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Amadou
PIERRE CRÉPEAU
Roman
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2008, 300 pages.
ISBN 978-2-89612-249-3
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Présentation
Amadou, roman, Pierre Crépeau
Pierre Crépeau est un anthropologue
spécialisé dans les systèmes de
représentations, dans les arts et traditions
populaires et en anthropologie du
développement. Après un séjour de dix ans au
Rwanda, il rentra au pays en 1975 et fut
chargé du programme franco-roman du Centre
canadien d’études sur la culture
traditionnelle au Musée canadien des
civilisations. Auteur de plusieurs livres et
articles techniques, il est à la retraire
depuis 1991 et laisse désormais courir sa
plume au gré de ses fantaisies.
Dans un style d’une efficacité redoutable,
ce récit intimiste, tout en demi-teintes
impressionnistes, expose les blessures de
l’âme d’un bâtard d’avant la révolution
tranquille. N’ayant pas eu à subir les
sévices infligés aux «enfants de Duplessis»,
il dut néanmoins lutter pour se libérer de
la honte, de l’isolement et de la
désespérance que lui imposait la réprobation
sociale de l’enfant du péché. Malgré ses
courageux efforts, des chagrins secrets et
tenaces, qu’on ne peut guérir avec de
l’argent, le poursuivront toute sa vie et
tisseront son destin.
SUIVI DE PRESSE

Communiqué/Blogue Info07 Outaouais
«L'anthropologue et auteur Pierre Crépeau
récompensé» par Patrick Voyer
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Extrait
Amadou, roman,
Pierre Crépeau
Chapitre 1 - L'oncle Simon
J’avais alors treize ans
et venais d’obtenir mon certificat de
septième année. Mes études s’arrêtaient là.
Du jour au lendemain, j’avais changé de
classe d’âge, laissant le groupe des enfants
pour entrer dans celui des hommes faits. Je
devais désormais travailler sur la ferme à
plein temps.
Ce soir-là, lorsque vint l’heure de monter
nous coucher, l’oncle Simon me fit signe de
l’attendre. Il sortit prendre dans sa
voiture une bouteille de whisky et revint
s’asseoir au bout de la grande table. Il se
versa un verre et nous nous mîmes à causer.
Ce n’était pas la première fois que cela
nous arrivait. Agronome de son métier,
l’oncle Simon rendait souvent visite à son
frère Henri durant la belle saison pour
s’assurer des progrès réalisés sur la ferme
et lui prodiguer ses conseils et ses
encouragements. Nous avions pris l’habitude,
l’oncle Simon et moi, de veiller jusqu’aux
petites heures du matin, causant de tout et
de rien, comme font les gens qui se sentent
seuls. L’oncle Simon semblait ravi d’avoir
trouvé une oreille attentive, comme si
j’étais seul au monde à vouloir entendre ce
qu’il avait à dire. De mon côté, j’avais
trouvé un homme qui acceptait d’être mon
confident et avec qui je pressentais pouvoir
aller très loin.
J’aimais beaucoup l’oncle Simon. Je lui
trouvais une sorte de dignité triste, un
charme lisse, un peu timide, agrémenté d’une
politesse exquise et d’une bienveillance
modeste envers tout un chacun. Son discours
me fascinait. En plus d’être versé dans les
disciplines de son métier, il possédait de
vastes connaissances dans presque tous les
domaines du savoir humain. Il citait souvent
des philosophes et des poètes grecs et
latins, décrivait les pays du monde comme
s’il les avait tous visités lui-même,
parlait des étoiles comme s’il avait
parcouru les galaxies, se tenait au courant
des découvertes scientifiques et
technologiques et semblait connaître le cœur
humain dans ses replis les plus secrets. Il
causait de tout cela dans un langage simple
et limpide.
Ce qui m’intriguait surtout, c’était la
façon bien particulière qu’avait l’oncle
Simon de regarder les gens, comme s’il
cherchait à percer un mystère, à surprendre
un secret. Il accordait une grande
importance au regard qu’il considérait comme
le vestibule de tous les rapports humains.
L’oncle Simon ne regardait pas les gens, il
les déshabillait, les mesurait, les
scrutait, les sondait. Son regard vrillait
les corps pour s’ouvrir une brèche dans les
cœurs, pour se faire un trou dans l’âme de
ceux qu’il fixait.
Particulièrement en mal de confidences ce
soir-là, l’oncle Simon se mit à parler de la
guerre, de la souffrance, des malheurs des
hommes de tous les temps, de toutes ces
questions qui restent toujours sans
réponses. Son profil affectif émouvant le
rendait crédible sur toute la ligne et
laissait deviner, à travers ses doutes et
ses craintes, une âme en détresse.
Soudain, je lui dis, comme ça :
− Vous, vous êtes comme moi. Vous avez le
cœur gros d’un chagrin que vous ne dites à
personne.
L’oncle Simon mit alors sa main fine sur la
mienne, me regarda longuement de ses yeux
bleus tachetés de points lumineux gris et or
et me dit dans un murmure :
− Tu souffres beaucoup, je le sais. Moi
aussi, je souffre. Ta souffrance est celle
de l’ignorance. Ma souffrance à moi est
celle du désespoir. Tu souffres de ne pas
savoir. Moi, je souffre d’en savoir trop.
L’oncle Simon avait le don de toucher
délicatement les blessures de l’âme. Il les
effleurait du bout des doigts, sans appuyer,
comme une caresse, sans insister, sans
envenimer la douleur.
− Moi, lui dis-je, ce qui me fait souffrir,
c’est que je n’ai pas de parents. Je n’ai
pas de père, pas de mère.
− Tout le monde a un père et une mère,
objecta doucement l’oncle Simon. Mais le
destin a voulu que tu ne connaisses pas tes
parents. Un jour peut-être tu les
retrouveras.
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Biographie
Pierre Crépeau
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Issu d'une
famille de cultivateurs, Pierre Crépeau fréquente l'école du rang et
obtient son certificat d'études primaires à l'âge de 13 ans. Après
avoir travaillé sur la ferme familiale durant cinq ans, il
entreprend, à l'âge de 18 ans, ses études classiques au Séminaire du
Sacré-Coeur, à Saint-Victor de Beauce et obtient son baccalauréat ès
Arts de l'Université Laval en 1953. Après deux années d'études
philosophiques au Studium dominicain d'Ottawa, il entreprend des
études de théologie à Rome, à l'Université Saint-Thomas d'Aquin,
dont il obtient, en 1961, la licence et le lauréat en théologie
ainsi que le baccalauréat ès Sciences bibliques. Suit un stage de
six mois en archéologie palestinienne et histoire du Moyen Orient
ancien à l'École française d'Archéologie à Jérusalem.
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Arrivé au Rwanda
en janvier 1962, il se met à l'étude de la langue, de l’histoire, de
l'ethnographie et de l'ethnologie rwandaises au Centre d'Études des
Langues Africaines (CELA). En septembre de la même année, il est
délégué par le gouvernement rwandais à la conférence de l'UNESCO sur
l'enseignement supérieur en Afrique tenue à Tananarive au
Madagascar, dans le but de préparer le terrain pour la création de
l’enseignement supérieur au Rwanda.
De 1962 à 1969,
il est employé par le Bureau d’Aide Extérieure et l'ACDI pour la
planification, la fondation et l'organisation de l'Université
nationale du Rwanda. Administrateur académique de cette université,
il œuvre à l'élaboration des programmes d'enseignement et de
recherche et au recrutement des professeurs et des étudiants tout en
étant chargé des relations avec les ministères rwandais concernés,
les ambassades et les divers organismes nationaux et internationaux
d'aide au développement de l'enseignement supérieur au Rwanda. Il
consacre ses quelques moments libres à l'enseignement de
l'anthropologie au grand séminaire local et à l'Université nationale
du Rwanda.
Au terme d'un
séjour de deux ans au pays, il obtient sa maîtrise en anthropologie
de l'Université de Montréal en 1972. De 1972 à 1974, il complète ses
recherches sur le terrain et la mise au point du manuscrit sur les
proverbes du Rwanda. En 1978, il obtient son doctorat en
anthropologie de l'Université de Montréal.
De retour au
Canada en 1975, il entre au Musée national de l'Homme à Ottawa,
devenu depuis le Musée canadien des civilisations à Hull, comme
chargé de la gestion et de l'administration du programme
franco-roman du Centre canadien d'études sur la culture
traditionnelle. Ses recherches portent surtout sur les traditions
orales populaires, les histoires de vie et l'art populaire. De 1977
à 1991, il est l'éditeur de la Série Mercure du Centre, dont il fut
le chef de 1978 à 1983. À la retraite depuis mars 1991, il a produit
une adaptation française d'un imposant recueil de contes rwandais et
s'adonne à l'écriture littéraire.
M. Crépeau est un
anthropologue spécialisé en traditions populaires, systèmes des
représentations, anthropologie du développement et arts populaires.
Il est l'auteur de plusieurs livres et articles sur des sujets
variés.
Polyglotte, il
possède à des degrés divers le français, l’anglais, l’italien, le
latin, le grec ancien, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le
kinyarwanda.
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Bibliographie
Pierre Crépeau
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Présentation - Le novice malgré lui, roman, Pierre Crépeau
À travers l’histoire rocambolesque d’un pari où
deux chevaux magnifiques sont en jeu, le lecteur
découvrira les rites séculaires qui ponctuaient la
vie du noviciat dominicain au début des années 50,
époque déjà marquée par un intense questionnement
sur les certitudes traditionnelles.
Des jeunes gens ont espéré trouver la lumière dans
un Ordre aux idées progressistes, mais aux
comportements moyenâgeux et aux règles vieillottes.
Ce récit, plein d’une douce ironie et d’un humour
tendre, apporte un éclairage intimiste sur la vie
d’un monastère québécois à la veille de la
révolution tranquille.
En
savoir plus
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Présentation- Le novice malgré lui, roman, Pierre Crépeau
Anthropologue
spécialisé dans les systèmes de représentation et dans les arts et
traditions populaires, Pierre Crépeau a séjourné au Rwanda de 1962 à
1969, principalement à titre de vice-recteur de l’Université nationale
du Rwanda, et de 1972 à 1974 uniquement comme chercheur. Fort d’une
longue expérience de terrain et d’une connaissance de première main du
Rwanda, de son histoire, de ses institutions, de sa langue et de sa
culture, l’auteur nous livre une adaptation française d’un choix de
contes du Rwanda dans une langue souple et vivante qui a su conserver la
saveur exotique de ces récits.
En
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Présentation - Amadou,
roman, Pierre Crépeau
Anthropologue
spécialisé dans les systèmes de représentation et dans les arts et
traditions populaires, Pierre Crépeau a séjourné au Rwanda de 1962 à
1969, principalement à titre de vice-recteur de l’Université nationale
du Rwanda, et de 1972 à 1974 uniquement comme chercheur. Fort d’une
longue expérience de terrain et d’une connaissance de première main du
Rwanda, de son histoire, de ses institutions, de sa langue et de sa
culture, l’auteur nous livre une adaptation française d’un choix de
contes du Rwanda dans une langue souple et vivante qui a su conserver la
saveur exotique de ces récits.
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Autres titres
-
Classifications
raciales populaires et métissage : essai
d'anthropologie cognitive. Centre de recherches
caraïbes, Université de Montréal, 1973.
-
«La définition
du proverbe», Fabula 16 (1975) : 287-304.
-
«La variation
dans les proverbes du Rwanda», Anthropos,
Vienne, 72 (1977): 413-432.
-
«The Invading
Guest : Some Aspects of Oral Trans-mission», The
Yearbook of Symbolic Anthropology, E. SCHWIMMER
éd., C. Hurst & Company, Londres, 1978 : 11-29.
Repris dans The Wisdom of Many : Essays on the
Proverb, Wolfgang MIEDER, & Alan DUNDES éd.,
Garland Publishing Inc., New York, 1981 : 86-110
-
Voyage au pays
des merveilles : quatre autobiographies
d'immigrants. Collection Mercure No. 25, CCECT,
Musée national de l'Homme, Ottawa, 1978
-
Proverbes du
Rwanda (en collaboration avec Simon Bizimana).
Annales du Musée Royal de l'Afrique Centrale,
Tervuren, Belgique, 1979. Ouvrage qui s'est
mérité le prix Georges Bruel 1980 de l’Académie
des Sciences d’Outre-Mer de Paris
-
Du fond du
coeur : l'art populaire au Canada. Musée
national de l'Homme, Ottawa, 1983 , en
collaboration et sous ma direction
-
From the Heart
: Folk Art in Canada. National Museum of Man,
Ottawa, 1983 (version anglaise du précédent)
-
Parole et
sagesse : valeurs sociales dans les proverbes du
Rwanda. Annales du Musée Royal de l'Afrique
Centrale, Sciences humaines, No 118, Tervuren,
Belgique, 1985
-
Médecine et
religion populaires. Folk Medicine and Religion
(éditeur). Coll. Mercure, No 53, CCECT, Musée
national de l'Homme, Ottawa, 1985.
-
«La mythologie
selon Lévi-Strauss et Dumézil», Canadian
Folklore Canadien 5 (1983 ):
21-37
Danseries.
Portrait de notre culture. En collaboration avec
Carmelle Bégin. Musée canadien des
civilisations, Hull, 1989
Dance. Roots,
Ritual and Romance. With Carmelle Bégin.
Canadian Museum of Civilization, Hull, 1989
(version anglaise du précédent).
Signes des
Vents. La collection de girouettes du Musée
canadien des civilisations. Musée canadien des
civilisations, Hull, 1990
Pointing at the
Wind. The Weather-Vane Collection of the
Canadian Museum of Civilization. Canadian Museum
of Civilization, Hull, 1990 (version anglaise du
précédent)
Jeux de vent.
La collection des vire-vent du Musée canadien
des civilisations. Musée canadien des
civilisations, Hull, 1991
Playing with
the Wind. The Whirligig Collection of the
Canadian Museum of Civilization. Canadian Museum
of Civilization, Hull, 1991 (version anglaise du
précédent)
− «Le Credo de
la Quasimodo». Nouvelle publiée dans Les Saisons
littéraires, Solstice d’été 1995, Guérin,
Montréal, 171-180.
Rwanda : le
kidnapping médiatique. Vents d’Ouest, Hull, 1995
KAMI : mémoires
d’une bergère teutonne. Les Éditions David,
Orléans, 1999
Le grand livre
des patiences. Les Éditions de l’Homme,
Montréal, 1999
The Complete
Book of Solitaire. Firefly Books, Willowdale,
Ontario, Buffalo et New York, 2001 (traduction
anglaise du précédent)
Paroles du
soir. Contes du Rwanda. Les Éditions David,
Orléans, 2000 (adaptation française de contes
rwandais).
Le novice
malgré lui. Fondation littéraire Fleur de Lys,
Québec, 2005
Cent contes du
Rwanda. Fondation littéraire Fleur de Lys,
Québec, 2005 (adaptation française de contes
rwandais).
Madame Iris et
autres dérives de la raison. Les Éditions David,
Orléans, 2007
Préfaces,
recensions et articles divers.
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Pierre Crépeau
Pierre Crépeau se fera un plaisir
de lire et de répondre personnellement à vos
courriels.
Adresse de correspondance électronique :
soucycrepo@infonet.ca
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Le novice malgré lui, roman, Pierre Crépeau
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