JEANNE JUTRAS

La quintessence de ma vie

Poésie

La quintessence de ma vie

Poésie

Jeanne Jutras

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2011, 172 pages.

ISBN 978-2-89612-374-2
 

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

PRÉSENTATION

Ma poésie s’avère réponse à un élan naturel du cœur jumelé à un jaillissement imprévisible de l’âme. Voilà que coule alors en moi, dans la réalité de l’instant présent, cette source intarissable de félicité, résultant sans doute d’une vie entièrement baignée dans les multiples subtilités de la pure beauté de la création. Chaque prise de conscience de la splendeur de notre monde visible provoque en moi une réaction en chaîne, un crescendo de gratitude envers le Grand Programmeur. Dès qu’un poème est prêt à naître, sa poussée m’éveille, souvent en pleine nuit, me frappe, au beau milieu d’une conversation ou me rejoint, sans crier gare, à l’évocation d’un souvenir fortuit. Ignorante du moment précis du début de sa gestation, je me dois d’obtempérer immédiatement à son ordre de prendre forme. Le poème occupe dès lors tout le champ de ma conscience nimbé de son énergie propre, de son pouvoir fantastique. Je ne compose pas un poème : il s’écrit de lui-même. Les vers s’alignent ainsi presque miraculeusement, exprimant la quintessence de ma vie. Face au miracle, j’assiste à la naissance de la poésie sous ma plume avec admiration et gratitude.

Table des matières

Si j’étais peintre (1957)

Jeune poète, n’as-tu jamais regretté, comme moi, de n’être pas né peintre ?

Quand j’étais enfant, la nature éveillait en moi ce désir irréalisable. En effet, je n’aurais su que faire d’une palette et d’un pinceau. En revanche, cependant, j’étais douée pour décrire avec des mots la magie que le peintre exprime sur sa toile.

De la fenêtre de ma chambre, au deuxième étage, je pouvais rester des heures en admiration devant le champ de marguerites. Je connaissais par cœur chaque mouvement de cette masse blanche sous la poussée du vent. Chaque petite fleur au cœur doré perchée sur sa tige fragile faisait danser des rimes sous mes yeux et les mots jaillissaient pêle-mêle sur mon brouillon. Le cyprès majestueux, enraciné jusque sous les fondations de notre maison, m’impressionnait aussi. Il me parlait de la vie : tortueux, blessé, vert et hospitalier, il était assez fort pour subir les assauts des jeunes corps qui y grimpaient… L’émotion me faisait bafouiller cependant et je cherchais les mots assez puissants pour décrire les couchers de soleil flamboyants qui embrasaient le ciel et le lac. Je m’enivrais de l’odeur parfumée du long trèfle rose et blanc, frais comme un minois d’enfant. Mais, ce qui m’intriguait par-dessus tout, c’était l’orage mystérieux et puissant. Il était l’écho de l’éternité qui vibrait en moi. Quand le ciel noircissait et que les éclairs déchiraient les nues, je sortais à l’extérieur avec maman. Nous humions l’humidité en attendant les premières grosses gouttes d’eau. Plus le roulement du tonnerre s’intensifiait, plus j’étais heureuse ! Je redoutais l’orage et je l’aimais. Un amour mêlé de crainte et d’incertitude, comme c’est exaltant !

Maman m’avait appris à voir ce que je regardais : les oiseaux de pluie qui criaient leur désir de faire venir l’ondée, les crapauds bruns aux gros yeux ronds qui sautaient ci et là, sans but, les vaches lourdes qui ruminaient en tournant leur dos arrondi à l’averse.

Si l’été m’apportait de grandes joies intérieures, l’hiver ne me laissait pas indifférente. Les bras étendus, le visage tourné vers le ciel, je me laissais envahir par l’armée des flocons étoilés. La neige douce et calme devenant déchaînée dans la rafale, je la comprenais car elle me ressemblait. C’est quand le givre habillait chaque arbre de dentelle que j’étais le plus émue. Les fils téléphoniques, d’un poteau à l’autre, arboraient alors fièrement la tenue nuptiale. J’aimais décrire le froid blanc et si pur. Ma menotte collée à la vitre pour fondre les arabesques de neige dessinées dans ma fenêtre par la main d’artiste de l’hiver, je songeais avec regret : -¨Si j’étais née peintre…¨

  

Le passé (1992)

 

Il surgit sans avis

On bénit, on maudit

Cet insistant passé

Qui nous voit repasser.

 

Camouflé en tous lieux,

Visible au fond des yeux,

Dans le jardin du cœur,

Quelle redoutable fleur !

 

Une rose et c'est lui !

Un parfum : il revit !

Un prénom : il bondit,

Vibrant à l'infini...

 

Le bonheur qu'on a eu,

L'amour qu'on a vécu,

En fantômes égarés,

Reviennent nous hanter.

 

Un coup d'œil en arrière

Et, sans plus de manière,

On l'étouffe, on l'enterre,

Certain de s'en défaire.

 

Mais il a la vie dure

Et son aura perdure :

Dès qu'on le pense mort,

Il renaît, vif et fort.

 

Il est là, tout brûlant

Ou ici, frissonnant,

Obsédant et troublant,

Harcelant, persistant...

 

Il nous gruge à vomir,

Nous étreint à frémir

Puis caresse à ravir

Et berce pour étourdir.

 

Son sillon creuse l'âme

Tel brûlante flamme :

Il nous marque à jamais,

À grands coups de secrets.

 

Baladin en dentelle

Ou pierrot sans rimmel,

Le passé au présent

Se moque bien du temps !

 

Ce malin sort souvent

De son écrin d'antan :

C'est hier qui revient

Pour taquiner demain.

 

Offre-lui tes deux bras

Pour danser à son pas,

Quand il aura le goût

De faire un peu le fou...

JEANNE JUTRRAS

Jeanne Jutras fut enfant de l’Abitibi mais elle habite la région de Saint-Jérôme depuis plus de 30 ans.

Romancière, elle s’adonne aussi à la poésie avec grand bonheur. Madame Jutras est retraitée de l’enseignement au secondaire où, à Amos, elle a exploité la poésie de Félix Leclerc, celle de Gilles Vigneault et celle de Jacques Michel, entre autres, en initiation poétique avec ses élèves. Elle a aussi enseigné au secondaire à Saint-Jérôme, durant plusieurs années.

Membre de l’Association des auteurs des Laurentides, elle a publié deux romans : Corona, ma mère (2010), Lucie l’enfant étrange (2013) et un recueil de poésie : La Quintessence de ma vie (2011), à La Fondation littéraire Fleur de Lys de Lévis, Québec

Madame Jutras fut coordonnatrice pour Poésie Académie qui offre encore avec grand succès un micro ouvert aux poètes adolescents et adultes de la région, à Saint-Jérôme, depuis le 19 mars 2013.

« Ma poésie s’avère réponse à un élan naturel du cœur jumelé à un jaillissement imprévisible de l’âme. Chaque prise de conscience de la beauté et de la bonté du monde me procure un état de gratitude sans borne à l’égard du Grand Programmeur de la vie », avoue madame Jutras.

TOUS LES LIVRES DE JEANNE JUTRAS

La quintessence de ma vie

Poésie

Jeanne Jutras

Poésie,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2011, 172 pages.

ISBN 978-2-89612-374-2

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

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Lucie, l'enfant étrange

Roman fantastique

Jeanne Jutras

Roman fantastique

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2012, 232 pages.

ISBN 978-2-89612-428-2

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

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Corona, ma mère

Roman

Jeanne Jutras

Roman,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2010, 408 pages.

ISBN 978-2-89612-353-7

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

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Corona au Lac Castagnier

Roman

Jeanne Jutras

Roman

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2020, 382 pages.

ISBN 978-2-89612-584-5

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

Cliquez ici pour en savoir plus

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