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Sophie, mémoire de maîtrise en création littéraire,
Denyse Désy-Giguère, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Autre livre
du même auteur

 

Sophie
Récit suivi d'une réflexion théorique

DENYSE DÉSY-GIGUÈRE

Mémoire de maîtrise en création littéraire,

186 pages, Montréal,

Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.

ISBN 2-89612-161-7

 

Table des matières

Extrait

Au sujet de l'auteur

Bibliographie

Communiquer avec l'auteur

Exemplaire numérique gratuit

 

Sophie constitue le récit du destin dramatique d’une jeune fille ayant vécu durant la décennie soixante. Il est présenté en six tableaux et repose sur des faits divers entrelacés de fantasmes et d’expériences personnelles.

Sophie, le personnage principal, monopolisera à elle seule toute l’action d’où se dégagent deux grands axes : la recherche du père et l’assujettissement à la figure de la mère.

L’approche théorique du sujet se fera par l’utilisation de la narratologie, en particulier celle des formes de la représentation de la vie psychique, pour démontrer comment elles parviennent à faire ressortir et à cerner la vie intérieure des personnages.

Il sera donc question dans cette réflexion d’explorer les différentes avenues ouvertes par le récit de pensées, soit : le psycho-récit, le monologue rapporté et le monologue narrativisé, concepts empruntés à Dorrit Cohn , auteure de La transparence intérieure ( Seuil, 1981).

 

Photo : Le Soleil.

 

Table des matières

 

Récit 15

 

I 17

II 47

III 53

IV 61

V 77

VI 105

 

Réflexion théorique 115

 

Introduction 117

Le psycho-récit 121

Le monologue rapporté 139

Le monologue narrativisé 149

Interprétation libre 157

 

Conclusion 165

 

Bibliographie 169

 

Au sujet de l’auteur 175

 

Communiquer avec l’auteur 177

 

 

 

Extrait

 

Extrait du premier récit

 

Une semaine s’était écoulée depuis que Maggy Durantal avait accouché. Tout c’était déroulé à la maison où elle avait donné naissance à une petite fille, son premier enfant.

Joseph Durantal entra dans la chambre et, sans même un regard pour sa femme encore en couches, se dirigea immédiatement vers le moïse. Il prit le bébé avec précaution et le hissa au bout de ses bras. Maggy regardait son mari. Elle le trouvait beau. Svelte, élancé, un profil racé. Même son crâne dégarni lui conférait un charme auquel elle ne demeurait pas insensible. Mais depuis la naissance de la petite, quelque chose avait changé. Seule l’enfant l’intéressait. Aussitôt arrivé à la maison, il se précipitait pour la voir.

L’homme avait ramené le poupon sur son sein et chuchotait à son oreille comme si elle eût pu comprendre. Joseph aimait cette enfant-là comme un fou. Les deux semblaient former une telle symbiose que finalement, peut-être se rejoignaient-ils au-delà de toute logique.

Maggy rompit le silence.

− Tu es fier comme d’Artagnan.

Le dos toujours tourné, il corrigea:

− Artaban.

− D’Artagnan, Artaban, c’est pas la même chose ?

Il recoucha le bébé et regarda sa femme :

− Voyons, Marguerite. − Il l’appelait Marguerite quand il devenait agacé − On dirait que tu le fais exprès. D’Artagnan, c’est le quatrième mousquetaire et Artaban, un héros particulièrement fier.

− D’Artagnan était pas fier ? Mais oui, il était drôlement fier et habile avec ça.

− Oui, oui. C’est pas ça que j’veux dire.

− C’est pas ça que j’veux dire ! Explique-toi. T’as le don de toujours t’exprimer de travers. On comprend jamais rien avec toi.

− Arrête donc. Toujours ! Jamais ! T’exagères. On dirait que t’aimes ça la chicane... Bon. C’est assez. Il faut que j’aille travailler.

− T’en as pas assez de faire le peddleur, de passer par les maisons pour accorder des pianos plutôt que de donner des leçons de musique ?... Oui! Oui! Je sais ! Je sais ! Tu veux pas voir de morveux ici.

− On en a assez parlé. On a tout dit. J’ai pas envie de donner des leçons de piano. Point à la ligne. J’aime peddler, comme tu dis. Je me suis fait une belle clientèle, je rencontre des tas de gens intéressants, souvent amusants. C’est rare qu’on ne me demande pas de jouer quelque chose quand j’ai fini d’accorder un piano. On veut toujours m’entendre.

− C’est pas payant.

− Enseigner non plus... Tu t’souviens de Gilles, Gilles Trahan, l’organiste de Saint-Dominique ? Il reçoit des élèves à tour de bras.

− Il reçoit ! Comme tu t’exprimes bien, dit Maggy d’un ton moqueur.

− C’est pas drôle. Laisse-moi donc parler, rétorqua un Joseph impatient. J’essaie de t’expliquer comment Gilles fonctionne. Il donne des leçons de piano à la maison et d’orgue à l’église en plus des grand-messes du dimanche, des mariages et des funérailles. Y a pas l’temps d’souffler. Eh bien ! Il gagne moins d’argent que moi.

− En tout cas, c’est plus prestigieux.

− Laisse-moi faire. J’ai rencontré la Supérieure des sœurs de la Congrégation Notre-Dame. Tu t’rends compte ? Si j’obtenais un contrat pour tous leurs couvents.

− Tu rêves encore.

− Mais non. Fais-moi confiance. On restera pas toujours dans ce petit logement. Aussitôt que j’aurai fini de payer mon auto, j’ai l’intention de construire... Maggy, tu m’écoutes même pas.

Il cessa de parler. L’air taciturne, la veine au milieu du front un peu plus rouge que d’habitude, Joseph Durantal, appuyé au mur, s’était allumé une cigarette qu’il faisait légèrement tourner à chaque fois qu’il la portait à sa bouche. Il sortit une montre de sa poche et regarda l’heure en la tenant bien à plat dans la paume de la main gauche.

− Il faut que je parte. Je dois me rendre chez un client. Je vais demander à Simone de t’apporter quelque chose à manger.

− Tu veux dire la souillonne ?

− Parle donc pas comme ça. T’es pas obligée de la démolir. C’est une bonne fille et t’as besoin d’aide.

− OK. OK. Laisse-moi donc des cigarettes. J’en ai plus.

Joseph sortit son paquet de sa poche et le déposa sur la table de chevet

− Je t’en rapporterai d’autres ce soir.

C’est peut-être à ce moment-là qu’elle décida d’accepter l’offre de sa sœur d’emmener le bébé avec elle pour l’élever comme une princesse. L’enfant connaîtrait un niveau de vie plus élevé que Joseph ne pourrait jamais lui procurer. Elle s’appellerait Sophie et partirait avec la tante Constance tout de suite après le baptême.

Joseph Durantal sortit de chez lui, monta dans sa Chevrolet quatre portes, tâta le petit sac noir contenant son diapason toujours posé sur la banquette avant et fila Chez Camille. Dès qu’elle l’aperçut, la serveuse lui lança joyeusement : « une pointe de tarte aux pommes et un café, monsieur Durantal ? » Il rit en guise d’acquiescement et s’assit au comptoir. Camille était déjà là. Les deux compères s’amusaient à discuter de tout et de rien, pas toujours de façon rationnelle cependant, même que l’un prenait toujours le contre-pied de l’autre. Et ils étaient drôles. Et ils avaient de l’esprit. Bien des habitués n’auraient manqué ces joutes oratoires pour rien au monde malgré la répétition des vieilles farces. En tout cas, ça rigolait dans le snack-bar. Puis on se quittait sur un éclat de rire, prêts à recommencer à la première occasion.

Autant Joseph incarnait un monsieur sérieux, même sévère aux yeux de Maggy, autant il divertissait tous ceux qu’il rencontrait en dehors de la maison. Là-bas, une huître enfermée dans son écaille ; ici, une marée de champagne pétillant.

 

* * *

 

Tout de suite après le baptême, Constance emporta le poupon chez elle. La cérémonie avait été courte, la réception, plus brève encore. Joseph ressentait ce départ comme une trahison et, le plus dur pour lui, était de le taire. Un homme, ça ne pleure pas.  Pourtant il avait pleuré en cachette et Maggy le savait. Comme à son habitude, elle avait feint de l’ignorer.

Joseph se rendit plusieurs fois chez Constance qui le recevait bien, mais sans lui laisser la chance de s’occuper de la petite, de la prendre dans ses bras ou de la bercer. Il était toujours trop tôt ou trop tard. Déçu, Joseph revenait à la maison et demandait pourquoi Sophie ne revenait pas. Maggy étirait le temps.

− On verra... Tu sais, elle est bien là.

Il était incapable de lui faire dire autre chose. Malgré tout, il n’admettait pas, il n’admettrait jamais que Sophie ne puisse vivre tout simplement avec eux. Plus tard, elle lui reprocherait peut-être sa faiblesse et son incapacité à tenir tête à Maggy et à Constance. Était-ce si difficile d’exprimer ses sentiments ? Croyait-il qu’en les dissimulant il augmentait ses chances de la ramener à la maison ? Au fond de lui-même il avait compris dès le premier jour l’affreux troc auquel s’étaient livrées les deux sœurs.

 

* * *

 

Joseph se mit résolument au travail. Il voulait réussir. Petit à petit sa clientèle augmenta. Les bonnes sœurs lui donnèrent sa première chance à un couvent de Limoilou et, par la suite, la Supérieure, satisfaite de ses services, le recommanda à la communauté. Il put ainsi étendre son commerce dans une partie importante de la ville de Québec ainsi qu’à Lévis et ses environs.

Quand les Durantal eurent Rubens, suivi un an plus tard de Mathilde, ils emménagèrent dans une maison neuve. Puis, il y eut Mathieu et Mireille. Les semaines succédèrent aux jours et les années aux mois, mais Sophie ne revint pas. Malgré sa peine et ses regrets, Joseph s’efforçait d’être un bon père de famille.

À l’occasion de fêtes de Noël, du Jour de l’An ou de Pâques, Constance emmenait sa pupille visiter sa famille. À ce moment-là, il y avait branle-bas dans la maison. Sa réputation de femme riche exerçait sur les Durantal un magnétisme certain tout en provoquant des réactions équivoques. On la craignait plus qu’on ne l’aimait. Quant à Sophie, les enfants la considéraient beaucoup plus comme une cousine que comme une sœur. Les rencontres revêtaient un caractère d’obligation pour tous et chacun. Mathilde portait les vêtements de Sophie devenus trop petits et Constance ne manquait jamais de le remarquer en faisant valoir leur belle qualité. Les garçons prétextaient n’importe quoi pour ne pas rencontrer leur tante, car ils ne l’aimaient pas beaucoup et, la plupart du temps, Joseph demeurait silencieux. Quand sa belle-sœur s’annonçait, il ne demandait plus s’il devait aller la chercher. Il prenait son chapeau, montait dans sa voiture et devenait un chauffeur bien docile.

Joseph avait changé. Ses beaux yeux jadis si romantiques s’étaient transformés et l’éclat de son regard s’était éteint. Il avait perdu le goût de vivre et refusait maintenant de manifester ses joies comme ses peines. Quelque chose s’était brisée en lui.

Après sa journée de travail, Joseph avait pris l’habitude de passer de longs moments assis dans sa berçante, absorbé dans ses pensées, loin du monde. Aussitôt qu’elle le voyait ainsi, Maggy lui passait la même remarque : « Jos, tu jongles trop ». Pour éviter cette espèce d’intrusion dans sa vie personnelle, il accomplissait toutes sortes de petits travaux que nécessite une maison pleine d’enfants. Comme le maniement du pinceau et du marteau rendait ses mains gourdes et calleuses, il se pétrissait les jointures, les phalangettes, selon son expression, pour tenter de conserver une certaine agilité à ses doigts de pianiste. Il jouait encore. Un peu. À l’occasion. Surtout une valse qu’il affectionnait particulièrement.

Mais Joseph manquait d’inspiration auprès de sa famille, plus heureux de conduire sa voiture que de rester chez lui. Maggy ne se sentait aucunement responsable de l’évolution du caractère de son homme devenu morose et triste. Quelques années auparavant, Constance lui avait consenti un prêt pour l’aider à joindre les deux bouts. Il ne lui avait jamais remis, ce que Maggy ne se gênait pas de lui rappeler.

− As-tu remarqué la délicatesse dont ma sœur fait preuve? Jamais elle ne te parle d’argent. Peut-être a-t-elle oublié ?

− Mais non. Elle n’a rien oublié. Au contraire, ça lui plaît que je sois son obligé. Elle connaît ça le pouvoir de l’argent.

− Arrête donc. N’empêche que c’est grâce à moi si elle t’a prêté mille dollars. T’en menais pas large à ce moment-là. Tes affaires allaient pas trop bien... J’ai beaucoup de difficulté à te comprendre. Tu sembles lui en vouloir au lieu de lui manifester de la reconnaissance.

− Je ne lui en veux pas. Je constate. D’ailleurs, je vais pouvoir tout lui remettre très bientôt.

 

 

 

Au sujet de l'auteur

 

Originaire de Montréal, Denyse Désy-Giguère a surtout vécu à Québec depuis sa plus tendre enfance, avec un intermède de vingt-trois ans à Thetford-Mines. Elle a étudié au collège de Bellevue et a obtenu un baccalauréat ès arts avant de terminer une formation d’infirmière-bachelière. En 1990, elle s’inscrit à l’université Laval en littératures française et québécoise et, après un baccalauréat ès arts, prépare et termine en 2000 un Mémoire intitulé Sophie – Récit, Suivi de Essai de représentation de la vie psychique d’un personnage féminin de la décennie soixante.

 

 

 

 

Bibliographie

 

Souvenirs et récits autobiographiques
Recueil de nouvelles suivi d'une réflexion théorique
DENYSE DÉSY-GIGUÈRE
Thèse de doctorat en littérature française et québécoise, 340 pages,

Montréal, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.
ISBN 2-89612-160-9

 

Sophie
Récit suivi d'une réflexion théorique
DENYSE DÉSY-GIGUÈRE
Mémoire de maîtrise en création littéraire, 186 pages,

Montréal, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006.
ISBN 2-89612-161-7

 

 

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