La première
librairie-café «au monde» d'un éditeur libraire numérique francophone sera
implantée à Outremont ou à Mont-Royal. C'est ce qu'annonce Serge-André Guay,
président éditeur de la Fondation littéraire Fleur de lys, premier éditeur
libraire en ligne à but non lucratif au Québec.

«La principale chose qu'on n'a pas encore réussi à satisfaire chez les auteurs,
c'est le fameux rêve d'avoir son livre en vitrine en dehors d'Internet,
c'est-à-dire dans la rue. C'est donc dans cette optique que nous voulons ouvrir
une librairie-café où nous offrirons uniquement nos livres en vitrine, et ce,
dans un café où les lecteurs et auteurs se retrouveront. Il y aura une foule
d'activités dans cette librairie-café.»
Les administrateurs principaux de la Fondation, Serge-André Guay et Renée
Fournier, la secrétaire trésorière et libraire, ont quitté Lévis en banlieue de
Québec et se sont installés à Outremont en se donnant un an pour établir la
librairie-café et le siège social de la fondation. Outremont serait le coup de
cœur des auteurs, selon M. Guay.
«Nous sommes un organisme francophone, nous cherchions un milieu francophone
d'un certain niveau intellectuel dans la population. Je trouve l'arrondissement
d'Outremont très intéressant pour son français même s'il y a énormément
d'anglais qui se parle ici.»
Il précise toutefois que rien n'est définitif, car le choix du lieu
d'emplacement est encore à l'étude. «On m'a parlé du Plateau-Mont-Royal, mais
ceux-ci ne sont apparemment pas prêts à accueillir d'autres librairies. Il y en
aurait déjà beaucoup selon la Corporation de développement économique et
communautaire Centre-Sud-Plateau-Mont-Royal (CDEC). Moi, je leur réponds que
c'est la concentration qui fait vendre».
Il faut signaler que des démarches officielles n'ont pas encore été faites aux
deux arrondissements pour savoir quelle est leur opinion sur le sujet.
Campagne de financement en automne
Le président éditeur de la Fondation indique qu'une campagne de financement
populaire est prévue pour cet automne afin de trouver les fonds nécessaires à la
réalisation du projet. En effet, jusqu'à ce jour, l'organisme est parvenu à
autofinancer ses dépenses grâce aux dons de ses auteurs et lecteurs.
Toutefois, selon M. Guay, la réalisation du projet de librairie ne pourrait
reposer sur ces seuls dons. «Il n'y a pas d'aide pour l'édition en ligne de la
part des gouvernements, mais il peut y avoir de l'aide pour le regroupement
d'auteurs. Les gouvernements ne subventionnent pas les librairies, mais pour la
partie animation, littéraire, il peut y avoir de l'aide comme on nous l'a
signifié au ministère de la Culture et des Communications du Québec.»
Et si jamais la fondation n'amasse pas assez de fonds lors de cette campagne de
financement, M. Guay assure qu'il n'abandonnera pas le projet et s'ajustera au
budget récolté.