

FONDATION LITTÉRAIRE
FLEUR DE LYS
Plus de 150 auteurs,
un exemplaire à la fois
David Patry
Le Journal de Montréal
Dernière modification : 11h39
La Fondation
littéraire Fleur de Lys, pionnière de l'édition en ligne au Québec, fête ses
cinq ans. Plus de 150 auteurs ont profité des services de cette fondation au
parcours peu banal.
Au début des années
2000, l'auteur Serge-André Guay cherchait un éditeur, sans succès. Sans trop le
savoir, il était loin d'être le seul dans sa situation. "Quatre-vingt-dix pour
cent des manuscrits soumis aux éditeurs sont rejetés", affirme M. Guay.
C'est alors qu'a
germé dans sa tête l'idée de créer un éditeur dans Internet afin de donner une
chance à tout un chacun d'être publié. Au coeur de ce projet, un nouveau procédé
révolutionnaire: l'impression à la demande.
Il s'agit d'imprimer
un livre un exemplaire à la fois. Le coût d'impression par livre est
nécessairement plus cher, mais l'éditeur y trouve son compte car il ne reste pas
pris avec des centaines d'exemplaires invendus si un livre ne remporte pas le
succès escompté. Les risques financiers sont donc réduits au minimum.
Lancée la veille de
la Fête nationale 2003, le 23 juin (d'où son nom), la fondation a depuis publié
plus de 200 oeuvres de 150 auteurs différents. Par le biais de son site
Internet, plus de 5 000 livres en format numérique ont été téléchargés, en plus
des copies papier traditionnelles vendues.
Pas de soutien
gouvernemental
Seule ombre au
tableau: la fondation n'a jamais réussi à obtenir de soutien gouvernemental pour
assurer sa croissance.
"Pourtant, j'étais
certain qu'ils allaient s'impliquer dès le départ. Il n'y avait pas d'éditeur en
ligne au Québec, et on est en retard par rapport à l'Europe", indique
Serge-André Guay.
Faute de subvention,
il a failli mettre la clé dans la porte l'année dernière. Mais depuis, il s'est
ressaisi et est prêt à faire vivre son projet tant et aussi longtemps qu'il
offrira un service apprécié des auteurs. Ce sont d'ailleurs eux qui en financent
les activités, en payant leurs services d'édition.
Peu importe,
l'organisme poursuit son travail de pionnier. Pour l'instant, les éditeurs
traditionnels ne se sont pas penchés sur cette méthode.
"Quand les appareils
de lecture portable (les fameux livres électroniques) vont finir par envahir le
marché, on va avoir un problème, indique M. Guay. On va lire quoi, là-dessus, si
les livres québécois n'y sont pas disponibles?"
D'où l'importance
d'explorer les nouveaux modes d'édition par Internet. "La fondation n'a pas de
gros frais. On va la maintenir à vie", assure son fondateur.
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