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Historique de la Fondation littéraire Fleur de Lys

Résumé

 

La Fondation littéraire Fleur de Lys a vu le jour en juin 2003 à l'initiative d'un auteur et de sa partenaire, Serge-André Guay et Renée Fournier. Tout commence par la mise en ligne d'un site Internet consacré à son projet d'éditeur libraire en ligne alors baptisé «Manuscrit dépôt». Les auteurs intéressés sont invités à appuyer le projet et à se prononcer sur son orientation. Six mois plus tard, la fondation compte déjà sur l'appui de plus d'une centaine d'auteurs qui souhaitent la mise sur pied d'un organisme sans but lucratif pour réaliser le projet. Leur vœu est exaucé et la fondation publie son premier titre le 21 décembre 2003. Depuis, le succès de la fondation ne cesse de se confirmer malgré de modestes revenus et l'absence d'aide gouvernementale, comme en témoigne la chronologie des événements ci-dessous.

 

 

Chronologie des événements

 

Mai 2002 - projet de site Internet personnel.

 

Après quelques refus d'éditeurs, Serge-André Guay étudie la possibilité d'offrir ses essais sur Internet. Il cherche à savoir comment se doter d'un site Internet personnel. Mais une statistique revient sans cesse le hanter : les éditeurs traditionnels refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention. Monsieur Guay se rend compte qu'il est loin d'être un cas isolé. Des centaines voire des milliers d'auteurs sont contraints de remiser leurs œuvres au fond de leurs tiroirs. Plusieurs se tournent vers l'Internet avec des sites personnels plus ou moins fonctionnels, souvent sans aucune option de vente en ligne. Aussi, rares sont les auteurs qui disposent des moyens financiers utiles pour commander à un imprimeur les exemplaires papier de leurs œuvres afin de les mettre en vente sur leurs sites personnels. «Et si des auteurs se regroupaient afin de se doter d'un site Internet collectif... ?» se demande Serge-André Guay. Il fait donc de son projet personnel un projet collectif.

 

Juin 2002 - étude de marché au sujet de l'édition en ligne.

 

Serge-André Guay entreprend une vaste étude du marché de l'édition en ligne. Douze mois plus tard, son fonds de recherche compte plus de 10,000 pages d'information traitant de tous les aspects de ce nouveau secteur de l'édition.

 

Une analyse poussée des avantages et des inconvénients donne lieu à l'élaboration du concept idéal. Ce dernier corrige la plupart des problèmes soulevés par les auteurs à la suite de leur expérience de l'édition en ligne en Europe et aux États-Unis d'Amérique où l'édition en ligne se développe rapidement. Il s'agit du premier projet du genre au Québec et au Canada Français.

 

Un porte-parole de la Société québécoise de développement des entreprises culturelles (gouvernement du Québec) soutient que s'il n'y a pas d'éditeur libraire en ligne au Québec, c'est tout simplement parce qu'il n'y a pas de besoin.

 

Juin 2003 - mise en ligne d'un site d'information.

 

Serge-André Guay baptise son concept «Manuscrit dépôt», réserve le nom de domaine www.manuscritdepot.com, s'initie tant bien que mal à la préparation d'un site Internet et met en ligne ce dernier afin de sonder l'intérêt des auteurs. Un formulaire sur le site permet aux auteurs intéressés de se prononcer sur les différents aspects du projet. L'objectif est d'obtenir l'appui de 365 auteurs.

 

Un communiqué de presse est émis. Radio Canada y donnera suite.

 

L'Union des Écrivains et des Écrivaines Québécois (UNEQ) est invitée à se prononcer sur le projet par Radio Canada. Elle demande à son avocat conseil de communiquer avec Monsieur Guay avant de se prononcer. La discussion porte sur le contrat d'édition et quelques termes juridiques employés sur le site. Des changements sont apportés au concept afin de respecter les acquis gagnés de haute lutte par les auteurs. L'avocat demande pourquoi le projet est ouvert uniquement aux nouveaux auteurs (n'ayant pas encore une publication à leur actif. «Mais tout simplement parce que ce sont eux qui éprouvent des difficultés à trouver un éditeur», répond Monsieur Guay. Ce à quoi l'avocat rétorque : « Mais nos membres aussi ont de la difficulté à trouver un éditeur ». Le projet est alors ouvert à tous les auteurs.

 

Des milliers de courriels sont envoyés aux auteurs répertoriés dans les différents annuaires littéraires disponibles sur Internet. Il en va de même pour les associations d'auteurs, d'éditeurs, de libraires,... En fait, tous les intervenants de la chaîne du livre québécois sont informés du projet, le premier du genre au Québec et au Canada Français.

 

Une demande de subvention discrétionnaire est adressée au ministre québécois de la culture et des communications. «Discrétionnaire» parce qu'aucun programme officiel de subvention ne couvre l'édition en ligne.

 

Septembre 2003

 

Un premier bilan de la campagne d'information. Plus de 100 auteurs appuient le projet.

 

L'Internet n'ayant pas de frontière et malgré le fait que la France compte plus d'une trentaine d'éditeurs en ligne, la fondation obtient l'appui de plusieurs auteurs français. Le caractère unique du concept d'édition en ligne mis de l'avant par la fondation est de plus en plus reconnu. L'approche auteur privilégiée, le caractère communautaire et la transparence ne sont que quelques-uns des faits saillants de la popularité grandissante du projet.

 

Plusieurs auteurs déposent d'emblée leurs manuscrits et expriment le souhait que le projet se concrétise rapidement. Le besoin est démontré.

Novembre 2003

 

Une entité légale voit le jour. La compilation des formulaires d'appui au projet laisse clairement entendre que les auteurs souhaitent que ce projet soit l'œuvre d'un organisme sans but lucratif. La demande d'incorporation adressée au gouvernement du Québec respecte la volonté des auteurs. L'organisme est baptisé : Fondation littéraire Fleur de Lys, pour faire contrepoids au critique du nom donné au projet (Manuscrit dépôt), un peu trop commercial selon certains.

 

Une demande de subvention est adressée au gouvernement du Canada (Ministère du Patrimoine canadien, programme Culture canadienne en ligne).

 

La demande de subvention adressée six mois plus tôt (juin 2003) au gouvernement du Québec doit être déposée à nouveau : le dossier a été perdu.

 

Décembre 2003 - Pré ouverture.

 

Craignant de perdre des appuis en raison de l'impatience de plusieurs auteurs, la maison d'édition se met en branle. Une contribution volontaire de 25.00$ canadiens est demandée à chaque auteur pour chaque œuvre déposée.

 

Pressée par le temps, la fondation retient les services de paiements en ligne PayPal, malheureusement uniquement disponible en anglais en Amérique du Nord. La fondation offre une traduction des instructions de PayPal. Les commandes postales (paiement par chèque envoyé par la poste régulière) sont acceptées.

 

La fondation retient les service de l'entreprise Copie de la Capitale pour l'impression à la demande (un exemplaire à fois à la demande expresse de chaque lecteur).

 

Un premier titre est mis en ligne le 21 décembre 2003. On parle d'une «pré ouverture» de la librairie.

 

Le programme « Un don = Un livre » est lancé. La fondation ne vend pas ses livres, elle les offre en remerciement à un don équivalent au prix des livres. Elle évite ainsi une gestion ardue des taxes de vente, à l'instar de plusieurs autres organismes sans but lucratif.

 

Janvier 2004

 

La demande de subvention adressée au gouvernement du Canada est refusée pour des raisons administratives : la charte de la fondation n'a pas été déposée avec la demande. Pourtant, le formulaire gouvernemental comprenait bel et bien l'option : « En voie d'incorporation ».

 

Le gouvernement du Québec délivre la charte de la fondation presque au même moment.

 

Février 2004

 

La demande de subvention adressée au gouvernement du Québec est refusée parce qu'il n'y a pas de programme d'aide pour l'édition en ligne. Nous le savions et c'est justement pourquoi nous avions demandé une subvention dite «discrétionnaire». Nous devons conclure que le ministre auquel était adressé la demande n'a pas été informé du projet puisque la réponse vient d'un fonctionnaire cadre, le conseiller politique impliqué ayant transmis la demande à ce dernier plutôt qu'au ministre.

 

Mars 2004

 

La fondation lance sa propre campagne de financement dans le cadre de son programme «Un don = Un livre». Objectif : 25,000$ canadiens.

 

Juin 2004

 

Ouverture officielle de la librairie en ligne avec plus d'une trentaine de titres.

 

Octobre 2004

 

La fondation participe à son premier salon du livre, celui de la région de l'Estrie (Québec), grâce au support financier de ses auteurs. Il s'agit de la toute première participation d'un éditeur libraire en ligne à un salon du livre au Québec. Et pour ce faire, la direction du Salon du livre de l'Estrie aura contourné le règlement de l'Association des Salons du livre du Québec interdisant la participation d'éditeurs dont la production n'est pas distribuée en librairies traditionnelles (ou uniquement sur Internet). La décision de la direction du Salon de l'Estrie poussera l'association à laisser chaque salon du livre libre d'accueillir ou non la fondation.

 

Novembre 2004

 

La fondation participe au Salon du livre de Rimouski. Elle en tirera une première apparition à la télévision alors que la station du réseau TVA à Rimouski lui consacre un reportage qui sera repris sur le réseau national.

 

Une deuxième demande de subvention est déposée au gouvernement du Canada (Ministère du Patrimoine canadien, programme Culture canadienne en ligne).

 

Décembre 2004

 

La demande de subvention adressée au gouvernement du Canada est refusée. Le comité consultatif a refusé le seul projet d'édition en ligne en liste, une décision politique qui revient à la ministre selon la fondation. Des démarches sont entreprises afin que la ministre approuve ou renverse la décision, ce qui implique qu'elle soit officiellement informée du projet.

 

La fondation obtient l'appui de plus de 200 auteurs. Plus de 30% de ces auteurs proviennent de la France. La fondation compte également sur l'appui de quelques auteurs de l'Afrique francophone. Bref, la fondation s'internationalise.

 

 La fondation termine l'année avec plus de 70 titres édités.

 

L'objectif de la campagne de financement fixé à 25,000$ est dépassé. Au total, la fondation a amassé 40,000$, ce qui lui permet d'assumer l'explosion de ses dépenses de base, excluant tout salaire. En effet, malgré ses revenus, la fondation n'est toujours pas en mesure de créer les deux emplois espérés. Tout le travail est l'œuvre de bénévoles qui se questionnent sur leur avenir et celui de la fondation.

 

La fondation se voit dans l'obligation de modifier son contrat d'édition. Désormais, la licence d'édition accordée à la fondation par l'auteur est exclusive. Et l'auteur se voit forcé de renoncer à l'autoédition et à l'édition à compte d'auteur de son œuvre. Plusieurs auteurs profitaient indûment du travail d'édition de la fondation en vendant eux-mêmes des exemplaires de leurs livres, privant ainsi la fondation du fruit de ses efforts. Il n'est donc plus possible de s'autoéditer ou de se faire éditer à compte d'auteur en même temps qu'on est édité par la fondation.

 

Janvier 2005

 

La contestation du refus de la demande de subvention par le gouvernement du Canada s'intensifie.

 

Février 2005

 

La fondation se voit dans l'obligation de demander à chaque auteur un don de 250.00$ canadiens pour chaque œuvre en contrepartie duquel elle lui donnera 10 exemplaires papiers de son livre qu'il pourra vendre afin de financer son don. Ce faisant, la fondation s'assure des entrées d'argent utiles pour faire face à l'explosion de ses dépenses de base. La décision a aussi pour effet d'impliquer l'auteur dans la vente d'exemplaires de son livre à son entourage. Cette approche permet à la fondation de survivre d'ici la tenue d'une campagne publicitaire grand public dans le but d'attirer des lecteurs sur son site.

 

Mars 2005

 

Rencontre avec la responsable du Québec au cabinet du Premier ministre du Canada dans le cadre des démarches de contestation du refus de la demande de subvention adressée au ministère Patrimoine canadien, programme Culture canadienne en ligne.

 

 Lancement de la construction de la bibliothèque en ligne.

 

Rénovation du site Internet de la fondation. Conscient que son site Internet demeure le fruit du travail bénévole d'amateurs, la fondation déploie à nouveau quelques efforts pour rehausser l'image de son site Internet.

 

 

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