Les romans policiers de Guy Dussault

Les enquêtes du surintendant Jonathan Elliot

Le vol de l'innocence

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2011, 482 pages.

ISBN 978-2-89612-375-9

Exemplaire numérique : 7.00$ CAD

 

 

PRÉSENTATION

Le vol de l'innocence, roman policier, Guy Dussault,
Fondation littéraire Fleur de Lys

« Mais c’est une femme ! »

C’est là l’unique – et ridicule – argument qu’invoque le surintendant Jonathan Elliot à l’encontre de la décision prise par son patron, le flegmatique surintendant en chef Edward Buchanan, de lui adjoindre une recrue de l’autre sexe pour l’assister dorénavant dans ses enquêtes à la suite du départ inopiné de l’inspecteur-enquêteur Gordon Birchin.

C’est donc en compagnie d’Amy Darlington, une jeune femme à la fois séduisante, entêtée et émotive, qu’Elliot se lance à la poursuite d’un assassin en série qui tue à un rythme inquiétant.

Pour leur première enquête commune, Jonathan Elliot et Amy Darlington, tous deux troublés par leurs sentiments respectifs, vivent des moments difficiles et ont rendez-vous avec la mort.

TABLE DES MATIÈRES

Le vol de l'innocence, roman policier, Guy Dussault,
Fondation littéraire Fleur de Lys

Description du pays et de sa capitale

Les forces policières

Personnages identifiés

PROLOGUE

PARTIE I ─ INTÉGRATION

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

PARTIE II ─ INTERVENTION

Chapitre 9

Chapitre 10

PARTIE III ─ INVESTIGATION

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

PARTIE IV ─ INCULPATION

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

AU SUJET DE L’AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

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EXTRAIT

Le vol de l'innocence, roman policier, Guy Dussault,
Fondation littéraire Fleur de Lys

Prologue

En ce jour de juin 1958, des gens marchaient en procession sous la pluie. Une série de parapluies noirs, de chapeaux noirs, de manteaux noirs, d'uniformes policiers noirs. Noir, la couleur traditionnelle des funérailles dans cette partie du monde. Tout en suivant lentement le prêtre qui menait le groupe de civils et de policiers près de la fosse où serait descendu le cercueil, le surintendant Jonathan Elliot, de la Police métropolitaine de Philippsburg, laissait couler ses larmes. Elizabeth, la femme de sa vie, son épouse adorée, avait succombé au cancer. Absurdement, avant même d'atteindre la cinquantaine qu'elle redoutait. À peine quelques semaines s'étaient écoulées entre le diagnostic et le décès. Beaucoup trop peu de temps pour accepter l'inacceptable, se dire à quel point on s'aimait, réaliser qu'on ne se l'était pas dit assez souvent. Se préparer, l'une à mourir, l'autre à survivre.

Arrivé à la fosse, le surintendant sursauta légèrement lorsqu'une main vint s'appuyer sur son épaule droite. Il tourna la tête et vit Tomphson, le médecin légiste avec qui il travaillait depuis des années.

 

— Elle va me manquer à moi aussi, dit ce dernier. C'était une femme merveilleuse.

 

Elliot répondit simplement en hochant la tête. Le célébrant attendit que la totalité de la foule entoure la fosse au-dessus de laquelle des employés du cimetière étaient en train de disposer le cercueil qu'ils retenaient par des câbles. Puis, lorsque ces derniers eurent terminé leurs manœuvres, il amorça les prières de circonstances, les voix des participants se mêlant aussitôt à la sienne.

 

Les préposés relâchèrent lentement les câbles et le cercueil commença sa descente.

 

 

Extrait du chapitre 1

 

La petite vieille poussa lentement la porte du commissariat de police de Bricksfield. Après avoir jeté un œil dans la grande pièce où elle venait d'entrer et avoir remarqué les quatre hommes qui discutaient ensemble autour d’un bureau, elle se dirigea silencieusement à petits pas vers le comptoir d'accueil. Elle dût se racler la gorge pour que le policier de service, concentré sur son journal, finisse par relever la tête et découvre en face de lui une femme à qui il donna plus de soixante-dix ans, affublée d'un manteau vert foncé hors saison plutôt élimé et qui portait un curieux petit chapeau qui avait dû être à la mode vingt ans auparavant.

 

— Que désirez-vous, madame ? demanda-t-il d'une voix qui révélait davantage le mécontentement de se faire déranger que le souci de rendre service.

 

La petite vieille ne se laissa pas démonter par le ton de son vis-à-vis.

 

— Auriez-vous l'obligeance, monsieur l’agent, de me présenter à un officier responsable ? Je désire faire rapport au sujet d'une disparition.

 

Il n'y avait pas encore d'officier responsable au commissariat de Bricksfield à cette heure du matin, en ce beau lundi. Après tout, il n'était que dix heures. Mais l'agent James Cartright n'eut pas à l'avouer à la petite vieille. Du coin de l'œil, il avait vu entrer la jeune recrue Amy Darlington qui revenait du pub situé en face et qui apportait le plateau de sandwichs et de cafés que ses collègues et lui attendaient avec impatience.

 

— L'agent Darlington se fera un plaisir de prendre votre déposition, madame. Elle se spécialise dans les disparitions, dit-il à haute voix, de façon à ce que les cinq autres policiers présents dans la pièce, incluant l'agent Darlington, entendent bien.

 

Tous, sauf la jeune policière, esquissèrent un sourire moqueur. Et dès qu’Amy Darlington eut déposé sur un espace libre du comptoir le plateau contenant les sandwichs et les cafés, les cinq policiers mâles se jetèrent sur celui-ci sans perdre une seconde. Amy Darlington eut tout juste le temps de récupérer la tasse de café qui lui était destinée et se dirigea vers la petite vieille.

 

— Bonjour madame, je suis l'agent Amy Darlington. Suivez-moi, je vous prie, nous allons nous installer dans une pièce plus tranquille.

 

La jeune policière de vingt-quatre ans fit pivoter le vantail permettant de franchir le comptoir et laissa passer la vieille dame. Puis elle guida cette dernière vers une pièce adjacente qui servait aux interrogatoires.

 

— Entrez, madame. Donnez-moi votre manteau si vous le voulez bien et asseyez-vous. Je vais prendre votre déposition.

 

— Je vous remercie, mais je préfère conserver mon manteau, mademoiselle. La matinée n'est pas très chaude et je suis venue à pied. J'espère que je ne prendrai pas un coup de froid, répondit la petite vieille, en s'asseyant sur l’une des deux chaises placées de part et d'autre d'une simple table de bois, ce qui constituait tout le mobilier de la pièce.

 

Amy Darlington remarqua alors que la femme âgée semblait effectivement être transie. Elle déposa sa tasse de café devant son interlocutrice.

 

— Je vous en prie, acceptez ce café, madame. Je peux m'en passer, ce serait mon deuxième, mentit-elle.

 

La vieille femme eut un sourire de bonheur et prit immédiatement une gorgée de café. Puis, gênée de son empressement, elle rougit et déposa la tasse sur la table.

 

— Je suis désolée. Excusez-moi, je suis impolie. Je devrais d'abord vous remercier, vous êtes très gentille, mademoiselle.

 

Encore debout, Amy Darlington fit le tour de la table et s'installa sur la seconde chaise. Elle tira devant elle le bloc-notes qui traînait sur la table et prit un des trois crayons qui y étaient également.

 

— Pourriez-vous me donner votre nom et votre adresse, madame, s'il vous plaît ? Ce serait un bon début pour notre discussion.

 

— Je suis Margaret Lamprey, veuve de Frederick Lamprey. J’habite sur King’s Road, au numéro vingt-cinq, une petite maison en pierres dont j’ai hérité à la mort de mon mari. Frederick est décédé il y a déjà dix ans de cela. Le pauvre homme, il est mort des suites d'une pneumonie. Nous avons été mariés plus de quarante ans, vous savez. Nous n'avons cependant eu qu'un seul enfant durant notre mariage, une fille. Malheureusement, elle est décédée dans un accident de chemin de fer, l'an passé, avec son mari. Ce fut terrible. Vous devez certainement vous rappeler le déraillement, n'est-ce pas ? Tout le monde en a parlé.

 

S'il est une qualité que possédait Amy Darlington, c'était la patience envers les personnes âgées. Une très grande patience. Au surplus, elle avait du temps devant elle. Entre les quolibets et les remarques déplacées de ses collègues de travail et la vie de Margaret Lamprey, elle n'eut pas de difficulté à faire son choix. Aussi, une dizaine de minutes passèrent avant que madame Lamprey en arrive finalement à ce qui l'avait conduite au commissariat de police.

 

— Ma petite-fille a disparu, murmura Margaret Lamprey, un trémolo dans la voix.

 

— Qu'est-ce qui vous fait penser cela, madame Lamprey ? demanda délicatement Amy Darlington.

 

— Cela fait trois jours qu'elle ne m'a pas donné de ses nouvelles. Vendredi passé, elle n'est pas venue me rendre visite et ne m'a pas téléphoné non plus. Et elle n'est pas à son travail, ce matin. C'est la première fois qu'elle s'absente depuis qu'elle a été engagée dans son nouvel emploi.

 

— Vous avez téléphoné à son employeur ou vous êtes allée sur place vérifier par vous-même ?

 

— J'ai téléphoné ce matin à son bureau avant de venir ici. On m'a dit qu'elle n'était pas là.

 

— Vers quelle heure avez-vous téléphoné ?

 

— Dès l'ouverture. À neuf heures.

 

— Ne pensez-vous pas qu'elle pouvait être simplement quelques minutes en retard ? questionna Amy Darlington.


— Barbara n'est jamais en retard. C'est une fille ponctuelle et très responsable. Et, comme je vous l'ai dit, elle n'est pas venue me voir vendredi. Or, elle a l’habitude de me rendre visite au moins à tous les deux jours depuis le décès de ses parents. Elle est venue mercredi et devait donc revenir vendredi.


Margaret Lamprey prit une longue respiration.


— Ce n'est pas normal, je vous assure, insista la vieille dame, au bord des larmes.

 

AU SUJET DE L'AUTEUR

 Guy Dussault

 

 

Fils unique, Guy Dussault est né à Québec le 18 septembre 1952. Il a fait ses études secondaires au réputé Collège des Jésuites (devenu depuis le Collège Saint-Charles-Garnier) et ses études collégiales au Collège François-Xavier-Garneau.

Licencié en droit de l’Université Laval en 1974, il est assermenté comme avocat au Barreau du Québec en décembre 1975.

Il a exercé sa profession durant plus de trente ans dans différents organismes du gouvernement du Québec, mais principalement à la Société de l’assurance automobile, d’abord comme avocat puis comme cadre juridique à compter de 1992, pour finalement prendre sa retraite au début de l’année 2009.

Il a développé au cours des années plusieurs champs d’intérêts pour des loisirs qui peuvent tout aussi bien être pratiqués en solitaire qu’en groupe, dont plus particulière­ment la généalogie et la photographie. Au début des années 2000, il a renoué avec l’ornithologie à laquelle il s’était adonné quelque peu dans sa jeunesse, en y ajoutant le défi de photographier les oiseaux qu’il peut admirer dans les nombreuses régions du Québec.

Avec sa conjointe d’origine vietnamienne, il a par ailleurs effectué divers voyages en Europe qui leur ont permis de visiter ensemble tant les villes importantes comme Paris, Londres, Amsterdam, Rome, Vienne, Athènes et Istanbul que des régions plus romantiques comme la Côte d’Azur, l’Italie du Nord, la Toscane et les îles grecques.

Meublant beaucoup de ses heures de loisir par la lecture, particulièrement celle de romans policiers, il s’est laissé tenter par l’expérience de l’écriture, sans pour autant abandonner ses autres champs d’intérêt.

 

 

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