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Pages personnelles de l'auteur Kathleen Potvin  1   2

 

À travers la vie...

Tome 1 - L'hériter

Roman, 350 pages, Améca - Édition associative

 

ISBN 2-923090-23-3

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Résumé Extrait Auteur

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Chers amis, je réalise un rêve, comme auteure, de voir se matérialiser À travers la vie. sur papier ; L’héritier est le premier tome d’une trilogie.

 

Inspirée de l’imaginaire, m’appuyant sur une recherche colossale, j’ai rédigé un roman dans lequel mon héros est héroïnomane.

 

Le sujet est délicat et hasardeux, quoique à la seconde où Gilbert m’a trouvée, suivant mon intuition, chaque mot émaillant la page blanche devenait un défi.

 

Gilbert Paradis est un jeune homme de cœur et la vie aurait dû être bonne pour lui. Mais, marqué par le destin, il fait l’expérience d’une vie tragique. Il n’est pas toujours malheureux. Il connaît des joies intenses, et aussi un amour indicible. Il meurt, se retrouve dans l’entre-deux et, pour toucher le Paradis, il doit se reconnaître.

 

Je parle ici de la mort physique. Néanmoins, je n’y suis jamais allée de connaissance ; alors néophyte, j’extrapole sur la continuité de l’âme par la réincarnation.

 

Alors, s’ensuivent trois longs hivers, à retrouver dans l’intimité de mon bureau, jour après jour, mon ami Gilbert.

 

En Gilbert, peut-être reconnaîtrez-vous un fils, une fille, un frère, une sœur, un ami ou simplement un inconnu rencontré au hasard d’une rue. Certes, tous les personnages du récit sont fictifs.

 

Parfois, s’il y avait des ressemblances, elles sont purement fortuites.

Kathleen Potvin, romancière
 


« Les choses n’ont pas besoin d’être expliquées,

il suffit simplement qu’elles soient vraies. »


ISAAC NEWTON
 

 

 

 

Table des matières

 

Prière de Louise Beaudet 5
Remerciements 9
Incognito 11
Le dernier soupir 21
Sous les feux de la rampe 29
De confidence en confidence 35
Le départ de Micheline 45
Un allié! 49
L’imprévisibilité d’une tragédie 59
Un petit souvenir! 65
Une séance d’hypnose 69
La cousine! 73
Un visiteur impromptu! 81
Une odeur de tabac 85
Un regard d’amour 93
Voir le jour 101
À chacun sa vie 107
Rencontre fortuite 113
Un petit mensonge pieux! 121
La visite du curé! 135
Perdre ses illusions! 139
Rêver d’un fol espoir! 147
Prisonnière du temps! 151
Le loup dans la bergerie 157
Un océan de larmes 171
Corps et âme 193
Sortir du placard 201
La révolte gronde! 209
Rêver de liberté! 221
L’héritier 229
La belle Murielle 239
Courtiser Murielle 247
Une heureuse perspective 273
L’arbre aux secrets 281
Coup du sort 293
Le SOS de la libération 299
L’essentiel 309
Voir la face de Dieu et la maudire 313
Pris en otage! 329
Rétrospective des vies antérieures 337
 


 

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Chapitre 1 - Incognito

       Novembre tire à sa fin, décembre se devine. Cette nuit, Montréal recevra ses premiers flocons de neige. Terré entre ses quatre murs, les genoux repliés sur lui-même, Gilbert est adossé tout contre une cloison lézardée de sa planque. Il regarde danser les derniers rayons du soleil qui se faufilent à travers la vitre gelée. Des jets de lumière rebondissant sur le verre laissent sur leur passage le spectre d’un arc-en-ciel. Loin de tout regard, le mal de vivre durement installé en lui-même, il se demande comment il a pu se retrouver morcelé dans ce monde sans merci. Reclus des misérables, dans un repli de sa pensée, une image embrumée ; il voit le doux visage de Murielle.

         Bon Dieu, murmure-t-il dans son délire, croyant apercevoir la silhouette de sa femme devant la fenêtre, dans une irisation. Mon ange, quel gâchis ai-je fait de nos vies ? Mon amour, j’aurais tant aimé que cela se passe autrement.

       Les jambes flageolantes, Gilbert se lève et se dirige vers l’unique source de clarté de son logement. Espérant en atténuer la douleur, il appuie fortement la paume de sa main estropiée sur le carreau givré. La glace, au contact de sa chair meurtrie, devient translucide et lui permet d’entrevoir qu’à l’extérieur, la vie continue. Ainsi, pendant des jours, des gens pressés passent et repassent. Hypnotisé par ce mouvement de va et-vient, il compte les pieds. Hors de sa prison, la vie continuait ; de dans, la sienne était suspendue. Caché, il a oublié depuis quand il s’est injecté sa dernière dose d’héroïne. Sans répit, le ventre gonflé, les contractures abdominales ainsi que la douleur aiguë en provenance de la main droite se font vivement sentir et deviennent insupportables.

       Le pauvre homme est devenu un sans-le-sou parti sans laisser d’adresse, alors qu’avant, il pouvait toujours quêter ou bien se prostituer pour se procurer de la drogue. Maintenant d’une maigreur squelettique, celui-ci n’ose plus se regarder dans le miroir ; l'image que lui renvoie la glace lui fait peur. Il vient d’avoir vingt-huit ans ; en vérité, il en paraît vingt de plus. Il éprouve durement le manque et à chaque pulsation, lorsque la douleur devient insoutenable, il revoit ses revendeurs lui amputer sauvagement l’index et le majeur à l’aide d'une hachette. C’est ainsi que, la main droite ensanglantée, Gilbert ramasse le sachet de poudre blanche que ceux-ci glissent, le ridiculisant, dans le rebord de la poche à demi déchirée de son vieux manteau. Les dévoyés lui font entendre que, faute d’oseille, ce sera le dernier.

       Gilbert a touché le fond et, sans réfléchir, il court après les pushers. Ceux-ci le menacent, vociférant comme des locomotives écumantes, à tour de rôle dans un terrible face à face, ils réclament leur dû.

         C’est le temps de payer tes dettes, mon chum, articulent-ils en tandem. Tu as tout intérêt, dit le gros, à trouver du foin pour ce soir et ça, avant dix-neuf heures. Tu as catché mon frère ? ajoute la face de rat; pas de cash, nous te ferons payer autrement. Nous te couperons ce qu’il te reste de doigts les uns après les autres, les orteils et puis le reste. Lorsque nous en aurons fini avec toi, ta mère, oui, ta mère ne te reconnaîtra plus.

       C’est la jungle, ces gens intraitables ne plaisantent jamais. La souffrance que Gilbert éprouve le minant de l’intérieur, il s’effondre sur le matelas crotté, accoté contre le mur adjacent de la chaufferie de l’immeuble voisin. Il culbute et renverse la caisse de bois lui servant de table. Tout recroquevillé, celui-ci a l’impression de sentir, un court instant, les mains de sa mère lui caresser la tête, comme quand il était petit. La douleur foudroyante des marques rouges striées de violacé sur ses bras usés par de précédentes injections d’héroïne, ainsi que la forte odeur venant du matelas souillé lui rappellent la dure réalité qu’est la sienne. Sa mère est morte il y a deux ans et, depuis le meurtre horrible de sa femme, il erre comme un zombi au milieu des dédales de sa vie.

       Gilbert retranché dans son isolement, les rats, ses derniers compagnons de vie qu’il nourrit depuis des semaines, ont eux aussi quitté le navire. Dans sa tête, sadique, le film se poursuit et, inattendue, l’image intrusive du père surgit. Peut-être, pense-t-il, lui reste-t-il encore une chance, la dernière ! Alors, se revoyant gravir les marches de l’édifice Paradis, perdu dans un océan d’illusions, il flotte. Une réalité discordante, une image embrumée s’entremêle de méfiance et de haine. Un mauvais rêve, le pire des cauchemars, le mal-aimé se retrouve en bas des marches, le nez ensanglanté. Ces images lui martèlent l’esprit à un point tel que tout comme un vieux disque égratigné, celui-ci entend crier, le réprouvant, les dernières paroles de son père. De ses deux mains, il se bouche les oreilles.

       La tête appuyée sur ses genoux, Gilbert reste assis plusieurs minutes sur le trottoir, ébranlé, à l’endroit même où il est tombé. Il se souvient aujourd’hui lorsqu’il était enfant, sans la moindre appréhension des aléas de la vie ; de ressentir encore dans sa chair l’élancement du pénis en érection de monsieur lui transperçant les entrailles. Son bourreau, dans la jouissance de sa cruelle indécence, ne lui démontre pas une seule fois l’amour qu’il espère tant. Il sanglote, se demandant comment il a pu en arriver là. Il courbe l’échine et part, se sentant coupable de vivre.

       La douleur causée par le manque de drogue est terrible. Sa mère et puis sa femme lui tendent les bras ; geignant, il est incapable de franchir la distance qui les sépare. Au seuil de la folie, il a l’impression de disjoncter. À tour de rôle, comme une bête assoiffée de sang, toutes les parties de son corps lui demandent sa ration de drogue. Il se tord de douleur et les paroles de son père lui brûlent les oreilles. Il se prend la tête à deux mains et, crachant un flot de sang, il s’affale de tout son long. Une vive douleur lui arrache les tripes et le sort de sa torpeur. Hors du temps, il est sensible à cette accalmie ; encore lucide, il réalise qu’il va mourir. Pourtant, au fond de lui, plus fort que tout, émerge le désir de vivre. Il lui semble qu’il doit faire quelque chose, il ne peut pas en finir ainsi, monsieur devra payer pour le mal qu’il lui a fait.

       Gilbert rassemble le peu de forces qu’il lui reste, puis réussit à se mettre debout. Appuyé contre le mur, celui-ci se dirige vers la porte entrouverte. Mais, ses forces le lâchant, il s’écroule sur le sol et, dans un silence écrasant, les bestioles sortent de leur cachette en cortège pour envahir la pièce. Pour Gilbert, le temps s’est arrêté et toute lueur d’espoir de le retrouver vivant s’estompe. Évanoui, gisant dans la merde, il sombre dans l’oubli en attendant éperdument la mort, qui l’affranchira de son calvaire.

       Quelque temps après la tombée de la nuit, lorsque la noirceur prend toute la place, les spectres revêtent leurs plus beaux atours. Un qui est devenu des leurs, un pauvre misérable en quête de quelque chose à se mettre sous la dent et d’un endroit chaud pour passer la nuit, à tout hasard se retrouve près du 1009, rue Saint-Denis.

       Soudainement, le clochard est attiré par la porte entrebâillée de la planque de Gilbert ; pensant y faire son affaire, celui-ci pousse la porte et s’y glisse le bout du nez. Là, dans la pénombre éclairée par le halo d’un lampadaire de rue, le clochard voit le corps d’un moribond baignant dans ses excréments et ses vomissures ; l’odeur qui s’en dégage est à vomir. De plus, celui-ci semble apercevoir parmi les ordures qui jonchent le sol des dizaines de petites taches noires déguerpissant à vive allure. Il referme la porte et prend la poudre d’escampette.

       Sous le pont Jacques-Cartier, il aperçoit un vieil ami qui cuve son gin. Il s’approche et le trouve dormant à poings fermés, ronflant comme un loir avec un quarante onces de De Kuyper à moitié vide entre les jambes. Furtivement, le manchot dérobe le précieux flacon, l’ingurgite d’un coup et, les facultés amoindries, s’endort non loin de son congénère. Il s’éveille tôt et la vraisemblance d’avoir vu un homme en détresse la veille au soir sur la rue Saint-Denis le travaille tant que, bourré de remords, d’un pas décidé, il se décide enfin à retourner sur les lieux.

       Cette fois-ci, pour ouvrir la porte, le manchot tourne la poignée. Lorsqu’il pose sa main toute moite sur celle-ci, il hésite et, surtout hanté par la vue des bestioles, notre homme rebrousse chemin. Toutefois, un gémissement presque inaudible venant de l’intérieur attire son attention. S’approchant, il se colle l’oreille sur la porte, et une image horrible qu’il croyait enfouie dans le tiroir des oubliettes refait surface. Il se revoit au front dans la tranchée et par-dessus lui, le corps de son meilleur ami blessé mortellement. Celui-ci ne peut rien faire pour lui ; pour rester envie, il doit faire le mort. Rongé par le regret du « si seulement », Roméo, survivant de la guerre de 14-18, se répète toujours qu’il n’est pas un lâche. Donc, pour se le prouver chaque fois que le doute persiste, il arbore fièrement sa blessure de guerre. Sa devise, l’honneur avant tout. C’est tout ce qu’il lui reste ! D’un pas décidé, il court alerter les policiers.

       Le soleil vient à peine de se lever et le Montréal encore endormi des années soixante s’étire doucement. Tout près, les clients d’un petit casse-croûte dégustent leur premier café de la journée et ne se doutent pas que tout près d’eux un drame se joue. En trombe, Roméo le manchot entre dans le café et, dans un français incompréhensible, il demande à la serveuse de téléphoner à la police.

         C’est urgent… c’est urgent, hurle-t-il en jouant des baguettes. La pauvre fille hébétée répète après lui ce qu’elle croit comprendre et, mimant les gestes, celle-ci lui demande s’il veut qu’elle téléphone à la police.

         Si… si, riposte-t-il, signorita, presto... presto...

       Les policiers ne tardent pas à arriver et, en bon soldat, Roméo les conduit jusqu’à Gilbert. Sitôt rendus sur le seuil de la porte, le manchot se faufile et déguerpit. C’est alors qu’en se retournant pour questionner le bonhomme et confirmer avec lui qu’il s’agit du bon endroit, les agents constatent sa disparition. Les agents de police ouvrent la porte et, assaillis par l’odeur nauséabonde qui se laisse maintenant deviner de l’extérieur, ceux-ci s’interrogent sur la pertinence de demander la morgue. Environ six minutes s’écoulent entre leur arrivée et la venue des ambulanciers. Cependant, ils ont l’impression d’être hors du temps et une minute leur semble une éternité. Dans leur carrière, ils croyaient avoir tout vu et tout entendu sur la misère humaine pour en être détachés ; seulement, cette fois ils se perdent.

       Robert et Louis, les ambulanciers dépêchés sur les lieux de l’événement, pénètrent masqués dans la place. La puanteur qui s’en dégage leur lève le cœur et passe maintenant à travers leur masque. L’il interrogateur, ils se demandent comment faire pour hisser ce paquet d’os sur la civière sans en perdre un fragment. Le patient est déshydraté, montre un teint cireux, comateux ; le pouls filant, celui-ci respire difficilement, effacé, son corps puant ressemblant à un fossile. Avec le bout de ses claques, l’ancien tasse les déchets, écrase quelques cafards ; le jeune place la civière près du corps de l’agonisant. Ensemble, ils déposent adroitement cette maigreur ambulante sur le brancard pour ensuite attacher les sangles. Mais avant, Louis recouvre respectueusement le corps glacé de Gilbert d’une couverture chaude.

       Leur devoir accompli en ce matin glacial de novembre, la sirène stridente annonce le départ de Gilbert vers l’hôpital le plus près.

       Après le départ des ambulanciers, les policiers qui attendaient dehors, sur le seuil de la porte, sautillant d’un pied à l’autre, pénètrent à l’intérieur. Ceux-ci espèrent mettre la main sur quelques indices pertinents afin d’éclaircir l’affaire. Mystère, ils ne trouvent rien et reviennent bredouilles au poste. Seize minutes plus tard, le cas est remis à la brigade des mœurs. Immédiatement, sur les ordres du lieutenant-détective Boisvert, un vieux de la vieille, ses confrères des substances psychotropes arrivent. Ils ont l’ordre de passer l’appartement à la loupe, car le lieutenant en fait une affaire personnelle, voulant à tout prix retrouver les salauds qui ont mutilé la main droite de la victime. Celui-ci est convaincu que ce sont les mêmes individus qui ont assassiné sa filleule chérie.

       Boisvert ne vit que dans l’attente de ce moment et, aujourd’hui, il se croit chanceux d’en avoir un en vie. Depuis cinq ans, il est dans l’incapacité d’éclaircir seulement un seul de ces meurtres crapuleux, et cela le ronge. Le détective jette un regard vengeur sur la photo de sa jolie nièce à peine âgée de dix-sept ans. Puis, il suppose que l’agressé, victime d’actes qu’il qualifie de sadiques, dépassant de loin la frontière de la barbarie, sera en mesure de dénoncer ses bourreaux. Ainsi, il épinglera les assassins de Noëlla et les fera payer au centuple. Cependant, l’enquêteur est informé que ce genre de règlement de comptes est un phénomène nouveau et rarissime au Québec et que les hôpitaux ne sont pas équipés pour recevoir ces cas lourds en toxicomanie.

       L’ambulance pénètre dans le stationnement de l’urgence et presque en même temps, en coup de vent, le détective fait son entrée. Le cas est grave, l’équipe médicale désignée pour recevoir le patient met tout en branle pour lui sauver la vie. Les nerfs tendus comme des cordes de violon, Boisvert donne des ordres. Il n’est pas du tout reposant, le monsieur ; plusieurs fois, on doit le remettre à l’ordre.

       Exaspéré par son exubérance, le médecin de garde s’avance vers lui et son regard de granit lui prescrit de se la fermer.

         Bon sang ! déclare-t-il, les deux mains bien appuyées sur les hanches, nous commençons à la connaître par cœur, votre requête. Vous voulez une chambre privée pour ce patient et ça fait cent fois que vous le dites, deux hommes à vous, armés, postés à l’extérieur devant la porte de la chambre en permanence. Si le patient se rend jusque-là, je suis d’accord ! Monsieur, afin de vous procurer les noms et l’horaire du personnel de soutien présent au chevet du malade cette nuit, eh bien, rendez-vous à l’accueil. Monsieur Boisvert, le secrétariat vous remettra la foutue liste en mains propres. Dans la mesure du possible, nous collaborerons avec vous. Maintenant, Monsieur le détective, fichez-nous la paix et laissez-nous faire notre travail !

       Le médecin retourne auprès de Gilbert ; quant au policier tournant les talons, il se dirige tout droit vers les admissions. Les papiers en main, celui-ci voit les deux hommes affectés à la garde du patient et puis il quitte l’hôpital. Sur le chemin du retour, machinalement, Boisvert s’arrête devant une pâtisserie, se gare sur l’accotement, descend, achète café et beignet qu’il dépose sur le siège avant droit de sa vieille Buick noire. Puis, comme un vieux cheval rentrant seul à l’écurie, il se dirige vers le poste de police. De retour, passant sous le porche, il regarde l’heure, et l’horloge marque onze heures quinze.

         Elle a certainement dix minutes d’avance, ronchonne-t-il.

       Soucieux, le lieutenant gare son automobile et entre par la grande porte, pour ensuite emprunter le corridor au bout duquel se trouve son bureau. Il se dévêt et, las, se laissant tomber sur sa chaise en bois, sans réfléchir, il s’allume une cigarette. Puis, avant qu’il ait eu le temps de tirer sa première bouffée, sa secrétaire arrive, tenant dans la main gauche un dossier et dans l’autre un café fumant. La jeune femme remet le dossier entre les mains de son patron et, gentiment, dépose le café sur le bureau empoussiéré. Maugréant quelques jurons, il fouille ses poches l’une après l’autre. Affublé du rictus du vainqueur, Boisvert sort, de la poche intérieure gauche de son vieux veston de tweed gris, la liste du personnel hospitalier, précisant à sa secrétaire de faire avec.

         Vous savez, Madame Martin, dit-il sur un ton explosif, je n’ai pas de dessin à vous faire… c’est la procédure habituelle.

       Le flic arrête sur elle son regard de glace, Liliane acquiesce d’un signe de tête et elle court aux informations. L’odeur du café lui chatouillant les narines, Boisvert ne résiste pas longtemps à la tentation d’en prendre une gorgée.

         Hum ! pense-t-il tout haut, ce café est bon, cette fille est bonne à marier.

       Se reprenant rapidement, il s’avoue que, comme jus de pipe, la pâtisserie du coin n’a pas son pareil ! Réflexion faite, sans tarder, les sourcils froncés, il prend connaissance du rapport fraîchement pondu.

       Frustré, celui-ci referme le document tout en le lançant avec fracas sur le bureau ; le café déborde et n’épargne pas le papier. Le visage écarlate, hurlant comme un diable dans l’eau bénite, Boisvert veut qu’on lui apporte un chiffon pour éponger le dégât.

       Liliane a quitté le commissariat depuis vingt minutes et les autres membres du personnel ont depuis longtemps appris à ignorer les jérémiades de monsieur le lieutenant-détective Denis Boisec de son surnom. Criant à tue-tête, il reprend le dossier et, le brandissant bien haut, il le secoue pour l’assécher.

       Il n’y a rien là-dedans. Deux pages en partie vides, cela est impensable… Bout de christ, hurle-t-il de toute sa force vocale, ce n’est pas possible, il n’a pas de nom. il est blanc comme neige, un nouveau-né… Je tourne en rond, chante-t-il la voix éraillée, et rond, rond, rond, petit patapon… Bon Dieu ! qui se moque de moi, demande-t-il, arpentant le corridor de long en large. Je ne le prends pas…

       L’espace d’une seconde, se ressaisissant, Boisvert regarde droit devant lui ; pas de secrétaire à l’horizon. Il reprend le dossier, dans le but de voir s’il a bien lu. Il marche de long en large dans le corridor, et rugissant de manière qu’on l’entende du sous-sol au dernier étage, il lance avec fracas son précieux papier dans les escaliers.

       Lili, Liliane, Madame Martin ! crie-t-il à qui mieux mieux, je veux vous voir ici tout de suite… tout de suite, vous m’avez compris ! Madame Martin…

       L’obligeant à se taire, le téléphone sonne et la sonnerie le déconcentre. Laissant sonner, il ne répond pas. Au neuvième coup, il décroche. Il devine que c’est madame Tremblay et il raccroche immédiatement. Muet, le lieutenant ramasse les trois feuilles en partie vides éparpillées dans les marches, et impatiemment, il froisse le papier entre ses doigts. Refoulant ainsi sa colère, Boisvert regagne son bureau et s’assoit sur le rebord de la fenêtre. Celui-ci, frappant à coups de talon sur le calorifère, relit à voix haute le texte, en espérant qu’un détail important lui saute aux yeux.

       Boisvert regarde sa montre de poche et il dépose le dossier sur le tas avec les autres. Sans tarder, il convoque pour seize heures les deux policiers qui ont rédigé le constat. Puis il se lève, mettant son chapeau, ses couvre-chaussures, et prenant son imperméable sous son bras ; celui-ci franchit le seuil de la porte de son bureau. Pour s’amuser un peu, il fait un crochet jusque devant la porte entrouverte du bureau de madame Tremblay et lui tire la langue.

       La neige recouvre le sol, le temps froid persiste. Préoccupé, il monte dans son automobile qui, après plusieurs tentatives, refuse de démarrer. À bout de nerfs, le détective n’a pas le choix : il devra prendre un taxi ou bien emprunter la voiture de service mise à sa disposition. L’homme opte pour la dernière solution ; l’automobile démarre au quart de tour, les pneus crissent sur la chaussée glissante et, le gyrophare en alerte, celui-ci se dirige vers l’hôpital.

       Il arrive trop tard… Gilbert est mort, il était sa dernière chance et le fait de s’être fait avoir par le temps le démolit. La déception ainsi que l’amertume se lisent sur son visage. Boisvert se décoiffe, et il soulève le drap recouvrant le visage du défunt, voit une mèche de cheveux rebelles, du déjà-vu. Cette affaire n’est pas claire. S’il ne trouve pas maintenant, il attendra que la famille réclame le corps.

       Le lieutenant-détective Boisvert est de la race des durs et il est convaincu qu’un jour, il aura la peau de ces criminels. Sans répit, contre vents et marées, le limier chevronné poursuivra son chemin.

 

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Native de Matane, dans les Bois-Francs depuis 15 ans auprès d’un homme merveilleux, je suis une femme heureuse et comblée. Je suis maman de 3 filles, grand-mère de 2 adolescentes ; je vous annonce la naissance de Nathan, mon premier petit-fils. À 38 ans, mono parentale sans emploi, j’ai repris les études pour terminer un 5e secondaire et ai entrepris une technique en Bureautique et Comptabilité au collégial. Mis à part la lecture et l’écriture, en plus d’être passionnée d’horticulture, j’aime voyager pour découvrir de nouveaux horizons, marcher dans les bois et faire du vélo.

 

Je suis née rousse et sensitive ; mais ce n’est pas la couleur de mes cheveux qui fait que je suis ce que je suis ! On me compare à un baromètre et ceux qui me connaissent vous le confirmeront. Je suis auditive ; dotée d’une personnalité sociale artiste, je suis sans artifice. D’instinct, je dis ce que je pense. Oufffffff ! « Encore une autre », vous me dites… Bien ! Et puis après… Naturellement, afin d’éviter les rivalités, j’ai appris à mettre mon bouton (on / hors champ). Seulement, le naturel revient au galop !

 

À la suite du décès d’une jeune fille que j’aimais beaucoup, j’ai réfléchi sérieusement sur les aléas de notre passage sur la Terre. Je m’interrogeais et m’interroge non moins à savoir : quel maître la souffrance peut-elle servir ? Je provoquais les réparties ; à présent, je les attends. Donc, 6 mois plus tard, en paix avec moi-même, j’ai reçu L’héritier, un drame psychologique, dosé de spiritualité de 346 pages. Avec L’au-delà, tome 2, l’aventure des mots, comme un rêve, s’échelonne sur 5 années d’écriture et plus de 120 heures de recherches.

 

À quelques reprises, j’ai voulu adoucir certains passages et peut-être en faire un gentil roman à l’eau de rose. Je faisais une erreur de touche et voilà, je perdais mon texte, parfois jusqu’à 15 pages et je le recommençais. À travers la vie… L’héritier tome 1 et L’au-delà tome 2 sont des romans inspirés. À venir Réincarnation, tome 3.

 

Ai-je une imagination débordante, débridée ou sans limites ? Peut-être que oui ! Lorsque je m’ouvre à l’énergie qui m’habite et que je laisse tomber mes barrières, peut-être suis-je tout bonnement en relation avec une autre réalité ! Un sourire en coin, je vous entends penser, « elle doit en fumer du bon celle-là ! » Je suis désolée de différer d’opinion. Je ne fume pas, ne bois pas et, à part l’hormonothérapie, je ne prends aucun médicament. Un petit secret entre nous, « je suis d’ici, un peu spéciale, je m’en cache pas. »

 

En conclusion : autodidacte, la passion pour l’écriture ne date pas d’hier. J’ai écrit mon premier roman à l’âge de 13 ans. Avant, j’écrivais des petits bouts pour écrire, décrire, jaser de moi-même avec moi-même. Qui aurait cru qu’à l’aube de la cinquantaine, j’écrirais une trilogie et partagerais mes écrits !

 

Ça m’a fait plaisir de vous faire ce clin d’œil…

 

Au revoir,

 

 

Kathleen Potvin, romancière.
 

 

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