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La révolution
du monde de l’édition est à la porte du Québec. L’Université McGill
vient d’acquérir le premier «guichet automatique du livre», capable
d’imprimer des ouvrages un à un, sur demande, a appris RueFrontenac.com.
Dès le
printemps, la bibliothèque de l’Université McGill sera garnie d’une
Espresso Book Machine (EBM), véritable usine à livres miniature valant
près de 100 000$. Nommée par le Time Magazine parmi les inventions de
l’année en 2007, cette machine représente, selon son fabricant, «la plus
grande avancée dans l’édition depuis la presse de Gutenberg».
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Véritable guichet automatique pour les
livres, l’Espresso Book Machine donne accès à près d’un
million de titres, imprimés sur-le-champ en moins de trois
minutes. L’Université McGill sera le seul établissement du
Québec à offrir ce service.
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Un
livre en trois minutes
L'EBM
permet d’imprimer, un exemplaire à la fois, des livres de 300 pages en
trois minutes, et ce, pour la modique somme de 3$. Les livres ainsi
produits sont en tous points identiques à ceux qui sortiraient d’une
imprimerie traditionnelle. Déjà, près d’un million de titres,
majoritairement en anglais, sont ainsi disponibles.
Le procédé,
communément appelé «impression à la demande», est de plus en plus
répandu en Europe et aux États-Unis. «Depuis une dizaine d’années,
l’impression à la demande est pratiquée partout sauf ici, en raison du
débit et de la petitesse du marché», explique le responsable du livre et
de l’édition à la SODEC, Louis Dubé. L’Université McGill sera la
première institution québécoise à s’équiper d’une EBM.
Des
coûts de production minimes
La machine
inverse ni plus ni moins la chaîne traditionnelle du livre. Normalement,
les éditeurs impriment des centaines d'exemplaires d’un ouvrage, avant
de les distribuer dans les librairies et de tenter de les écouler auprès
des consommateurs. Cette façon de faire implique de grands
investissements et le risque de se retrouver avec des dizaines
d'exemplaires invendus.
«Au Québec, pour amortir les coûts de production d’un roman
conventionnel qui n’a pas d’illustrations, on doit vendre de 500 à 1000
exemplaires, explique Louis Dubé. Avec l’impression à la demande, ce
serait zéro, théoriquement. Mais il faut aussi tenir compte de
l’investissement technologique», dit-il.
Mais le coût en vaudrait la chandelle. «Chaque exemplaire imprimé est un
exemplaire vendu d’avance», explique l’éditeur de la Fondation
littéraire Fleur de lys, pionnier de l’impression à la demande au
Québec, Serge-André Guay. Celui-ci fait souvent affaire avec des
imprimeurs européens qui utilisent cette technique depuis la fin des
années 1990 et sa fondation tente d’amasser les fonds nécessaires pour
se procurer une EBM.
Le test
L’Université
McGill sera, avec une poignée d’autres institutions privilégiées en
Amérique du Nord, un des endroits choisis pour tester le nouvel
appareil.
«Nous sommes à
numériser certains éléments de notre collection de livres rares qui font
partie du domaine public (libres de droits), explique la directrice des
bibliothèques de l’Université McGill, Janine Schmidt.
Cette
collection, qui compte notamment des titres comme A Christmas Carol,
de Charles Dickens, sera bientôt disponible sur le Web et pourront
facilement être imprimés grâce à l'Expresso Book Machine (EBM). «C'est
pourquoi nous avons décidé d'acquérir la machine», indique Mme Schmidt.
Dans les
bibliothèques, l’EBM peut également être utilisée pour donner accès aux
titres qui ne se retrouvent pas dans les rayons. Il suffit alors de
demander à un bibliothécaire d’imprimer un exemplaire pour le rendre
disponible pour consultation.
Pour plus d’informations :
http://www.ondemandbooks.com/
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