Revue de presse

 

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Éditeur en ligne

 

 

Pour le plaisir des mots

 

 

(Le JOURNAL de Lévis, VOTRE HEBDOMADAIRE COOPÉRATIF, Lévis, 20 août 2003, page 12, Marie-Eve Belzile) Publier dans Internet? Imprimer un livre en un seul exemplaire? Vendre des ouvrages numériques? Donner une chance à une panoplie d’auteurs inconnus? Le projet Manuscrit Dépôt, des Lévisiens Serge-André Guay et Renée Fournier, deviendra à l’automne le premier éditeur libraire Québécois en ligne, dont le seul critère pour être publié demeurera le respect la Charte des droits et des libertés de la personne.

 

À la suite d’un refus de trois manuscrits, Serge-André Guay était convaincu qu’il ne faisait pas partie d’une minorité. Il estime que les éditeurs traditionnels refusent 90% des manuscrits qu’ils reçoivent à cause de leur capacité limitée à publier des nouveautés. Ce spécialiste en marketing a donc décidé de se lancer avec sa partenaire sur le net pendant 12 mois afin de monter une étude de marché.

 

«On s’est dit que l’édition sur Internet c’était la solution, explique-t-il. Sauf que pour faire ça de façon plus professionnelle, ça prend un investissement énorme pour avoir un site transactionnel. On a alors pensé à le faire aussi pour tous les gens qui sont dans la même situation que nous.»

 

En surfant à travers différents sites, le couple s’est vite rendu compte qu’en Ontario, aux États-Unis et en Europe, le marché était déjà développé. Au Québec, le terrain n’avait cependant pas encore été défriché. «La résistance est claire, confie-t-il. L’édition sur Internet a un impact direct sur l’édition traditionnelle. On présuppose que cet impact est négatif et que si on vend des livres sur Internet on va moins en vendre en librairies, sauf que c’est le contraire qui se produit. En Europe et aux États-Unis, la vente des livres numériques a fait augmenter les ventes du livre papier.»

 

 

Auteurs recherchés

 

Pour que le projet aboutisse, les deux partenaires doivent obtenir l’appui de 365 auteurs ou encore la promesse de 365 manuscrits afin d’alimenter le site. La première année, une redevance de 25% 1 sera accordée aux écrivains pour ensuite augmenter l’année suivante à 50%. Afin d’offrir des copies papier aux lecteurs intéressés, les promoteurs du projet Manuscrit Dépôt utiliseront la technologie de l’impression sur demande.

 

«Nous avons deux choix, remarque Serge-André Guay. Soit que l’on démarre de façon artisanale au début avec des livres reliés avec une spirale en boudins et une couverte couleur plastifiée ou alors on se joint à un imprimeur intéressé. Présentement, il y en a trois. Ils veulent acheter la machine, mais ils n’ont rien à imprimer, de là notre slogan “la force, c’est le contenu“. Et le contenu, ils le veulent.»

 

Présentement, 118 auteurs se sont joints au projet et près de 150 manuscrits sont en banque. Le site transactionnel se mettra par contre uniquement en branle si le nombre fixé est atteint. Pour visiter le site : www.manuscritdepot.com.

 

 

Notes ajoutées par Serge-André Guay

 

Note : depuis la publication de cette article, la redevance a du être ramenée à 10% pour les deux années du contrat.

 

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