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« La poésie est vraiment mon
lieu
de calme et de beauté. »

Pour commencer la semaine de la poésie,
nous rencontrons aujourd’hui
Christian-Shanti, l’auteur d’Au soir de Mao. Un entretien qui démontre si besoin en était que l’écriture peut aussi être une valeur refuge.
Introduction – « Je participe volontiers à ce genre d’entretien, et même sachant que je paraîtrai « old fashioned » et prétentieux. Je suis « old fashioned ».
Mais la prétention est celle que je dois à mes textes ! Aussi comme un orage s’en vient, j’ai des douleurs musculaires reliées probablement à « l’air de terre » qui nous fait pressentir le tonnerre…
Mais c’est pour toutes ces raisons que je viens de déménager à Chicoutimi ! Pour me rapprocher du temps, et de ces quatre éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air ! J’ai besoin de la Nature dans ma nature. C’est elle ma plus grande source d’inspiration. Ce n’est pas un auteur. Mais une Femme superbe ! Et Mon Dieu.
Parcours – « Ouf… ça commence direct : par une psychose ! Puis par la rencontre de M. Guy Lafond à l’Université de Montréal en création littéraire : j’y ai appris 80% de ce que je sais. C’est Guy Lafond qui m’a créé poète ! Il est aussi un Grand Poète de ce monde. J’étais très angoissé à 20 ans. Il me faisait lire La Jeune Parque de Valéry, « mon » grand livre, lorsque j’avais des vertiges dans le métro. J’avais des obsessions sanglantes à tout moment, et à fleur de peau. M. Lafond est venu à moi comme un père. Non, un Maître ! Ainsi cela a-t-il commencé : il expliquait dans le cours que c’était facile de faire un poème. Il a demandé à chacun de dire un mot et une phrase. J’étais l’un des derniers assis à l’arrière. Alors les gens disaient : un oiseau, la couleur verte, le fleuve et ainsi de suite… Puis, quand est arrivé mon tour j’ai crié : « Allez tous manger de la marde ! »
Plus tard, il m’a
donné son adresse et son numéro de téléphone. Nous nous sommes assis chaque
semaine ensemble. Et il me recevait. Je devais apporter 5 poèmes. Et on les
corrigeait.
Cela a duré 15 ans.
J’ai finalement tout
refait Rimbaud… Pour me retrouver dans une longue psychose à 25 ans. J’ai refait
mon langage… Excusez-moi, mais c’est trop compliqué. Et personne ne peut
comprendre ce qui s’est passé. Ni moi. Mais tout s’est produit à partir de la
poésie !!!
Écriture – « J’ai simplement coché la case « création littéraire » comme cours à mon choix, aléatoire, lors de ma cinquième tentative de choix en Mineur Arts et Sciences à l’Université… Ça peut mener loin ce genre de choses !
Contexte – « Je dois prendre une pause. Je n’ai pas encore lu les autres questions, mais la première m’a tué… Faut savoir que je peux changer d’avis la semaine prochaine sur tout ce que je peux écrire… c’est la vérité du moment. Tout le monde sait bien cela : il n’y a que les sots qui ne changent pas d’idées…
Alors je dois vous
expliquer comment je procède. Je ne pense jamais « livre » avant d’en concevoir
un. Je suis un poète et j’écris tous les jours. Vers deux-trois heures, je
prends une feuille de papier ou une « napkin », peu importe. Il y a quelque
chose au fond de moi qui « voit ». Je suis « pris ». Et je me mets à travailler.
Rien d’autre n’existe. Je me retrouve chez moi avec des cafés trop froids. Des
fois, je mange très vite. D’habitude je bois du jus et du lait. Je recommence
mon travail sur de belles pages blanches. (Je supprime… sans cesse…) Et il se
révèle un poème ! Alors je me mets sur l’ordinateur et je fais souvent d’autres
coupures et travaux. Car l’ordinateur donne une autre impression. Il est prêt !
Je l’expédie à mes correspondants. Je fais des poèmes. Un jour, dieu sait
pourquoi, je décide que j’en ai assez. Et je reprends tout mon travail. En
interaction avec l’appréciation de mes correspondants, je choisis les meilleurs.
Je refais un dernier travail sur les poèmes.
Et je me retrouve avec
un livre.
Puisque je suis
toujours en mode poème, ils se suivent et progressent nécessairement ensemble.
Ils sont toujours placés par ordre chronologique. Sauf pour Au Soir de Mao. Car
j’ai fait deux suites : une burlesque, l’autre romantique. Cette dernière est un
appel très puissant. Mais dans le corps de Au Soir de Mao, par exemple on
retrouve la mort d’une amie. Il s’agit d’un suicide. Et cela enferme toute cette
section dans un ensemble. Le livre est alors une marque de mésaventure en beauté
!!
(Je peux changer
d’avis.)
Inspiration
– « La Nature et la femme… La mort. L’eau… tout mon livre est l’Espoir « à tenir ». Mais si vous voulez parler de mes influences littéraires, eh bien : j’écris d’abord en fonction du goût de mes correspondants. Et Valéry, Rilke, Verlaine, Tagore (cet amour !), et surtout mon ami Guy Lafond. Tous des êtres angoissés qui se nourrissent de choses graves..
Problématique –
« Ce qui résume Au soir de Mao, c’est son magnétisme.
Centres d'intérêt –
« Me promener, voir ma nouvelle ville, petite et belle, les gens… savourer l’accent dans l’oreille de cette région. Me baigner dans Le Fleuve de la Mort. C’est juste de la Vie. Et Pure…
Lectures – « Je viens de finir un rapport de l’ONU sur Haïti.
Projets d’avenir –
« Je ne sais Jamais. Mais la poésie est dans mon sang. Et je ne peux m’en passer. C’est vraiment mon lieu de calme et de beauté. La Vie est belle.
À mes lecteurs –
« « Le monde a une petite chance de s’en sortir. Il faut y mettre 100% d’efforts. »
* * *
Sans doute est-ce le
rapport de l’ONU qui vous incite à tant d’optimisme ? Quoi qu’il en soit merci,
Christian, de vous être livré de manière si entière.
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