale voit le jour. La
compilation des formulaires d'appui
au projet laisse clairement entendre
que les auteurs souhaitent que ce
projet soit l'œuvre d'un organisme
sans but lucratif. La demande
d'incorporation adressée au
gouvernement du Québec respecte la
volonté des auteurs. L'organisme est
baptisé : Fondation littéraire Fleur
de Lys, pour faire contrepoids au
critique du nom donné au projet
(Manuscrit dépôt), un peu trop
commercial selon certains.
Une demande de subvention est adressée au gouvernement du
Canada (Ministère du Patrimoine
canadien, programme Culture
canadienne en ligne).
La demande de subvention adressée six mois plus tôt (juin
2003) au gouvernement du Québec doit
être déposée à nouveau : le dossier
a été perdu.
Décembre 2003 - Pré ouverture.
Craignant de perdre des appuis en raison de l'impatience de
plusieurs auteurs, la maison
d'édition se met en branle. Une
contribution volontaire de 25.00$
canadiens est demandée à chaque
auteur pour chaque œuvre déposée.
Pressée par le temps, la fondation retient les services de
paiements en ligne PayPal,
malheureusement uniquement
disponible en anglais en Amérique du
Nord. La fondation offre une
traduction des instructions de
PayPal. Les commandes postales
(paiement par chèque envoyé par la
poste régulière) sont acceptées.
La fondation retient les service de l'entreprise Copie de
la Capitale pour l'impression à la
demande (un exemplaire à fois à la
demande expresse de chaque lecteur).
Un premier titre est mis en ligne le 21 décembre 2003. On
parle d'une «pré ouverture» de la
librairie.
Le programme « Un don = Un livre » est lancé. La fondation
ne vend pas ses livres, elle les
offre en remerciement à un don
équivalent au prix des livres. Elle
évite ainsi une gestion ardue des
taxes de vente, à l'instar de
plusieurs autres organismes sans but
lucratif.
Janvier 2004
La demande de subvention adressée au gouvernement du Canada
est refusée pour des raisons
administratives : la charte de la
fondation n'a pas été déposée avec
la demande. Pourtant, le formulaire
gouvernemental comprenait bel et
bien l'option : « En voie
d'incorporation ».
Le gouvernement du Québec délivre la charte de la fondation
presque
au même moment.
Février 2004
La demande de subvention adressée au gouvernement du Québec
est refusée parce qu'il n'y a pas de
programme d'aide pour l'édition en
ligne. Nous le savions et c'est
justement pourquoi nous avions
demandé une subvention dite
«discrétionnaire». Nous devons
conclure que le ministre auquel
était adressé la demande n'a pas été
informé du projet puisque la réponse
vient d'un fonctionnaire cadre, le
conseiller politique impliqué ayant
transmis la demande à ce dernier
plutôt qu'au ministre.
Mars 2004
La fondation lance sa propre campagne de financement dans
le cadre de son programme «Un don =
Un livre». Objectif : 25,000$
canadiens.
Juin 2004
Ouverture officielle de la librairie en ligne avec plus
d'une trentaine de titres.
Octobre 2004
La fondation participe à son premier salon du livre, celui
de la région de l'Estrie (Québec),
grâce au support financier de ses
auteurs. Il s'agit de la toute
première participation d'un éditeur
libraire en ligne à un salon du
livre au Québec. Et pour ce faire,
la direction du Salon du livre de
l'Estrie aura contourné le règlement
de l'Association des Salons du livre
du Québec interdisant la
participation d'éditeurs dont la
production n'est pas distribuée en
librairies traditionnelles (ou
uniquement sur Internet). La
décision de la direction du Salon de
l'Estrie poussera l'association à
laisser chaque salon du livre libre
d'accueillir ou non la fondation.
Novembre 2004
La fondation participe au Salon du livre de Rimouski. Elle
en tirera une première apparition à
la télévision alors que la station
du réseau TVA à Rimouski lui
consacre un reportage qui sera
repris sur le réseau national.
Une deuxième demande de subvention est déposée au
gouvernement du Canada (Ministère du
Patrimoine canadien, programme
Culture canadienne en ligne).
Décembre 2004
La demande de subvention adressée au gouvernement du Canada
est refusée. Le comité consultatif a
refusé le seul projet d'édition en
ligne en liste, une décision
politique qui revient à la ministre
selon la fondation. Des démarches
sont entreprises afin que la
ministre approuve ou renverse la
décision, ce qui implique qu'elle
soit officiellement informée du
projet.
La fondation obtient l'appui de plus de 200 auteurs. Plus
de 30% de ces auteurs proviennent de
la France. La fondation compte
également sur l'appui de quelques
auteurs de l'Afrique francophone.
Bref, la fondation
s'internationalise.
La fondation termine l'année avec plus de 70 titres édités.
L'objectif de la campagne de financement fixé à 25,000$ est
dépassé. Au total, la fondation a
amassé 40,000$, ce qui lui permet
d'assumer l'explosion de ses
dépenses de base, excluant tout
salaire. En effet, malgré ses
revenus, la fondation n'est toujours
pas en mesure de créer les deux
emplois espérés. Tout le travail est
l'œuvre de bénévoles qui se
questionnent sur leur avenir et
celui de la fondation.
La fondation se voit dans l'obligation de modifier son
contrat d'édition. Désormais, la
licence d'édition accordée à la
fondation par l'auteur est
exclusive. Et l'auteur se voit forcé
de renoncer à l'autoédition et à
l'édition à compte d'auteur de son
œuvre. Plusieurs auteurs
profitaient indûment du travail
d'édition de la fondation en vendant
eux-mêmes des exemplaires de leurs
livres, privant ainsi la fondation
du fruit de ses efforts. Il n'est
donc plus possible de s'autoéditer
ou de se faire éditer à compte
d'auteur en même temps qu'on est
édité par la fondation.
Janvier 2005
La contestation du refus de la demande de subvention par le
gouvernement du Canada s'intensifie.
Février 2005
La fondation se voit dans l'obligation de demander à chaque
auteur un don de 250.00$ canadiens
pour chaque œuvre en contrepartie
duquel elle lui donnera 10
exemplaires papiers de son livre
qu'il pourra vendre afin de financer
son don. Ce faisant, la fondation
s'assure des entrées d'argent utiles
pour faire face à l'explosion de ses
dépenses de base. La décision a
aussi pour effet d'impliquer
l'auteur dans la vente d'exemplaires
de son livre à son entourage. Cette
approche permet à la fondation de
survivre d'ici la tenue d'une
campagne publicitaire grand public
dans le but d'attirer des lecteurs
sur son site.
Mars 2005
Rencontre avec la responsable du Québec au cabinet du
Premier ministre du Canada dans le cadre des démarches de contestation
du refus de la demande de subvention adressée au ministère Patrimoine
canadien, programme Culture canadienne en ligne.
Lancement de la construction de la bibliothèque en ligne.
Rénovation du site Internet de la fondation. Conscient que
son site Internet demeure le fruit du travail bénévole d'amateurs, la
fondation déploie à nouveau quelques efforts pour rehausser l'image de
son site Internet.