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Pages personnelles de l'auteur Erdé Lutin   1   2   3

La saga des Asting

Tome 1 - Destin et destinée, roman, 478 pages.

 

 

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Histoire romancée en trois tomes de la famille ASTING s'échelonnant du début du siècle à la fin de mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept au Saguenay-Lac-St-Jean (Québec).

 

Le premier tome, DESTIN et DESTINÉE, nous plonge dans le quotidien riche en émotion de NÉRÉ et LORE de 1917 à 1942.

 

 

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Intégral du Chapitre 1.

 

 

Champion

 

            Un nuage de poussière s'élève au passage du bogie traîné au galop par le cheval fringant de Justin Asting, mon père. Moi, Néré, j’ai quatre ans, je suis brave. Assis sur le banc, je tiens d’une main ferme le bras du siège et de l’autre je m’agrippe au dossier. Mon père, debout à l'avant de la voiture, fouette son étalon, pourtant recouvert d'écume. Tourné le coin de la route, la vitesse de la voiture a augmenté. Nous passons devant la maison des Aidon, des Philippe et là, les deux gros tétons de la route ont fait dans ma tête, comme des montagnes russes.

 

            Mon coeur, deux fois dans mon corps se souleva, il a voulu sortir... mais la crainte d’être un sujet de honte fut la plus forte. Nous devons passer devant chez l'oncle Nel, le beau frère, qui  est une des raisons de cette folle équipée... d’orgueil de mon père. La ligne du lot franchie, s'offre soudainement à nous la cour de la ferme. Les yeux exorbités, dans la voiture, je me vois verser dans le fossé qui en longe l'entrée. Notre course folle se continue pourtant vers la grange, ce mur immense qui, lui, ne nous laissera pas passer. L'étalon, cambré sur ses quatre pattes, le nez en retrait, s'arrête à une demi-encolure du mur. Le nuage de poussière  vient  s'imprégner  dans le verdâtre  des  planches verticales.

 

            - Aie! Aie! Néré! dit papa.

 

            Je me détends, mes mains lâchent leur support. Je m'élance au sol. Mes jambes fléchissent, je tombe et je fais au moins dix pieds à quatre pattes. Je me relève et je cours jusqu'au bâtiment, que je contourne. Là, j’enlève mes bretelles et d'un geste continu, je baisse mon pantalon. En m'accroupissant, sans effort, et avec un soulagement indescriptible, mes tripes se vident de toute la frayeur ressentie durant les quinze minutes précédentes. Je m'essuie de deux doigts que je ressuie ensuite sur la planche brute du mur.

 

            - Ah! Ah!...Néré, t'as-tu, par hasard, chié dans tes culottes? dit papa.

            - Non je ne l'ai pas fait.

 

            J'ai le souvenir de la "strap" sur mes fesses quand à d'autres moments je m'oubliais. Devant cette situation dramatique, alors, mon père disait: "Ne t'inquiète pas, la mère, je vais en faire un homme de cet échalas." Mon père je l'aimais de peur, mais mieux encore quand il n'était pas là. Ma mère, elle endurait... "Ç'est un vantard", disait-elle... mais jamais devant lui; elle aurait reçu une taloche.

 

            Je connais ça ici, c'est notre rang. J'y habite depuis que j'y suis né... Il mène droit jusqu'à la côte du village. J'y vois l'église, haute et vaste et autour d’elle plusieurs maisons, petites de loin mais qui grandissent à mesure qu'on s'en approche... Je les ai vues, j'y suis allé, de deux à trois fois à ce gros village de dix ou douze maisons.

 

- Néré, apporte de l'avoine pour Champion, il l'a méritée, je pense, te faire peur à ce point!

 

            Une très grande photo est suspendue au mur de la cuisine, juste à côté de la croix noire. St-Augustin, c'est notre patron. "Il nous protège", dit, de sa grosse voix, monsieur le Curé. Il est le seul homme à faire peur à Papa. "Il peut, dit-il, nous envoyer en enfer!"

 

            Tous les six, nous soupons de patates bouillies avec du lard. Papa mange de la vraie viande avec ses pommes de terre. Parce qu’il travaille. Grand-mère mange toujours son pain trempé dans du bouillon. "Une bonne trempette", qu'elle dit. Elle n'a plus de dents. Elle ne mastique plus. Elle suce une couenne de lard.

 

            - Néré, mange, ce n'est pas poli de regarder ta grand-mère comme cela.

            - Oui, maman.

 

            Quand je le peux, je compte les mille plis que grand-mère a dans le visage. Ses yeux semblent plus petits ainsi enfoncés dans deux de ces plis. Elle couche dans la chambre du bas. Elle n'a plus de jambes, selon maman, pour monter l'escalier. Je les ai pourtant vues ses jambes sous sa longue robe et elles sont laides. Elles saignent tout le temps. Je crois que c'est pour être plus près du seau qui est dans le coin, derrière le rideau, qu’elle couche en bas. Quand, la nuit, je ne dors pas, je l'entends péter sur le seau.

 

            Mes deux soeurs, Alice et Line, mon frère Justin et moi, nous couchons en haut, d'un côté de l'escalier, sur des bons matelas de paille. Papa et maman couchent de l'autre côté, sur un de leurs deux matelas.

 

            Quand papa est à la maison, parce qu’il ne travaille pas en forêt, ils couchent tous les deux sur des matelas de branches d'épinette, peut-être de sapin, je ne m'en souviens pas. Papa dit que c'est meilleur pour la santé. Il est habitué à dormir ainsi dans le bois. Ça ne l'empêche pas, quand il est à la maison, de battre maman tous les soirs quand ils se couchent et même parfois le matin avant qu'ils ne se lèvent. J'entends alors maman qui se lamente et qui pleure. J’ai hâte d’être grand, je la vengerai.

 

            Quand papa n'est pas là, maman couche sur l'autre matelas, elle ne pleure presque jamais, en tout cas moins fort... Papa est parti travailler plus loin que le lac à Dîner,(1) qu'il a dit, presque au bout du monde. Depuis son départ, nous chantons dans la maison. Même grand-maman sourit à travers ses nombreux plis.

 

            L'école est presque en face de chez nous. Les cours sont commencés. Je n'y vais pas. "Pas avant deux ans", a dit maman. Line non plus. Elle n'ira jamais à l'école, elle ne parle pas. Un accident. Papa fendait du bois, dans la cour, et une bûche l’a frappée à la tête. "Une chance qu'elle mange toute seule", dit maman. Alice, elle, va à l'école. Elle est grande. L’autre jour, la maîtresse est venue dire à maman.

 

            - Madame Asting, vous devez instruire votre grande fille des choses de la vie; à douze ans il peut survenir un accident de la nature.

            -Je vais lui parler.

            -Si je vous dis cela, c'est pour vous rendre service, elle se laissait peloter par deux gars plus vieux qu'elle, hier, derrière l'école.

            Pauvre Alice, pensais-je, elle est trop vieille, elle ne pourra plus jouer à la pelote...

 

 

La mort

 

            - Maman, combien de frères et de soeurs j'aurais s'il n'y en avait pas de morts?

            - Bien, attends une minute... Entre toi et Alice, j'ai perdu une fille et quatre garçons.

            - Hein! J'aurais beaucoup de frères! Je ne serais pas obligé de jouer avec des filles. Surtout pas avec Line... Elle ne fait que nous donner des coups à Justin et moi. Des fois, on a peur d'elle.

            - Ne jouez plus avec elle. C'est dangereux. Elle ne comprend pas tout. Quand elle est près de vous, dites-lui que je l'appelle. Elle aime être avec moi... surtout depuis que cela se voit que je suis enceinte. Elle me colle la bedaine, la caresse; ça l'occupe.

 

            - Maman, lorsque Pépé est mort, l'autre fois, c'était pas drôle. La nuit quand je ne dors pas, j'y pense... Mais quand je dors j'y pense aussi et j'ai peur.

 

            Je me souviens comme d'un "proche tantôt", de la mort de Pépé. Maman dit qu'elle est survenue le printemps passé. Je la crois. Je me rappelle il n'y avait plus de neige, la température se réchauffait... on pouvait se rendre à l'étable pour satisfaire nos besoins naturels. Pépé était parti depuis longtemps, un jour comme un autre, après le dîner.

 

            - Néré, va voir ce que fait Pépé, avait dit maman.

 

            Je me dirigeai vers l'étable, avec une sensation inhabituelle... un pressentiment, comme dit maman. Les animaux font un vacarme qui s'entend de l'extérieur. J'ouvre la porte et un cri en sort, qui se prolonge dans l'air sec jusqu'à la clôture qui sépare la ferme de papa de celle de mon oncle Nel.

 

            Ils jasaient justement tous les deux, près de la clôture, mon oncle Nel et mon père. Ils ont vite accouru jusqu'à l'étable et ils sont entrés avant moi qui étais là près de la porte, figé de frayeur. Je les ai suivis. Je ne comprenais pas ce que faisait Pépé, ballant, suspendu aux cornes de Toto, notre boeuf, qui secouait la tête pour s'en débarrasser. Papa et oncle Nel sont montés sur des madriers et ils ont essayé de descendre Pépé dont le ventre était ouvert, les intestins pendant.

 

            - Va t'en, Néré.

            - Je ne peux pas, papa.

 

            Ils l'ont couché sur le dos, dans la merde de l'allée et ils ont essayé de retourner les entrailles d’où elles venaient. Des tripes qui ressemblaient à celles qui servent à faire du boudin. Pépé ne crie plus. Il doit se sentir soulagé d'être décroché. Son corps saute, son visage se tord, il vomit.

            - Ouais! Nel, je pense qu'on ne peut pas faire grand-chose pour lui.

            - T'as raison, Justin, dans cinq minutes au plus, il sera mort.

            - Papa... il faut le coucher dans son lit. Pépé a dit que c'est là qu'il veut mourir.

            - C'est écoeurant, il n'y a pas une seule année où l'on n'a pas un ou deux morts, dans ce bout du rang...

            - Néré, va demander une couverture à ta mère... ne lui dis pas que Pépé est mort.

            - Maman, j'ai besoin d'une couverture. C'est papa qui demande cela.

            - Pourquoi une couverture?

            - Je ne peux pas te le dire.

            - Qu'est-ce que tu ne peux pas me dire?

            - Que Pépé est mort.

            - Comment? Pépé est mort?

            - Oui. Il a fait ses besoins trop près de Toto qui lui a piqué le ventre avec ses cornes. Toutes ses tripes débordaient. Papa n'a pas été capable de les replacer dans le ventre de Pépé.

            - Qu'est-ce qui se passe? dit Mémée.

            - Rien... maman. Reste couchée, c'est l'heure de ta sieste. Je reviens tantôt...

            - Ne dis rien à ta grand-mère pour le moment, compris, Néré?

            - Oui, maman.

 

            Dehors, ils ont dévêtu Pépé et l'ont enveloppé dans une couverture, avant de le rentrer dans la maison.

 

            - On le lave tout de suite, ce sera fait.

            - O.K.! Justin. J'ai assez de planches pour lui faire une boîte. Je vais la fabriquer tout de suite.

 

            Ils laissent le corps de Pépé dans la laiterie, en attendant de le déposer dans la boîte; ils le rentreront plus tard, qu’ils ont dit. Ils l'ont couché sur le plancher de la laiterie et ont fermé la porte.

 

            - Je vais demander aux enfants d'avertir les voisins. Toi, Nel, tu vas d'abord dire au Curé d’organiser le service pour après-demain. On ne peut pas le garder longtemps "ouvert" comme cela... Il va puer sans bon sens.

            - C’est bien, Justin

 

            Pépé est mort. C'est la première fois que je vois un mort aussi grand. Vivant, même debout, il avait l’air si petit mais couché, il est si long. Grand-mère pleure. Elle aura froid, toute seule dans son lit l'hiver prochain, qu’elle dit. Ça n'a pas pris  de temps  à oncle Nel pour faire une belle boîte.

 

Tout le monde, ici, trouve qu'il travaille bien. "Il devrait en faire un commerce", dit papa. Grand-mère est sortie dire à Pépé: "Tu ne dormiras pas là, mais dans notre chambre. Je vais me coucher, je t'attends." "Oui Mémée, va te coucher dans ton lit, je m'en occupe", dit  maman. Je n'ai pas  bien compris ce dont maman voulait s’occuper. Elle ajoute: "La Mémée qui était déjà dérangée, ça ne la ramènera pas. Et papa qui ne sera plus là pour s'occuper d'elle et de ses troubles mentaux!"

 

            Je me demande avec qui je vais jaser maintenant. J'étais plus lié avec Pépé qu'avec mes amis. Il m’enseignait toutes sortes de choses. Pas comme papa qui crie toujours: "T’es bien niais, tu n'apprendras jamais rien." Pépé, lui, m’encourageait: "C'est comme ça qu'on fait mon grand." Pépé était vieux. Soixante-quinze ans, à ce qu'il paraît. Il aurait pu vivre encore cinq ans, commentent les gens venus le visiter. Même mort, il y a des gens qui lui ont parlé. Il n'a pas répondu, à moi non plus. Il fait juste sourire. Comme s'il nous jouait un tour et qu'il était satisfait de lui. Drôle de Pépé! Je le revois, plié en deux, comme attiré vers le sol. Papa m'a expliqué: "Ton grand-père était plus grand que moi, c'est le poids des années qui l'a courbé comme cela." Je me suis demandé si j'allais, moi aussi, être obligé de les porter, les années.

 

            Ce fut le fun, la soirée. Je regrettais que grand-père ne put participer. Il est venu beaucoup de monde. Des parents que je ne connaissais pas. Chacun apportait de la nourriture. Nous avons mangé des choses tellement bonnes que je songeais déjà à un prochain mort. Mémée est vieille... Nous avons veillé tard et nous nous sommes rappelé des souvenirs. Je n'ai jamais entendu autant d'histoires et vu rire autant les gens, mis à part le temps des prières; là, tout le monde était sérieux. Seulement Mémée qui chantait; on lui avait permis deux verres de caribou pour  l'arrêter de pleurer.

 

            Ce qu'elle a aimé le plus, c'est quand monsieur le Curé lui a dit: "Grand-mère, vous allez le retrouver votre mari. Je suis sûr que le bon Dieu va vous faire la grâce de vous rappeler bientôt à lui, vous aussi."

 

            Je l'ai trouvé bien fin d'encourager ainsi grand-mère.Ça lui a fait du bien. Elle chantonnait. Ça dérangeait moins les autres. Moi, je pouvais mieux comprendre les histoires des grands. Plusieurs personnes sont restées coucher à la maison. Des gens qui habitaient loin, de l'autre côté du village, d’autres aussi qui venaient de plus loin encore... de Péribonka. La nuit, des hommes sont allés d'un lit à l'autre. Ils étaient mal couchés, je suppose. Plusieurs, je ne sais pas lesquels, ont pleuré, comme le faisait maman. Ça ne m'a rien fait. Ce n'était pas maman qui était battue.

 

L'enterrement

 

            J'ai marché jusqu'au village, derrière la ouaguine qui emportait la tombe de Pépé. Peut-être que Pépé n'était pas d'accord; par trois fois, ils ont dû arrêter le cheval et replacer vers l'avant la boîte qui glissait vers l'arrière. L'église (2) c'est grand. On pourrait y entrer notre maison et peut-être aussi l'étable. C'est beau et c'est blanc. Des images couvrent les murs. Il y a plein de bancs et des gens assis, qui se lèvent et se rassoient. Ils peuvent "s'accoter" le dos. Chez nous, on a quatre chaises avec des dossiers. Deux droites et deux berçantes, une pour grand-maman et l'autre pour Pépé. Maman va en hériter, surtout qu'elle attend un bébé.

 

            À l’église, il y a de la musique et des chansons. Monsieur le Curé, dans sa petite boîte, parle fort. Il s'adresse à nous. "Mes amis, notre frère est parti, soyons sans inquiétude pour lui. Il est sans doute à la porte du ciel. Il nous a tracé le chemin. Prions pour lui, au cas où il lui manquerait quelques Ave." J'ignorais que grand-père était le frère de monsieur le Curé. Je n'ai pas tout compris. La musique et les chants ont repris. Quand monsieur le Curé a parlé des anges, j'ai vu voler ceux des images de l'église. Là, ils dansent avec la musique. C'est déjà fini. C'était beau! Grand-père ne reviendra pas avec nous. Ils l'ont descendu dans un grand trou, à côté de l'église. Chacun a jeté une poignée de terre sur lui. Tous reviennent à la maison. Papa les a invités. "La vie continue", dit papa. Maman pleure. J'ai de la peine aussi. C'était son père et mon grand-père.

            On mange encore. "Ça va se perdre si on ne mange pas tout. Pour aider à tout faire passer, un petit coup de caribou", dit papa.

 

            Trois petits coups, quatre petits coups et plus encore. Papa, les oncles et les cousins, tout le monde enfin, parle fort, tout le monde crie. Les femmes et les enfants sont montés à l'étage.

 

            J'ai eu le premier coup de pied. J'ai r'volé, le visage dans le côté de l'escalier.

 

            - Crisse, Justin, t'es fou ou quoi, il a rien fait cet enfant, dit oncle Nel.

            - Non, c'est au cas où il ferait quelque chose. À part ça, ça ne te regarde pas.

            - Je ne laisserais pas souffrir un animal, encore moins laisser battre un enfant.

 

            J'ai la bouche qui saigne, ça fait mal. Les yeux pleins d'eau, je ne vois pas bien, mais je suis sûr que Papa, le premier, a essayé de frapper oncle Nel. J’ai vu passer papa à reculons, sur les deux talons. Il est tombé dans le rideau du petit coin  et  s'est cogné  la tête  contre le seau  qui s'est renversé. La merde lui coule sur le dos, il rage. Avec mes deux cousins, Ti-Pit et Joe, nous ouvrons la trappe et nous sautons dans l'ouverture qui se referme sur nous. Nous voulons éviter les coups. Tout le monde frappe tout le monde, pour le fun. Le bruit s'avère épouvantable, comme si la maison allait s’écrouler... puis plus rien. Ti-Pit dit: "On va voir?" Lui, il est grand et plus brave, il a sept ans. Il entrouvre la trappe, risque un oeil, puis deux, il n'y a plus personne. Seule, grand-mère est dans la porte de sa chambre. Elle constate: "Personne n'a fait le ménage?" Tout est à l'envers, même le poêle n'est plus à sa place et son tuyau est tombé. C'est partout noir de suie. La porte de la cuisine a été arrachée de ses gonds, le garde-fou de la galerie arrière est tombé. Dans la cour, les hommes, assis ou couchés, saignent, crient, rient et boivent à même les cruches de baboche que papa a sorties. Les grands, je ne les comprends pas. Ti-Pit dit: "Les grands sont pires que des enfants."

 

            - Néré?

            - Oui, maman.

            - Est-ce que c'est fini les folies?

            - Oui, maman, ils sont tous dehors.

 

            Maman, les tantes et les enfants redescendent de l’étage.

 

            - Ah! les écoeurants! Regarde la maison, elle est pire qu'une soue!

 

            Pauvre maman!

 

            - Viens et amène Mémée, laissons les hommes ramasser leurs dégâts.

 

            Ma tante Nel,  qui est si fine,  nous  invite  tous  chez elle. J'aime aller dans leur maison, c'est presque... beau et propre comme à l'église. En bas dans sa maison, les murs et les plafonds sont peints de couleur, les planchers couverts de dessins vernis et dans le salon, le plancher montre un lac que je ne connais pas. Tante Nel me l'a nommé, je m'en rappelle maintenant, c'est le Lac St-Jean, et tout autour, ses villes, Alma, Roberval, St-Félicien, Normandin et Mistassini, loins du bord du lac sur le dessin.

 

            Dans la maison, tout est beau! J’admire pendant des heures, les objets et les meubles. On n'a pas le droit de garder ses souliers. Je ne les porte pas chez nous non plus pour ne pas les user trop vite. Papa dit que la femme de Nel est une péteuse. Moi, je n'ai rien entendu. Elle ne pète sûrement pas plus que grand-maman qui, elle, pète tout le temps. Ils doivent être riches. Mon oncle Nel ne va pas dans le bois, il travaille comme agent des terres, pour le gouvernement.

 

            - Nel, il n'a jamais travaillé, dit papa.

            - Tu es jaloux, réplique maman.

 

            C'est le soir, nous avons soupé chez tante Nel.

 

            - Maman, nous pouvons emprunter ta moppe et ton balai? demande le cousin.

            - Oui et vous avez besoin de nettoyer comme il faut, sans cela les femmes coucheront ici... et les hommes, là-bas.

 

           Tante Nel est très grosse et quand elle parle tous écoutent, s'ils ne sont pas saouls. Oncle Nel revient chez lui avec le balai et la moppe. "Ça va, tout est propre. Une chance que Pépé ne meurt pas à toutes les semaines, ce serait dur pour les boyaux." J'ai regardé Ti-Pit. Il ne savait pas non plus ce que cela voulait dire. Il va à l'école pourtant... Nous  retournons  chez nous avec  Mémée qui ne voulait pas nous suivre. Assise au salon, elle fixait le lac, sous le vernis du plancher. "Mémée, j'irai te chercher, tu viendras te promener toute une journée." Tante Nel dit ça, mais elle ne le fait jamais. Elle ne ferait pas salir sa maison par notre pauvre Mémée. Elle nous a emmenés chez elle juste pour nous écoeurer, nous montrer comment nous étions pauvres. "La crisse", dit maman, qui ne prononce jamais de mots comme celui-là. Elle a deviné les intentions de tante Nel, elle est insultée.

 

 

La chute

 

            - Ma fille, tu serais bien mieux de coucher en bas. L'escalier, c'est dangereux pour toi.

            - Oui, je sais, mais les enfants sont tous en haut.

 

            Grand-maman a fait cette remarque surprenante hier, maman a été très étonnée; elle m'a dit: "Mémée prendrait-elle du mieux?" C'est à moi qu'elle parle, maman, quand papa n'est pas là. C'est moi l'homme de la maison. Papa me l'a dit. Non, grand-maman... ne prend pas de mieux. Elle a dit cela comme ça. Il faut même la surveiller davantage. Ce matin, elle a voulu partir avec le vendeur de guenilles qui passe par les maisons une fois par mois. Il vient de Mistassini. C'est très loin. Je n'y suis jamais allé.

 

            Depuis un mois l’école est ouverte. Alice la fréquente.  Elle boude, nous ne savons pas pourquoi... Elle ne parle à personne. Nous allons faire le train chaque matin et chaque soir à six heures. Cinq vaches, Toto, le vieux cheval et Champion, l'étalon, trois truies, un porc, des poules, des lapins. Alice trait les vaches alors que je nourris les animaux. Le cousin Camil, le fils d'oncle Nel, vient vers huit heures, faire le gros train, après avoir fait celui de leur étable.

 

            - Maman, tu écris?

            - Oui... J'écris à ma soeur jumelle, ta tante Lise qui habite Roberval. Elle travaille dans un hôpital.

            - Roberval... c'est de l'autre côté du Lac St-Jean, comme chez tante Nel?

            - Oui, c'est loin. Ça prend plus d'une semaine pour que ma lettre se rende.

            - Ah! Qu'est-ce que tu lui dis?

            - Viens, lis.

            - Maman, tu sais bien que je ne sais ni lire ni écrire.

            -Je lui écris que ton père est dans la forêt comme d'habitude à ce temps-ci de l'année. Je suis enceinte, comme d'habitude aussi chaque automne. C'est arrivé avant que ton père ne parte pour la drave, le printemps passé. Je vais accoucher durant les fêtes. Mémée ne va pas mieux, elle perd de plus en plus la mémoire. J'aurais bien aimé la voir lorsque Pépé est mort... Ça fait trois ans que nous ne nous sommes pas vues, ta tante Lise et moi. On se contait tout, jusqu'à mon mariage avec ton père. J'avais vingt ans alors. Elle est partie travailler et étudier. Elle n'est plus revenue depuis.

 

            - Quand je serai grand, maman, je partirai comme tante Lise, mais je t'écrirai. Ça prend toutes ces feuilles de papier pour lui dire les nouvelles?

            - Bien non, Néré. Je lui fais aussi des confidences comme je t'en fais des fois. J'ai des secrets avec elle comme j'en ai avec toi, tu comprends?

            - Oui maman.

 

            Le sol est maintenant tout blanc de neige. C'est froid dans la grange, on ne peut plus y jouer. Dans l'étable, il fait plus chaud mais ça pue. "La neige, m'a dit maman, c'est de l'eau gelée qui vient du ciel. Tu vas apprendre tout cela à l'école, Néré." J'ai hâte d'être plus vieux, d'avoir six ans et d'aller à l'école. Depuis que Pépé est mort, je suis pas mal seul. Il y a bien le Jaune, notre chien, à qui je parle. Je crois qu'il me comprend, il branle la queue, penche la tête. Oui, il comprend si je lui dis: "Jaune, aux vaches", il part content. Il va chercher les vaches et les ramène à l'étable. Il y a juste Toto, le taureau, qui ne l'écoute pas, même qu'il fait peur à Jaune qui se sauve. Toto est cent fois plus gros que Jaune et Jaune est plus gros que moi. Moi aussi, j'ai peur de Toto depuis qu'il a encorné Pépé. Il n'est pas en liberté, il a son clos à lui tout seul derrière l'étable. Maman a dit à papa:

 

            - Il est dangereux, Toto, tu devrais t'en débarras-ser.

            - Il ne ferait pas de mal à une mouche. C'est un accident. Pépé a été imprudent.

 

            Papa a raison, il ne fait pas de mal aux mouches, c'en est couvert sur son dos. Toto et Champion ont le même âge. Un an de plus que moi. Papa a dit à maman que c'était les deux meilleurs reproducteurs du rang. "Les crisses, ils ont du plaisir à saillir les femelles... ce sont de vrais Asting!" Maman n'a pas pu m'expliquer ce que papa voulait dire. "Il parle souvent en paraboles, ton père", me dit-elle. Ce doit être ça. Car même si j'écoute quand il parle avec oncle Nel et d'autres adultes ou qu'ils éclatent de rire, je ne ris pas toujours parce que je ne comprends pas bien ce qu'il y a de drôle.

 

            Maman est contente que le sol soit couvert de neige. Ça garde plus propre le plancher de la maison. On ne rentre plus de terre noire avec nos bottes. C'est moins pire depuis que papa est parti. Elle frotte le plancher de bois, avec une brosse d'acier, seulement deux fois par mois. Quand papa est là, elle doit le laver à toutes les semaines. Je scrute les paysages sur le calendrier, celui de l'an passé. J'aime les paysages. "Ce sont les saisons", m'a dit maman. Mon frère Justin en a un calendrier, mais avec des animaux. Des animaux qui ne sont pas d'ici.  Qu'on  n'a jamais  vus. Justin, lui, ne croit pas qu'ils existent.  Il est petit. Il ne sait pas. Un long cri. Un bruit de déboulé dans l'escalier. Mémée est dans la porte-rideau de sa chambre qui répète: "Mon Dieu, mon Dieu, je l'avais dit." C'est maman qui a chuté au bas de l'escalier. Elle ne bouge plus. Elle ne dit plus rien... Est-elle comme Pépé? Je ne veux pas! Tiens, maman a pissé. C'est plein d'eau sous elle. "Elle a crevé ses eaux, va chercher tante Nel", dit Mémée. Je ne comprends rien, Mémée qui ne parle jamais... "Vite, vite Néré, dis à tante Nel que ta mère est tombée dans l'escalier et que ses eaux sont crevées."

 

            Je suis essoufflé. J'ai couru chez tante Nel et jusqu'à l'école chercher Alice. La maîtresse d'école est venue aussi. Madame Philippe est là avec sa "plus vieille" qui est d'un an plus âgée qu'Alice. Elle n'aime pas Alice qui lui enlève toujours ses chums. Les femmes ont couché maman dans le lit de Mémée qui ne parle plus. Elle se berce et chantonne la même comptine qu’elle chantait lorsque j'étais petit comme mon frère Justin. "On va faire bouillir de l'eau et désinfecter du linge dans le four... au cas", a dit tante Nel.

 

            - Il faudrait stabiliser, entre cent cinq et cent dix degrés F., la température du deuxième fourneau du poêle à deux ponts, Alice.

            - Pourquoi, tante Nel?

            - Pour y coucher le bébé pendant quelques jours. Un prématuré a besoin de beaucoup de chaleur. Une chaleur stable va lui permettre de survivre.

 

            Maman crie aussi fort que Pépé l'autre fois. Mémée se berce. Je suis assis près de la table. Je les vois passer et repasser sans comprendre. Elles prennent des serviettes chaudes et d’autres, seulement mouillées.

 

            - Je pousse, il vient, il vient, crie maman.

            - C'est fini, dit tante Nel. C'est un garçon. On ne dirait pas qu'il est prématuré. Il est un peu bleu mais on va quand même le mettre dans le fourneau pendant quelques jours, par précaution.

            - Ouf! quel soulagement! Mais je ne suis pas prête à nourrir, dit encore maman.

 

            Tante Nel sort de la chambre avec le bébé enveloppé tel un paquet. Il crie, chiale... Elle regarde le fourneau, "cent huit degrés F., c'est bien" et elle y couche le bébé.

 

            - Tante Nel, on ne le mangera pas le bébé, lui ai-je demandé.

            - Ah! Ah! Bien non, mon beau bonhomme, ne t'inquiète pas, dit tante Nel.

            Je ne m'inquiétais pas. J'en n'aurais pas mangé.

 

            Alice est toute drôle. Elle va dans la chambre. Elle revient, elle est rouge, comme si elle était gênée.

 

            - Alice, c'est la première fois que tu assistes à un accouchement?

            - Oui, tant Nel.

            - Comment tu trouves cela?

            - Je n'aime pas cela, c'est écoeurant.

            - C'est la nature, ma fille.

            - Ouais!

 

            Alice monte en haut avec Jaune. J'ai envie d'y aller aussi, mais il se passe encore des affaires.

 

            - J'ai trouvé quelqu'un pour nourrir le bébé, du moins pendant quelques jours.

            - Oui, c'est qui?

            - Bien, la grosse Marie à Philippe a accouché, il y a moins d'un mois.  Elle a  beaucoup trop  de lait.  Elle a remis au sein son petit de deux ans. Elle a vingt-cinq ans et pèse deux cents livres. Il paraît, quand il en reste, qu'elle donne même la tétée au vieux grand-père Philippe qui est presque alité.

            - Ah! oui, elle pourrait donc prendre le petit?

            - Je lui en parle.

 

            Il y a trop de madames, je ne me sens pas bien. Je devrais monter retrouver Alice. Mémée va vers le poêle, elle pointe du doigt le bébé. Elle veut peut-être le manger.

 

            - Ce petit garçon devra s'appeler comme Pépé. Il est né l'année de sa mort comme pour le remplacer. J'en ferai mon héritier.

 

            Personne ne relève cette déclaration. Un silence. J'en profite pour monter. Alice est couchée les jambes en l'air, écartées, sans culottes. "Maman, Alice se fait lécher le cul par Jaune!"

 

            Un grand silence... puis des oh! des ah!... salope, pute, dévergondée! Alice pleure. Pourquoi la traitent-elles ainsi? J'ai vu un veau faire la même chose à un autre veau. Alors!


 

(1) Relais où les voyageurs s’arrêtaient pour manger. [ Retour au texte ]

 

(2) Note de l’auteur à la page 421. [ Retour au texte ]

 

 

Résumé        Extrait        Auteur

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Je suis né en 1928 à St Félicien

au Lac St-Jean, Québec, Canada.

 

Aîné d'une grande famille (16 naissances 11 vivants). À cette époque, existait le droit d'aînesse, dans certain milieu familial, donc des avantages à être l'aîné.

 

 

Issu d'une famille d'entrepreneurs généraux... grand-père, père... dont logiquement j'ai pris la relève... très tôt. Sur le marché du travail à 15 ans avec comme scolarité, une 9è année ce qui était le summum de l'instruction dans le patelin de 1500 habitants ou je résidais au début des années 1940. Jeunesse et fantaisie furent de courte durée, car marié à 20 ans, les obligations et la famille sont arrivées ensembles (10 enfants dans moins de 20 ans). J'ai occupé divers emplois, en plus de suivre les cycles qui prévalent dans le domaine de la construction. Aussi actif socialement,... J.O.C,... O.T.J, participant à Tévec... etc. De plus ayant une soif dévorante de ''savoir'' j'ai toujours suivi des cours du soir, qui n'avait souvent... que la valeur de ... ''l'occupation temporaire''. Alors après considération de ce fait, j'ai décidé de plonger... soit une immersion complète. J'ai fait un recyclage... de base, soit une 1è année, afin de me permettre de retourner dans le monde de l'apprentissage de la connaissance et de la modernité. En 1966-67, l'année de la création des Collèges d'Enseignement Général et Professionnel (C.E.G.E.P.), je m'inscrit à plein temps à l'institut de technologie et au C.E.G.E.P. de Jonquière, étant subventionné pour fréquenter la première, ce qui me permit d'être présent régulièrement au 2è et avoir en tout 54 périodes de cours semaine cela pour 2 années à temps plein. J'eu le plaisir de loger à la résidence pour étudiant, dans une chambre en colocation avec mon 2è fils qui lui ira plus tard chercher une maîtrise en physique nucléaire à une Université de Windsor en Ontario. Dans les années qui ont suivi, cet élan m'a permis de continuer de prendre des cours variés à temps partiel dans différent C.E.G.E.P. de la région du Saguenay Lac St- Jean et en parallèle de 1969 à 1979 ce supplément de qualification me permit de devenir fonctionnaire pour le gouvernement provincial,... loisir que j'ai pratiqué 10 ans sans jamais abandonner ma fonction principale de P.D.G. d'une compagnie de construction. AH! Oui, aussi de la 5è année à la 10è année, de ma présence comme fonctionnaire, j'ai eu l'immense plaisir de pouvoir compléter un BACCALAURÉAT en SERVICE SOCIAL à L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE. Commencé à l'âge de 45 ans pour le terminer à l'aube de mon 50è anniversaire et là j'ai compris que je ne pourrais pas changer le monde, en étant fonctionnaire, alors j'en ai profité pour quitter ce monde d'illusion pour continuer, mes activités, dans une occupation, sérieuse, soit mon rôle de P.D.G. dans une entreprise qui prenait de plus en plus d'expansion et qui a rayonné de nombreuses années au Saguenay Lac St-Jean. Et maintenant, ce n'est pas fini, comme le dit la chanson. À l'ombre de 25 petits enfants et de 4 arrières petits enfants, qui vont continuer à construire le monde, je l'espère... un vrai, sans brutalité... Ils sont issus de 55 ans de complicités avec la même fiancée, qui m'accompagne, dans mes fantasmes qui sont depuis 10 ans de créer de l' imaginaire, poésie, roman, nouvelles, dont j'ai commis à date plus de 20 volumes ''manuscrits'' et que pour compléter le rêve de tout écrivain qui en plus d'avoir le plaisir d'écrire, je dois avoir celui d'être lue et apprécié par le plus grand nombre de lecteurs, et ce, même, si moi auteur, je reste incognito pour les 25 autres années dont j'espère voir les printemps, soit devenir centenaire, dans le plus beau pays du monde, pour mon plaisir et j'espère, sincèrement, aussi le vôtre.

 

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Erdé Lutin se fera un plaisir de lire et de répondre

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Écrire pour moi est loisir que je partage, en temps, avec la généalogie. Je suis un touche à tout : roman, poésie, conte, nouvelle. Je m'adonne également à la peinture à l'huile.
 

Félicitation pour votre courage et vous avez ma collaboration, selon mes minime moyen.

Je demeure

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