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« Un goût irrésistible pour
l’histoire
m’a tenu pendant des années à fouiller
ce passionnant
domaine. »
L’écriture d’un roman peut parfois s’assimiler à la traversée de l’océan par un navigateur solitaire. Quelle boussole choisir, alors, pour parvenir à bon port ? Celle de la passion bien entendu ! Pour Philippe Bédard, il s’est agi aussi bien de sa passion pour l’histoire que pour la peinture, dont il s’est servi pour donner corps et se familiariser avec les protagonistes de cette « fresque des XIIIème et XIVème siècle » qu’est son roman, Histoires oubliées.
Toujours à cheval entre ses deux passions, Monsieur Bédard a eu la gentillesse de nous faire parvenir plusieurs images de toiles de son cru afin d’illustrer son entrevue.
Parcours – « Je
navigue allègrement sur les ondes du « bel âge » et, sur cette mer
tranquille, je me surprends du chemin parcouru jusqu’à présent. Bien
équipé pour les manœuvres nécessaires dans notre système d’éducation, ma
carrière m’a fait accoster à bien des ports pour y être tantôt
professeur, inspecteur d’écoles, directeur d’une école polyvalente. Au
ministère de l’Éducation, j’ai connu une longue escale, très heureuse,
où je travaillais comme adjoint au sous-ministre responsable de
l’enseignement primaire et secondaire puis dans le dossier de la
coopération en éducation avec les pays francophones.

Parvenu
à la retraite, le hasard m’a fait aborder deux îles remplies de soleil
et baignées par des vagues rafraîchissantes. Sur l’une d’elles, j’ai
fait la connaissance d’une artiste de réputation internationale qui m’a
initié à la peinture. Après quatre-vingt-dix expositions et quelque 900
toiles, vernissages, rencontres… j’ai réduit ce travail pour n’offrir à
mon chevalet que quelques toiles pour des amis, pour des commandes
particulières et pour répondre à deux compagnies qui les reproduisent
sur cartes.

Il y a
deux ans m’est apparue à l’horizon une île où régnait le silence, où la
nature respirait de mots et d’histoires, où la solitude s’enveloppait de
rêves venus des grands espaces. Cette île, c’était Manuscrit dépôt
ou La Fondation Littéraire Fleur de Lys de Québec. Et c’est là
que j’ai publié mon second livre : Histoires oubliées.
Écriture – « J’ai toujours rêvé d’écrire.
Cela m’est devenu un exercice nécessaire. En fait, j’écris comme je
peins. J’aime faire rapidement un brouillon, y placer ici et là de
grands coups de brosses pour faire ressortir des taches et des ombres.
Ensuite, je m’astreins à corriger, à changer des mots ou des expressions
pour mieux rendre mon idée, tout comme on retouche la toile pour la
peaufiner et la rendre agréable à regarder. Histoires oubliées
est mon deuxième livre car, en 1976, j’avais publié Chambre 1454,
une histoire vécue où je raconte la triste expérience de jeunes face au
problème de la drogue dans les années soixante et déplore les moyens
presque inexistants, à ce moment, pour aider.
Contexte
– « Pendant une trentaine d’années, j’ai dressé des tableaux
généalogiques, j’ai accumulé des notes, j’ai comparé des biographies,
j’ai cherché à comprendre pourquoi nos programmes d’enseignement
d’histoire sont si pauvres et si avares de cette richesse cachée.
Un
jour, l’idée m’est venue de profiter de l’ordinateur pour mettre de
l’ordre dans toutes les notes que j’avais amassées. Vite lassé, j’ai
alors imaginé reprendre ce travail en m’écrivant à moi-même une
histoire à la façon de
Jeanne Bourin ou de
Druon … sans la prétention d’avoir ni leur talent, ni leur immense
savoir, sans faire œuvre de réel historien mais juste pour me remémorer
faits, personnages et dates en les ordonnant.
Je me
disais aussi que, peut-être, un jour, mes enfants et petits-enfants, à
qui l’on enseigne peu ou prou l’histoire, y jetteraient un coup d’œil et
y découvriraient une source inépuisable et intéressante.
Inspiration – « Dans
les années cinquante, nos cours de littérature étaient encore farcis de
la belle littérature française. La vie de Chateaubriand à Combourg m’a
fasciné, les tragédies de Racine et de Corneille m’ont ému, les fables
de La Fontaine m’ont fait d’abord rigoler puis astreint à la grammaire
et à l’analyse. Je me suis épris des poètes de la Pléiade puis de
Lamartine, Musset, Vigny, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et j’ai écrit
mes premiers poèmes en respectant mesure, césure, hiatus… Bien sûr,
l’arrivée de nos poètes et écrivains québécois dans nos programmes
d’enseignement a agrandi le champ de mes lectures mais j’avoue que je
suis resté attaché au grand Victor Hugo et au géant Honoré de Balzac.
Lorsque la télévision nous a offert « La Chambre des Dames » de Jeanne
Bourin et « Les Rois Maudits » de Maurice Druon, un goût irrésistible
pour l’histoire m’a tenu pendant des années à fouiller ce passionnant
domaine. Mes amis sont devenus Michelet, Benzoni, Bordonove, Bourassin,
Boyer, Breton, Castelot, Erlanger, Froissart…
Problématique – « À bien y penser, ce résumé de quelque 300 pages
pourrait être très utile dans les classes. Il permettrait un survol
rapide d’une longue période de l’histoire de France grâce aux nombreuses
anecdotes qui rendent vivant le récit tout en faisant vivre les
personnages. On pourrait y trouver un résumé d’une belle histoire
s’échelonnant sur plus de trois siècles ; de Jean II à Louis XIII,
présentant 14 rois de France, 12 rois d’Angleterre, l’empereur Charles
Quint et 23 papes.
Centres d'intérêt – « En dehors de l’écriture, la peinture
m’intéresse toujours (mon atelier, la visite des musées, la lecture des
biographies des grands peintres), la lecture (je lis au moins un livre
chaque semaine), le jardinage, l’entretien de la maison, les grandes
marches solitaires. Trois enfants et sept petits enfants puisent aussi
largement dans mes temps libres.

Projets d’avenir – « Deux autres romans dorment encore dans mes
filières ; écrits, eux aussi, pour mon plaisir ; L’Escalade qui
traite de problèmes syndicaux dans les écoles et Tiroir du centre,
histoire des difficultés rencontrées par un dirigeant lors de l’arrivée
de l’ordinateur dans son entreprise dans les années soixante. Dans
l’avenir, j’aimerais reprendre les voyages. Je suis allé quatre fois en
France. J’ai fait un voyage en Angleterre, un en Égypte et, le dernier,
dans les pays de l’Est. C’est une autre façon de lire l’histoire et j’en
rapporte chaque fois quantité de livres et d’écrits qui complètent ma
documentation. »
***
Merci,
Monsieur Bédard. Continuez à naviguer dans notre passé ! Nous invitons
les lecteurs à participer au voyage en consultant
votre remarquable page personnelle
d’auteur.
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