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Souvenirs et récits autobiographiques, thèse de doctorat, Denyse Désy-Giguère

 

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Souvenirs et récits

autobiographiques
Recueil de nouvelles suivi

d'une réflexion théorique

DENYSE DÉSY-GIGUÈRE

Thèse de doctorat en littérature française et québécoise, 340 pages, Montréal, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.

ISBN 2-89612-160-9

 

Un fabuleux retour aux études

pour une thèse de doctorat en littérature

 

Photo : Le Soleil.

 

Souvenirs et récits autobiographiques, suivis d’un essai sur l’intertextualité et les palimpsestes, est une thèse de doctorat en création littéraire composée de deux sections. La première comprend vingt-six nouvelles subdivisées à leur tour en six parties formées, d’abord, de souvenirs proprement dits, ensuite, d’une incursion dans le fantastique et de variations sur un thème d’Edgar Allan Poe ainsi que d’un triptyque basé sur des relations ambiguës entre deux femmes. Le recueil se termine par des histoires traditionnelles comprenant une introduction, un nœud et un dénouement. La sixième partie est exclusivement consacrée au «Lac des Anémones» dont l’esprit diffère de celui des autres nouvelles comme pour marquer la fin d’un cycle et le début d’un autre.

 

Les souvenirs comme tels sont délaissés assez rapidement dans l’élaboration de cette autobiographie afin de permettre au narrateur une plus grande liberté d’action avec l’emploi du fantastique. En effet, le fantastique dévoile des vérités profondes sur l’âme humaine sans toutefois avoir à les nommer. Le lecteur est confronté à des énigmes dont la solution réside justement dans ses capacités empathiques. En somme, le lecteur et le narrateur se trouvent devant eux-mêmes comme Narcisse devant son destin.

 

La réflexion théorique servira à mettre en lumière les influences de différents auteurs qui transparaissent tout au long des nouvelles. Cette deuxième section se divise aussi en six parties qui ne correspondent pas toujours à celles du volet création, c’est-à-dire: souvenirs, incursion dans le fantastique, variations sur un thème d’Edgar Allan Poe ou relations ambiguës entre deux femmes. La cinquième partie s’intéresse à la genèse des nouvelles qui mettent un terme à cet exposé. Les écrivains mis à contribution ont noms : Daudet, Roy, Sartre, Camus, Sarraute, Zola, Woody Allen ou Edgar Allan Poe, pour n’en nommer que quelques-uns.

 

Quant à l’étude de la théorie, elle se fera à l’aide de la narratologie avec, notamment, Gérard Genette, du fantastique avec Tzvetan Todorov et de l’insolite avec Louis Vax. Mais comme l’auteur demeure tributaire de ses origines, une grande part de cette étude relève de la Bible et de son critique littéraire Northrop Frye, qui s’est particulièrement intéressé aux Saintes Écritures.

 

 

Table des matières

Extrait

Au sujet de l'auteur

Bibliographie

Communiquer avec l'auteur

Exemplaire numérique gratuit

 

 

 

 

 

Table des matières

 

REMERCIEMENTS 11
 

AVANT-PROPOS 13
 

PREMIÈRE PARTIE - Souvenirs 15
 

Daddy 17
Réflexion sur le voyages à l’Ardoise de l’île du Cap Breton 29
Une partie d’huîtres 33
Ma communion solennelle 37
Comprendre, oui, comprendre 41
Réminiscences 47
À la chasse 53
Un enfant 61
 

 

DEUXIÈME PARTIE - Le fantastique 67

 

Le Gerfaut 69
Dans la nuit 75
Ainsi soit-il 79
L’envers du décor 83
Flora 89
J’ai vu 93
Les trois Parques 95

 

TROISIÈME PARTIE - Variations sur un thème d’Edgar Allen Poe 101

 

Rendez-vous avec Isabel 103
La cousine Maryse 111
La Old Dutch 117
Claire ou Jeanne 123
 

 

QUATRIÈME PARTIE - Triptyque basé

sur les relations ambiguës entre deux femmes 137

 

Celle que j’ai envie de bercer 139
Alexandra 145
L’automne à Malaga 151
 

 

CINQUIÈME PARTIE - Autres histoires 157
 

Le jumeau prodigue 159
Pour un plat de lentilles 165
Estrellita 171
SIXIÈME PARTIE - Le Lac des Anémones 181
Le Lac des Anémones 183
 

 

RÉFLEXION THÉORIQUE 209
 

Prolégomènes 211
Intertextualité et Palimpsestes 223
Au-delà de l’image 255
Variations sur un thème d’Edgar Allan Poe 275
Triptyque basé sur les relations ambiguës

entre deux femmes 293
Autres histoires 301
 

 

CONCLUSION 317
 

BIBLI0GRAPHIE 323
 

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR 331

 

 

 

Extrait

 

Avant-propos

 

Tout au long de ce récit, des citations tirées de la Bible servent à introduire les différentes nouvelles qui composent Souvenirs et récits autobiographiques. À première vue, ces épigraphes peuvent sembler inutiles, voire encombrantes. Pourtant elles sont non seulement utiles, mais nécessaires puisque chaque histoire, si je peux m’exprimer ainsi, illustre l’esprit qui sous-tend l’écriture biblique. Elle en est l’inspiration et, en même temps, le déclencheur. D’ailleurs, plusieurs des nouvelles se révèlent être des transpositions de paraboles tirées des Saintes Écritures. Par exemple, il existe une corrélation directe entre «Ma communion solennelle» et le récit du bon Samaritain, entre « comprendre, oui comprendre» et le cri de Jésus sur la croix : «Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné» ?, entre «Le jumeau prodigue» et la parabole de l’enfant prodigue ainsi que «Pour un plat de lentilles» inspiré du destin d’Esaü et de Jacob, tel que relaté dans la Genèse.

Les paroles bibliques représentent le canevas sur lequel le narrateur élabore les éléments qui composent Souvenirs et récits autobiographiques, une sorte d’expérience de type psychanalytique, un lent processus de recherche de soi qui se déroule à partir du connu pour aller vers l’inconnu. Comme la descente dans l’inconscient exige beaucoup d’introspection, il est difficile de s’attarder longtemps dans les profondeurs de l’âme, aussi le narrateur doit-il faire une pause, un peu comme le nageur qui, quelquefois plonge, quelquefois se maintient entre deux eaux, mais revient à la surface pour reprendre son souffle. Par exemple, dans « À la chasse », le narrateur s’abandonne à ses états d’âme, mais bifurque sur une gentille histoire d’un jeune garçon aux prises avec des consignes administratives tatillonnes. De la même façon, les nouvelles relatives au dédoublement de la personnalité comme «Rendez-vous avec Isabel», «Claire ou Jeanne», «La cousine Maryse» ou « La Old Dutch » sont suivies de petites histoires réconfortantes comme «L’automne à Malaga», «Le jumeau prodigue», «Pour un plat de lentilles» ou «Estrellita» dont l’esprit relève d’une diégèse traditionnelle avec une introduction, un nœud et un dénouement.

Avec ces nouvelles, se termine ce qu’on peut appeler un retour sur le passé, sa conclusion comme sa résolution. Le narrateur a fait le tour de son jardin et, maintenant, regarde ailleurs. Voilà pourquoi «Le Lac des Anémones» constitue une nouvelle différente des précédentes, une dernière pièce qui marque un changement d’horizon, un élan nouveau. Paradoxalement, «Le Lac des Anémones», rédigé plusieurs années avant les souvenirs et les récits, a contribué à tisser des liens avec le passé par simples associations d’idées. D’ailleurs, il en sera abondamment question dans ma réflexion théorique sur l’intertextualité et les palimpsestes.

 

* * *

Nouvelle extraite de la la première partie

 

SOUVENIRS

 

 

Réflexion sur le voyages

à l’Ardoise de l’île du Cap Breton

 

 

L’ange lui dit : «Je voyagerai avec lui,

sois sans crainte; en bonne santé nous partirons

et en bonne santé nous reviendrons vers toi

car la route est sans danger».
(Tob. 5, 17).

 

 

Raymond, à qui je disais toute mon admiration pour le courage de notre père lorsqu’il entreprenait ses voyages pour l’Ardoise, lieu de naissance et patrie de maman où sa mère, donc notre grand-mère, habitait toujours, avait une manière bien à lui de ne pas être d’accord avec moi. En fait, il était en complet désaccord :

 

− Voyons, y’a rien là !

 

− Y’a rien là ? Durant les années trente ? À ce moment-là, les voitures roulaient avec des pneus munis de chambres à air !

 

− Puis !

 

− Thérèse m’a tracé l’itinéraire de Québec à l’Ardoise.

 

− J’y suis allé avant elle. Dans le temps, nous partions de Montréal : Lavaltrie, Lanoraie, Berthier-ville, Maskinongé, Yamachiche, Trois-Rivières, Batis-can, La-Pérade, Grondines, Donnacona, Neuville, Saint-Augustin, Québec et j’en passe.

 

− Ouais !
 

− La trans-canadienne n’existait pas.
 

− Je me rappelle d’un voyage fait à partir de Québec. Les parents s’étaient embarqués dans la Chevrolet avec cinq des huit enfants. Pas plus loin que le chemin Saint-Louis, nous avions demandé : « Est-ce qu’on arrive » ? « Oui, oui, dormez, ce ne sera pas long » Nous traversions le pont de Québec suivi du vieux pont qui enjambait la Chaudière pour filer vers Lévis, Montmagny avec une bifurcation vers Cabano et Dégelis avant d’entrer au Nouveau-Brunswick par Edmunston. Là, maman commençait à regarder et à inspecter les environs à la recherche de cabines où passer la nuit. Je n’ai pas de souvenirs du temps passé dans la voiture. Je me vois tout de même assise sur une petite chaise placée entre les banquettes avant et arrière. Il y en avait deux dont l’autre occupée par Judith. J’imagine facilement les grands, derrière nous, les chaises entre les jambes.
 

− En route, il survenait toujours une ou deux crevaisons. Daddy démontait la roue pour faire réparer le pneu au garage qui, habituellement, était loin.
 

− L’Ardoise, combien de kilomètres ?
 

− À ce moment-là, mille deux cents, mille cinq cents ? Un jour qu’il revenait seul de là-bas, il était tombé dans un ravin, l’arbre de transmission était sorti de sa cage. Vivement, sans perdre un instant, il l’avait remis en place. « Tu ne réussis pas deux fois un truc pareil », lui avait dit le garagiste. Quand des gens s’étaient précipités pour lui venir en aide, ils l’avaient trouvé bien assis à sa place à manger un sandwich.
 

− Comme ça, notre père ne démontrait pas un courage spécial à voyager dans de telles conditions?
 

− Mais non ! C’était comme ça.
 

− Je comprends. Tu es trop comme lui. Tu as passé ta vie un crayon à la main comme ingénieur et, aujourd’hui, à la retraite, tu manipules aussi bien la pelle que le marteau. À sa place, tu aurais fait la même chose.

 

 

 

Au sujet de l'auteur

 

Originaire de Montréal, Denyse Désy-Giguère a surtout vécu à Québec depuis sa plus tendre enfance, avec un intermède de vingt-trois ans à Thetford-Mines. Elle a étudié au collège de Bellevue et a obtenu un baccalauréat ès arts avant de terminer une formation d’infirmière-bachelière. En 1990, elle s’inscrit à l’université Laval en littératures française et québécoise et, après un baccalauréat ès arts, prépare et termine en 2000 un Mémoire intitulé Sophie – Récit, Suivi de Essai de représentation de la vie psychique d’un personnage féminin de la décennie soixante.

 

 

 

 

Bibliographie

 

Souvenirs et récits autobiographiques
Recueil de nouvelles suivi d'une réflexion théorique
DENYSE DÉSY-GIGUÈRE
Thèse de doctorat en littérature française et québécoise, 340 pages,

Montréal, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.
ISBN 2-89612-160-9

 

Sophie
Récit suivi d'une réflexion théorique
DENYSE DÉSY-GIGUÈRE
Mémoire de maîtrise en création littéraire, 186 pages,

Montréal, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.
ISBN 2-89612-161-7

 

 

 

 

 

 

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